Récit de la course : 24 heures de Saint-Fons 2004, par Pil

L'auteur : Pil

La course : 24 heures de Saint-Fons

Date : 10/4/2004

Lieu : St Fons (Rhône)

Affichage : 1764 vues

Distance : 115.087km

Objectif : Pas d'objectif

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Le récit

alors voilà un p'tit compte-rendu tapé à la volée de ce week-end chargé :

chapitre I : it's a long way to... Saint-Fons

Vendredi matin, je me lève, il pleut fort. Hum, espérons que ca va se calmer. Je fais surtout de la figuration au boulot, mon esprit est ailleurs, et mes yeux collés à la fenêtre, guettant la moindre éclaircie. L'heure tourne, et je rentre chez moi m'avaler mon assiette de pâtes et re-vérifier mon sac. Je pars rejoindre Gérard Cain qui va me conduire à Saint-Fons. Il est 16h et le temps est toujours aussi mauvais, nous nous demandons bien ce que ca va donner là-bas. J'imagine la différence de météo entre ses déserts et ce qui nous entoure. Nous avons bien le temps de voir, nous prenons la route. Dès lors, se succèdent très beau temps et pluie, sans logique apparente.

Nous arrivons à Saint-Fons à 20h, sous une pluie battante. Dès la sortie de la voiture, j'aperçois deux dingues courant dans la boue, j'apprendrai plus tard qu'il s'agissait de Bruno et Chico. Dès mon entrée sous la tente, j'entends une voix qui m'appelle, c'est Yves, mon presque-voisin du week-end. Je le retrouve avec Léonard, où nous partageons un plat de pâtes. Nous rencontrons plein d'UFOs, je ne peux pas tous les citer, ce serait trop long. La Marmotte distribue ses prospectus pour Chambéry 2005, DidierP nous parle de ses kilomètres verticaux... J'explique que je me suis planté dans une recette pour faire un gateau énergétique, confondant fructose et... caloreen. Quelques courageux se risquent à goûter ce gâteau à la Caloreen, bien fade il faut l'avouer. Bruno me dit que c'est très bien pour le petit-déjeuner.
Nous restons un bout de temps à discuter, avant d'aller nous coucher. Yves s'est déjà installé dans le gymnase, où il ne reste plus de place. Gérard et moi nous installons finalement dans un vestiaire à côté. Pour moi, nuit difficile, où je n'ai pas réussi à fermer l'oeil, à cause (en vrac) des trains, du stress, des ronflements ;-), etc...

Chapitre II : la course

Petit-déjeuner en compagnie de plein d'UFOs, avec pas mal de tartines, de discussions sur le désert et les sacs à dos. Ensuite direction les vestiaires avant de prendre le départ. J'assiste Yves pour la préparation de ses pieds : de l'élasto en 3 largeurs différentes, la moitié d'un tube de Nok, pas mal de découpages. Pour moi, une dernière vaporisation de Canisport, deux morceaux d'élasto sur mes orteils extérieurs, et une bonne couche de Nok. J'enfile mes chaussettes que je ne retirerai que 24h plus tard. Je rejoins le vestiaire où j'ai "dormi", où je rencontre Pitou. Belle discussion avec Gérard, je me sens bien néophyte au milieu des deux ! ;-)
Il est bientôt l'heure de partir, Léonard me donne les mini-guêtres Raidlight, j'ai du mal à les mettre... et je les mets à l'envers. Je constaterai plus tard que Léonard, Brunor et moi avons tous fait la même erreur ! Enfin ca nous a quand même bien protégé !

10h, le départ. Il faut imaginer près de cent coureurs sur la ligne. C'est parti ! Certains partent très très vite, je préfère me caler à l'allure que j'ai travaillée, avec dès le départ une alternance 5 minutes de course / 1 minute de marche. Dans ces conditions, pas facile de rester en compagnie de qui que ce soit pour discuter un peu. Je réussirai quand même à faire quelques tours avec l'Toro et Superfondu.

