Récit de la course : La Pontoise - 30 km 2016, par JiBête

L'auteur : JiBête

La course : La Pontoise - 30 km

Date : 26/11/2016

Lieu : Pont Ste Maxence (Oise)

Affichage : 447 vues

Distance : 30km

Objectif : Objectif majeur

1 commentaire

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La Pontoise 2016 : Trail de Pont-Sainte-Maxence, 30km - victoire !

Récit de course – enfin une victoire !   

PS : c’est mon premier récit – donc un peu d’indulgence !

« La Pontoise : Trail de Pont-Sainte-Maxence, 30km »,  un trail hivernal en semi-nocturne en forêt d’Halatte autour du mont Pagnotte – 3ème édition ce 26 novembre 2016.

 

Nota pour les ignares (dont je fais partie, on apprend ici ou là que le mont Pagnotte est le point culminant de l’Oise à 220m d’altitude).

Commençons donc sans tarder !

 

L’athlète : moi-même, coureur amateur, pratiquant le trail depuis 18 mois avec quelques places d’honneur et un seul succès au compteur : la Pontoise 2015 – 30 km… Et oui, je me présente donc sur la ligne de départ avec le dossard 1, ça c’est vraiment la classe !

Bon on redescend sur terre : malgré un format sympa (course en semi nocturne) et un tracé attrayant, ce trail ne fait hélas pas le plein. Sur le 30km on a entre 45 et 55 participants en moyenne (il y a un peu plus de monde sur le 15km) ; peut-être en raison du calendrier : L’Origole et le trail de Senlis font le plein 7 jours après…

Donc me voila arrivé vers 15h à Pont-Sainte-Maxence, dans un gymnase tout neuf, parfaitement équipé (douches / toilettes / vestiaires : tout est nickel) mais un peu vide. Je retire mon dossard de tenant du titre : le numéro 1 (ca fait vraiment plaisir, si si si !) mais bizarrement, aucun journaliste n’est là pour une interview !

Bon je ne me déconcentre pas, et je fonce jeter un œil au tracé :

http://tracedetrail.fr/fr/trace/trace/29855

Je constate que c’est le même tracé que l’an dernier, franchement top pour moi, on trouve de tout : quelques passages très boueux, quelques raidillons, des routes forestières, 2 ou 3 petites portions bitumées, un petit tour dans le village (l’église, la mairie, le cimetière) et une portion de sable : bref difficile de ne pas aimer, il y a de tout.

Seul bémol : certains trouveront le tracé trop roulant (il n’y a que 600m de D+ environ) et regretterons les quelques longues lignes droites, mais perso, c’est sur ces parties rapides où je retrouve de la vitesse que j’arrive à faire le vide en moi et à faire le plein de sensation.

Tout roule donc, juste le temps de m’échauffer, de me remémorer comment fonctionne cette fichue lampe frontale, de faire le choix de la tenue adéquate ; comme on annonce nuageux et 8°C environ, peut-être 6°C à la fin de la course, j’opte pour la tenue spécial « grand froid » : chaussettes de ville, mini short et tee shirt bien aéré + speedcross + montre cardio/GPS (une première en course pour moi) ; elle est programmée pour faire bip bip tout les kilo. Je me place donc sur la ligne de départ.

On ne sera pas nombreux (50 environs) et personne ne semble remarquer mon numéro 1… Bon ce n’est pas grave, ils vont voir ce qu’ils vont voir !

Bientôt 16 h, un petit échauffement en musique, on allume les fumigènes 3… 2… 1… GOOOOO

On commence par un petit kilomètre dans le village, une voiture de police nous ouvre le passage - je pars donc un peu comme d’hab, avec un peu de niaque en plus, numéro 1 oblige, à fond, comme au départ d’un 1500m…

Bref au premier virage, j’entends déjà plus personne derrière moi… un rapide coup d’œil sur la tocante : 17km/h… J’ai peut-être un poil abusé : bon, pour faire bonne figure sous les encouragements, j’essaye quand même de maintenir un petit tempo et j’arrive tranquilou au pied de la première montée, le long du cimetière seul en tête, la confiance au maximum : une course facile en perspective !

1er kilo en 3:56 – 156bpm (c’est quand même un peu haut pour moi au départ d’un 30km – il faut savoir que je suis du style diesel avec 170BPM de FCmax et je tourne à 160bpm sur un 10 km), mais je ne m’inquiète pas.

Première montée à 15% (100m de bitume puis chemin forestier) :  là c’est vraiment parti. Et patatras, je ne sais pas pourquoi, je me fais reprendre par 2 concurrents qui me dépassent sans hésiter, le pied léger et sans aucun respect pour mon numéro 1. C’est peut-être la nuit tombante, alors ils n’ont pas vu ?

