Récit de la course : Marathon International du Beaujolais 2017, par cabalex

L'auteur : cabalex

La course : Marathon International du Beaujolais

Date : 18/11/2017

Lieu : Villefranche Sur Saone (Rhône)

Affichage : 475 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Faire un temps

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L'AMITIE EN COURANT

 

Emotion et partage, tels sont en deux mots le résumé de cette inoubliable édition du marathon du Beaujolais. « Ce genre de course que l'on partage ensemble, l'ambiance, les bénévoles, le parcours, la musique et j'en passe, tout cela nous rend heureux simplement ». Christian Marcot, ami de longue date, est une figure et un inconditionnel du marathon du Beaujolais. Il a bouclé les 12 premières éditions et quand début septembre, je lui annonce mon inscription, enthousiaste, il me propose alors de faire partie d’une équipe de trois coureurs, ce sera la « Triplette Gagnante », en compagnie d’Olivier Tarcy, un ami à lui. Ce marathon a une saveur particulière : c’est mon premier depuis six ans, l’année de mes 42 ans (comme la distance du marathon, 42km195m), sur un parcours et une ambiance atypiques. Plutôt laboureur de courses nature que routard ces dernières années, j’ai pris plaisir à renouer avec des séances spécifiques, avec mon club de l’ESL (et les encouragements de Philippe Remy, l'entraîneur), en compagnie de Gerhard Pirngruber et Fabien Batheyron, La mise en bouche, en octobre, avec la course des Neuf Clochers en Beaujolais, augurait de belles promesses.

FRANCOIS D’HAENE, ENTRE TRAIL ET VIN

Alors ce 17 novembre, en rejoignant le Parc Expo de Villefranche sur Saône avec Gerhard, nous avons hâte de découvrir cet évènement dont on a dit tant de bien. Après avoir retiré notre dossard, premier moment fort, une brève rencontre avec François D’Haëne, coureur de trail renommé et viticulteur tout près d’ici, à Saint Julien. Il tient en effet un stand avec son épouse, Carline, pour présenter leurs différents crus du Beaujolais. J’évoque avec lui le livre qu’a écrit l’oncle et parrain de Laurence, Didier Nourrisson, historien, « une Histoire du vin » (Edition Perrin), avec notamment un chapitre sur les travailleurs du vin, puis vint une dégustation d’une de ses bouteilles, un Beaujolais Villages millésime 2016, un rouge jeune et frais, qu’il définit comme une cuvée équilibrée « Le Gonnu ». Malgré ses multiples sollicitations, François demeure à l’écoute, sa philosophie de vie (être libre, partager et vivre ses passions) m’inspire.

« IL EST OU LE PARADIS ? »

La nuit suivante, comme souvent avant une grande course, sera courte mais c’est souvent là que je suis le plus serein, j’anticipe déjà le scénario : sur un tracé digne d’une classique cycliste ardennaise, de petites routes sinueuses, des bosses, ses multiples chemins teintés aux couleurs d’automne et des relances qui cassent les pattes et le rythme, on ne vient pas pour un record de vitesse. Le marathon du Beaujolais, c’est d’abord une ambiance unique au départ, où l’on vous accueille dans un paysage de carte postale à Fleurie, village haut perché, des enfants en procession avec les drapeaux des 70 pays représentés (1 000 étrangers sur les 16 000 participants des différentes courses dont 2000 marathoniens en tout), où l’organisateur, Alain Bouhy, spontanément, vous tape dans la main pour vous encourager, où des centaines de coureurs rivalisent de déguisements (un copain, Jean Moreau, remportera un prix du meilleur déguisement, transformé en ours polaire, il a en effet parcouru plusieurs dizaines de kilomètres en courant au Groënland avec des amis cet été), où l’on tape des mains le fameux clapping « Ahou » islandais pour chauffer l’ambiance dans cette matinée froide et brumeuse. Si la course en elle-même est avant tout un cheminement introspectif de près de 3 heures pour les plus rapides, le marathon du Beaujolais est un spectacle visuel et sonore : un début de course où le décor rivalise de vignes où l’on s’imagine croquer un raisin saisi à la volée avec en toile de fond les monts du Beaujolais, le public nombreux au bord de la route (dont beaucoup d'enfants tendent la main pour encourager), la traversée de différents châteaux dont celui de Pizay, avec son magnifique jardin à la française, à travers domaines et caves, est insolite, accompagnée d’orchestres musicaux ; lors du premier semi-marathon, je chevauche par exemple en compagnie de deux concurrents visiblement amis, un ange ailé et un démon avec sa fourche. Au 25ème km, visiblement éprouvés, au moment d’un énième dépassement dans un passage typé trail, un spectateur s’exclame : « il est où le paradis ? ».