Au programme pour ces six premières heures, 44 kilomètres. J'en ai fait plus, et j'en ai encore beaucoup sous la semelle. Je discute pas mal, encourage et me fait encourager, tout se passe bien. Je suis heureux de voir que Superfondu et Yves vont pour le mieux, que de progrès depuis Vallauris me dis-je intérieurement ! J'attaque le deuxième quart sans trop de soucis, je n'ai pas mal aux articulations ni aux pieds, c'est plutôt bon signe. J'avais prévu 40 kilomètres pour arriver à 84 pour la première moitié de la course. Je vois que j'ai pas mal d'avance sur mon programme, j'y vais donc assez doucement, marchant plus que prévu. Je passe les douze heures avec 85km. Je m'arrête, il fait froid, je n'ai pas vraiment le moral, la nuit blanche n'aide pas. Yves et Gérard sont sous la tente. Ce dernier me dit qu'il va aller dormir, il fait vraiment trop froid pour lui. Je voudrais faire de même, je n'ai pas l'habitude de ces conditions. Soudain, Yves nous fait une crise d'hypoglycémie, il a mangé à chaque ravitaillement, et un steak a eu raison de lui. Il restera allongé pendant un peu plus d'une heure si mes souvenirs sont bons. La secouriste m'a demandé de rester avec lui si je pouvais, je le veille.

Yves se relève, je lui demande s'il va se coucher, mais non... il va continuer à marcher. J'aurais certainement dû l'accompagner pour son tour de reprise, mais sur le coup, je me dis qu'il vaut mieux rester sous la tente au cas où la secouriste viendrait prendre des nouvelles. J'attends Yves... Dix minutes passent, toujours rien. Il passe enfin, ca me rassure, il avait seulement décidé de faire un tour à 3km/h.

Après ça, je ne suis plus tellement sûr de l'ordre des évènements alors en vrac : j'ai couru avec Superfondu, qui se blesse au genou et à la cheville. Je me suis reposé sous la tente. Mon premier objectif était d'atteindre pour la première fois les 100km, un exploit pour moi qui n'ai repris la course qu'au mois d'octobre. Je les passe, et Gérard se lève. A ce moment-là je marche, il va me dépasser, je lui dis "fais gaffe ou je vais te rattraper !". Je décide de m'accrocher derrière lui, il sera mon lièvre de luxe durant quelques tours. Je sens que tout va bien, pas mal aux jambes. J'arrive finalement aux 115km, où je décide d'arrêter près des ravitaillements, un peu plus d'une heure avant la fin. Pourquoi ? Je n'ai pas envie de me blesser, tout va bien et j'ai envie que ca reste ainsi. J'ai eu froid, le Bourguignon que j'étais s'est transformé en un sudiste frileux.


Chapitre III : conclusion

J'assiste donc à l'arrivée aux premières loges, ayant vu passer le groupe d'Oignon mené par Gérard à toute vitesse à plusieurs reprises. Ensuite, un Millepattes tout ému, champagne, remise des prix... et retour sur la Côte d'azur via Avignon pour déposer Yves.

Mon analyse :
je sens que mon corps est prêt pour faire beaucoup plus de kilomètres, c'est le mental qui n'est pas encore prêt. Il faut que j'arrive à me motiver à courir tout seul : quand j'étais avec Gérard devant moi, j'avais un challenge, j'ai pu courir à l'aise, alors que sans lui je serais resté certainement sur une chaise. Idem lorsque j'ai dépassé deux coureurs en équipe, un peu par orgueil, c'est bien beau de les dépasser alors qu'ils ne courent que depuis 40 minutes, mais après il faut conserver son avance, et ça j'ai su faire.
J'ai longtemps songé à mon entraînement : j'ai fait pas mal de kilomètres en conservant toute ma motivation, oui mais comment ? J'ai compris que ca devait sûrement venir du partenaire virtuel du Forerunner : avec lui, j'avais vraiment quelqu'un contre qui me battre. J'ai besoin d' "adversaires", c'est sans doute stupide mais c'est comme ça. Le jour où je réussirais à me battre contre moi-même uniquement, attention les z'UFOs ;-)

voilà pour ce CR !

Un grand merci à tous ceux que j'ai rencontré, ils m'ont beaucoup apporté. J'ai passé un excellent week-end grâce à vous tous.

Merci Alain, à la prochaine !

Amicalement
Fred

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