Récit de la course : Ultra-Trail du Puy Mary Aurillac - 105 km 2017, par cedric42

L'auteur : cedric42

La course : Ultra-Trail du Puy Mary Aurillac - 105 km

Date : 17/6/2017

Lieu : Aurillac (Cantal)

Affichage : 1028 vues

Distance : 105km

Objectif : Objectif majeur

6 commentaires

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compte rendu de mon UTPMA 2017

Un mois et demi après l’ultra trail des balcons d’azur, me voici donc au départ de mon dernier objectif avant la pause estivale.

Durant ce mois et demi de préparation, j’ai vraiment mis les bouchées doubles afin de mettre toute les chances de mon côté. Malgré cela au moment du départ je suis dans le doute. Effectivement depuis le début d’année j’ai pris un peu de poids. Est- ce du gras ou du muscle? Difficile à savoir. Mais cela me tracasse sérieusement.

Il est donc minuit le départ est donné. Je suis placé juste derrière les favoris (Cori-Breuil). La première portion jusqu’au ravitaillement (16km) est facile et permet de courir vite. Je fais tout pour en garder un maximum sous la pédale et je laisse filer quelques coureurs devant. Juste avant le ravito une descente courte mais bien technique (arbres en travers-grosse pierres..). Je la descends donc très tranquillement, mais derrière moi revient comme des avions Breuil et Trivel. Je suis déposé et je me dis que je suis vraiment minable en descente…

Au ravito ma famille m’attend. Je suis 8eme et les écarts sont faibles. Je me dis que je suis à peu près à ma place aux vus des coureurs listés comme favoris.

A partir de maintenant la course commence vraiment. Pendant 70km ce sera une succession de montées-descentes.

 Dès la sortie du ravito le chemin commence à monter. Et la montée est longue, mais courable presque tout le temps. Durant la montée je double des concurrents et je vois un peu devant la lumière du coureur que je pense être le 3eme. J’essaye toujours de ne pas trop puiser dans les réserves, car l’arrivée est encore très loin.

Après une petite descente j’arrive au ravito (km 32).  Je repars illico et je vois que le 3eme (Sherpa) est là en train de se ravitailler. Je suis donc 3eme….cool !!!

Pendant plusieurs kms le parcours me correspond bien, car il est vallonné et peu technique. De plus cette partie est en majorité descendante. Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, me voici au pied du Plonb du cantal. Une montée d’environ 800m de D+ avec une fin « droit dans le pentu ». La montée dure longtemps et pour la première fois je sens la fatigue musculaire qui commence à s’installer. Les positions ont l’air figé. Me voici enfin au sommet, le jour commence à pointer son nez. Le vent sur les crêtes est très fort ce qui rend les descentes dangereuses. J’assure au maximum mes appuis et  j’essaye d’économiser mes cuisses.

En contrebas du Plon du cantal se trouve la station du Lioran et son ravito (km 52). J’arrive dans la station toujours en 3eme place et sans voir personne derrière. Un membre de l’organisation me donne quelques infos sur la suite du parcours à la sortie du ravito et me dit que j’ai environ 5 minutes d’avance sur le 4eme.

Dès la sortie du ravito une montée raide m’attend. Je fais tout pour monter d’un bon pas en  essayant de garder un rythme cardiaque élevé mais  sans être dans le rouge. Après de longues minutes me voici au sommet (bec de l’aigle). Le soleil se lève et le beau paysage fait un peu oublier la difficulté de cette montée. Pour la suite du parcours je dois faire quelques kilomètres sur les crêtes pour rejoindre le sommet du puy mary. Un dernier coup de cul et me voici au sommet de celui-ci.  Un kilomètre de descente, j’arrive au ravito (km 62) du col du pas de Peyrol. Pour me booster je prends direct un bidon entier de coca mélangé avec de l’eau. Je repars sans trainer.

La suite du parcours jusqu’au prochain ravito parait plus facile au vu du profil. Mais c’est un leurre car le premier « chemin » tracé par l’organisation est incourable (forte végétation).  J’assure  mes pas et profite pour récupérer un peu. Suit la montée d’un col plutôt courable et une descente longue et pentue mais pas trop technique (ouf). J’arrive donc au ravito de Mandailles (km 72) plus que 34 kilomètres !!!

