Récit de la course : La Saute Mouflon 2016, par forest

L'auteur : forest

La course : La Saute Mouflon

Date : 11/6/2016

Lieu : Lamalou Les Bains (Hérault)

Affichage : 1345 vues

Distance : 50km

Objectif : Pas d'objectif

3 commentaires

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Saute Mouflon 2016

 Petit retour d’expérience sur cette superbe course de 50 KMS et 3000 D+ .Petite, mais costaud ! Après le grand raid en 2015, je jure à qui veut l’entendre, que je ne mettrai plus de ma vie les pieds à Roquebrun, la souffrance subie me glace encore les os ! 

Bien entendu ,9 mois plus tard, un grand classique, je me réinscris naïvement  sur le week-end de maitre Guillon. Un semblant de lucidité m’oriente cependant vers le format court de la saute Mouflon. 

 

Départ à 7h30 de Lamalou, en compagnie de 3 potes, aux ambitions diverses ! Pour ma part, reportage photos et mise en bouche légère pour le GRR d’octobre, sans pression (contrairement à la veille, devant l’entrée en lice de la mère patrie pour l’Euro 2016) sont au programme. Pour cette course, pas de fioriture, on attaque d’entrée par la longue montée sur le plateau du Caroux. La grimpette n’est  pas trop sévère, le temps couvert et la température fraiche plante finalement un décor plutôt ludique et agréable. Ravito hydrique à la Fage et montée finale sur le plateau au milieu des bruyères sur de minuscules singles fort agréables. Il y a vraiment une grande différence pour le coureur lambda, entre attaquer le Caroux d’entrée de course ou se le palucher au bout de 60 kms d’efforts !  La perception varie sensiblement. D’ailleurs je me régale dans ce paysage au gout de reviens-y  et au fond duquel se détache le promontoire de la ville de Sète, grandiose. Le but de mon inscription, et du CR en découlant, était de vérifier sur le terrain, la teneur de mes propos horrifiés et grandiloquents concernant le fameux « enchainement de la mort : Esquino d’Aze, Cayruls, Bartouyre et enfin la descente sur Mons, subi l’an passé !  Ce passage avait été pour moi, sur le grand raid 2015, l’Everest technique de ma modeste carrière de traileur . Une difficulté sans équivalent, et un sujet de fantasmes permanents !

Esquino d'Aze

 

Beaucoup de personnes ont tendance à comparer les courses entre elles en fonctions de leur distance et de leur dénivelé. Avec l’expérience, on s’aperçoit qu’il s’agit souvent d’une erreur .La différence entre une SaintéLyon (course mythique) de 72 kms et 2000 D+ avec une Saute Mouflon de 50 kms et 3000 D+ ?  ET bien il ne s’agit tout simplement pas du même SPORT !!!!!!    Sur la Sainté, tu crottes tes gaudasses, sur la Mouflon tu les détruis, les pulvérises et en arraches de nombreux crampons !! Jamais vu !

L’Esquino d’Aze reste une descente ultra technique, dangereuse en cas de pluie, de plus de 600 D-, demandant une grande attention et le pied montagnard ! Les plus forts s’y régalent. L’enchainement de montées et descentes jusqu’à  Mons, via la cascade d’Albine est très difficile et les coureurs non avertis ou inexpérimentés  vont souffrir le martyr . Cependant  l’accueil réservé au sommet de Bartouyre est génial et réconfortant, le capo s’égosille à la manière d’un leader Cégétiste  (et hop on colle à l’actualité). Bref ça pique dur jusqu’au ravito de Mons, fin des difficultés de cette Saute Mouflon !!!!!!!!!!!!!!!  Enfin c’est ce que je pensais  à cet instant .L ‘erreur, la très grosse boulette, que je commets  (je pense ne pas être le seul) va couter cher ! C’est également le moment que choisit le soleil pour sortir de sa torpeur et commencer son travail de sape. La chaleur grimpe en flèche, la sueur s’épaissit !  Mons,  24 kms  et 5h37 de course (rigolez pas, ce n’est pas si mal !)

Fin de l'enchainement de la mort ,descente sur Mons

 

Si la premire partie du parcours est technique, le deuxième tronçon réserve également quelques morceaux de choix. Les 25 derniers kms se décomposent de deux longues montées plus ou moins régulières, suivies de leur descente respective. A la manière d’une double lame de rasoir, la première va me couper les pattes et la deuxième me raboter les moignons restants. Je  vais finir au mental, vider de toute force physique et saturé d’idées noires !  Cette course préparatoire à la diagonale (et l’UTCAM) va remplir pleinement son rôle d’alerte gros boulard, et recadrage humilité, respect, ferme –la  et  vas t’entrainer, vite !

