Récit de la course : Le Grand Raid des Pyrénées - L'Ultra Tour 2017, par lolod

L'auteur : lolod

La course : Le Grand Raid des Pyrénées - L'Ultra Tour

Date : 24/8/2017

Lieu : Vielle Aure (Hautes-Pyrénées)

Affichage : 957 vues

Distance : 220km

Objectif : Pas d'objectif

4 commentaires

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Ma première défaillance sur trail

L’histoire d’un bûcheron Angevin

 

 

 

Tout commence à l’automne 2016. Quelle histoire écrire à l’été 2017 ? Quels chemins à découvrir ?

 

La première idée est l’enchaînement Échappée belle et TDS. Devant la difficulté à organiser et l’apparition du 220km au Grand Raid des Pyrénées scelle le choix pour cette course.

 

 

 

La préparation annuelle pour la course estivale est des plus simplistes et quelques signes négatifs physiques et une certaine lassitude à l’entraînement est présente. Les trails de préparations sont moins biens réussis que d’habitudes et des douleurs au genou gauche s’invitent début juin. Malgré tout, aller découvrir de nouveaux sentiers et être en montagne suffisent à me rendre heureux et l’ami Ludo qui me surnomme le « Bucheron Angevin » sait que çà va le faire…

 

 

 

Après un mois d’arrêt complet de CAP en juin, reprise en douceur en juillet pendant les vacances mais le genoux tiraille. De retour à la maison, j’organise au dernier moment le déplacement à Vieille Aure, départ de la course, un peu trop à l’arrache pour se préparer sereinement au départ. Un détaille de plus qui montre que je suis moins dedans que d’habitude ; cette année je n’ai pas non plus accroché le parcours pour m’en imprégner.

 

 

 

 

 

Dominique V. et sa famille ont la gentillesse de m’héberger pour la nuit de mercredi à jeudi. Anita, son épouse, prépare les classiques spaghettis carbonara et nous dépose le matin au départ de la course. L’ambiance est conviviale avec ses 550 coureurs au départ.

 

 

 

Je me sens plutôt bien physiquement et je n’ai pas oublié le genouillère pour soulager les tensions. La montée sur le Pla d’adet est plutôt monotone en sous bois puis avec une partie à travers les pistes de ski. Sans forcer, elle passe bien. Le premier ravito à Merlans est finalement atteint en 2h30, un peu en avance sur mes prévisions, mais je ne suis pas du tout dans le rouge. Ensuite, on entre dans le Néouvielle et la c’est chouette. Des lacs, le jolie petit refuge de Bastan puis celui de Campana et encore des lacs. Jusqu’ici, je gère en particulier en descente pour éviter de trop réveiller le genou. Je bois régulièrement mais je commence à avoir des difficultés pour manger. A l’approche de La Mongie, je n’ai plus d’eau et le temps est lourd. L’arrivée au ravito après 5h30 de rando est un soulagement. Je m’hydrate. Peu être un peu trop ? Mais pour l’instant les sensations sont toujours bonnes.

 

C’est dans la montée au col du Sencours que la machine déraille. Je n’arrive plus à manger suffisamment mais je n’ai pas encore les maux de ventre qui apparaîtront ensuite. Je profite quand même des paysages avant le Pic du Midi qui nous écrase de toute sa masse. Au col, je bois du thé mais je mange très peu. En plus, le contenu des ravito n’est pas assez diversifié pour me donner envie. La piste du Pic n’est pas très bucolique mais la vue la haut compense à merveille la montée. Il faut en profiter. Au sommet, il y a un point d’eau. Heureusement car il fait sacrément chaud. A la descente, nous pouvons profitez de nouveau du ravito du Col du Sencours mais à part un peu d’eau et de Tuc, rien ne m’emballe. Je poursuit en me disant que ce n’est qu’un mauvais moment. Le cheminement autour du lac bleu est paisible, mais le bas niveau d’eau de ce lac de barrage rend le paysage moins harmonieux. Il ne faut pas oublier de se retourner pour profiter pleinement des nombreuses vues typiquement Pyrénéesques. Le final vers Hautacam est bien long. Une grande traversée à niveau que je n’arrive pas à aborder en mode course. La machine déraille de plus en plus alors que c’est globalement plat et sans aucune difficulté technique pour trottiner.

 

C’est à Hautacam que je vis ma première grosse défaillance en trail. J’arrive avec une envie de vomir, pas du tout envie de manger. Je m’allonge sur un lit de camp pour essayer de récupérer un peu. Je tente de boire. Erreur. Dans la minute qui suit, une poubelle salvatrice accueille surtout de l’eau et quelques misérables restes….Je suis au plus bas moralement et physiquement. Un coup de fil à ma tendre, la lecture des sms me redonne un peu d’envie. Le « Bûcheron Angevin » n’est pas loin de l’abandon. Mais le « Bûcheron » arrive encore à réfléchir. Jusqu’à la première base vie, il n’y a que quelques kilomètres de descente. Il sera temps la bas de voir venir…..Heureuse surprise, Nico R. vient à ma rencontre à la descente. Sa présence est réconfortante. Il m’accompagne jusqu’à Villelongue où Virginie et les enfants m’encourage chaleureusement. Je termine la partie en ville à pied tandis qu’ils vont à la base vie en voiture.

