Récit de la course : Beaujolais Villages Trail - 80 km 2018, par wakayama

L'auteur : wakayama

La course : Beaujolais Villages Trail - 80 km

Date : 28/4/2018

Lieu : Le Perreon (Rhône)

Affichage : 772 vues

Distance : 80km

Matos : Hoka Speedgoat
Baton Guidetti

Objectif : Terminer

3 commentaires

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Des hauts, des bas, un vrai Ultra !

Je me suis inscrit dès j'ai su qu'il y avait une distance de 80km pour ce trail dans le Beaujolais. Je connais de mieux en mieux ces chemins et cela reste un défi abordable. Ce n'est que mon deuxième trail sur cette distance après celui du Morvan réalisé l'an dernier plutôt sur un coup de tête.

Je connais très bien le départ (20 premiers km) et la fin de ce trail (30 derniers km) mais pas du tout le milieu de course : cela va être intéressant de gérer tout cela.

La prépa s'est plutôt bien passée malgré le réveil de douleurs au tendon d'achille droit fin Janvier/début Février. Les séances de fractionné ont éprouvé le tendon et j'avais plus mal sur des séances courtes que sur des sorties longues avec du dénivelé. Malgré cela, le physique est pas trop mal, j'ai réussi à stabiliser mon poids même si je suis au-dessus de ce que je souhaitais.

Le moral est bon mais la date se rapprochant, j'ai un peu peur de mal gérer l'effort. Je suis inscrit sur l'Ultra Race fin Mai à Annecy et c'est mon réel objectif et je me demande si j'ai bien fait de placer ce 80km seulement 4 semaines avant. Un trail de 35km dans le Haut Beaujolais (Trail du Sanglier que je recommande) m'a permis de tester l'équipement et surtout l'allure, ce qui m'a rassuré (mais pas entièrement…).

Donc j'y suis ce matin du 28 Avril au Perréon. Ma femme m'a emmené à 4h du matin (merci à elle) pour revenir me rechercher le soir, j'espère avant 20h.

Je rentre de suite dans le gymnase et je vais m'asseoir tranquillement pour observer les autres coureurs. Je suis un peu étonné de l'équipement de certains qui ont plusieurs couches avec des vestes assez épaisses. La météo annonce un peu de pluie mais j'ai plutôt choisi de partir en manches courtes avec une seule couche.

Le briefing passé, on nous demande de nous diriger vers la ligne de départ. L'attente n'est vraiment pas longue et le départ est donné dans les rues du Perréon à 5h du matin. Le peloton de 150 coureurs s'étire avec moi bien calé dans les 20 derniers.

On monte alors direct et je prends une allure de marche : j'ai décidé de marcher dès le début dans toutes les côtes et de toute manière, pour moi, ce n'est pas possible de courir dans ces pentes au-dessus du village.

Je vois les frontales devant moi, certaines déjà loin et très mobiles. Un feu d'artifice nous surplombe et c'est plutôt sympa. Mon rythme est régulier et je fais une montée correcte jusqu'au Crêt David (720m) en l'atteignant en 45 minutes. J'accélère un peu sur les crêtes, je profite de ma connaissance des lieux pour arriver au premier ravito.

Hayes de Barnoux, 1h04 pour 7km, 572mD+ cumulé.

Je passe direct sans m'arrêter car je suis parti avec suffisamment d'eau pour atteindre le second ravito.

On arrive très rapidement au Col de la Croix Rosier (720m) que l'on repassera dans une trentaine de km. Une bonne descente où j'ai un bon rythme nous fait passer par le Col de Pierre Plate, puis remontée par la Madone du Perréon et on repasse par la Sablière au 15ème km.