 

La montée jusqu’au col de garlande ne présente pas de difficulté particulière mais il commence à faire chaud, et la décompression post –Caroux est en pleine action. Il me faudra 1h30 pour effectuer les 7/8 kms de montée et le début de descente sur piste. Une douche improvisée au ravito, club  vermeille du col (c’est eux qui le disent !), et on fonce vers l’Orb dans une belle descente. C’est sur le pont de Vieussan, au bout de 33 kms que va s’achever pour moi, la Saute Mouflon version plaisir. Le village de Vieussan est magnifique, nous le traversons hélas de bas en haut au lieu d’ouest en Est et ce détail va précipiter ma perte ! Je suis séché dès les premiers pas dans les ruelles abruptes de la bourgade ! Cette dernière est illuminée par un soleil éclatant et chauuuuuud !

Au bout du village commence alors le chemin de croix que je vais subir pendant plusieurs heures .Il s’agit bien, comme le décrit le topo de l’orga, d’un balcon surplombant l’Orb, mais plus exactement d’un minuscule monotrace bordé de ronces et incroyablement cassant ! La progression y est difficile et exposée  au méchant soleil Héraultais !

Je n’avance plus, suis complètement vidé, l’eau que j’ingurgite me dégoute et je sature en sucré. Bingo !  C’est la deuxième fois en 2 ans  que je connais sur ce parcours une telle défaillance. Je dois certainement carencer en sel (mon diagnostic) et ai grand intérêt à rectifier le tir avant les grandes échéances de septembre et octobre sinon …………….. Hasta la vista !

Même si je n’ai pu qu’en apprécier la substantifique moelle, la traversée du village de Vieussan et le  parcours en balcon sont d’une beauté rare.

Néanmoins j’aurais préféré être enfermé dans une geôle Stalinienne que de me retrouver sur certains tronçons de ce balcon !   C’est con !

Je vais me trainer ainsi, comme une larve et sur La même vitesse de progression  qu’un lombric , jusqu’au point d’eau de Maré au 43° kilomètre ……un vrai calvaire. Entre temps je fais la rencontre de Pierre, un super gars, qui va m’épauler dans cette traversée du désert. Et oui les gars, le trail, ses valeurs, ses rencontres, sa solidarité ………. C’est d’ailleurs pour cela que je suis ici ! Comme indiqué dans le descriptif fait par Antoine Guillon de la course, nous avons l’impression de tourner en rond dans ce final, et jamais n’apparait, au bout de chaque grimpette (dans une descente pourtant !!!), notre terre promise.

Roquebrun en vue, enfin, un grand soulagement ! Je m’accroche à mon Sherpa  qui file bon train dans les lacets surplombant l’Orb. La délivrance arrive à 18h27, après 11 heures de course. Main dans la main, Pierre et moi, franchissons la ligne sous les encouragements et la gouaille de Ludo Collet !  Puis cette  étreinte savoureuse avec Ludo et Pierre, face au photographe, pour un vrai instant de bonheur, c’est ça le trail !!!!

YM dossard 1034, 10h57 et  123°

Ce Week-end Caroux de juin vaut vraiment le détour !  Les deux grandes courses sont magnifiques, mais attention, relativement difficiles et demandent de la préparation ! Les bénévoles et l’organisation sont au top, dispos et sympas !  Je recommande les yeux fermés (mais bien entrainé, ok ?)

Merci et bravo à mes potes Serge, Fabrice, Joseph et Valery pour ce week-end. Un bravo particulier à Sylvain Couchaud, vainqueur de la 6666, dont j’ai apprécié de croiser le regard, celui d’un champion.

 

3 commentaires

Commentaire de Yvan11 posté le 17-06-2016 à 10:16:57

A te lire, j'ai revécu ma course de 2014. Cette Saute Mouflon n'est surtout pas une "petite" course.

Commentaire de oc12 posté le 20-06-2016 à 18:47:53

Bon récit et photos de l'Esquina qui est terrible, même en serre-file du Raid, avec cette année la musique d'une fête dans les gorges de Colombières en direct...vers les 2 heures du matin. ET QUI NOUS FAIT UN RECIT DU GRAND RAID??? Allez, lancez-vous les filles ou les gars!

Commentaire de Jean-Phi posté le 27-01-2017 à 15:53:23

Je viens de lire ton CR. Ca y est j'ai peur ! Dans quoi je me suis embarqué !!

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