Récit de la course : Le Grand Raid des Pyrénées - La Course en 5 Etapes 2017, par laulau

L'auteur : laulau

La course : Le Grand Raid des Pyrénées - La Course en 5 Etapes

Date : 23/8/2017

Lieu : St Lary Soulan (Hautes-Pyrénées)

Affichage : 289 vues

Distance : 111km

Objectif : Pas d'objectif

6 commentaires

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négligence et suffisance, parents de défaillance !

Des fois… il faut réfléchir ! Mais quand on aime le trail, on sait pas toujours faire çà !

J’avais dit à tout le monde que je n’irai pas à Vielle-Aure faire le Pyrénées Tout Trail voulant guérir d’une lésion au mollet réapparue lors d’un footing au Québec 2 semaines avant et en plus avec un entraînement plutôt léger depuis l’ultra trail du Puy Mary mi juin.

Donc, le lundi, je fais une magnifique rando au dessus de Gourette en mode tranquillou, le mardi après-midi, je prends mon vélo de route et hop, montée de La Pierre-Saint-Martin.

Et puis, mercredi matin, je me dis, c’est trop con, le dossard m’a coûté 100€, c’est le 10ème anniversaire du Grand Raid des Pyrénées, l’ambiance est super, je vais revoir du monde, je vais le faire peinard etc etc.

Je n’ai pas envie de batailler pour un hébergement, j’enlève la banquette arrière du Partner, je prends un matelas, un sac de couchage, ce qu’il faut comme vêtements pour 4 jours, de la bouffe, un réchaud et hop, allons-y alonzo !

J’arrive après la cohue pour le retrait des dossards, j’y rencontre du monde et puis surtout mon pote Patrick Etcheverry, prêt pour le 220km. Il me propose qu’on bouffe ensemble en soirée. Ok dac, avec plaisir ! Et au moment de partir, je le rattrape et je lui dis : Ben non, je peux pas venir manger avec vous...je cours en nocturne ! Et lui, ben, il est mort de rire de mon oubli !

20h15 :Je me strappe le mollet comme un malade, les bas de contention par dessus, je suis prêt,

21h : Il est annoncé un itinéraire de repli (aller retour au plat d’adet) à cause des risques d’orage alors qu’il n’y a rien de spécial à l’horizon. Départ dans les derniers pour échauffer le mollet, puis dans la montée sur le chemin, j’arrive à courir doucement là où le monde devant moi marche et donc je rattrape beaucoup de monde. Les premières lueurs d’orage apparaissent derrière le Plat d’Adet, ça s’illumine de partout puis les premiers coups de tonnerre arrivent. Le vent se lève et la pluie commence à tomber en quelques secondes, on prend le ciel sur la tête. On pointe au Plat d’Adet dans un temps d’apocalypse et on redescend vite, surtout pour s’échapper de là !

Au final, 76ème sur 245 et les jambes dans la fontaine pour récupérer.

 

Jeudi matin départ 9h à Piau-Engaly après avoir pris la navette à 7h30 à Vielle-Aure. Je bulle au soleil en attendant le départ et je me rappelle que la dernière fois où je suis venu à Piau, c’était début avril 2004 et j’étais un papa fier comme un patron de bar-tabac (cf Coluche) Mon garçon était devenu champion des Pyrénées de ski alpin catégorie benjamin en géant et en slalom le lendemain !

9h : départ, il fait déjà chaud ! La montée sur les pistes est bien raide (et plutôt pas belle) mais ça se passe correctement. La descente vers le ravito de Piau est encore plus raide (et toujours pas belle) puis on continue à descendre. On prend enfin un sentier pour remonter mais il est pénible comme tout et interminable. Je crois que je me fais une bonne petite hypo et je n’avance plus me faisant doubler souvent même si le parcours est beaucoup plus joli. Dernière descente...sur les pistes et arrivée à Piau 56ème quand même alors que je me pensais plus loin mais déjà bien cramé.

Au retour, dans le bus, entre mal des transport et fatigue, je suis très limite vomito !

 

Après un repos plutôt bref, KV au programme de l’aprèm, j’avance pas, je m’arrête très souvent et comme je suis parti dans les premiers, tout le monde me passe, et franchement, j’en ai rien à faire tellement je suis naze ! C’est dommage car le parcours est bien (pour un KV) et il y a beaucoup de monde dans les dernières pentes pour encourager les coureurs et c’est vraiment chouette !

Pour récupérer et me doucher, je m’offre un heure et demie à la piscine de Saint Lary ! Et ça me fait vraiment du bien !

 

Vendredi 8h départ du Plat d’Adet pour une étape de 35km et 2900m+

Malgré une mauvaise nuit et des grosses courbatures notamment dans les cuisses, je ne me sens pas trop mal. A part les premiers du classement, tout le monde commence à être touché...et pas par la grâce mais bien par la fatigue ! Jusqu’à La Mongie, ça se passe correctement c’est à dire à un rythme où je ne me fais pas doubler (bon, en même temps, je n’ai pas doublé grand monde non plus !) Après La Mongie, ça descend doucement avant de remonter une petite bugne, je rate l’embranchement de la remontée et quand je m’en rends compte, il me reste juste 150m à remonter tout droit pleine pente dans les chachis. C’est super, juste histoire de se cramer avant la longue montée vers l’arrivée au Pic du midi. Je crains énormément cette longue montée mais finalement, j’arrive à rester avec mes compagnons du moment. Seule la fin m’est pénible mais j’arrive là-haut 53ème je crois. Au sommet, le coup d’oeil que je jette au paysage, pourtant somptueux, est aussi vague que mon regard. Je suis dans le coltard, les pulsations restent élevées et n’arrivent pas à redescendre, signe de grosse fatigue !

