Récit de la course : Trail de Valberg - 45 km 2016, par shef

L'auteur : shef

La course : Trail de Valberg - 45 km

Date : 3/7/2016

Lieu : Valberg (Alpes-Maritimes)

Affichage : 2568 vues

Distance : 45km

Matos : Akasha
UD AK 3.0 Mountain
Pas de bâtons

Objectif : Faire un temps

9 commentaires

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Valberg sans panne !

Après la grosse frustration du week-end dernier où la voiture nous a lâché lamentablement à moins de 15km du départ du trail de la Colmiane (occasionnant au passage 4000€ de frais, donc voiture à la poubelle), c’est avec un peu d'appréhension que nous montons tous les 3 le samedi après-midi entassés dans la 106 en direction de Beuil.


Kikourou est petit, mais il peut beaucoup, et en fin de compte on arrive à destination sans encombre. On monte la tente et on va chercher le dossard, puis repas au resto Italien du coin (heureusement avant la déconvenue contre l’Allemagne).


Réveil à 6h15, ça pince pas mal quand même, je mets toutes les couches. Je me rends compte que j’ai oublié le briquet pour le réchaud. Si je m’en accommode, je sens déjà la galère pour le bib de la petite. Heureusement maman a l’idée d’aller voir à l’accueil et y trouve un micro-ondes pour chauffer tout ça.

On rejoint le départ, un petit échauffement et l’arrivée du soleil aidant, on se réchauffe bien. Petit briefing et ça part dans les prés.


Au niveau du 1er tiers du peloton on va dire. Les sensations ne sont pas extraordinaires (léger manque de sommeil, stress dû au boulot un peu compliqué en ce moment et tracasseries avec la voiture), m’enfin ça avance quand même à peu près correctement. Je vois un peu au loin la tête de course qui court à grandes enjambées dans un bon raidard. Pas le même monde, je trottine péniblement sans trop me mettre dans le rouge. On remonte ensuite sous un téléski, assez raide et je me fais passer par une féminine qui trotte, qui trotte. J’en suis réduit à la marche rapide mais je vois que c’est à peu près la même pour tout le monde. On arrive sur le haut après 250m quand même, et là le paysage se dévoile, sublime.


Moment cocasse, on passe à côté d‘un troupeau de moutons et y’en a un qui commence à emboîter le pas. Les moutons de panurge, normalement, ce sont nous les coureurs ! Mes sensations sont toujours un peu moyennes, et surtout je sens que ma digestion est un peu aléatoire. Victime d’ennuis digestifs légers depuis quelques jours, je sens que « décompresser », ça va pas le faire. Là je me dis que 45 bornes sans pouvoir péter, ça va être long. Heureusement ça se débloquera aux alentours du km 15. Promis je n’en parlerai plus :D

 

Je me concentre sur le parcours qui est vraiment somptueux. Après ce départ en sous-bois, sentier de terre et aiguilles de sapin, suit une descente de 400m pas hyper technique mais un peu casse gueule quand même avec de petits cailloux. Je descends tranquilou pour ne pas me flinguer les quadris. On sent que la chaleur est déjà bien là, je bois bien. Contrairement à d’habitude, je ne ressens pas de faim. Je finis quand même par attaquer ma barre de la première demi-heure (plutôt après 1h, donc).


On entame ensuite la première bonne montée (650m) en deux morceaux, d’abord assez régulière dans les bois pour rejoindre la partie en pélites rouges. Ensuite un sacré bout de pistasse descendante puis remontée où les relances valent leur pesant de cacahuètes. Je papote un bon moment avec un gars qui me dis « tu vas voir ceux qui soufflaient tout à l’heure sous les sièges, là, dans la deuxième montée, ils vont être au bas-côté ! ». Je ne dis rien mais bien sûr, je faisais partie de cette catégorie de vilains coureurs qui ne savent pas gérer Rigolant On reprend quelques gars qui marchent déjà sur cette portion.


On arrive au ravito, km 14, on a entre-temps doublé la première féminine, qui déboule à son tour sans s’arrêter et file dans la pente au-dessus. Mazette. Je prends quand même 3 minutes pour faire les niveaux, un verre de demi-coca, banane, j’embarque tucs et chocolat. Les bénévoles super sympas proposent même de mouiller nos casquettes. On termine les 250m de montée, les vues sont toujours plus fantastiques.


Je reprends l’ex 1ère féminine (l’ex 2nde l’ayant taxée dans la montée). Bon, je vais la faire courte en fait, car j’ai navigué un sacré moment entre ces deux-là, l’une me reprenant dans les descentes, l’autre dans les montées. Au final je termine entre les 2 (9 minutes derrière la grimpeuse et 3 devant la descendeuse).

On passe un col et on plonge ensuite assez fort dans les gorges de Daluis. Le sentier est assez technique par endroits, fuyant en devers dans le sable rouge de pélites. Je laisse quelques morceaux de muscles dans cette descente.


