Récit de la course : Trail des Balcons Sud de Chartreuse - 25 km 2016, par ilcourtlefuret

L'auteur : ilcourtlefuret

La course : Trail des Balcons Sud de Chartreuse - 25 km

Date : 22/5/2016

Lieu : Quaix En Chartreuse (Isère)

Affichage : 640 vues

Distance : 25km

Objectif : Se dépenser

4 commentaires

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Vous (re)prendrez bien un peu de Chartreuse?

Préambule : considérations générales sur la montagne, ceux qui la fréquentent, et le rythme de la vie moderne

Il y a des endroits que l’on apprend à connaitre dans le temps, jusqu’à ce qu’on ait l’impression d’y appartenir. J’ai connu cela avec les collines de Marseille, il m’avait fallu du temps pour les apprivoiser mais à force de les arpenter, le plus souvent en VTT, j’avais fini par m’y sentir étrangement « chez moi ». Je commence à ressentir la même chose avec la Chartreuse. Arrivé à Voiron il y a 5 ans, j’ai mis quelques années avant de me lancer à pied à la découverte de ce beau massif un peu sauvage. Aujourd’hui quand je regarde la Grande Sure de chez moi, je ne vois plus seulement une montagne, un bout de roche qui masque l’horizon, je perçois bien d’avantage ce qu’il y a derrière, mon regard imagine tout ce que la vue peut embrasser de là-haut. Quand l’homme de la vallée regarde simplement de bas en haut, celui de la montagne s’imagine à la fois en bas et en haut, on pourrait presque dire qu’il a un don d’ubiquité.

Pourvu que l’on n’oublie pas de regarder autour de soi, le trail est l’un des moyens de s’approprier cette  capacité, car il permet de parcourir des distances relativement importantes en un temps donné (car il faut bien dire que la course à pied n’est pas une activité que tout un chacun peut pratiquer plusieurs heures par jour, si tant est qu’il ait à la fois une vie professionnelle, familiale et sociale bien remplie).

Chapitre 1 : en guise d’introduction au trail des balcons Sud de Chartreuse

En cette fin de mois de mai, j’en arrive presque à terminer ma préparation pour les courses du mois de juin. Avant la reconnaissance le we prochain des étapes 4 et 5 du Grand Duc, et au vu du beau temps annoncé, je m’inscris le samedi pour le trail des balcons Sud de Chartreuse à Quaix. Un trail qui ne fait bizarrement pas le plein de kivaous mais qui me tente depuis pas mal de temps, car je connais mal ce coin de Chartreuse.

Côté forme : le genou droit toujours en vrac malgré les séances de kiné mais qui a le bon goût de me laisser courir quand il le faut. Pas trop de fatigue cumulée malgré quelques allergies printanières. Je me sens plutôt bien !

Côté préparation : une longue sortie rando deux semaines auparavant de chez moi (Coublevie, près de Voiron) à Grenoble en passant par :

Saint Julien de Ratz, le col de la Sure, col de la Charmette , l’alpage du Charmant Som, le col de Porte, Sappey, le Saint Eynard et la Bastille pour finir sur l’esplanade (et un retour en voiture).

Malgré un manque de forme évident dès le départ (ces allergies…) les presque 50km et 2800m de D+ furent bouclés en 9h (pour 8 prévues). Au-delà du plaisir pris aux paysages somptueux, à la marche dans la neige (la descente au col de la charmette pouvait se faire en ski sur 75% du parcours J ) et autres menues satisfactions du randonneur, j’étais plutôt rassuré sur ma capacité à tenir sur plus de 50km. Pas encore 80, mais l’essentiel est d’être prêt le jour J.

 

La Chartreuse en mai se déguste légèrement glacée - ou le bonheur de laisser ses traces dans la neige

Chapitre 2-1 : Le départ de la course, hâte toi avec lenteur

Pour ce we donc, direction Quaix et un modeste 25 km, mais 1500m de dénivelé annoncé quand même, ça ne sera pas très roulant et c’est tant mieux. Je passe sur l’organisation des parkings et des navettes à cause du manque de place au départ, lui-même séparé d’un bon km de l’arrivée. Ce n’est pas très pratique pour garder ses affaires près de soi jusqu’au dernier moment. Mais après tout c’est logique vu la configuration des lieux, et si la Chartreuse était hospitalière on l’aimerait peut être moins.

