Récit de la course : Eco-Trail de Paris® Ile de France - 45 km 2018, par catcityrunner

L'auteur : catcityrunner

La course : Eco-Trail de Paris® Ile de France - 45 km

Date : 17/3/2018

Lieu : Versailles (Yvelines)

Affichage : 722 vues

Distance : 45km

Objectif : Pas d'objectif

6 commentaires

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Boue, pluie, neige et tremblements

Trochiter

 Le trochiter est le tubercule majeur de l'humérus sur lequel s'insèrent les muscles supra-épineux, infra-épineux et petit rond (wikipedia)

C'était le 11 février, au maxicross de Bouffemont. Une grosse chute dans une descente (trop) rapide, et en l'espace d'un éclair, une douleur vive à l'épaule, le coude un peu lacéré, et une course finie à la peine.

Rayons X, échographie et scanner finissent par rendre leur verdict : fracture du trochiter non déplacée. Ce devait être le début de mon plan d'entraînement marathon de Paris, c'est une grosse hypothèque sur les courses de Mars-Avril.

Le médecin me déconseille le sport avant 6 semaines et m'annonce 3 à 4 mois avant guérison complète. Je me jure de faire mentir ses sombres pronostics !

 

Je fais donc une croix sur le semi de Paris mais espère tout de même être au départ de l'Ecotrail 45 km. Au pire en mode sortie longue tranquille.

Les premiers temps, la forte douleur à l'épaule me permet simplement de marcher ou trottiner. J'en profite pour passer 3 semaines à arpenter les côtes de la forêt de Meudon en mode escargot.

Début Mars, les jambes commencent à s'ennuyer ferme, l'épaule va mieux et la fraîcheur est bien là. C'est donc reparti pour recourir vraiment, 13 ou 14 km/h c'est pas la grande vitesse, mais ça fait du bien.

 

J'ai rendez vous pour radio de contrôle le 16 Mars, avec un médecin du sport cette fois.

Il est très satisfait de la consolidation au bout de 5 semaines et me donne carte blanche sur la reprise de la course (il a bien compris que j'ai repris depuis un moment...).

 

Ecotrail 45 km

 

Me voilà donc rassuré et motivé pour ce 45 km Ecotrail. Ayant fait les 30, 50 et 80 km, c'est une nouvelle distance, mais en fait c'est l'ancien 50 km un peu tronqué.

Le 45km de l'Ecotrail, en gros, c'est trois sections :

  • 15 km très roulants, jusqu'à Vélizy et la traversée de l'A86,

  • 15 km accidentés autour de Chaville, jusqu'à la forêt de Fausses Reposes

  • 15 km roulants et descendants à travers le parc de Saint Cloud pour rejoindre les quais de Seine et remonter vers la Tour Eiffel.

 

Le plan de départ c'est de partir assez vite mais pas trop sur le début de course roulant (je sais que je vais avoir envie de démarrer sur les chapeaux de roue, ça fait des semaines que je fais du jus!). Ensuite passer tranquillement les bosses (je les connais toutes, je sais comment gérer), pour garder de l'énergie pour le final routier où on peut faire la différence si on a de bonnes jambes.

 

Allées Royales

 

Et c'est parti pour le tour du parc du Château.

Je me place en toute fin de la première vague en me disant que ça permettra un départ prudent.

En fait c'est l'inverse, j'ai l'impression de me traîner et je profite des larges allées pour doubler allègrement et prendre un bon rythme.

C'est tout plat, roulant et les 13 km/h sont faciles.

Déjà 7 km, on passe au dessus la pièce d'eau des Suisses, avant de traverser la N12.

La montée vers les hauts de Buc est progressive, tout le monde court.

Je suis parti avec une seule couche et des manchettes. La température est fraîche sans être froide, avec une petite pluie intermittente et il n'y a pas de vent. Bref des conditions optimales pour ce début de course.

Mais la météo a annoncé un front froid : coupe vent et deuxième couche sont dans le sac au cas où !

