Récit de la course : Trail de Vulcain Ultra - 72 km 2016, par torchure

L'auteur : torchure

La course : Trail de Vulcain Ultra - 72 km

Date : 6/3/2016

Lieu : Volvic (Puy-de-Dôme)

Affichage : 1076 vues

Distance : 72km

Matos : vivobarefoot trail freak

Objectif : Terminer

3 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

Giboulées de mars

 

J’ai programmé dans ma préparation à la Montagn’hard, le trail de Vulcain dans sa version longue. Cette course sera l’occasion d’un week end en famille car Pierrick et JeanNo s’inscrivent sur le grand format.
Nous embarquons nos fidèles supporters : Cécile, Régis, Corinne et Fabi. Marielle restera au chaud avec Célie.
Nous arrivons sur Volvic pour voir arriver les premiers coureurs du 12km. Quelle foulée ! Le soleil est bien présent entre 2 giboulées. Seb et Jérémie ne vont pas tarder à passer puis Thierry et enfin Nelly.

Le retrait des dossards se fait très rapidement avec en cadeau un gobelet siglé Volvic ainsi qu’un bonnet bleu. Ceci explique le grand nombre de coureur du 12km chapeauté de bleu.

Un petit tour des stands et nous rentrons à l’hotel en passant par Marsat (petit bourg très sympa).
Chacun prépare ses petites affaires pour le lendemain ainsi que l’apéro et le repas à base des traditionnelles pâtes et patates (sans oignons). Et tout le monde au lit.

Le réveil sonne à 4h25. La nuit a été très bonne avec juste un réveil à 2h du mat. Le petit déjeuné et les derniers préparatifs sont faits dans le calme. Nos supporters se lèvent sur les coups de 5h et nous passons la barrière de l’hotel à 5h30 pile poil sous un ciel étoilé !

Les 15 minutes de routes permettent de finir de choisir quelles chaussures je vais porter. En effet un dilemme se pose :

-          Altra Running Lone Peak avec de l’amorti mais n’ayant plus de crampon

-          Vivobarefoot trail freak sans amorti mais avec des crampons énormes

Je décide de jouer la carte de l’accroche au détriment de l’amorti.
Nous arrivons dans Volvic avec des routes complétement gelées. Une couche de verglas rend le sol très glissant. Comme à l’accoutumé, nos supporters vont se placer devant la ligne alors que nous 3 nous nous plaçons dans le fond du troupeau. Les feux de bingales sont allumés. ACDC résonne dans Volvic. Les chevaux sont lâchés. Un petit coucou à nos supporters et on essaye de rester debout sur cette patinoire.
La première  portion au programme : 21km jusqu’au ravito de Lemptegy
Mon départ devant être prudent et maitrisé, j’ai donc décidé d’envoyer la sauce tout de suite en me plaçant tout à gauche et en remontant un nombre incalculables de coureurs. Un vrai départ d’abruti.
Je me retrouve à la sortie du village bien entamé et j’ai la surprise de voir JeanNo me doubler. Les premiers kilomètres se courent à une allure un peu trop haute pour moi. La neige fait vite son apparition sur le bord des chemins.
Je commence à prendre vraiment chaud avec ma veste. Et je n’arrive plus à suivre l’allure de mes compagnons. Je lève le pied et passe rapidement à la marche dès que le chemin s’élève. Je me fais doubler par des wagons entiers jusqu’à ce que ma vitesse de marche s’équilibre avec les coureurs. J’ai vraiment chaud mais la flemme de quitter cette veste.

