Récit de la course : Semi-Marathon Grenoble-Vizille 2017, par CARDOT

L'auteur : CARDOT

La course : Semi-Marathon Grenoble-Vizille

Date : 2/4/2017

Lieu : Grenoble (Isère)

Affichage : 599 vues

Distance : 22km

Objectif : Terminer

5 commentaires

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Mon premier semi-marathon

 

8H50 : Nous arrivons à Grenoble. Nous nous garons à quelques rues du départ afin de pouvoir faire un petit footing d'échauffement. Les rues de Grenoble sont plutôt vides à cette heure, et les seules âmes éveillées que nous croisons sont d'autres coureurs qui déboulent de chaque coin de rue en trottinant. Le stress commence à monter. On y est !
 
9h - Nous rejoignons la Halle Clémenceau où une file immense s'annonce devant nous. Ce sera la première grande épreuve de la journée : accéder aux toilettes !

9h20 (!) - dernier tour de chauffe autour du stade avant de rejoindre le SAS de départ. Malgré la foule qui commence à s’agglutiner autour de la ligne de départ, nous arrivons à croiser mon frère, venu nous soutenir pour le départ de la course. Nous rejoignons le SAS 3 (les coureurs sont classés en fonction de leur objectif de course) qui correspond aux coureurs qui visent un 1h45-2h00 de temps. 

Quelques sautillements pour ne pas se refroidir. Les écouteurs sont en place, le chrono de la montre est prêt à être activé, l'adrénaline commence à monter. Le monsieur du micro nous dit que le départ de cette 5ème édition va être lancé dans 5 - 4 -3 -2 -1 GOOOOOOOOOOOOOO !!!!!!  

Les coureurs s'élancent. Malgré le nombre important de coureurs rameutés dans les SAS, je m'attendais à un "bouchon" plus important. Finalement, ça "circule" plutôt pas mal et j'arrive à me faufiler entre les coureurs.
Je regarde ma montre qui affiche un rythme de 5'00"/km (soit 12 km/h), c'est un rythme me convient et que je décide de maintenir pendant les 5 premiers km, histoire d'arriver fraîche et pas trop fatiguée au pied de la montée d'Eybens. Mon mari Hervé est à mes côtés, concentré.

Les 2 premiers kilomètres passent, puis j'entends un "Bonjour Sandra ! ça va ?". A mes côtés, un homme me parle comme s'il me connaissait, mais je ne sais pas qui c'est ! alors je lui réponds "bonjour, on se connait ?"
"mais oui ! je travaille au même étage que toi !" me répond ce collègue inconnu. 
"Ah bon ?". 
Nous échangeons quelques banalités mais l'homme semble plutôt bavard. A ce moment-là, j'ai eu envie de lui dire qu'on devrait peut-être éviter de s'essouffler en bavardant (c'est pas comme si on avait 22 km à faire !) mais heureusement, au bout de quelques minutes, il me souhaite bonne chance puis accélère légèrement.

Je poursuis ma route. Nous voilà au pied de la montée d'Eybens. La pente s'annonce devant moi. Je la redoute. 
Cette montée me stresse depuis le début. Vais-je arriver à tenir un rythme correct et ne pas perdre trop de temps ? C'est la partie un peu technique qui caractérise ce semi-marathon : une montée de 5 km qui, si elle est mal gérée, peut vous bouffer le chrono ! 

J'attaque la montée à un rythme de 5'15''/km (11,5 km/h) puis je ralentis un peu au bout d'un km (6'00''/km = 10 km/h) car la pente se fait plus raide, un léger replat me permet de reprendre un bon rythme, j'arrive même à tenir un 5'00''/km (12 km/h) sur 1 km ! Et là, je me sens pousser des ailes ! les premières endorphines commencent à se libérer et toute cette effervescence me met une pêche d'enfer !!!! je double, je double, je double et je double encore ! les coureurs semblent perdre toute leur énergie, ils ralentissent, certains s'arrêtent, essoufflés, et moi je suis en feu !!!! Quelques mâles vexés essaient de me suivre et ils n'y arrivent pas (quelle fierté !), je suis lancée, plus rien ne m'arrête ! J'arrive au rond point de Brié, le plus gros coup de cul reste à faire et après, c'est la délivrance ! Je me motive et j’accélère encore un peu. Je suis contente, je n'ai pas perdu trop de temps. 

Mais voilà, 300 m avant la fin de la montée, je frôle le malaise. Un gros trou noir devant les yeux, la tête se met à tourner, puis je vois des étoiles. Merde, ça sent la crise d'hypoglycémie ! 

