Récit de la course : Munster Trail - 18 km 2017, par Zaille

L'auteur : Zaille

La course : Munster Trail - 18 km

Date : 12/11/2017

Lieu : Munster (Haut-Rhin)

Affichage : 1049 vues

Distance : 18km

Matos : Altra Lone Peak 3.0

Objectif : Pas d'objectif

3 commentaires

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Une première amputée

Le marathon de Berlin étant à présent loin derrière (1 mois, oui tout est relatif), j’ai porté mon dévolu sur un trail , un 30km, le Munster Trail à … Munster ! C’est la première édition et bien que ce soit à 1h20 de route de chez moi, j’ai voulu y participer pour d’abord découvrir le coin là-bas mais aussi pour soutenir l’initiative d’une Elite locale : Jeff Bombenger.

30km avec 1400m de D+ voilà qui est alléchant. Depuis mon marathon, je n’ai plus d’entraînement vraiment structuré mais je me suis plusieurs fois fait plaisir dans des sorties longues de 2, 3 ou même 4 heures avec le D+ qui va avec. De la résistance pure sans pousser le cardio. D’ailleurs la plupart de mes sorties se font en endurance fondamentale ces derniers temps, tant pis pour la vitesse, je préfère la durée de toute façon.

C’est donc serein que j’aborde ce Week-end du 12 novembre. Aucun régime particulier, c’est objectif plaisir et gestion sans stress, « esprit trail » quoi ! La veille après l’apéro bière/bretzel, je reçois un message : 30km annulé pour risque de rafales de vent de 120kmh, tout le monde fera le 18km ! AAAAARRRRGGGGHHHH (j’exagère à peine !)

Là je suis dépité. C’est vrai que le temps est vraiment dégueulasse avec depuis quelques jours de la pluie non-stop mais bon … Le vent, je n’y avais pas pensé. Ecœuré, j’hésite à faire le déplacement. 3h de route aller-retour pour au final courir peut-être 2h, c’est un ratio qu’économiquement et écologiquement je n’approuve pas ! Après réflexion : je suis inscrit et les bonnes raisons pour lesquelles j’avais prévu d’y participer reste valables donc …

Réveil à 6h du mat au lieu de 5h30 pour le 30km, c’est toujours ça de pris. Mes affaires sont prêtes depuis la veille, juste une petite mixture céréalière à avaler et c’est parti, sous la pluie. Il pleut comme vache qui pisse, il pleut des cordes, des seaux, il pleut vraiment beaucoup. Je m‘en fout je suis étanche. Et tant qu’il ne pleut pas de la merde, où est le problème ?

Arrivé à Munster, on se fait directement aiguiller dès le premier rond-point par un bénévole trempé vers un parking. Ils sont fous ces bénévoles ! En tout cas ça sent bon l’organisation qui veut faire bonne impression pour sa première. Impossible de se perdre, il y a des fléchages partout. Je me dirige donc vers le pôle départ depuis le parking … C’est loiiin … Surtout sous la flotte et avec un sac de sport sur l’épaule.

Le départ est en face de la gare. Tout le monde s’agglutine sous les tonnelles dispersées çà et là. Je cherche mon dossard où on me rappelle qu’il n’y a pas de départ pour le 30km, pffff, oui je sais. Le lot coureur est un tour de cou siglé « Salomon » et « Munster Trail » accompagné d’un bon repas et boisson, ça c’est cool !

Il me reste 45 minutes, j’ai le temps de passer aux toilettes. 2 WC pour les hommes et autant pour les femmes, évidemment il y a la queue. Pas de stress je suis dans les temps et puis je m’y attendais ! Au sortir, je cherche un vestiaire, la consigne mais pas grand monde au courant. Finalement je retourne à la tente des dossards pour apprendre qu’il n’y a pas de consigne ! Hein ? Jamais vu ça ! Je suis donc condamné à retourner au parking pour me changer derrière le coffre de ma voiture et laisser les affaires là. Je mets d’ores et déjà une croix sur la douche pour m’épargner un nouvel aller-retour de 20 minutes entre la voiture et le départ.

J’arrive finalement près de l’arche 10 minutes avant le départ. Je suis habillé en long avec un poncho transparent jetable pour le temps de l’attente. Il fait froid même si je ne le ressens pas vraiment. Maintenant j’ai envie d’y aller et de bouffer du single-track, j’espère que Jeff va nous régaler !

C’est parti. Le 1er km est sur bitume, le temps de s’extirper de la ville. Le 1er chemin n’est pas large et il monte cash. On est dans les 800 et donc évidemment ça bouchonne de suite, au point de marcher et même d’être à l’arrêt. Ça râle ! Pourquoi ils n’ont pas gardé les 2 horaires 8h30 et 9h00 ? Certains essaient de doubler coûte que coûte par le côté et les ronces mais c’est cause perdue, il vaut mieux attendre et suivre le rythme de randonneur.