 

Je continue à grignoter des places. Nous voilà dans la sente du haras à Buc, que je dévale en appréciant l'amorti de mes Hoka Speedgoat 2 toutes neuves.

La gare de petit Jouy est passée en 1h02, pour 13 km. Un rythme trop rapide sans doute, mais sur le moment je ne me doute pas des conditions que nous allons rencontrer par la suite.

Un peu de marche pour remonter vers le plateau, une occasion de souffler un peu.

Puis il y a le long faux plat avant de passer l'A86. Le terrain devient plus humide, le vent plus frais et la pluie modérée arrive.

 

 

Les bosses

 

Après le passage de l'A86, le traditionnel passage du cloaque signale que les choses sérieuses commencent !

Cette année, pas d'échappatoire, il faut passer dans la boue bien molle et collante. Un bon test d'adhérence pour les SG2 (concluant !).

Suit une belle descente vers Versailles, où je me fais un peu peur. Bon pas le moment de réitérer le coup du Maxi-cross, donc un peu de prudence sur ce terrain de plus en plus glissant.

C'est dans ce secteur que je commence à ressentir un peu le froid. C'est là que j'aurais dû mettre le coupe-vent, mais j'attends le ravito de Chaville dans quelques km.

Je connais tellement le secteur que j'en oublie de réfléchir.

Un coureur (Lionel il me semble) fait le yoyo derrière moi ; il finit par me rattraper du cîté de l'Etang du Trou aux Gants, me dit qu'il a eu beaucoup de mal à faire la jonction. Personnellement je suis concentré sur ma course et j'ignore un peu le monde extérieur.

Allez encore 3 km avant le ravitaillement.

De temps en temps mon épaule se rappelle à mon souvenir et m'incite à être vigilant en descente.

Je me dit qu'il va falloir mettre le coupe-vent si cette pluie continue.

Enfin c'est le ravitaillement de Chaville, 24,5 km en 2h04. J'avale une soupe et quelques sucreries. C'est un arrêt express, car j'ai peur de me refroidir.

Grosse erreur, je repars sans enfiler le coupe-vent sous la pluie battante. J'ai les mains complètement engourdies et l'épaule un peu douloureuse. Lorsque je finis par me décider à mettre ce coupe-vent, je suis déjà complètement trempé et transi.

Il tombe maintenant une pluie drue et glaciale ; des flocons de neige font leur apparition. 7 Degrés et quelques averses, qu'ils disaient chez Météo France !

La boue devient omniprésente ; la descente caillouteuse vers le bas de Chaville s'est transformée en un lit de ruisseau.

J'ai vraiment froid ; mes gants sont trempés, je maintiens tant bien que mal un bon rythme pour tenter, en vain, de me réchauffer.

Bises à Mary qui m'encourage en bas de Chaville avant de remonter vers la forêt de Fausses Reposes. Une bonne montée, ça réchauffe un peu c'est bon !

A Ville d'Avray, le parcours a été modifié par rapport aux 50 km : on coupe tout droit des étangs au cimetière.

 

Le final

 

Enfin c'est l'entrée au parc de St Cloud, 30 km de course en 2h42. L'allure a sérieusement ralenti avec cette boue et maintenant la neige qui tombe à gros flocons.

J'ai couru des centaines de fois dans ce secteur et je n'ai jamais vu un tel marigot. Oubliées les trajectoires pour éviter les flaques, c'est tout droit au plus court !

Décidément après le maxi-cross et l'hivernale (sans compter le dernier off de la colline), c'est le mud day à chaque course !!

Dans la côte du Fer à Cheval, je suis à la peine, mais la perspective du ravitaillement et d'une bonne soupe chaude me ragaillardit. Une barre énergétique, une soupe et un arrêt éclair. C'est reparti pour un dernier segment de boue avant le bon vieux bitume.

Dans le plan, il était prévu d'envoyer la sauce sur les quais, mais la machine a du mal à relancer. On commence à rattraper quelques survivants du 30 km pour qui ces derniers km sont cauchemardesques.

La neige et le vent m'obligent à lutter pour éviter le coup de froid. Impossible de me réchauffer avec ma première couche trempée.