Tout le monde m'avait dit de prévoir de quoi me ravitailler. J'ai toujours été convaincue que je n'en avais pas besoin. Lors de mes sorties longues, je n'ai jamais eu ni soif, ni besoin de sucre ou autre. Par précaution, j'avais quand même pris avec moi un gél de glucose que j'envisageais de prendre dans les 5 derniers km. Je me dis que c'était finalement plutôt une bonne idée. 

Je ralentis un peu et j'ai peur. Très peur. Je me sens étourdie et j'ai peur de m’effondrer. A ce moment-là, j'ai bien cru que c'était la fin de ma course. J'allais m'évanouir là, à l'aube de la descente, après avoir doublé environ 150 personnes. Non, ce n'est pas possible, ça NE peut PAS se passer comme ça !

J'entends quelqu'un qui me parle "ça va Sandra ?". C'est Pascal, le collègue que j'ai rencontré au départ. 
Je lui réponds "non ça va pas trop, je me sens pas très bien, je pense que je fais une crise d'hypo". 
Il me dit "ah ça m'étonne pas, faut voir l'allure à laquelle t'es montée !"

On aperçoit le deuxième ravitaillement. Ouf, je vais pouvoir prendre quelque chose de sucré. Il faut absolument que je recharge les batteries.
Je passe trop vite et je réussis à attraper qu'un vulgaire carreau de chocolat !! je sais, je suis débile, j'aurais mieux fait de perdre quelques secondes pour m'arrêter, mais que voulez-vous, le chrono était lancé !

On arrive à la "pâte d'oie" qui entame la descente vers Uriage.
J'aperçois mon père et mon frère qui sont venus nous encourager. Je me sens toujours mal. Je leur lance un "ça va pas, je crois que je vais pas finir, je suis en hypo !"

J'avale mon carreau de chocolat (c'est pas du Valrhona c'est sûr !), j'ai la bouche sèche, je n'ai pas pris d'eau (encore une connerie ! mon père m'avait pourtant passé un sac à dos avec gourde intégrée, mais j'ai pas voulu le prendre pour ne pas m'encombrer). 

J'ai l'esprit toujours embué. Je relève la tête le plus haut possible pour avoir un maximum d'air et j'essaie de regarder au loin. Pascal me demande si ça va mieux. Toujours pas. Il me demande si j'ai quelque chose d'autre à manger que mon carreau de chocolat. Je lui réponds que j'ai un tube de gel mais que je le garde pour les 5 derniers kms. Il me dit que c'est n'importe quoi et qu'il vaut mieux que je le prenne maintenant, car j'en ai besoin tout de suite. Il sait de quoi il parle, c'est son quatrième Greviz et il court le marathon d'Annecy dans 4 semaines. Moi, je suis une petite débutante à côté, je me laisse coachée sans rechigner et j'avale mon gel (beurk !).  Il insiste aussi pour que j'accepte d'avaler la moitié de sa barre énergétique (je ne voulais pas l'en priver !). D'autres coureurs m'ont également proposé des gels, j'ai vraiment beaucoup apprécié cette solidarité dans l'effort !

Hervé me rattrape, je l'avais semé dans la montée, quand je me croyais invincible. 

Je descends à une allure correcte mais je me modère car je sens que l'équilibre est fragile. Quel dommage, c'est maintenant que j'aurais pu gagner quelques minutes sur le chrono. 

Arrivée au rond point d'Uriage, ça commence à aller un peu mieux. On aperçoit le troisième ravitaillement. Cette fois, il faut que j'arrive à attraper un verre d'eau et des trucs à grignoter ! 
J'arrive à piquer quelques abricots secs et on me tend un verre. Chouette, j'ai même pas eu besoin de m'arrêter. J'ai compris quelques mètres plus tard que boire en courant, c'est chose impossible. 

Après m'être aspergée d'eau donc, je reprends une allure soutenue, il reste moins de 10 km, il va falloir accélérer un peu.  