Au classement provisoire, je suis 60ème (mon kv catastrophique est passé par là!) Le retour en téléphérique et en bus est très long et je n’arrive pas à me reposer. Même si je suis assis juste derrière le chauffeur, je suis toujours limite au niveau des nausées !

 

La nuit qui suit ne m’apporte pas vraiment de repos.

 

Samedi 7h départ de la dernière étape longue de 43km pour 2500m+. Comme je ne vois pas grand monde sur la place de Vielle-Aure 25mn avant le départ, je suis un peu étonné. Mais en même temps, c’est normal puisque le départ a lieu à Saint Lary ! C’est en entendant le speaker que je m’en rends compte. Vite, la voiture ...et j’arrive quelques minutes avant le départ !

Dès le départ, je sens les jambes lourdes, sans aucun ressort. Toute la montée jusqu’au Plat d’Adet puis la suite jusqu’au col de Portet, je la subis, pas de plaisir, les pulsations sont élevées et pourtant je n’avance guère. Dans toutes les montées droit dans la pente sur les pistes de ski, je me fais doubler sans pouvoir m’accrocher. J’en suis presque à vouloir abandonner au premier ravito, au restaurant Merlans. Ce qui me fait repartir, c’est que je sais que la suite sera magnifique et que le gros du dénivelé est derrière nous. Et effectivement, après le passage au dessus du lac de l’Oule, on remonte peu à peu dans la pinède sur un sentier entre racines et pierres. Quel dommage de ne pas vraiment apprécier ce très beau tracé remontant vers le lac de Port-Bielh, les coureurs du 43km me doublent sans arrêt. Je vois la hourquette de Caderolles qui me semble bien lointaine mais finalement, avec un arrêt de quelques minutes dans la montée, j’y arrive sans trop de peine. Avec la fatigue, je dois faire attention dans la courte descente vers le lac de la Hourquette et encore plus dans la descente du col de Bastanet, plutôt technique. Puis la caillasse diminue, le petit écrin du refuge de Bastan apparaît Du monde est là pour encourager, le moral remonte un peu. Maintenant, il faut courir jusqu’à Merlans...et pourtant, je n’ai pas envie. Enfin, le retour à Merlans, je n’arrive pas à avaler du solide et heureusement que j’ai amené des petites compotes, il n’y a que ça qui passe.

J’essaie de positiver pour remonter jusqu’au Col de Portet ! Je sais que les 12km de descente vont être bien longs mais entre les passages courus doucement et quelques moments de marche, l’arrivée à Vielle-Aure est enfin là ! Une nouvelle arrivée d’ailleurs par un petit chemin le long de la rivière que je trouve plus agréable que les anciennes arrivées avant de débarquer dans la joyeuse cohue de la place du village.

Je suis exténué et il me faudra plusieurs heures avant de pouvoir penser à reprendre la voiture pour rentrer. Je suis trop fatigué et déshydraté pour apprécier la fête.

 Au final, une 80ème place, une vingtaine de places de perdues sur la dernière étape !), mais surtout des mauvaises sensations qui m'ont gaché la fête !

J’ai vraiment trop négligé la préparation, la gestion de ce challenge et cela m’est retombé dessus bien brutalement. Ce challenge est vraiment intéressant et mérite d’être reconduit mais le sera-t-il ?

 

 

6 commentaires

Commentaire de mic31 posté le 13-09-2017 à 15:41:16

Merci pour ton récit ! Bien ton oubli du lieu de départ, alors que j'ai pris la peine de l'indiquer sur le profil ;-)
Et dommage que la dernière étape ait été dure pour toi. Finir en forme c'était top.
ps : parole de voyant, le challenge devrait être reconduit.
ps 2 : elle est où la photo où tu es cramé durant le kv ?

Commentaire de laulau posté le 14-09-2017 à 12:19:57

Je viens de rajouter cette "fameuse" photo du KV ! En effet, une fois arrivé au col de portet, le 43km est vraiment beau jusqu'à Vieille-Aure. Tu féliciteras Marion, elle a fait un super challenge !

Commentaire de stphane posté le 13-09-2017 à 23:18:53

Très sympa ton retour d'expérience sur le "challenge"

Commentaire de laulau posté le 14-09-2017 à 12:22:09

Merci ! si ça peut être utile pour ceux qui pensent que 13km+20km+3,5km+34km+43km sur 4 jours, c'est peinard, alors ce récit a de la valeur ! ;)

Commentaire de float4x4 posté le 14-09-2017 à 09:32:41

allons-y alonzo -> Excellente référence à Jean Luc Godard... :D
Non sinon décidément, ce n'est pas le premier récit du PTT que je lis, et j'ai vraiment l'impression que vous avez plus morflé que nous sur notre longue rando de 190km.
Et ouais, pas mal l'oublie du lieu de départ de course, c'est très pro :D

Commentaire de laulau posté le 14-09-2017 à 12:27:11

En fait, il faut le préparer comme un ultra ...et pas comme je l'ai fait ! Comme on a tendance à forcer un peu plus que sur une longue distance, on finit plus usé et les départs de chaque étape sont de plus en plus douloureux...

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