Je sais que j’ai environ 12 minutes d’avance sur le 4eme. Je me dis qu’il faut que je garde cet écart jusqu’au prochain ravito et qu’après je pourrai gérer. Mais avant cela une belle bosse très très raide m’attend.  De nouveau je me remets à mon rythme. Arrivé au sommet je sens bien que je commence à piocher car j’ai de plus en plus de mal à relancer. Je me force à essayer d’accélérer sur le plateau avant la descente car je sais que sur ces parties roulantes je suis sur un terrain où je peux faire parler mes qualités de vitesse. La descente se passe bien et comme à chaque fois je me force d’économiser mes cuisses. Juste avant le ravito il y a un passage très sympa et frais dans des gorges avec quelques ponts à passer. Mais il me tarde d’arriver au ravito quand même.

Ravito de Lascelle (km 87), j’ai toujours 12 minutes d’avance. Je commence à croire au podium. Les premiers kilomètres après le ravito sont plats. Je me force à courir à un rythme soutenu (avec les moyens du moment !!!). Le profil de cette fin de course est plutôt facile (600m D+ sur 19km). Mais après 90km de course chaque petit faux plat est une vraie difficulté. Arrive le fameux 95 km….

Dans un pré je me perds, plus de balisage !!! Le temps que je retrouve le bon chemin 11 minutes se sont écoulées. Et au moment où je le reprends, je vois à moins de 3 minutes le 4eme et la 5 eme arriver.  Gros coup de stress. Il reste environ 4 kilomètres avant le dernier ravito. Je sais que je dois passer à celui-ci avec le plus d’avance possible pour ne pas laisser le moindre espoir à mes poursuivants. C’est parti pour une séance de seuil !!! À fond je suis à fond je donne tout. Les cuisses font mal et le cardio n’est plus géré…

Au ravito je jette mes 2  bidons vides et prends à la volé 2 pleins (un grand merci à ma famille pour ces ravitos de niveau F1). Après quelques minutes mon téléphone sonne. C’est le signal que mes concurrents passent au ravito à leur tour ; je sais donc que j’ai 6 minutes d’avance et qu’il reste environ 5 kilomètres. Je souffle et finis le parcours en gérant. J’ai appris plus tard que mes poursuivants se sont perdus aussi au même endroit.

Une petite descente et me voilà dans Aurillac, je traverse la ville avec joie  et passe 13h05min plus tard arrivé au même endroit !!!

En fin d’après-midi je monte sur le podium heureux et fier d’avoir terminé devant quelques pointures du trail national.

Je remercie ma famille pour leur patience et la rapidité des ravitos. Mon entraineur sans qui je ne serai pas à ce niveau. Le magasin terre de running qui me soutient. Vous tous qui me suivez et m’encouragez à travers ma page.

Un gros remerciement à tous ceux qui m’ont aidé et encouragé sur le parcours. Je pense aux membres du staff UTMPA et aux spectateurs et surtout la personne en VTT

Et enfin ma femme qui supporte mes entrainements ainsi que mon petit. « ratatsou »

https://www.facebook.com/gazulla.cedric.trail

6 commentaires

Commentaire de Khioube posté le 20-06-2017 à 22:13:29

Quel suspense insoutenable ! Bravo pour ta course, tu es toujours aussi épatant ! Bonne coupure estivale!

Commentaire de cedric42 posté le 25-06-2017 à 14:27:11

merci

Commentaire de Trixou posté le 21-06-2017 à 11:29:06

Bravo !

Commentaire de cedric42 posté le 25-06-2017 à 14:27:22

merci

Commentaire de boire ou courir posté le 23-06-2017 à 23:29:32

Félicitation, le speaker semblait surpris de ton podium mais quand on voit tes autres résultats c'est pas du tous illogique. GG
Par contre pas un mot sur les récompenses? ^^

Commentaire de cedric42 posté le 25-06-2017 à 14:26:54

merci en effet je passe toujours incognito sur la liste des favoris...
Pour les récompenses, je n'ai pas gardé celle auquel tu fais référence...

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