Au retrait des dossards j’ai peur de devoir faire demi-tour, on me dit que je ne suis pas enregistré ! Heureusement je fais partie des 3 inscrits de dernière minute sur une liste à part, je prendrai bien le départ ! Je sors profiter du soleil et essaie de trouver des têtes connues mais peine perdue. J’aperçois un gars avec qui j’ai discuté à l’arrivée du Grenoble Vizille mais il est en pleine discussion et le furet est un animal timide…  Il y a aussi Olivier Soriano que j’entends dire à la volée « il fait faire de la vitesse sur plat aussi, c’est important ». Voilà donc ce qu’il me reste à faire, si jamais je décide de le suivre un jour !

J’attends tranquillement le départ et me place paresseusement au milieu du peloton. Quand ça démarre, je ne mets pas dans le rouge et avance doucement à petite foulée. Les premiers km donnent une impression de facilité, c’est roulant et sans difficulté. Je me dis que si c’est comme ça tout le long je mettrai bien moins que les 3 heures que j’espère. Le premier ravito arrive très tôt à peine en a-t-on besoin mais un peu d’eau permet d’économiser le camelbak. Rien à signalier donc pour ces premiers km, jusqu’au début de la montée au Mont Rachais. Depuis les hauts de la Bastille on emprunte le parcours  de la Wider Classic, course honnie de certains kikoureurs (et pourtant c’est une chouette course). C’est un chemin que j’ai d’ailleurs emprunté en descente lors de ma randonnée il y a deux semaines, dans un état de fraicheur très relatif à ce moment là !

C’est quand même un très joli sentier avec de beaux points de vue sur la vallée et Grenoble, le soleil est là et je me sens bien. J’ai laissé partir beaucoup de coureurs au début, mais après 40 min de course j’ai commencé à remonter le peloton. J’arrive pépère en haut du Rachais en 1h15, et tout va bien. Sur la crête je suis dans le trafic, on entame ensuite la descente boueuse où un jeune descendeur fou en t-shirt gris me passe mais globalement, même tranquille je tiens ma position. Un ravito nous attends, je bois beaucoup mais ne mange pas. J’ai réalisé que sur ce format de course cela ne m’apporte rien, le corps est largement capable d’aller chercher l’énergie nécessaire.

 

L'un des commandements du traileur: Ne jamais regarder derrière - sauf pour voir le paysage!

Chapitre 2-2 : La seconde partie de course, negative banana split

A 1h42 de course pour moins de 15 km, on peut dire que je ne me suis pas foulé. Toutefois une deuxième course commence. Le tracé devient de moins en moins roulant, il est de plus en plus rare de pouvoir courir. C’est dans les portions les moins rapides que je commence à rattraper et remonter des grappes de coureurs. Je reprends le descendeur fou, il me repasse en descente mais je l’ai toujours en ligne. Jusqu’au moment où je le laisse derrière moi une dernière fois. Les coureurs semblent de plus en plus fatigués alors que j’arrive à tenir mon allure quel que soit le profil, montant descendant ou faux plat. Je relance souvent malgré des débuts de crampes mais j’ai l’habitude, ça ne m’inquiète plus.

Il y a de magnifiques sentiers en sous bois, le parcours est très typé « montagne » et c’est un vrai plaisir. Il y a même des passages très étroits en dévers où il vaut mieux ne pas faire un pas de côté, et on traverse un magnifique torrent. Sans conteste ces sentiers sont l’atout majeur de ce trail, que je me promets de refaire pour la qualité du parcours.

A la traversée d’une route un signaleur nous annonce la « dernière grimpette » mais le coquin nous a trompés. La vraie dernière montée est bien plus loin, une sorte de boucherie en lacets bien raides qui achèvent la plupart de mes concurrents. Moi je continue ma remontée et laisse sur place même ceux qui ont des bâtons mais semblent jouer dans un film au ralenti.