J’avais le sentiment d’être parti un peu vite, et me voilà quand même largué. Malgré tout, j’essaye de m’accrocher. Je commence déjà à puiser dans mes réserves.

Je laisse 5 ou 6 mètres au maximum, mon cardio s’affole (162bpm). Le concurrent de tête semble particulièrement à l’aise en montée, le pied super léger : le doute s’installe. On atteint enfin le sommet du mont Calipet : déjà 100D+, j’ai quelques secondes de retard.

2nd Kilo en 4:48 - 162bpm, et déjà dans le rouge – ca va être dur !

On arrive sur un plateau, sur un single assez roulant malgré quelques flaques de boue, l’an dernier, c’est là que j’avais fait le trou définitivement ; cette année cela va être plus compliqué, mais ce souvenir me donne des ailes !

Je force donc le train pour combler les quelques mètres de retard. « Pied-agile » ne semble pas super à l’aise avec les flaques et autres obstacles naturels. Je parviens à combler mon retard. Histoire de tester un peu le gaillard, je tente de le dépasser, mais il ne se laisse pas faire et il force l’allure à son tour : ça va pas être de la tarte ! Et derrière, « mister numéro 3 » suit aussi sans difficulté. Il est dans mon dos et  se cale directement dans ma foulée : c’est donc un petit trio qui se forme en tête. Youpi.

3ème kilo en 3:57 – 160bpm – houlà le petit coup d’œil à la tocante m’affole : je m’imagine déjà exploser au 10ème km !

On enchaine sur un petit virage à droite : on se retrouve alors sur une longue route forestière d’environ 2km, sans grandes difficultés techniques. Pied-Agile mène tout le long, numéro 3 toujours callé dans mes chaussettes semble toujours aussi à l’aise  

4ème kilo en 3:59 – 159bpm

5ème kilo en 4:01 – 157bpm – ca rassure un peu, le rythme devient plus raisonnable

Au bout de cette ligne droite qui termine par un petit faux-plat, un virage en épingle à gauche, je constate la présence d’un quatrième concurrent pas trop loin, mais personne derrière. C’est la que commence alors un single bien casse-patte : c’est très sableux sur le haut des petites bosses et bien boueux en bas façon marre. Pied-agile attaque bille en tête, je prends un petit coup de bambou dans chacune des montées ; numéro 3 presse derrière moi pour passer, mais à la faveur des descentes et des mares de boue je recolle à chaque fois (Pied-Agile hésite vraiment à faire trempette !). Une petite frayeur malgré tout : j’ai failli perdre une chaussure au milieu de la mare.

Bref :

6ème kilo en 4:21 157bpm (plus de 160 dans les montées) – je m’arrache, mais ça tient !

7ème kilo en 4:23 155bpm je retrouve enfin quelques couleurs, on est toujours groupé et derrière nous trois le trou est fait.

On enchaine sur un virage à droite et une portion plus facile (plus sympa selon moi !) : une petite route bitumée en légère descente, je décide donc de passer à l’offensive, je sors mes grands compas et j’attaque : j’adore la sensation des speedcross humides qui font chlipchlop quand on les pousses sur un terrain pas vraiment prévu pour !

A la faveur de la descente, je pousse au max ; un coup d’œil à la tocante : 18/19 km/h au compteur, bref boosté par un petit coup d’œil dans le rétroviseur qui me confirme que je fais un petit trou sur mes concurrents, j’enchaine sur la partie plane avec le plein de confiance

8ème kilo en 3:42, à l’aise : 155 bpm

La route se fait alors plus plane, en léger faux plat montant ; sans avoir l’impression d’avoir ralentit, Pied-agile revient, me dépasse avec autorité et je parviens tout juste à suivre sa foulée : vraiment costaud le gaillard !

9ème kilo en 3:46 / 156bpm

Un peu plus loin le bitume laisse la place à une route forestière – je suis bien content de pouvoir simplement suivre Pied-Agile. Il daigne parfois me laisser prendre le relais, mais juste pour la forme. Numéro 3 est toujours sur nos talons. Pas vraiment les moyens de discuter, je fais un peu le vide. Le terrain devient sableux et plus vallonné.

10ème kilo en 4:10 / 154bpm – un 10k et 200D+ en 41minutes – well done !