Le Puy de la Nugère se présente à nous. L’ascension se fait à la file indienne droit dans la pente. Je me suis calé dans un petit groupe qui monte plutôt bien. Pas d’arrêt devant le cratère, je continu mon chemin. De jolis chemins et singles nous amènent au Puy de la Louchadière. Un passage délicat ralentit la troupe : quelques marchent gelées permettent de récupérer un chemin en contre bas. C’est à mon tour de passer. Je pose le pied gauche 50cm avant la première marche et je me retrouve comme par magie dans le petit chemin. Je suis passé à droite de la rambarde sans toucher le sol.
La montée au Puy se poursuit sur la crête du volcan, entouré d’arbres clairsemés et dans la neige fraiche. Le ciel est bien gris. La descente nous permet de faire pratiquement le tour complet du cratère. Je fais attention dans la descente car le passage des premiers concurrents à déjà bien lustré la neige. Les appuis sont fuyants. Je choisis une trajectoire le plus sur les bords pour trouver de la neige fraiche. Une de mes gourdes a gelé.
Après la descente, nous avons le droit à 4,5km de plat. En plein vent, avec quelques giboulées juste quand il n’y a pas d’arbres pour nous abriter. J’alterne marche et course pour arriver en 3h au ravito de Lemptegy. Il fait bien chaud. Mes supporters n’étant pas là, je leur envoi un texto pour les prévenir de mon passage. J’englouti environ 15 pâtes de fruit et 6 morceaux de banane. Le plein des gourdes est refait. Et voici mes supporters qui arrivent en courant. Je profite de leur présence et je repars au bout de 19 minutes en mangeant un onigiri (à l’umeboshi).

Au programme : 10km jusqu’au Col de Ceyssat
Au croisement, j’aperçois Pierrick qui fait son entrée dans le volcan. Je le hèle et on échange 2 mots.
Cette portion présente 10km de profil plat et doit nous emmener jusqu’au col de Ceyssat, lieu du prochain ravito. Je suis très à l’aise sur cette portion. Je me cale d’abord derrière 2 féminines car je n’arrive pas à conserver une allure constante. J’ai tendance à trop accélérer et à m’épuiser. A la faveur d’une bosse je double les féminines et un petit groupe. Je me retrouve tout seul à doubler de temps en temps quelques coureurs.
Au sommet d’une belle grimpette, j’aperçois ma maman signe de la proximité du col de Ceyssat. Mes autres supporters sont là. Je vais me restaurer au ravito (coca, pâtes de fruit, pleins des bidons et bananes). Je prends des nouvelles de Pierr (qui avance bien) et JeanNo (dans la montée du PDD)

Je rencontre Pierrot34. Puis arrive Bubulle qui redescend du front avec en cadeau une ampoule. Les conditions au sommet du PDD ne sont pas encourageantes.

Au programme : une montée/descente du PPD
Après 8 minutes d’arrêt, j’attaque la montée. Le chemin serpente dans les bois puis l’atmosphère devient de plus en plus bizarre. La neige s’épaissis au sol en un tapis duveteux. Le ciel n’est plus qu’un brouillard qui s’épaissit au fur et à mesure qu’on monte. Des randonneurs équipés de raquettes montent doucement. Je me fais déposer par un gars en bleu qui courre. Ceux qui descendent ont généralement un mot d’encouragement pour ceux qui montent. Je croise quelques Kikou qui me hèlent en apercevant ma casquette rouge. Au environ du 6 ou 7eme virage (15minutes de montée) je croise enfin JeanNo. On échange quelques mots et je reprends ma marche. Les virages s’enchainent tandis que mes membres s’engourdissent. Mes doigts sont de plus en plus gelés, mes pieds sont de plus en plus douloureux, comme si j’avais une calle à la naissance des doigts de pieds.
Un banc ressort dans le brouillard, il est couvert de givre balayé par les vents. Des escaliers nous amènent au niveau du resto et de la gare ensevelis par la glace. En face de moi, deux escaliers côte à côte trace comme une flèche en direction du ciel dans un univers blanc. On ne distingue pas grand-chose d’autre. Le vent souffle, la neige single le visage. Je tourne la tête sur ma gauche et j’aperçois tel un mirage, un bâtiment gallo-romain en suspension dans les airs. Je fini ma montée, les yeux mi-clos et bascule en direction d’un gars en jaune qui nous beep.
J’attaque la descente et remets 2 coureurs dans le bon chemin : suivez « la flèche ».  Dès les premières foulées, je sens un mieux dans mes doigts et dans les pieds. Le sang réchauffe petit à petit les chaires. Mais apparait aussi une gêne que je connais que trop bien dans le genou gauche. C’est à mon tour d’avoir un mot sympa pour ceux qui montent. Juste avant la ligne de chemin de fer, j’ai la chance de croiser Pierr qui monte d’un pas décidé. Nous échangeons quelques mots. J’arrive au ravito au bout de 55 minutes. Je refais le plein d’eau et essaye de dégeler mes bidons. Un bénévole rafistole un de mes bidons. Mes supporters sortent de l’auberge où ils ont pris un bon cacao bien chaud.