On arrive à la dernière descente, au début c’est un peu glissant et par manque de vigilance je m’étale lamentablement… Une crampe au mollet gauche m’empêche de me relever dans le sens de la pente, alors je roule sur le ventre pour me soulever avec les bras et repartir. Heureusement il n’y a personne derrière pour profiter du spectacle. Le ridicule ne m’aurait sans doute pas tué, mais sait-on jamais ! J’arrive ensuite sur une large piste très rapide sans difficulté. A 4’45’’ du km (ça fait remonter la vitesse moyenne !), je m’attends quand même à voir revenir quelques fusées de l’arrière mais non. Rien ! En revanche devant au loin un coureur jaune banane a l’air en difficulté. Petit à petit je me rapproche, on sort de la piste, j’arrive presque à la jonction mais il résiste. Dans les derniers chemins descendants, un vétéran avec qui j’avais fait le yoyo plus tôt nous passe tous les deux. Intouchable mais ce sera le seul, depuis le Rachais je crois que personne ne sera passé devant moi sans que je le reprenne.

Quant au coureur jaune, il est toujours 10m devant moi mais ne lâche rien. Dans le village, par paresse ou manque de moyens je ne cherche plus à le rattraper et je maintiens l’écart. Il passe la ligne 4s devant moi, je le félicite et il m’avoue lui aussi avoir eu des crampes.

 

Conclusion : Une belle dose de Chartreuse tonique !

Mon temps final est de 3h12, c’est plus que prévu mais je suis parti trop lentement et la seconde partie du parcours est vraiment ardue, à ne pas sous-estimer. Les 1500m de dénivelé annoncés sont bien présents.

Je suis content malgré les crampes de finir pas vraiment fatigué, je n’ai pas puisé dans les réserves ni tapé dans le cardio. Très content aussi de toutes ces places gagnées sur la fin, cela montre que j’ai bien géré l’effort.

Un bémol concernant l’organisation, je n’ai pas trouvé la navette pour le retour au parking et j’ai dû faire presque 2km à pied. Toutefois la qualité du parcours est à souligner, c’est à mon avis le plus beau et le plus ludique que j’aie fait à ce jour sur ce format de moins de 30km.

Le mois de juin s’annonce splendide, à condition que mon corps tienne le coup. N’étant pas croyant, je n’irai pas brûler des cierges ou prier Saint Benoit, mais quelques séances de kiné devraient m’aider à enchainer les courses programmées 100% Chartreuse. Avant un repos bien mérité en juillet…

 

4 commentaires

Commentaire de BOUK honte-du-sport posté le 26-05-2016 à 22:07:08

Elle va être bonne cette chouette, elle va être bonne !!!

Toujours pas fait ce foutu Trail de Quaix... Toujours pas !!! Donc merci pour le récit :)

Commentaire de ilcourtlefuret posté le 27-05-2016 à 10:03:43

Et pourtant c'est du pur saucisson 100% cochon avec même toute la boue qu'il faut pour patauger.
Par contre ne pas vendre la peau de l'ours- pardon plumer la chouette, avant de l'avoir tuée!

Commentaire de le_kéké posté le 27-05-2016 à 17:12:49

C'est sympa cet ex-cross de la foire devenu trail, faudra que j'y retourne un jour, tellement de bons souvenirs du coté de quaix. Belle gestion de course, ça finit fort bravo. Pour le grand duc ça s'annonce bien ? Perso j'avais pensé aussi à la grande sure en préparation mais je le trouve un poil long (et dur) 3 semaines avant la chouette. RDV pour manger de la chouette et peut être partager un bout de chemin dans cette belle chartreuse.

Commentaire de ilcourtlefuret posté le 28-05-2016 à 18:32:13

Le grand duc s'annonce complique! J'ai fait la reconnaissance des etapes 4 et 5, il y a un peu plus qu'annonce... mon genou m'a un peu gene sur la fin et je commence a sentir la fatigue des entrainements. Les voyants ne sont pas encore au vert mais je garde espoir. Ce sera un plaisir de te voir dans un mois mais tu risque fort de me lacher tres tot: au vu de la première montée ca sera une tuerie d'entree !

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