Récit de la course : Marathon du Golfe de Saint-Tropez 2018, par KourSurMars

L'auteur : KourSurMars

La course : Marathon du Golfe de Saint-Tropez

Date : 25/3/2018

Lieu : Ste Maxime (Var)

Affichage : 570 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Faire un temps

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Do you do you mon marathon de St-Tropez


Dimanche 25 mars, 5 heures et demi du matin mais dans ma tête il fait 4 heures et demi. Ca devrait être interdit de passer à l’heure d’été la veille des marathons. On dit dans la chanson qu’à St-Tropez quand vient l’été les filles et les garçons sont jolis. Devant la glace, j’ai la mine grise et les yeux défoncés. Dehors, il fait froid. Il y a du vent. J’ai collé du sparadrap sur mes tétons pour affronter les éléments. Do you do you, c'est mon marathon de Saint-Tropez.


Le départ est donné à Sainte-Maxime sur un pont plein de vent. La sono crache. L’animateur parle trop fort, à moins que ce ne soit le maire de Cavalaire. Je rêve d’un casque de chantier, de ceux qui isolent aussi du froid. Par bonheur, quelques minutes avant le départ, nous assistons à un lever de soleil grandiose. Un peu de chaleur traverse mon coupe-vent. On saute, on applaudit, on s’amuse, on danse, on fait les fous et finalement on s’élance dans la joie. A mes côtés, il y a Igor qui participe à son premier marathon. Igor, c’est une force de la nature. Il est volontaire, généreux et fort comme un turc sous LSD. Lui, il ne rigole pas. J’ai prévu de l’accompagner pour tenter l’aventure en 4 heures !


Les premiers kilomètres déroulent facilement. Le bord de mer est sympa et j’ai noué mon coupe-vent autour de la taille parce qu’en fait il fait déjà chaud. Le soleil s’est vite fixé à son zénith pour nous offrir une baie conforme à la carte postale. Ce marathon, c’est toute une organisation ! Bravo à eux, les organisateurs et aussi les bénévoles (nombreux).


Les premiers kilomètres, disais-je, se passent très facilement. Trop peut-être. L’ouragan Igor est lancé et j’ai du mal à le freiner. Après le 5ème Kilomètre, franchit en 5.02 au lieu des 5.40 prévus, nous enchainons les suivants en 5.22, 5.24, 5.16.... Je mets en garde mon ami d’un prophétique « on va trop vite, on va le payer sa race ». Mais Igor est un roc: deux larges épaules, presque pas de cou et la boule à zéro. Il est lancé comme un guerrier à l’assaut de Cavalaire. Je ne résiste plus à le suivre. 5.24, 5.23, 5,31.... C’est grisant. Tant pis pour la suite. On est des fous.


Nous avalons 18km comme de rien, et puis, au commencement des premières côtes sérieuses, à l’entrée de St-Tropez, Igor est à la peine. 5.41, 5.59... Je ralenti par solidarité mais ça me titille sévère sous le talon. J’ai une pêche pas croyable ! Il faut dire que mon coach m’a conseillé de prendre des bonbons à la betterave et un comprimé de Sportanine tous les 10km. Le cocktail fait merveille. Dans la vieille ville de St Tropez un coureur perd une gourde sans s’en apercevoir. Je suis tout heureux de la ramasser et de piquer un sprint dans la montée pour la lui rapporter. Après quoi, je fais demi-tour et retrouve Igor. Je suis tout revigoré. C’est dingue, je me sens plus labrador-rapporteur que marathonien. J’ai besoin de brûler mon trop plein d’énergie. Igor d’un geste du poignet me fait signe de poursuivre sans lui. Il est dans le dur. Une douleur sous son avant-pied. Et puis, je dois l’énerver à gesticuler comme ça. Respect Igor, et bravo.   


J’arrive au semi en 1.57.15, soit avec 2.45 d’avance. Pour autant, je ne crie pas victoire car je connais les difficultés à venir, des côtes sévères et le passage d’un col au niveau du 32ème, soit près de 350 mètres de dénivelés positifs cumulés sur cette seule deuxième partie. Convaincu de m’écrouler tôt ou tard, le plus tard possible si possible, j’opte néanmoins pour une tactique ambitieuse : tenir les côtes, accélérer bien avant la fin des côtes (en mode labrador) et récupérer dans les descentes. Et ça fonctionne !  5.06, 6.18, 5.01...


Au 24ème kilomètre,  je retrouve un ami bien meilleur coureur que moi. Ce n’est pas un bon présage. Je vais m’écrouler, c’est sûr. On papote cinq minutes et puis je m’arrête pour la pose pipi syndicale. J’ignore alors que je vais le rattraper quelques kilomètres plus loin, en pleine ascension, avant le 30ème kilomètre. Je tiens une forme qui me surprend moi-même. Je me demande ce qu’il y a dans mes bonbons à la betterave, à part de la betterave bien sûr.


Au 33ème, je franchis le col tant redouté avec la sensation d’avoir fait le job. A présent il faut gérer la descente gentiment pendant 4 kilomètres. Ne pas se cramer pour retrouver des cannes aux prochaines côtes, les plus vicieuses du parcours, juste avant de descendre sur la plage de Cavalaire.


Vers le 38ème kilomètre les cuisses me piquent un peu mais globalement je cours. J’ai raté mon immuable rendez-vous avec le mur du trente cinquième et j’entrevois pour la première fois de terminer un marathon en moins de 4 heures. Le bonheur me fait des petits coussinets sous les talons. Je vole presque.   


A Cavalaire, plus que 3 kilomètres de plat. J'imagine en ligne de mire l'arrivée. Ça fait très mal aux jambes et au bidon. La betterave m’écœure. J’ai des renvois aux effluves de cantines. Plus jamais la betterave. Heureusement, la perspective de finir le marathon sous la barre des 4 heures me galvanise. Je ne lâche rien, ou pas grand-chose. 5.47, 5.45, 5.41. Je termine ce sublime marathon en 3 h 55 ! Un marathon de rêve.

 

 

On court dans le vent

On se brille au soleil, on brule ses 20 ans (ou beaucoup plus)

On s’amuse, on rit, on danse, on fait les fous

On chante, on vit sa vie

 

Do you Do you Saint-Tropez

Do you Do you Saint-Tropez

Do you Do you Saint-Tropez

Do you Do you Saint-Tropez

 

 

 

1 commentaire

Commentaire de GlopGlop posté le 23-04-2018 à 09:48:39

Vous avez beau dire, y a pas seulement que d'la pomme… y'a autre chose… ça serait pas des fois de la betterave ? Hein ?
Z'auriez pas pris le tout venant aux Volfoni des fois ?
ET puis Igor, il en est où ? parce que on l'a quelque peu oublié le Igor, le roc !

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