Récit de la course : Marathon de la baie du Mont-St-Michel 2013, par marathon-Yann

L'auteur : marathon-Yann

La course : Marathon de la baie du Mont-St-Michel

Date : 5/5/2013

Lieu : Cancale (Ille-et-Vilaine)

Affichage : 588 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Pas d'objectif

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Allons au Mont !

Quelle plus belle destination que le Mont-Saint-Michel pour courir un marathon ? Bien sûr, il y a d’autres courses magnifiques, mais la magie de la Merveille, la poésie des littoraux, la possibilité de découvrir Saint-Malo, le calendrier aussi, rendent ce marathon particulièrement attractif et font que je n’hésite pas longtemps avant de m’y inscrire pour mon troisième marathon. Weekend touristique en perspective, avec mon épouse, mes deux enfants et mon beau-père. Et weekend sportif aussi, avec un objectif ambitieux : franchir la barre des 3h30.

Après un samedi magnifique à jouer les Surcouf sur les remparts de Saint-Malo, à défier la marée montante devant l’île de Chateaubriand, à faire des coucous aux poissons de l’aquarium malouin, nous dinons à Cancale, histoire de repérer le départ. Nous choisissons un petit restaurant qui propose un menu « spécial marathon » : salade de pâtes en entrée, tagliatelles au saumon, et un far breton pour caler tout ça. Belle soirée. Nous regagnons ensuite notre chambre réservée de longue date, à la sortie de Cancale.

Dimanche matin. Mon beau-père se lève tôt pour m’accompagner au départ dès 7h30, mais la circulation est coupée dès l’entrée du village, il ne m’aura avancé que de 500m, et je dois finir à pied. J’arrive juste à temps pour laisser mon sac à la consigne : des camions vont les conduire à l’arrivée. Dans le matin gris, nous apercevons une petite pointe dépassant de l’horizon : c’est le Mont, qui semble vraiment loin (d’autant que nous n’avons pas prévu d’y aller directement : nous préférons longer la côte que nager !). Ca nous permet, mieux que jamais, de mesurer ce que représentent 42 km. Le stress monte. A mon habitude, je me place plutôt à l’arrière du peloton, assez loin de celui qui devrait être mon Archange aujourd’hui : le meneur d’allure des 3h30.


8h30, le départ est donné. Le peloton est dense, les coureurs autour de moi me tassent un peu, ce qui m’empêche, c’est un euphémisme, de partir comme un fou.  Dès la sortie de Cancale, nous avalons sans difficulté la seule côte du parcours. Je ne vois toujours pas mon ange gardien, il me faudra accélérer sérieusement dans la descente pour le voir au loin, et presque 10 km pour le rattraper.

C’est la première fois que je cours en suivant un meneur d’allure. Un peu comme sur les courses cyclistes, nous formons un peloton assez dense au début. Tellement que, sur les chemins nous menant au Mont, certains coureurs s’énervent : c’est la seule fois depuis que je cours que j’entends des coureurs se menacer : « tu le fais exprès ? Je vais t’en mettre une ! ». On va mettre ca sur le compte de la fatigue, qui à ce rythme n’est pas loin.


A cette heure, la marée est basse, nous ne voyons la mer que de loin. Mais le parcours est particulièrement agréable, une promenade magnifique dans la nature bretonne. Les spectateurs sont regroupés dans les villages, à certains carrefours. Notre meneur d’allure ne manque pas de les saluer, ils répondent et leurs encouragements nous portent. Je retiens l’image de ce spectateur, sirotant sa bière à 10h du matin, nous encourageant d’une voix éraillée et visiblement sincère : « allez les sportifs ! ». Tous les encouragements sont les bienvenus, je commence à avoir besoin de m’accrocher et mets de plus en plus de temps, après chaque ravitaillement, à rattraper mon groupe. Je sens bien que si je n’arrive pas à l’accrocher, je vais lâcher prise et finir très difficilement.

J’arrive cependant à m’accrocher, et l’ambition de finir en 3h30 me donne des ailes. Au km 39, le meneur d’allure lance aux rescapés de notre peloton : « si vous pouvez accélérer, c’est maintenant ». Je reste avec lui et ne réalise qu’à ce moment que nous avons perdu énormément de coureurs. Au km 41, il se rend compte « je suis en avance, il faut que je ralentisse ». J’essaie pour ma part de finir au même rythme, heureux de savoir que je peux atteindre mon objectif.

Tapis rouge à l’arrivée. Je sers un poing rageur, et comme je l’avais promis à mon fils, passe la ligne en ayant fait un peu moins de 3h30 de sprint (3h27). Il me faut du temps pour récupérer, je dois avoir l’air un peu hagard puisqu’un bénévole me demande si ça va. Oui, ça va, je m’allonge dans l’herbe et suis pris d’une forte envie de pleurer, mais même verser des larmes est trop difficile. Cet état passe très vite, je profite du ravitaillement, heureux des pommes et yaourts proposés. Après avoir récupéré mon sac et mon téléphone, je peux enfin contacter mon épouse. « Où êtes-vous ? » « Dans les bouchons, on arrive ! »


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