Si jusqu’ici mon tableau de marche était parfaitement respecté (1h50’ au 25ème km, sur les bases de 3h06-3h10), le final, une succession de bosses et chemins en sous- bois, va osciller entre le paradis et l’enfer. Dans le marathon, il y a une part de mystère et de dramaturgie que j’aime particulièrement. Un moment d’euphorie peut succéder un coup de moins bien irrémédiable. A partir du 30ème km à Arnas (passage en 2h15’), on commence à moins se contrôler dans de longs faux plats montants, la défaillance guette et on porte un masque. Sans doute celui de la souffrance. C’est là que le mental fait la différence. Je suis alors dans mon élément. La fatigue musculaire ralentit mon allure au sommet de la dernière côte du 35ème km, aussi il m'est difficile de relancer dans la descente sur Villefranche. Les quelques minutes perdues sont en quelques sortes mes « vendanges tardives ». Si la tête est dans les étoiles, le moral au top, avec le sentiment d'être privilégié (vivre pleinement la course et en bonne santé), les jambes sont lourdes.

PODIUM

Le dernier kilomètre est quand même grandiose, avec la traversée de la rue Nationale avec en toile de fond la collégiale Notre Dame des Marais, artère principale de Villefranche, où paradent chaque année en janvier les conscrits, une tradition locale. Je finis à toute allure afin de passer sous les 3h15, mon objectif chrono et la dernière ligne droite est l'occasion de saluer les organisateurs et le public. Fringant, je rejoins Christian et Olivier sous le marché couvert, les félicite pour leurs chronos (2h55' et 2h56' respectivement), les bénévoles nous ravitaillent avec une grande disponibilité, je retrouve ensuite Gerhard qui termine 6 minutes après moi, ainsi que Bruno Chalet, meneur d'allure des 3h30'. Quel plaisir de partager ces moments conviviaux sur une grande course avec des copains qui partagent la même passion ! Cerise sur le gâteau, l'addition des temps de notre équipe, « la Triplette Gagnante » nous permet d'accéder au podium (finalement 3ème), l'occasion aussi de rencontrer Yann Nourry, co-organisateur du Beaujolais Villages Trail et coureur talentueux et d'évoquer son expérience l'an dernier sur le Grand Trail de Saint Jacques, une autre manifestation qui m'attire.

Je garderai longtemps en mémoire cette journée de partage et d'émotions et me reviens en écho les propos de Christian Marcot : « Je suis très attaché à certaines valeurs et malheureusement dans notre société actuelle, c'est chacun pour soi, le sport comme on le pratique permet de nous rapprocher, de nous serrer les coudes, de nous donner le goût à l'effort. J'étais plus content de faire le podium tous ensemble que seul, j'ai constaté aussi bien chez toi que pour Olivier, il y avait de l'émotion, tu sais quoi, j'ai hâte d'être à l'année prochaine ».

1 commentaire

Commentaire de Eddy_87 posté le 23-11-2017 à 13:29:18

Bravo ! Effectivement c'est une course qui vaut le détour :)

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