 

Arrivée à la base vie, ils me chouchoutent. Mais les pâtes, pas terrible, très sèches avec juste un peu de gruyère ne passe pas du tout. Heureusement, il y a la soupe. Loin des barrières horaires, je décide de prendre mon temps. Une douche, un simple tuyau d’arrosage dans une tente, me soulage un peu. Je croise Dominique V. qui a mis le clignotant, préférant profiter de ses vacances en famille. Il m’a un peu fait hésiter, mais après la douche ma décision est prise. Aller dormir ou du moins me repose pour récupérer puis repartir en mode rando très tranquille pour essayer de remettre le corps sur de bon rail. On nous annonce que le parcours sera raccourci, le passage sur Gavarnie étant supprimé. Cela joue aussi dans l’idée de continue. Je plonge en terme de classement mais l’objectif est bien récupérer. Je décide de prolonger la récupération en adoptant un rythme de sénateur au départ de Pierrefites. La nuit s’y prête bien. Il me faudra 4h30 pour parcourir 15km ! Mais la stratégie est payante. A Estaing, j’arrive à remanger un peu, et je continue à boire, du thé sucré en particulier. J’ai aussi décider de ne plus boire via la poche à eau. J’ai le sentiment qu’elle héberge des bêbêtes nuisibles….ce n’est peut-être qu’une impression, mais bon, l’inconscient. Je prolonge la même démarche jusqu’à Cauterets. La stratégie est définitivement payante, d’autant plus que les pâtes de Cauterets sont accompagnés de sauces. J’y retourne même à deux/ trois fois. Et le jambon blanc passe bien aussi. Ah, Ah, enfin de bonnes sensations. Je récupère une grosse bouteille d’eau et laisse ma poche dans le sac de la base vie. Je ne me pause que 40 minutes à Cauterets.

 

Je sens, je sais que je vais finir cette édition. 20Km jusqu’à Luz puis 45 ensuite. Deux petits trails pour finir. J’ai le temps, d’autant plus que les barrières horaires n’ont pas été modifié. La traversée Cauterets/Luz via le col Riou n’est pas très fun. L’arrivée sur Luz est éprouvante. On arrive sur la ville mais un dernier chemin en balcon la contourne avant de revenir vers la base vie.

 

Dernière base vie, une heure de pause avant de redémarrer. J’ai plutôt la pêche à ce moment. Je reprends du monde dans la remontée vers Barèges puis vers le refuge de Glère par une piste pas très jolie. Le vallon est splendide, moins le refuge mais l’accueil, comme toujours au ravito est top. Petite déception avant d’attaquer le finale. Mes horaires laborieux ne me permettent pas d’aborder cette belle partie du Néouvielle de jour. La montée à la hourquette de Mounicot et la traversée vers la hourquette d’Haubert sont un terrain digne de la PTL. L’organisation a même mis de la rue-balise à travers les éboulis pour nous guider. De nuit c’est pas désagréable ! 4 heures de randos pour 4km environ, çà vous donne une idée de la technicité de cette partie. Une petite descente et on retrouve enfin une route goudronnée. Mais je n’arrive pas à courir et ne préfère pas solliciter le genou. 5Km de route jusqu’au ravito du parking d’Orédon. En marchant, une heure. Juste deux ou trois camarades me doublent mais nous sommes tous bien attaqués.

 

Une remontée avant de rejoindre le lac de l’Oule pour le contourner par le nord avant de remonter vers le refuge de Merlans. Une bonne dernière pause, profitez des bénévoles, de la montagne. Il ne reste plus que 12km. Ce ne sont jamais les plus faciles pour moi qui n’aime pas trop courir. La descente est globalement facile mis à part un petit mur au dessus de Soulan, mais je n’arrive pas à courir. A l’arrivée sur Vieille Aure, je sens derrière moi un binôme, un coureur avec un copain qui l’accompagne. Leur présence me donne des ailes sur les 2 derniers km. Je cours vers l’arrivée, bienheureux de finir cette aventure particulière après 48h45 d’efforts à 7h du matin.

 

 

 

Je profite de la présence de podologues pour me faire soigner une petite ampoule qui a éclatée, puis file me reposer dans la salle de repos pendant 2h avant de retrouver Dominique qui me ramène mes affaires. La journée du Samedi file rapidement entre installation au camping, retour au soin pour un massage, douche, repos le long de la rivière pour encourager les participants aux différentes courses. C’est avec émotion que j’accueille Camille vers 22h30. Nous profitons des restes de la pasta-parti avant de sombrer dans un sommeil bien mérité.

 

 

4 commentaires

Commentaire de --- posté le 08-09-2017 à 14:41:57

Bravo !!! la montée au col du Sencours a été dure pour pas mal de monde, tu t'en sors bien :-)

Commentaire de Miche posté le 10-09-2017 à 21:39:34

Bravo, belle course ! La défaillance n'a finalement été qu'un petit coup de mou, on dirait

Commentaire de lolod posté le 11-09-2017 à 20:37:50

Merci.
Ce fut quand même un gros petit coup de mou....heureusement la santé est revenue doucement ensuite.

Commentaire de float4x4 posté le 22-09-2017 à 10:16:42

Bonne remontada au final. C’est vrai que le balcon avant Hautacam est interminable quand on ne peut pas trop courir…

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