Accélérer, c'est la seule solution pour éviter la congélation. 11 km/h, c'est ma vitesse de pointe à ce stade de la course.

Les kilomètres défilent et je remonte le flot de coureurs, soit des naufragés du 30km ou des concurrents du 45 km que j'avais vu plus fringants un peu avant. Une vraie Bérézina avec tous ces coureurs qui terminent péniblement, emmaillotés dans leur couverture de survie !

 

La Tour Eiffel se rapproche et c'est enfin l'arrivée. Tellement content de terminer que j'en oublie d'arrêter ma montre.

Il s'agit maintenant d'éviter de se refroidir et de se changer rapidement, car la neige tombe de plus en plus belle, jusqu'à blanchir le stade Emile Anthoine !

Direction le ravitaillement d'arrivée pour avaler au plus vite du chaud, se changer et reprendre quelques forces !

En fait j'ai frisé l'hypothermie et il m'a bien fallu 30 mn pour revenir à un état « normal » après m'être mis à trembler comme une feuille et avoir eu toutes les peines du monde pour arriver à me changer avec les mains engourdies.

Ensuite j'ai pu profiter de la douche et des vestiaires : un bonheur total !!

A voir les attitudes silencieuses et silhouettes marquées après 45 km, on a tous pensé aux héros du 80 km qui allaient endurer ces conditions pendant de longues heures et de nuit !

Par contre dans les points qui pourraient être améliorés, le dispositif à l'arrivée avec trois endroits différents : camions pour retirer les sacs, zone ravito et gymnase. Bon je comprends aussi que la logistique d'un gros barnum type Ecotrail n'est pas simple !

 Au final, on se souviendra longtemps du millésime 2018 de l'Ecotrail : une édition qu'il ne fallait pas rater et une reprise de compétition plutôt réussie pour moi.

 

 

 

 

 

 

6 commentaires

Commentaire de bubulle posté le 28-03-2018 à 07:54:52

Et voilà.....je voulais commencer mon récit....et je tombe sur le tien.

Donc c'est ta faute si je n'ai rien écrit...:-)

On a vraiment eu des conditions différentes entre le 45 et le 80. La pluie ne nous a guère gênés et refroidis, mais par contre, comme tu t'en doutes, la pluie que vous avez eue a donné la boue que nous avons ramassé à la pelle.

Sinon, y'a pas de problèmes, un départ à 13 à l'heure je reste admiratif, roulant ou pas roulant....:-). Qu'est-ce que ça aurait été si tu n'étais pas blessé? ;-)

Commentaire de catcityrunner posté le 28-03-2018 à 10:55:56

On l'attend avec impatience ton recit, bubulle !
Finalement mon épaule ne m'a pas vraiment gêné.

Commentaire de Le Plume posté le 28-03-2018 à 11:07:35

je plussoie ce que dit Bubulle: heureusement qu'on n'a pas eu la pluie; courir sous la neige c'est un plaisir de gosse! J''ai trouvé la descente sur Chaville pas trop mortelle par rapport à la précédente, celle qui coupe la route Chaville-Meudon (faut dire que là on était déjà de nuit nous).

Commentaire de catcityrunner posté le 28-03-2018 à 11:36:40

Cette descente je l'ai fait 1 million de fois donc je peux la faire les yeux fermés !

Commentaire de Bérénice posté le 29-03-2018 à 10:48:00

Sympa ton récit et bravo pour ta gestion ! (Une vitesse de 13 km/h tranquille ça laisse songeur...) Sauf le coup du coupe-vent ! (on a moins ce souci de perte de temps quand on est lent :-). Par contre je découvre étonnée que vous avez démarré quasi sans pluie à Versailles alors que pour nous ce fut le déluge non-stop (avec une forte pluie pendant 30 mn avant le départ !!). La pluie avait décidé de s'acharner sur Meudon, Chaville et Paris !

Commentaire de catcityrunner posté le 31-03-2018 à 19:58:34

Merci Bénénice. En tout cas j'ai mal géré le froid ! Bon je n'étais pas le seul ;-)

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