Récit de la course : Marathon de New-York 2016, par fredrunner76

L'auteur : fredrunner76

La course : Marathon de New-York

Date : 6/11/2016

Lieu : New York (Etats-Unis)

Affichage : 963 vues

Distance : 42.195km

Matos : saucony au pied, avec semelles ortho,

Objectif : Terminer

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new york marathon 2016

Voici mon récit de ce super voyage fait avec Laurent un ami runner du même niveau que moi, j’en ai beaucoup lus pour me préparer, ce ça me sert aussi à débrifer pour capitaliser cette expérience.

Cadre de la prépa :

2 marathons 4 h25 à Paris et 4h06 à Caen, objectif moins de 4h00 mais pas forcément à NY, je sais que c est plus dur qu ailleurs, j’imagine entre 4h et  4h15.

Prépa classique sur 8 semaines, mais avec un entrainement régulier le reste de l’année natation, vélo, 3 sorties par semaines.

Beaucoup de petits bobos ont tapé dans le physique et le moral avant et pendant la prépa: sorte de tendinite « achilienne » qui n’en était pas, contracture derrière le genou, petit blocage de la tête de péroné droite de temps en temps et le pompon : hernie inguinale « non urgente » décelée  2 semaines avant…

Avant la course : on loge vers Time Square, facile d’aller chercher son dossard au Javis Center dès le jeudi après midi, il y a une ambiance excellente, on peut dépenser toutes ses économies tellement il y a de choses à acheter ; Dans la rue on voit partout des hommes et des femmes avec le sacs transparent qui servira de consigne.img_3600.jpg

On fera la course DASH TO FINISH LINE le samedi matin : aucune pression, ça met en jambes, et surtout on voit bien les derniers hectomètres et la montée finale dans Central Park.

Je termine mon traitement de 3 jrs de Maltodextrine, je ne sais pas l’effet que ca fera, ca ne pas être mauvais de toute façon.

Jour J

Lever 4h45 pour un petit déjeuner classique mais pas trop chargé

Départ en car vers 5h30 en direction de Staten island, le soleil se lève doucement, dans le car, ça somnole, ça s hydrate, je commence le gatosport à 2h30 du depart.

Arrivée des centaines de cars autour de la zone de dépose des coureurs, un peu de embouteillage, pendant ce temps là on est assis et au chaud.

Ces centaines voire des milliers de flics sont là, et on ne descend pas du car avant qu un d’eux ai regardé le sac transparent UPS, une fois descendu, on passe 1 par 1 au détecteur à métaux puis on peut marcher vers les villages d attente.

 

Ambiance étonnante :  il y a des tonnes de bouffes, des rangées entières de cabines de toilettes, des gens qui marchent d’autres dorment

On peut prendre du café, du thé avec des briques de lait, des donuts, des bananes, des gels énergies, distribution de bonnet Dunkin Donnuts, aussi moches que chauds, il y a du monde bien sûr, mais on trouve un endroit avec laurent pour se poser sur l’herbe et éviter de rester debout trop longtemps.

Il doit faire 6° mais avec nos multicouches de vêtements on ne le sent pas, j’ai même amené des chaufferettes chez décathlon pour voir ce que ça fait, c est loin d’être indispensable, je pensais avoir plus froid, mais ça marche bien.

On est chacun dans la vague de 10h15, moi la verte sur le niveau inférieur, et Laurent sur la orange au-dessus. Vers 9h00 on part chacun de notre coté. Le dernier arrivé à l hotel payera l apéro !img_3794.jpg

Dépôt des sacs, sans presse, tout est simple, hyper bien indiqué, on peut faire des stop vidange, ou reprendre à boire autant qu’on veut, je me limite pour ne pas avoir trop envie de m’arrêter sur le parcours, Il y a aussi pas mal de police/swat/pompiers partout.

Je m approche de l entrée du couloir A qui m est attribué, la concentration s’ installe, j’ enlève une couche de manche longue juste avant de monter au pied du pont, tout le monde annonce du vent sur le pont, je préfère garder au mini encore un un t-shirt manche courte par-dessus mon tshirt Thomas Cook et mon manche longue isolant.