Et c’est l’heure de repartir en direction de Lemptégy.

Au programme : 12km jusqu’au ravito
C’est en courant que je repars du ravito. Je double plusieurs coureurs (dont un jaune et un rouge). Je suis à l’aise dans ce début de portion. Mais mon genou gauche commence sérieusement à m’embêter sur les portions de course. J’alterne donc marche rapide et course. Ca me permet de revenir sur des gars sans me faire doubler. Le parcours fait le tour du Puy de Dôme et serpente entre les puys du Grand Suchet et  Puy de Côme. La vue est magnifique sur ces géants. Le PDD se dévoile presque. Le Puy Pariou sort du brouillard. Le vent se lève ainsi qu’une radée de neige. Je mange un morceau (fruits secs et purée de marron) en me faisant doubler par « Jaune et Rouge ». Le chemin est de nouveau en sous-bois avant d’arriver sur une piste large et plane où je vais facilement redoubler « Jaune et Rouge » à bonne vitesse de marche. Je rejoins le ravito de Lemptégy sans m’être fais doubler en 7H40.
J’y retrouve mes supporters qui finissent de manger. Je prends le temps de bien manger (des chips) et boire. J’essaye des HE du tigre sur mon genou. Et je repars au bout de 20 minutes en mangeant un onigiri.

Au programme : 12km jusqu’au ravito de la Gare
Les HE ont fait de l’effet pendant…. 100 mètres. Et la douleur au genou est revenue. Je vais passer le replat en marchant à bonne allure avant d’attaquer le Puy de Goutte. La montée se fait droit dans la pente. Je rejoins un gars qui traine un peu la jambe. Le PDD nous fait la joie de se découvrir entièrement. Le paysage est magnifique avec une multitude de teintes de blancs et verts. Pendant la montée, j’ai une vue sur le ravito et je surveille l’arrivée de Pierr. La barrière est à 9H et il reste 40 minutes. Je croise les doigts…
On attaque le morceau que je préfère dans le parcours : L’enfilade des puys de Goutte, Clermont, Coquille, Jume. Je me régale à courir dès que c’est possible dans des forêts superbes alternant les essences d’arbres. Mon style n’est pas très académique. J’essaye toutes sortes de figure de style pour soulager le genou. Les sentiers sont enneigés et rendus verglacés par les nombreux passages de coureurs (Ultra + marathon). Je manque plusieurs fois de m’étaler de tout mon long. Je force sur les bâtons et choisis au mieux mes trajectoires. Le paysage est dégagé lorsque j’arrive au puy de la Coquille. J’ai une belle vue sur la plaine, Louchadiere… J’ai dans mes souvenir une descente difficile je décide donc de mettre enfin mes yatracks. (C’était temps !!!) Et « Rouge et Jaune »  en profite pour me doubler. Me voilà enfin à l’aise dans cette neige mais il me reste le Puy de Jume avant la descente glissante. Où je vais redoubler « Rouge et Jaune » en train de s’équiper à leur tour. Je me régale. Je ne me pose pas de question et envoi dans la descente. Une bénévole nous indique le ravito à 6km. Mon roadbook et ma montre m’en indiquait que 3. Je prends un petit coup au moral mais je continu à avancer. La boue a remplacé la neige. Il y en a de bonne quantité. La traversée de la route se profile. J’y aperçois 3 bénévoles équipés de « raquette ». Je leur propose d’être leur 4eme homme pour un double de ping-pong.
Après la traversée de la route, nous avons une bonne grimpette sur le Puy de la Nugère. Je respire bien et essaye de me décontracter. La bascule indique la proximité du ravito. Je  fais toute la descente en courant et en profite pour doubler « Rouge et Jaune » (qui avaient profité de mon coup de moins bien) et plusieurs autres coureurs. Mes supporters sont au chaud dans les voitures. Je fais le plein des bidons, mange quelques pâtes de fruits. Et repars à l’assaut de l’avant dernière portion : La bifurcation.