Je ne me sens pas si frais que cela et je commence à regarder un peu trop ma montre, pas trop des bons signes… Mais le pire arrive au 18ème : sur une portion de plat, une demi-seconde d'inattention et mon pied gauche bute sur un caillou, je pars vers l'avant sur 2 foulées et je chute assez lourdement sur l'épaule droite. Un peu sonné, je me relève, vérifie que tout va bien. J'ai un peu mal à l'épaule mais rien de grave. C'est la première fois que je fais une chute de cette ampleur, je suis déjà tombé mais c'était plus des glissades. Les km suivants vont être durs car j'ai vraiment du mal à revenir à mon allure, je reste stressé et la descente en direction du Château de Cherves m'a paru vraiment très longue.

Je me rassure en relativisant, j'aurai pu arrêter ma course ici si j'avais été plus touché physiquement alors tout va bien (positive attitude). Un pas après l'autre, je me fixe un objectif très simple, c'est-à-dire arriver au prochain ravito, me calmer et faire le point.

Romarand, 4h33 pour 28km, 1416mD+ cumulé.

J'arrive donc assez tranquillement à Romarand où nous attend un bon ravito. Je prends de la soupe, on me propose de rentrer à l'intérieur mais je préfère rester dehors, debout.

Les bénévoles nous annoncent une belle montée au Mont Soubran avec de bons casse-pattes, je redoute un peu cette partie.

Je finis mon deuxième bol de soupe et je repars sur cette portion où on traverse quelques sous-bois par des "chemins" assez droit dans la pente. Je passe par la Croix de Bonnevay pas très loin du Col de la Casse Froide. Je trouve cela difficile et long, surtout la dernière montée où je prends une pause vers la fin.

J'atteins donc le Mont Soubran (890m) laborieusement, un des morceaux le plus dur est fini, ouf !

Direction le prochain ravito et je cours maintenant avec Nicolas, je suis assez content de suivre son rythme, il va plus vite que moi dans les montées mais je le rattrape dans les descentes.

Hayes de Barnoux, 7h55 pour 44km, 2326mD+ cumulé.

On atteint donc pour la seconde fois le ravito des Hayes de Barnoux où je m'assois et prends un peu plus de temps.

Je vois que je suis complètement dans mes temps de passage : j'avais prévu 8h et je suis 5 minutes en dessous. Je me connais donc de mieux en mieux et je suis de plus en plus réaliste.

Je retrouve à partir de là un tracé que je connais très bien à partir du Col de la Croix Rosier. La seule différence, c'est que j'ai déjà presque 50 bornes dans les pattes.

L'an dernier, j'étais sur le format 40km et ce passage avait été assez long car on descend tout en bas en se rapprochant du Perréon pour repartir sur une longue montée vers le Col de la Croix Montmain. J'arrive à bien appuyer dans la descente, j'ai juste un point sur le quadri droit qui ne me gène pas trop. Je repense un peu à la chute, je fais attention en levant un peu plus les pieds. 

La montée se fait bien, tranquille sous le soleil qui est apparu en ce début d'après-midi. Je n'ai pas trop senti la pluie ce matin et j'ai vraiment bien fait de partir habillé légèrement.

On ne fait que passer à la Croix Montmain pour se diriger vers La Pyramide (880m) où un bon casse-patte nous attends.

Je me fais doubler au pied de la Pyramide par le premier du 40km qui me salue et m'encourage. Merci à lui ! Il va à une vitesse qui m'impressionne et entame sa montée, les mains sur les genoux à un super rythme. Moi avec les bâtons, je le vois me distancer très rapidement, je le vois recourir en haut alors que je suis encore à la moitié.

Nicolas me rattrape au sommet de la Pyramide alors que je l'avais distancé dans la descente depuis la Croix Rosier. Il a vraiment fait une bien meilleure montée que moi. Il m'apprends qu'il va faire la Diagonale et on discute un bon bout de temps en marchant/gérant jusqu'à la Ferme du Creux et en saluant/encourageant les coureurs du 40km qui nous doublent.

Ferme du Creux, 11h39 pour 62km, 3113mD+ cumulé.

Le ravito est bien rempli, les coureurs du 40 font presque un barrage et j'ai un peu de mal à passer pour faire remplir mes flasques. Je trouve toujours un peu dommage qu'il n'y ait pas un accès plus facile pour ceux qui sont sur un format long.