Pour accéder à la zone de départ, ça monte mais nous marchons tranquillement, on voit bien que le début du pont est une sacrée pente….Coup de canon, speech, musique, cette fois c est parti !!!

Je ne mentirai pas en disant que c est dans les 10 premiers pas que ma mini contracture derrière le genou (creux poplité pour les connaisseurs) s est réveillée. J’ essaye de ne pas y penser, mais je me demande comment ca va évoluer…. et heureusement, échauffement terminé après 3k environ, je ne sentais plus rien, ouf…

On a beau être préparé, cette montée est vraiment raide pour commencer une course, de plus ma montre capte très mal sous le pont et mon allure apparait à 12mn au km…., puis 7…. Je n y fait pas trop attention, les hélicos tournent à notre hauteur, le vent de gauche fait claquer les dossards…sacrée ambiance ; la fin du pont et sa petite descente est bienvenue. Je garde tjrs mes vêtements pour l instant, on est pas trop serré avec les autres coureurs, j essaye de ne pas partir trop vite, mais veux éviter du retard au semi.

L ambiance des spectateurs va vite commencer, cris, musique, panneaux…il y en a pas mal, mais c est encore rien comparé au reste de la course.

Pas de douleur, je garde le même rythme, pense à bien ventiler, m hydrater, de toute façon il y a ravito liquide tous les miles, j aurai pu me passer de ma gourde finalement

Je passe le 10K en un peu moins d une heure, j ai fait un stop vidange au 9eme, interdiction de faire ça ailleurs que dans les cabines, il faut donc attendre qu une se libère, 2 ou 3 mn de perdu donc, mais normalement je n aurais plus besoin de m arrêter pour ça.

2eme quart de la course, les groupes de musiques sont de plus en plus nombreux jusqu’au semi on passe les fameux quartiers des différentes communautés, bcp d entre eux donnent des bouteilles d’eau, des bananes, une générosité vraiment étonnante.

Arrive le fameux Pulaski bridge, passage du semi, je m étais donné 1h57 en objectif, je le passe à 2h00,02, (pas fait exprès !), une sacrée montée pour y arriver, je double quelques fauteuils roulants poussé par des runners, faut du courage quand même !

A ce passage du semi, je me dis bien sur qu il en reste moins qu on en a fait, malgré tout, je sais que le plus dur reste à venir.

La veille, M. Marathon de Tomas cook, D. CHauvelier et ses 100 marathons nous a bien prévenu il faut avoir un max de fraicheur dispo au 25eme car c’est la que tout commence...alors comment je me trouve là ???capture5.jpg

 

Quelques virages après Pulaski et l’approche de Queensboro bridge, il y a bcp de monde, les rues sont parfois plus étroites, ca presse un peu.

Quand le pont approche, j ai hâte de voir ce que ça donne, et là je ne suis pas déçu du voyage….la montée est TRES forte, plus de spectateurs, on est qu entre nous, il n’y a que le bruit des pas sur le bitume, ca aide à se concentrer pour ceux qui comme moi, peinent un peu à cet endroit, le vent entre les piliers, les hélico jamais loin, nos souffles, mon souffle, et je vois le ralentissement total du peloton autour de moi, je suis obligé de marcher sur le coté, ca ne sert à rien de forcer, je vise le seuil du pont qui est vraiment loin je trouve, on est vraiment seul avec ses baskets à ce moment-là, c’est étonnant.

Arrive la descente qui redonne le moral, j’ai tellement lu de choses sur cette fin de pont….je retrouve une française avec qui on fait la descente et on échange quelques mots, le virage à gauche pour rentrer dans manhattan. Vous connaissez l Alpe d huez pour les cyclistes ?, c est le même bruit, les mêmes clameurs qui explosent littéralement aux oreilles, ça regonfle le mental, quel contraste avec ce foutu pont ! on va en avoir besoin, car la TRES longue 1st avenue commence sur 5km environ. Il y a plein de ravito, le temps passe assez vite finalement je me sens plutôt bien je reste au rythme de 5 :45 5 :55 environ         

Je passerai le k30 en 3h00, avant d arriver au Bronx, je retrouve Laurent quelques mètres devant moi, c’est une bonne surprise, il me dit qu il est rincé, on court ensemble un peu, ça aide.