Sur les 10 derniers km, j'ai réussi à maintenir un rythme moyen de 4'35'' (soit 13 km/h)
Hervé est toujours avec moi, on va courir côte à côte jusqu'à la fin de la grande ligne droite de Vaulnaveys. Sur les derniers km, Hervé commence à fatiguer et se laisse distancer. J'ai repris la pêche (le sucre a commencé à faire son effet), je me mets en tête de doubler tout ce que je peux.
J'aperçois quelques femmes devant moi (je n'en ai pas croisées beaucoup sur mon chemin). Elles sont mes première cibles, ça fera ça de moins devant moi au classement. Voilà le Château de Vizille, on y est, c'est la fin (déjà ??? j'ai pas vu le temps passer !). 
Dernier petit tour dans le parc. Les supporters s'agglutinent le long du sentier pour nous encourager. 
Nouvelle poussée d'adréaline, la ligne d'arrivée est à moins de 1 km maintenant. 
Je croise une nouvelle fois mon père et mon frère (nos plus fidèles supporters, quel plaisir de croiser leur regard sur le parcours), ils étaient accompagnés cette fois de ma cousine et de mon oncle. 
Puis, vint la dernière ligne droite qui mène à l'arche, et une énergie folle m'envahit. Je me mets à sprinter (je me surprends à avoir encore autant d'énergie), je regarde ma montre, je frôle les 3'25''/km (soit 17,5 km/h). Je double encore une dizaine de personnes qui n'ont pas le courage d’accélérer et je franchis la ligne d'arrivée. Ma montre affiche 1h48'54'' pour faire 22 km à une allure moyenne de 12,14 km/h. 
classement féminin : 30ème/589 (17ème de ma catégorie)
classement scratch : 624eme / 2353

Hervé arrivera 2'14'' après moi. Il a fait une belle course aussi, je suis fière de lui ! 

Qu'est-ce que j'ai appris de cette course ?

Que rien ne vaut une expérience personnelle. Beaucoup m'ont dit "tu vas voir, c'est dur, la montée est infernale, la ligne droite de Vaulnaveys interminable"
 et bien franchement, je n'ai pas vu le temps passer !!!! je mets ça sur le compte de la nouveauté, la découverte du parcours, de l'effervescence et de l'ambiance qui régnaient. L'unique sentiment négatif qui m'a envahit, c'était l'appréhension que j'avais de faire un malaise et de ne pas pouvoir finir la course. Tout le reste n'était que pur bonheur !!!  

J'éprouve aujourd'hui un brin de nostalgie car c'est terminé. J'ai adoré me préparer pour ce semi. Chaque sortie m'a réjouie (même les quelques sorties effectuées sous la pluie ou avec des températures frôlant les 2°C). Il y a eu des hauts et des bas, avec de gros coups de blues liés à ma douleur à la cuisse qui m'a quand même bien pourri ma préparation ! je n'ai pas pu faire des séances aussi intensives que je le voulais car j'avais pour recommandation de ne pas trop forcer sur ma cuisse. Aujourd'hui, je suis convaincue que ce semi n'est que le premier d'une longue série. J'envisage bien de le refaire l'année prochaine, en espérant que d'ici là j'aurais réglé définitivement mon problème de cuisse afin de pouvoir suivre un entraînement adapté à mes ambitions. 

Je n'oublierai pas les fois prochaines de me remplir les poches de gels sucrés et autres potions énergétiques car c'est franchement ce qui m'a 
sauvée de l'effondrement. 

La course à pied est vraiment un sport très prenant, une fois qu'on a atteint ce fameux "stade de dépendance". Ce moment à partir duquel, courir n'est plus une souffrance. Les endorphines qui se répandent dans tout le corps après une séance n'ont aucun égal, on devient vite dépendant et on se sent mal quand on ne peut pas courir. Je ne connais aucun autre sport qui m'ait procuré autant de plaisir.

Maintenant, je laisse le temps à mon corps de récupérer et de me remplumer un peu car je frôle les 45 kg ! (j'étais déjà pas très épaisse). Les beaux jours arrivent et je vais désormais courir pour le plaisir, au feeling, sans objectif particulier ... et ce jusqu'à la prochaine course ;-)

 

5 commentaires

Commentaire de Ironmickey posté le 06-04-2017 à 18:32:56

Bravo à toi. Une meilleure gestion de la côte t'aurait certainement permis de gagner 2 à 3' au final. La course est encore longue derrière la côte... Bonne continuation :-)

Commentaire de Gibus posté le 06-04-2017 à 20:30:55

Bravo ! Je n'étais pas loin de toi (1h52)
La côte de Brié est interminable. Bonne récup.

Commentaire de Albacor38 posté le 06-04-2017 à 22:48:15

Et bien chapeau bas pour une première c'est une réussite. Les 10 derniers kilomètres a 4:35 tu as dû en doubler des coureurs !
Par contre c'est étonnant cette "hypo" si tôt dans la course. Ou alors tu n'as rien pu avaler au petit déj ? En tout cas le bon réflexe c'était bien sur de prendre le gel.

Je pense que tu peux avoir de légitimes ambitions pour l'année prochaine. Moins de 1:45 à l'aise.

Commentaire de BOUK honte-du-sport posté le 06-04-2017 à 23:07:07

45 kgs ça fait rêver !!!
Bravo pour ton chrono, merci pour le récit et bonne récup !

Commentaire de campdedrôles posté le 08-04-2017 à 22:59:37

45 kg ?
Moitié moins que le Bouk !

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