Récit de la course : Semi-Marathon de Marseille 2017, par Seabiscuit

L'auteur : Seabiscuit

La course : Semi-Marathon de Marseille

Date : 19/3/2017

Lieu : Marseille 01 (Bouches-du-Rhône)

Affichage : 472 vues

Distance : 21.1km

Objectif : Faire un temps

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A m’ment donné, va falloir cavaler

13.000 coureurs sont attendus en plein cœur de la ville pour cette 4ème édition. L’un d’eux, l’un de nous devrais-je dire, est plus particulièrement mis en lumière et à juste titre ! A 83 ans, Gabrielle SEILLER, sera aux Goudes pour prendre le départ de son premier marathon (elle le finira en 4h58’). Pour ma part, je ferai moitié moins. Le semi sanctionnera 6 semaines d’entraînement, le marathon ce sera pour fin avril … si tout se passe bien.

Nous allons samedi chercher le dossard dans le village situé sur le parvis de l’hôtel de ville. On y passe une bonne partie de l’après-midi car les stands sont nombreux et les attractions multiples.

 

Alors, qu’on attendait pour pédaler au profit d’une association œuvrant pour les personnes en situation de handicap, nous voyons un attroupement se former. Il y a d’abord Muriel HURTIS, championne du monde du relais 4x100 m en 2003, puis Dominique CHAUVELIER multiple champion de France et médaille de bronze aux championnats d’Europe à Split en 1990 sur marathon. Une autre personne arrive, ils se saluent. Je ne la reconnais pas tout de suite mais une fois la casquette enlevée j’associe le crâne lisse comme un œuf à celui de Benoît Z, détenteur du record d’Europe sur marathon en 2003 avec 2h06’36’’. Muriel, très sympa, acceptera de faire quelques photos avec nous.

 

Dimanche matin, le départ est prévu à 8h45 mais il aura du retard. Je suis entré dans le sas des « 1h40 » il y a déjà 10 mn quand le speaker annonce que l’organisation attend d’avoir l’assurance que le parcours soit totalement sécurisé. On est alors bien loin d’imaginer que des coups de feu ont été tirés à proximité du vieux port …

 

Il fait beau, la météo avant-hier annonçait un vent violent mais les prévisions hier revoyaient à la baisse la vitesse des rafales. Seulement 40 km/h. Ce matin, les drapeaux du parvis de la cathédrale de la Major flottent sous une légère bise. Nous patientons au pied de cet élégant édifice construit en style néo-byzantin entre 1852 et 1893. Il ne fait pas bien chaud, une concurrente à côté de moi a la chair de poule, mais je pense que la température sera idéale pour courir.

 

J’aborde ce semi avec confiance car la dernière sortie longue s’est très bien passée. Je vise un peu moins de 1h40’, 1h38’ serait très bien soit une allure de 4mn40s au km.

 

Qui vois-je arriver avec une oriflamme dans le dos caractérisant le meneur d’allure ? Il s’agit de monsieur Dominique CHAUVELIER him-self ! Chauchau va donc nous guider.

 

Coup de feu, celui-ci est inoffensif. Les cadors s’élancent puis c’est au tour du sas violet des moins de 1h35’, puis le jaune des 1h35’ puis le nôtre, le bleu des 1h40’.

 

Il faut un bon kilomètre pour trouver sa place dans le peloton et pour éviter la bousculade, j’emprunte, comme certains, les trottoirs. Il faut dire qu’il y a du monde, un peu plus de 5.000 partants ! Entre rubalises et barrières, il faut juste faire attention de ne pas se retrouver coincé.

 

Arrivés au point le plus au nord du parcours, à l’angle du quai d’Arenc et de la rue Jean-Gaspard Vence, nous passons au pied d’une sculpture de David MACH nommée « It takes two to tango » (le tango c’est à deux) mettant en scène deux sumos soulevant un container. C’est un cadeau que la fondation CMA-CGM a offert à la ville de Marseille en 2011. Elle symbolise le fait que deux parties, pour agir, doivent nécessairement conjuguer leur opposition dans un accord. Je trouve cette allégorie très réussie.