Je continue de boire beaucoup et de manger un peu régulièrement un bout de barre, un demi-tuc… Surtout, l’attention que demande le cheminement, et les relances constantes laissent finalement peu de temps et de confort pour s’occuper de soi.

Arrivée au ravito 2, km 23. 5 minutes d’arrêt, pipi compris, avec remplissage de 3 flasques cette fois, car on nous annonce le prochain à 15 bornes et surtout 1000m de montée en quasi plein cagnard. Les jambes sont moyennement usées, ce qui correspond donc à une moitié de course, il devrait rester de quoi finir. On en reprend pour de la pistasse montante où une fois encore il faut se faire violence pour courir.


Puis on rebascule, et fin de descente technique et hyper slalomante pour rejoindre le pont qui franchit Daluis. Une pensée pour la clue en contre-bas, un des plus beaux canyons du coin. C’est le moment où déboule la future 1ère féminine. Elle me double tellement aérienne et fraîche qu’un instant je me demande si c’est pas une participante au trail 23km, mais non. On entame la montée et je la vois s’éloigner petit à petit, relancer au moindre bout un peu plat, tandis que je suis un peu à la lutte, je ne la reverrai pas. Il fait franchement chaud et j’ai les cannes dures. J’ai fait le choix du sans-bâtons et sur cette montée, ils auraient été assez utiles. En plus je reprends très peu de monde, alors qu’en règle générale la seconde partie de course est franchement à mon avantage. Ca plus mes sensations pas exceptionnelles, il y a deux possibilités: 1) je suis à la rue 2) je suis en train de faire un bon truc, c’est pour ça que je suis pas au mieux et je ne rattrape peu de gens car je suis à l’avant de la course.

Après environ 300m de montée relativement raide, on rejoint une portion en traversée ascendante où je parviens encore à relancer à la course en me motivant fort. Surtout, je vois devant moi Levi que je suis en train de reprendre, signe que, tout compte fait, c’est plutôt l’option 2. Je le double, puis reviens sur un autre concurrent. On passe devant un ravito sauvage (jerrican porté là par un couple de randonneurs très gentils) pour refaire un peu d’eau. Levi repasse devant et je peine à doubler l'autre gus, sûrement un peu de fatigue mentale, et je reste dans un faux rythme. A posteriori je vois un gros « trou » au cardio à ce moment-là. Manquant de me faire poinçonner 2 ou 3 fois par ses bâtons, ça me réveille et je profite lâchement d’un arrêt mouillage de casquette pour faire l’intérieur et reprendre un rythme plus conséquent (pas faramineux quand même). Je gère mon alimentation toujours délicatement. Je sens la faim venir, mais il reste environ 12km et je ne suis pas sûr d’arriver à manger beaucoup. Je passe donc un gel au chocolat, pour le plaisir.

On continue un peu en sous-bois pour finir par un droit dans la pente avant de passer un petit col. C’est là que je reprends Levi, mon gars de la première montée (ce n’est donc pas moi qui termine dans le bas-côté) et la féminine descendeuse.



Passé le col ça redescend un peu, la jambes protestent et il me faut bien 500m pour trouver un semblant de rythme, juste au moment où la montée reprend, petit subtilité il faut encore s’enfiler presque 200m D+ pour rejoindre le sommet de la station, d’abord en petit sentier traversant puis plus radicalement droit dans la piste de ski (le seul passage un peu moche de ce superbe trail). Récompense au sommet avec le dernier ravito, km 39. On nous annonce en-dessous des 20, j’ai un peu de mal à le croire, mais bon. Je reste quand même 3 mins. Je pars ensuite dans la descente, dans le même esprit que la montée, facile : il suffit de suivre les canons à neige. Je passe en même temps un coup de fil à la famille pour être sûr de ne pas rater le rendez-vous. « Je suis à côté du lac ». « Oui mais moi je vois 2 lacs, c’est lequel ? ». « Il y a un chemin avec des coureurs ». « Bon, à toute ».

Je me fais récupérer à nouveau par la descendeuse et l’autre acolyte. Il y a une légère remontée, ça peste. Je mentionne que d’après ma montre, il resterait encore 300D+, ce qui achève de  démoraliser. Rendu sur la crête, ça sent l’écurie à plein nez ! A partir de là je lâche les maigres chevaux, ou disons plutôt poneys, qui me restent, entre 10 et 14 kmh. Les jambes répondent bien, la fatigue disparaît par magie. Je sais que je suis plus lent en descente alors dès que ça remonte légèrement je reste à la course et je finis par distancer ce tout petit groupe.


Au détour d’un sentier je crois fifille et sa maman. Une petite bise et je repars aussi sec presque à fond. Une dernière remontée dans l’herbe qui achève les cuisses et le souffle et c’est le final libératoire !

Je passe la ligne en 6h11. On m’annonce 13ème, j’ai du mal à le croire. Je me jette sur la pastèque. Ensuite c'est l'arrivée de fifille et sa maman, un bon repas que je me fais phagocyter (le jambon, le fromage et la tarte par fifille, les pâtes par maman, il ne me reste que la Kronembourg, et on a beau être Alsacien et même après 45 bornes ça reste pas terrible) etune bonne douche, avant la redescente en 106 et une nouvelle fois sans dépanneuse.