Je décide de ne pas trop trainer, je pense que mon objectif d'arriver avant 15h de courses est bien jouable.

Il ne reste qu'une difficulté que je peux gérer prudemment.

On redémarre pour arriver au Parasoir où Nicolas rejoint un de ses amis pour finir ensemble. Je fais une bonne descente (je me fais quand même doubler par les 40) et je me mets dans une bulle pour remonter de Montrichard au Col de Saint Bonnet.

Le passage (bref mais intense) au ruisseau est aidé par une corde placée à cet endroit et une dernière montée dans les bois puis un single sympa dans l'herbe me conduisent au Col de Saint Bonnet (640m).

Un coup de fil à ma femme pour lui annnocer qu'elle peut venir pour 20h. Je suis maintenant sûr de finir en moins de 15h et je prends  mon temps, je marche dans les faux-plats et je trottine dans les descentes. Le job est fait, je me projete déjà sur Annecy alors que je cherchais un moyen de revendre mon dossard quand j'étais au Mont Soubran.

Avant Le Perréon, on passe par Vaux-en-Beaujolais (Clochemerle) avec la fameuse montée des marches qui passe très bien. Au bout de cette montée, on surplombe le village du Perréon et c'est vraiment une arrivée très sympa car on dévale cette colline en entendant les sons de l'arrivée.

Un dernier virage et l'arche m'accueille. On me donne le cadeau du finisher (une montre) et une bouteille de vin. Je partage quelques mots au micro et je rejoins ma femme et mon fils qui prennent mes affaires. Je vais boire et je vois Fabien, un ancien collègue. Je me disais bien que c'était lui qui m'avait doublé dans les marches de Vaux : il finit son 40 en 6h, c'est son entrainement pour l'UTPMA.

Le Perréon - Arrivée, 14h53 pour 80km, 3849mD+ cumulé.

Alors qu'est-ce que je retire de tout cela ?

Cela n'a pas enlevé mes doutes pour l'Ultra Race mais je pense avoir quand même franchi un palier cette année en comparant avec l'Ultra du Morvan l'an dernier. Je suis arrivé avec un meilleur temps sur un tracé plus difficile et en meilleure condition.

Mes chaussures (Hoka Speedgoat) ont été vraiment très bien, je les préfère à mes Hoka Mafate. Elles sont plus stables surtout dans les descentes et c'est juste dommage qu'elles soient un peu trop étroites. Je partirais avec ces chaussures pour l'Ultra Race en mettant par précaution les Mafate dans le sac de mi-course.

Au niveau alimentation, j'ai juste eu un peu mal au ventre entre le 20ème et 25ème km. Je pense à deux choses : le départ très tôt a perturbé mon rythme et la chute au 18ème m'a un peu "brassé". J'ai consommé environ 5 litres de boisson sur la course , ce qui est peut-être pas suffisant. J'ai bu régulièrement mais j'avais un peu peur de trop boire et de mal le supporter.

Quelques mots sur le trail pour finir : Des bénévoles super sympas et disponibles. Une très bonne organisation. Un très bon tracé, des bons points de vue (avec un meilleur temps le matin, cela aurait été encore mieux). On doit beaucoup relancer  et c'est assez éprouvant sur ces distances.

Je pense que cela a pu surprendre pas mal de personnes qui ne connaissaient pas : le Beaujolais, c'est dur !

3 commentaires

Commentaire de marat 3h00 ? posté le 02-05-2018 à 13:37:48

Bravo pour la sagesse de ta course, ça payera fin mai ! et déjà là, la perf est belle et pas accessible à tous.

Commentaire de wakayama posté le 02-05-2018 à 19:27:29

Merci. Très motivé pour fin mai, l'objectif maintenant est de ne pas en faire trop. Je vais faire plus de vélo et un peu de footing/rando.

Commentaire de Arclusaz posté le 03-05-2018 à 23:21:40

Bravo Fabrice !!! quelle bonne gestion, du grand art. Bon, évite juste de jouer au cascadeur la prochaine fois....

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