 

Nous revenons maintenant vers le centre de la cité phocéenne. Là, il faut faire attention de ne pas se prendre les pieds dans les rails du tramway d’autant que le rythme est rapide. Il me fait même peur, de l’ordre de 4’20’’. Chauchau, il ne fait pas semblant ! Je suis à une vingtaine de mètres de lui mais j’envisage de lever le pied pour revenir à un rythme plus en adéquation avec mon objectif. J’ai peur de l’implosion, surtout que les jambes sont lourdes, sans doute les conséquences d’être resté debout une bonne partie de la journée d’hier. Heureusement, le souffle est bon et je suis surpris de courir à cette vitesse sans forcer la respiration.

 

Vers le km 4,200, se dessinent devant moi 3 km de ligne droite. J’essaye de courir le plus relâché possible dans ce faux-plat descendant.

 

Km 5,500, premier ravito. Je n’ai pas emmené de porte-bidon cette fois-ci, c’est donc un passage obligé et j’appréhende cet instant. Finalement, la zone est suffisamment étendue pour qu’il n’y ait pas de gêne entre concurrents d’autant que les bénévoles nous facilitent la tâche en nous tendant les bouteilles d’eau.

 

La descente vers le rond-point du Prado se poursuit à bonne allure. Chauchau, quant à lui, semble revenir à un rythme un peu plus modéré si bien que je dépasse le groupe qui reste agglutiné autour de lui. J’applique donc le mot d’ordre de ce Run in Marseille « A m’ment donné, va falloir cavaler ». J’espère qu’il ne s’agit pas de ma part d’un excès de confiance et que je le paierai plus tard.

 

Des groupes de musique sont répartis sur le parcours, ils concourent à rendre ce semi festif et ont un effet très positif sur le moral. Je me surprends à accélérer à chaque passage devant l’un d’eux, surtout les tambours. Allez savoir pourquoi ! La rythmique doit avoir un effet sur la foulée.

 

J’approche du parc Borely, j’ai un rendez-vous, il ne faut pas le louper. Peu après l’entrée, je les vois sur le côté droit. Sosso et Raphaël sont là, ils m’encouragent, je leur adresse un signe de la main. Les circonvolutions dans le parc nous permettront de nous voir à trois reprises. 

Vers le km 12, je quitte l’hippodrome et les salue une dernière fois.

Après un aller-retour le long de la plage du Prado qui entame le moral, la direction à prendre est maintenant simple. Il n’y a plus qu’à suivre la mer par la corniche jusqu’au Vieux port. Ce n’est toutefois pas une ballade de santé car nous ne sommes maintenant plus abrités par les habitations et le vent est violent. On pend les rafales sur le côté gauche. Je profite qu’un jeune, légèrement plus grand que moi, se porte à ma hauteur pour me protéger sur son flanc droit. Je mets en pratique la technique du vélo. Autre difficulté à gérer, le faux-plat montant. Mais nous nous entendons bien et nous ferons ensemble les 5 km qui séparent la plage du Prado de l’anse des Catalans en nous relayant. Il aura un peu plus de mal à finir les deux derniers km.

On dépasse pas mal de monde et c’est toujours euphorisant de bien finir une course.

Arrivé au niveau du parc du palais du Pharo, je sais que le profil est maintenant descendant puis plat jusqu’à l’arrivée. Il ne me reste plus qu’à dérouler. Le rythme s’accélère, ceux qui en ont encore la force jouent leur dernier va-tout. Je suis pris de cette frénésie collective renforcée par les encouragements de la foule de plus en plus nombreuse.

Dernière ligne droite, l’arche de l’arrivée est maintenant visible. Le chrono affiche 1h39’20’’. Plus très lucide, je mets le paquet pour essayer de finir en moins de 1h39’50’’. Les spectateurs me boostent dans cette quête chronométrique.

La ligne franchie, je regarde ma montre : 1h36’22’’. .NEW PERSONNEL RECORD 

Grosse surprise. Et oui, j’avais oublié que le premier départ avait été donné 3’ avant le mien ! Je suis super content.

La médaille est gagnée. Et une de plus !

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