Un virage à gauche, une petite descente technique ou je passe devant et face à nous, une longue portion plate large et très sableuse d’un bon kilomètre. Je mène le trio (ou le duo)

11ème kilo en 4:37 / 154bpm

Un autre virage à gauche et nouvelle longue ligne droite (2km) sur un petit chemin boueux . Le chemin s’élargit, puis il devient une route forestière. Je mène tout le long, pied agile reste dans ma foulée – la respiration facile, mais plus de numéro 3

12ème kilo en 4:13 / 150bpm

13ème kilo en 4:01 / 153 bpm : à l’aise !

Encore un virage à gauche ! Et nouvelle route forestière de 2km – toujours la même configuration je fais le tempo, « pied-agile » sur mes talons.

14ème kilo en 4:02 / 152 bpm

Déjà une heure de course, ca remonte légèrement, le terrain est légèrement boueux mais rien de compliqué

15ème kilo en 4:30 / 153 bpm

16ème kilo en 4:19 151bpm, là j’ai vraiment de bonnes sensations !

La nuit commence à tomber, j’essaye donc d’allumer ma frontale un peu avant la nuit noire. J’obtiens un petit faisceau minuscule. De rage je bidouille : j’obtiens des petits éclairs rouges clignotants… Je bidouille : plus rien… rageant !

Léger stress… Je recommence, faisceau minuscule… je bidouille : lumière rouge qui clignote pas mais qui n’éclaire rien… je re-bidouille faisceau « de survie » : bon je reste sur ce mode :  ça devrait aller, mais je vais galérer. J’imagine une batterie faible ; il me semblait pourtant avoir refait le plein avant de partir : zut !. De toute façon, 2 boutons à gérer sur une frontale, c’est manifestement 3 de trop pour moi, je ne touche plus à rien… La prochaine fois je prendrai une lampe torche.

Commence alors une longue montée sur un chemin bien creusé (90D+ sur 1 km), je m’attends à voir pied-agile tenter quelque chose, mais il se contente cette fois-ci de suivre. Toujours à l’aise mais plus tactique ? Je ne force donc pas l’allure en maintenant le cardio dans des limites raisonnables : je monte tranquillement au train, je me ravitaille : tout roule.

17ème kilo en 4:51 – 152 bpm

18ème kilo en 4:50 – 155 bpm

Des souvenirs me reviennent : je me rappele cette partie du tracé : on arrive bientôt au point de contrôle ca fait bip bip avec la puce, un virage à gauche et on a le droit à 500m de descente sur portion bitumée puis une épingle à cheveux à droite et on remonte le tout sur un single vraiment bien raide sur un chemin très creusé - mélange de boue et de cailloux en direction du mont Pagnotte...

Ayant retrouvé la confiance, je me jette donc dans la descente, décidé à tenter quelque chose. Le compteur s’affole à nouveau – 18-19 km/h, j’arrive rapidement à l’épingle : le trou est fait, la loupiotte (pardon : le puissant faisceau) de Pied-agile est bien à 35/40m ; numéro 3 est finalement pas loin derrière (tiens je l’avais presque oublié) : il a l’air d’avoir gardé une bonne allure.

J’attaque la montée comme un mort de faim à pleine vitesse (un gros 8 ou 9km/h)

19ème kilo en 4:47  (c’est bien une moyenne entre 18kmh en descente et 8 en montée)  – 155 bpm

A la faveur d’un virage à droite, la montée se transforme en faux-plat et le chemin en route forestière. L’écart est fait, la confiance au maximum, la victoire à portée de speedcross ! L’euphorie me gagne.

20ème kilo en 5:05 – 156 bpm et déjà 450m de D+

On entame ensuite la descente du mont Pagnotte – sans difficultés particulière, les jambes commence à être un peu plus lourde, de vieilles blessures de guerre se réveillent : la cheville gauche tire un peu (souvenir d’un affreux trail corse) et l’adducteur droit se fait sentir aussi (souvenir d’un horrible trail breton)

21ème kilo en 4:31 154bpm

22ème kilo en 3:50 149 bpm –ca descend beaucoup

Fin de la descente, on retrouve de sympathiques bénévole qui nous guide sur 50m de route. Ils ont pensé à arrêter la circulation en voyant ma lampe faiblarde arriver : ils m’encouragent - grosse confiance – « encore 7km mon gars !) et c’est reparti sur un chemin plus plat mais bien boueux… 7km, c’est quand même long ; je me déconcentre et je manque de laisser ma godasse dans une marre de boue et ma cheville sur une racine.

23ème kilo en 4:25 153 bpm.