A partir de là je ne vais plus regarder ma montre, je subis plutôt le rythme que je ne le contrôle, on verra où ca m’amène

La boucle dans le Bronx puis retour sur manhattan se passe pas trop mal, je n’ai pas vraiment vu de « Mur » passer, mais la machine est bien ralentie, je marche uniquement à qq ravito, mais repars rapidement pour ne pas scotcher complètement.

C’est quand on arrive sur la 5eme avenue que je galère pas mal, le faux plat montée est vraiment dur à ce moment-là, j’ai hâte de rentrer dans Central parc, il y a bcp de monde qui marche, et je dois moi aussi faire des pauses lentes, avant de relancer, heureusement le public est tjrs là, crie aller la France, allez paris, en voyant nos t shirt, et ça marche, je me sens concerné, et je pense aussi à la famille et aux copains qui me suivent en direct sur l appli du TCS qui donne en quasi instantané nos positions, je ne veux pas qu’ ils me voient à l’arrêt !!! je prends le seul gel booster que j avais emmené, (un peu tard peut-etre), c est la que j en ressens le besoin !

Rentrée dans Central Parc vers le 37eme, je me dis que ça sent l’arrivée, le changement d’environnement est marquant, plus d’immeuble en premier plan, mais plein d’ arbres, et le public toujours hurlant non-stop, par contre le parcours est très vallonné, et je dois marcher encore dans quelques montées, puis je relance en descente. On n’est jamais loin avec Laurent, l’ un ou l’ autre devant.

On sort au sud du parc pour le longer et aller vers Colombus Circle, tjrs en encore de la musique et des cris partout.

Sur ma droite sur un podium officiel de la course, un groupe commence du Springsteen, BORN TO RUN, c’ est une de mes chansons préférées, je connais l’air presque par cœur, je l’écoute à toute mes sorties longues, l’effet est saisissant, ce me donne un coup de boost incroyable, Laurent me verra partir « comme une flèche », j avale les dernières centaines de mètres à fond (tout est relatif bien sur, on est pas au top quand même) je dois terminer le dernier mile à 5 :20/30 au km…. Le passage de la ligne est une sensation de fierté, et bonheur bien sûr, la médaille est bien lourde autour du cou !capture_2.jpg

Temps final 4h14 :36, à la limite haute que je m’étais fixée, depuis que j ai arrêté de regarder la montre, je pensais avoir mis 10 ou 15 mn de plus.

Pas trop de monde sur la ligne, on évacue rapidement après que j ai répondu à une interview de journaliste pour ABC7  (parution le lendemain pour la postérité !) les sacs ravito sont pas mal, avec des protéines liquides et en barres, on marche un peu et tranquille pour récupérer les consignes, le sweet Thomas Cook est très chaud, c est la qu’ on s en rend compte !!

Le seul moment difficile est la marche jusque Colombus circle, pour choper notre ligne de métro, bcp de félicitations dans la rue, j’aurai même une dame un peu âgée, assise dans le métro qui me voyant debout, avec la couverture de survie de la course, et ma tête fatiguée, va me proposer de me laisser sa place, on est bien à NY, il n’ y a pas de doute !!

Le soir pour diner ce sera pareil tout le monde se promène avec la médaille autour du cou, et les félicitations fusent de partout dans la rue…

En conclusion

mes plus :

Pas de retour de douleur dans les tendons, ni les hernies…

Une atmosphère avec le groupe Thomas Cook assez sympa pendant le séjour…

Bcp de ravitos, on n’est pas obligé de partir avec un gros bidon de flotte, il y a même des barres distribuées au-delà du 30eme.

Je pensais que 50000 coureurs, ça allait se voir : pas tant que ça, les avenues sont très larges, tout est fluide, c’ est une bonne surprise.

 

Les moins :

Pas assez de cote/escaliers/trails dans ma préparation, résultat, les cuisses ont faibli trop tôt, je m y attendais.

Difficile de pas marcher les jrs précédents, on est à NY quand même, mais rien que le samedi la course de 5km DAsh to finish Line il y a au bien 7 ou 8  km de marche aller/retour, et puis on allait pas rester à l’hôtel quand même !

 

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