Que dire au final ?

Pour un trail annoncé à 45km / 2600D+, ma montre donne 42km / 2400D+, soit plus ou moins le Trail des Balcons d’Azur, que j’avais terminé en 6h02 à la 84ème place. Peut-on comparer les 2 ? Difficile à dire. Je pense que j’ai fait une meilleure course aujourd’hui, peut-être moins en gestion. La différence de position est-elle due simplement à une concurrence moindre ?

J’ai fait le choix sans bâtons malgré le D+ car il me semblait que le parcours était quand même assez roulant et que les bâtons ne serviraient que dans une seule grande montée, je pense que c’était le bon choix. J’ai fait avec mon alimentation, surtout hydratation : beaucoup bû, très peu mangé (une demi mulebar, une demi compote, un gel chocolat, une dose de beez’nergy tant bien que mal qui finira dans une flasque car flacon peu pratique, quelques tucs, carrés de chocolat et morceaux de bananes). J’ai surtout géré ma sensation de faim par rapport au kilométrage restant et en donnant la priorité au liquide par rapport au solide. En fait je me dis quand même que j'airausi pu prendre quelques pâtes de fruits/gels en plus, ça serait sûrement bien passé et m'aurait donné un peu de tonus pour mieux absorber la grosse montée.

Je n’ai pas eu de gros coup de mou ni de fringale. Un ralentissement dans la grande montée de Daluis mais qui me semble était valable pour tout le monde (à part la 1ère feminine qui m’a vraiment impressionné sur ce passage et qui me colle 17mins sur la seconde moitié de parcours).

En tous les cas ce trail est franchement superbe en termes de parcours et de diversité de paysages, ça vaut vraiment le détour. Une seule portion à jeter : la remontée sur piste de ski.

 

9 commentaires

Commentaire de BOUK honte-du-sport posté le 04-07-2016 à 23:52:31

En un mot : superbe !!!
Merci pour le partage !

Commentaire de Japhy posté le 05-07-2016 à 06:57:14

Bravo pour ta belle course et merci pour ce CR avec plein de photos et de noms de gens "connus", je n'avais pas regardé les résultats et ne savais pas qui de mes deux copines avait gagné. (et Emmanuelle qui regarde le paysage tranquillement, j'adore).
Même si je suis un peu triste d'être privée de montagne cet été, pour cause de saloperie d'aponévrosite plantaire.

PS: si tu as un deuxième gamin, une petite astuce: il est très facile de les habituer à boire leur bib à température ambiante, ça peut servir un jour. ;)

Commentaire de shef posté le 05-07-2016 à 08:21:00

Salut Japhy.
C'est en partie ton précédent Cr avec ses belles photos qui m'a motivé pour m'inscrire.
Pour le deuxième enfant, dieu m'en garde ;)
En fait elle est effectivement habituée au lait à température ambiante depuis qu'elle n'est plus allaitée, c'est vrai que ça aide notamment lors de nos voyages à vélo. Ce coup ci le lait était quand même franchement frais. En plus depuis quelques temps elle demande systématiquement du miel, donc si le lait est froid il ne se mélange pas et ça râle...

Si tu veux les photos de ta copine en meilleure qualité, laisse moi ton adresse en Mp. En tout cas bravo à elle. Pas hyper à l'aise en descente mais un sacré rythme en montée.

Commentaire de philkikou posté le 05-07-2016 à 07:10:24

Beau récit d'une belle course bien géré : idéal pour oublier tous les tra-casse de voiture, boulot,... et en plus patagé en famille ( le repas ;-) ) que du bonheur !!!

Commentaire de lolo_du_94 posté le 05-07-2016 à 07:29:51

Magnifique, ça donne envie d'y aller !
bravo pour ta gestion de course et cette belle arrivée !

Commentaire de centori posté le 05-07-2016 à 08:25:23

Super CR, trés jolies photos cela donne bien envie d'y aller. même si c'est fort loin de chez moi.

Commentaire de manueb posté le 05-07-2016 à 13:37:13

Salut Shef! Je suis la 2e féminine que tu as mitraillé :-), et je veux bien récupérer ces photos! Tu pourrais me les envoyer, je t'envoie mon adresse en MP ? Coucou Japhy, oui Amandine est vraiment trop forte, c'est rare que je me prenne la pâtée comme ça en montée!
Et oui en descente je suis bien nulle , j'y travaille, mais j'ai peuuur!

Commentaire de shef posté le 05-07-2016 à 13:39:42

Oui pas de soucis, passe-moi ton adresse en MP.
J'en ai aussi 1 d'Amandine (1ere SEF ?) que ma conjointe a prise dans la dernière descente, si tu veux lui transmettre.

Commentaire de LPB posté le 05-07-2016 à 21:17:12

joli CR avec de belles photos qui font revivre cette jolie course. Bravo pour ton chrono et le partage de ton vécu....a bientôt sur les sentiers

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