Je jette alors un œil en arrière et là surprise, je vois 2 frontales pas trop loin. Je sais qu’on est sur une partie commune des deux trails le 15 et le 30, mais sentant ma vitesse baisser, je m’imagine que ce sont mes deux compères. Bref cela va se compliquer. En un instant, mes blessures se réveillent complètement, ma frontale semble faiblir (ou mes yeux, peut-être ?) le moral retombe dans les chaussettes, un panneau « il reste 5km »… 5km, c’est quand même beaucoup.

24ème kilo en 5:08 155 bpm et le sentiment de ne pas pouvoir pousser le moteur plus haut et moral se rapprochant de 0

Je poursuis : j’arrive à un croisement, les 2 morts de faim sur mes talons, et je ne vois plus de balise ni à droite ni à gauche. Gros doute. Enfin au bout de 3 très longues secondes, je vois une vague flèche sur le sol : je prends à gauche, je fonce bien décidé à reprendre ces 3 secondes volées…

Je continue dans le noir.

50m rien

100m : toujours pas de balise…

150m : du noir et rien d’autre

200m un truc qui se réfléchit dans le faisceau de ma frontale : youpi une balise ? Non ! pas youpi : c’est juste un gentil papillon de nuit…

250m : Je songe au demi-tour

300m : toujours rien… enfin si, j’aperçois sur le sol un truc sale en plastique. C’est une sorte de balise. Elle devrait clignoter normalement…  mais elle est éteinte ! En me rapprochant : le constat est clair : c’est bien une balise !

Vrai ouf de soulagement !

Les douleurs disparaissent subitement, le moteur repart, je m’hydrate : Bref, cette balise, c’est le saint-graal, ou plutôt le petit champignon de Mario-kart : Boost !

25ème kilo en 4:05 153 bpm (miam le champignon)

Un panneau « reste 3km », puis un virage à gauche : c’est la que commence « la piscine de boue » : miam miam !

Les faisceaux des autres concurrents ne sont vraiment pas très loin, mais tout le monde va devoir patauger la dedans ! Je donne tout, c’est maintenant ou jamais, après je sais que c’est du gâteau : cette fois-ci, je survole la piscine de boue.

26ème kilo en 4:09 – 157bpm

Je me rapproche du mont Calipet, panneau « 2 kilo », j’aperçois les lumières encore un peu lointaine de Pont-Sainte-Maxence by night en contrebas (superbe) puis les lumières du quad de l’organisation qui m’ouvre le chemin ; des encouragements, je double des concurrents égaré du 5km à pleine vitesse, je me jette dans la descente finale : Banzai !

27ème kilo en 3:50 – 158 bpm

Premières maisons, ça descends fort. le chemin de terre devient ruelle, la ruelle devient boulevard, le boulevard devient Les Champs-Elysées, un bon million de maxipontains m’encourage (ou presque). Bon l’euphorie retombe un peu, Pont-Sainte-Maxence la nuit c’est vraiment sympa, l’église, la mairie, l’ancien gymnase… et enfin la dernière ligne droite go go go !

28ème kilo en 3:45 – 158 bpm

Et enfin le bip bip final et un superbe chrono – 28,4km en 2h01 Well done ! 156 Bpm de moyenne – vraiment énorme banane !

Petite photo et interview du numéro 1 (cette fois on m’a reconnu !) et je donne mes impressions (très bonnes) à l’organisateur.

J’éteins ma lampe frontale… ou j’essaye plutôt, car en tentant de l’éteindre, je passe le faisceau en puissance max… Damned ! Foutue loupiotte…

Au bout de 2 minutes mes rivaux, pied-agile et numéro 3 arrivent (en fait François et Simon) et numéro 3 est arrivé second… c’est à rien y comprendre…

Là, bizarrement, malgré la bonne soupe d’arrivée, je m’aperçois que ma tenue grand-froid (short court+tee shirt) n’est pas vraiment appropriée : je tremble de froid.

Mais vive le nouveau gymnase : une douche bien chaude et une tenue plus adéquate et me voilà requinqué. Je pars recevoir ma récompense : une magnifique coupe très flatteuse (un peu trop peut-être ?). Ma performance, bien qu’honorable pour ma petite personne, reste franchement modeste en comparaison de ce que peuvent faire les vrais champions de la discipline, nottament ceux que j’ai pu voir à l’œuvre.

Merci !

 

En résumé : tracé certes pas trop technique, mais bien diversifié et en semi nocturne : une course qui mériterait d’être mieux connue !

Et perso : de supers souvenirs de course : c’est toujours sympa de se tirer la bourre entre amateurs !

 

1 commentaire

Commentaire de Runphil60 posté le 10-12-2016 à 14:28:03

Bravo pour ta victoire et pour ce récit humer détaille ! Respect .
Si on se voit ce soir à Nogent , ça va être avant ou après la course :-)

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