La boue est omniprésente, les appuis sont vraiment incertains. Après cette première montée, il n’y aura plus d’embouteillage. Surtout après une montée XXL dans une prairie où les écarts se creusent. Chacun se retrouve avec des coureurs de son niveau après 4km.

Pour l’instant ça ne fait quasiment que monter, juste quelques relances et la plupart du temps on est dans des monotraces (c’est comme ça qu’on dit en français pour des single-track). De toute façon le profil est simple. En gros, il y a 11km de montée et 7km de descente. Je gère les montées sans forcer, je me rends compte que souvent je souffle bien moins fort que mes voisins mais ne me force pas à aller plus vite, je suis bien là.

J’ai oublié ma montre à la maison et je n’ai donc aucune info. Je sais juste qu’à partir de l’unique ravito ça sera le début de la descente. On patauge dans la boue, mon cuissard est trempé, je me dis qu’en short j’aurai été tout aussi bien. Les raidillons se succèdent et on est tous penché en avant en s’appuyant sur les cuisses.

Les spectateurs courageux ne sont pas nombreux mais il y en a quand-même et malgré la météo exécrable. Surtout en arrivant au point culminant de la course, le Barrenkopf à presque 1000m. Des bourrasques de vent manquent de peu d’emmener ma casquette que je maintiens d’une main tout en me penchant contre le vent. J’approuve à ce moment définitivement la décision d’annulation du 30km.

Enfin la descente ! Je zappe le ravito, j’ai un litre de boisson sur moi et 2 pâtes de céréales que je n’entamerai même pas. On passe sur une crête rocailleuse où je m’aide des mains pour sécuriser mon passage de rocher en rocher. Le fameux « esprit trail », il est là aussi. Durant toute la descente, ça ne sera quasiment que des petits sentiers avec parfois des points de vue époustouflants malgré la visibilité limitée.

Je déroule tranquillement dans la descente en cherchant les bandes herbeuses de côté pour garder un maximum d’adhérence. Pour une fois je ne me fais pas trop dépasser. Je suis vraiment content d’être là, le vent et la pluie me font même du bien sur le visage.

Le dernier sentier en zigzag est très technique et on peut voir en contre-bas Munster qui annonce l’arrivée proche : déjà !!  J’entends une cloche sonner 11h et me dis que ces 2 heures sont passées super vite. J’évite de penser une nouvelle fois au 30km annulé, je veux savourer ces derniers bouts de chemins.

Maintenant il reste encore environ 1km de quasi-plat sur bitume, j’allonge la foulée et avec d’autres coureurs on s’amuse à faire la course. Je commence malgré tout à sentir des raideurs dans un mollet mais pas de vraie fatigue physique (mais oui, je suis une bête). Je passe la ligne en 2h08. Sur le coup, ça ne me parle pas trop mais finalement je serai 288/750, ce qui équivaut à ma place en général sur ce type de course.

Le ravito d’arrivée est royal : TUC, Coca, saucisson, fromage, bretzel ! Quel luxe ! Je me goinfre, plus par gourmandise que par faim. J’ai pensé à ramener mon gobelet (l’organisation ne fournit pas de gobelet plastique pour des raisons écologiques : j’approuve à 200%) et me sers un grand verre de Coke, ça fait du bien !

J’hésite d’abord à manger sur place. Je suis seul, trempé et je ne vais pas tarder à avoir froid (oui plaignez-moi un peu SVP). Finalement je vois le four à tartes flambées avec très peu de queue et ne peux résister à l’appel de la crème et des lardons. En plus elle n’est même pas mauvaise cette tarte flambée qui sera donc offerte grâce au bon repas, idem pour la bière pression qui va de paire ! Ah les plaisirs simples de l’alsacien de base !

Il y a même de la place sous la tente de restauration pour un pauvre erre comme moi, c’est grand luxe. J’avale tout ça fissa et retourne au parking sous la pluie (je me répète ?) pour rentrer chez moi.

Bravo Jeff, à l’année prochaine mais essaie de mieux gérer la météo STP !

3 commentaires

Commentaire de Eric Kb posté le 17-11-2017 à 21:04:54

Je randonnais pas loin et c'était très compliqué. Sage décision que d'avoir annulé le 30km. Merci pour le CR!

Commentaire de Benman posté le 19-11-2017 à 16:15:02

Trop sympa la matinée: revenir trempé jusqu'au slip avec les doigts qui sentent le Munster... Mais avec de tellement beaux souvenu! C'est la magie du trail.

Commentaire de Eric Kb posté le 25-11-2017 à 09:53:38

Partagée par l'OT de la vallée de Munster, une vidé'eau à ne pas manquer ...

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