Récit de la course : Le Défi de Fort-l'Ecluse 2017, par Gibus

L'auteur : Gibus

La course : Le Défi de Fort-l'Ecluse

Date : 19/11/2017

Lieu : Leaz (Ain)

Affichage : 463 vues

Distance : 15.5km

Objectif : Pas d'objectif

1 commentaire

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Les portes de Fort L'Ecluse lentement vont se refermer

Les portes de Fort L'Ecluse lentement vont se refermer


C’est la renaissance de Fort L’Ecluse.

Fini le contre la montre où on partait toutes les 30 secondes sur une boucle de 3 kilos puis rentrions dans le fort pour les marches.

 

C’est maintenant un trail de 14,6 km avec 820 de D+.

 

J’arrive à la bourre après que l’autoroute soit fermée à cause d’un carton.

Je me gare vite fait et arrive en courant sur le site.

Je récupère mon dossard. Je suis fin prêt pour le départ avec cet échauffement.

 

Je n’ai pas eu le temps d’aller saluer François qui dicte les dernières recommandations au micro :

 

Je te promets un trail au baiser de ma bouche
Je te promets un trail à ma main qui te touche
Je te promets un trail au dessus de ta couche
Des fleurs et des dentelles pour que ta course soit douce.

Il fait froid et tous les coureurs sont bien habillés et concentrés.

Chacun est à sa place sur la ligne de départ prêt à en découdre.

 

Je vous préviens n'approchez pas
Que vous soyez flic ou badaud
Je tue celui qui fait un pas
Je ne ferai pas de cadeaux

Je pense que je vais faire une belle course.

 

C’est écrit dans tes rêves

 

C’est parti.

 

Il suffira d’une étincelle

Allumez le feu

 

C’est le même parcours qu’avant avec cette descente qui nous amène au chemin de fer en bas.

 

Courir pour le meilleur

 

Au bout ça remonte et nous marchons déjà.

 

Au bout de deux kilos, François est de nouveau là à nous encourager et animer l’épreuve.

Je fais semblant de le plaquer tout en lui disant bonjour.

 

A que coucou

 

Ce fut bref car j’enquille derrière les coureurs dans la montée qui nous mène à 731 mètres d’altitude au 4° kilo.

Nous alternons tous marche et course.

Plutôt marche et marche pour moi.

Mon épouse doit penser à moi.

 

A l'heure qu'il est je sais qu'il est déjà trop tard
Il a sûrement franchis la ligne de départ
Et sur la nationale sur les bords du Rhône
Il voit des paysages, se raconte des histoires

Il m'oublie, il m'oublie, il m'oublie

Nous repartons pour une grande et sympathique descente pendant laquelle je m’efforce de rester concentré et de garder le contact avec ceux et celles de devant.

 

En bas nous traversons la route et dévalons encore plus bas jusqu’au Rhône.

Là c’est super technique car très pentue et cela glisse à souhait.

 

À force de briser dans mes pieds des chaussures trails
Sur des parcours violents, sous des parcours bizarres
À force de forcer ma force à cet effort
Pour faire bouger mes jambes pour faire vibrer mon corps

J’ai oublié de courir

J’ai oublié de courir

 

Cela yoyote un peu et m’entame un poil.

 

A quoi peuvent bien servir mes jambes

Si comme les feuilles elles tremblent

 

Ca monte par à-coups.

 

Les coups, oui ça fait mal, oh oui

 

La suite est géniale.

 

Les bords du Rhône avec passage sous le viaduc de la voie ferrée.

Des coureurs me passent.

 

Au-delà de nos différences
Des coups de gueules
Des coups de sang

 

Nous passons par des petites passerelles tout en évitant les cailloux.

Paf un coureur qui venait de me doubler se rétame.

Ca va. Oui répond-il en se regardant les mains. C’est le vernis qui a sauté.

 

Au bout nous remontons secos dans les arbres.

Nous revenons vers le fort.

Dernier ravito avant de rentrer dans la bâtisse.

12 km 1h30 de course, va falloir la foi pour se taper les marches.

 

La peur, elle viendra un jour pour te bloquer le cœur

 

Nous rentrons.

 

Noir c’est noir

Il n’y a plus d’espoir

 

Retiens la nuit

Pour nos cœurs, dans sa course vagabonde

De suite je sens que ça ne va pas le faire.

 

Et Joe ya pas le feu ce soir

 

Hors de question que je cours, encore moins de les gravir deux par deux.

 

J’y mets mes joies j’y mets mes peines

 

Il y en a 917 vous dites.

 

C’est pas facile

 

Allo allo ne quittez pas.

 

C’est un coureur abandonné

 

Au bout de 100 j’en ai plein le pul avec un grand C.

 

Les portes de Fort l’Ecluse

Lentement vont se refermer

Et c’est là que je finirai ma course

Comme d’autres gars l’ont finie

 

Je m’arrête sur certains paliers.

 

J’ai joué la montre, j’ai perdu mon tour

 

Je ne suis pas tout seul mais beaucoup me passe.

 

Voir ma Gueule

Qu’est ce qu’elle a ma Gueule ?

 

Des anneaux sont scellés dans les murs, preuve du passé où les canons étaient tirés à bras d’homme tout en haut.

 

Oh Marie si tu savais

Tout le mal que l’on m’a fait

 

J’arrive enfin en haut.

 

Alors c’est la fin du voyage

On coupe le son et l’image

 

16 minutes pour ces 917 ù$^%¨£ marches.

 

16 minutes sans voir le jour c’était ma peine forçat de l’amour

Et bonne chance à celui qui veut ma place

 

Je repars avec deux filles (la classe) et reprend une bonne allure de coureur pour cette descente qui nous ramène à Longeray. Une des filles est Laëticia.

 

Laëti qui ça ?

 

Nous reprenons le parcours du contre la montre et je crains le pire en creusant mes souvenirs :

Il y avait une punaise de montée dans la verte.

Eh bin oui, on va se la taper.

C’est la montée à Gustave et ça glisse.

En haut il y a un gars que je connais.

 

J’oublierai ton nom

 

On nous encourage bien, on tire sur les bras et franchissons ce petit col.

 

Et que j’ai mal à en crever

 

Ca ne monte plus me demande la fille de derrière.

Si, ce qu’on a fait au départ lui répondis-je.

Elle craque un peu.

 

Mais attention un jour tu finiras
Dans la poussière les bras en croix

 

J’en double pas mal qui s’arrêtent et fini avec la fille avec qui j’étais à la fin des marches.

Allez allez plus que 20 mètres et cela ne monte plus.

Rires.

 

 

Nous passons au milieu de deux rangs de filles déguisées. Cool.

 

Les gens m’appellent l’idole des jeunes

 

Nous rentrons dans le fort pour en finir au bout là bas.

 

Plus de 2h00, je ne pensais pas mettre cela.

 

Je rentre au ravito dans la salle à l’intérieur où on avait fait la remise des trophées de l’Ain il y a quelques années.

Tout le monde est content.

 

On a tous quelque chose en nous de Tennessee

 

Je repars à ma voiture malheureusement sans revoir François.

 

Moi, je rentre à l’heure qu’il me plait

 

Une nouvelle course qui vient dans le calendrier tout bousculer.

Vraiment un superbe parcours avec plein de monde.

 

Dis-moi que la vie est encore plus belle
Quand on a plus 20 ans

 

Ce passage près du Rhône et ces marches inoubliables.

 

Toute la course que j’aime

Elle vient de là elle vient du trail

 

L’année prochaine ce sera fin avril bien sûr différent avec là peut être la chaleur.

On verra.

En tout cas le rendez vous est pris.

 

Pourquoi ne reviendrais-tu pas ?

 

Longue vie à cette renaissance.

 

Que je t'aime, que je t'aime, que je t'aime
Que je t'aime, que je t'aime, que je t'aime







 

1 commentaire

Commentaire de Arclusaz posté le 25-12-2017 à 09:28:52

bel hommage et belle course !
Joyeux Noël Gilbert.

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