Au programme : 3km jusqu’à la bifurcation (objectif : passer le plus tôt possible avec au moins 1h d’avance)
Je repars du ravito en courant. Je redouble « rouge et jaune » et d’autres coureurs. Les 3 km sont avalés en 20 minutes. Les sentiers sont très sympas. Et je passe la bifurc en 8H02.

Au programme : 8km jusqu’à l’arrivée

Maintenant je sais que je vais finir. Je peux me relâcher. La première montée est faite tranquillement avant de repartir en courant pour la nouvelle boucle. Mon roadbook, annonce 2 bonnes grimpettes. Je discute avec un gars qui en a plein les baskets. La perspective de ces dernières montées ne l’enchante pas du tout. J’aborde à bon rythme l’avant dernière montée qui n’en fin plus.. ca alterne petites montées et petites descente sur 3 kilomètres. Je discute avec un gars qui a pris le départ avec 45 minutes de retard à cause d’une sortie de route et ayant couru 6km pour rejoindre l’arrivée…
Mon genou m’empêche maintenant de courir, je fais donc l’avant dernière descente en marche rapide. « Rouge et jaune » en profitent pour me doubler Le sentier serpente dans la foret et on aperçoit sur la colline en face le Château. J’attaque enfin la dernière côte longue de 1,5km. C’est une rampe plutôt sympa ou la marche rapide me permet de reprendre un gars. Me voila au pied du château.. Il me reste 1,8km de descente et voila : « Rouge et Jaune ».  Je vais rester à leur contact sur la partie plate. Visiblement ça ne semble pas leur convenir vu les regards qui me lancent. Je double gentiment « Rouge » pour revenir au niveau de « jaune »… et puis je décide de les laisser partir. Après tout  je n’ai rien à y gagner. Ma course est déjà réussie !!! Un petit single boueux nous amène sur la route goudronnée. Je double un couple en galère dans la boue. Je profite de l’instant et je me surprends à siffloter… J’arrive au croisement et je reprends un rythme de course jusqu’à la ligne d’arrivée. Mes supporters sont là derrière l’arche d’arrivée. Je suis sur un petit nuage !!! 12h34 ! (un roadbook en 13h20)

Quelques photos, des poignées de mains, une petite médaille, une très belle veste finisher…
Je partage le moment avec la famille. Je retrouve JeanNO qui a fait une très belle sortie en 10H50.
Il ne reste plus qu’à attendre Pierr qui a été bifurqué. Et le voici qui passe la ligne en 12h48.
Une bonne douche bien chaude (dans des douches dignes d’une porcherie – bravo les gars), un petit casse-croute, une rencontre bien sympa avec Bubulle. Et il est l’heure de lever le camp.

Au final, un week end de toute beauté, bien entouré, avec beaucoup de partage. Des week end comme je les aime !

Vivement le prochain !

3 commentaires

Commentaire de Runningaddict63 posté le 01-04-2016 à 19:21:54

Bravo pour ta course! Que de beaux paysages sur ce trail!

Commentaire de bubulle posté le 01-04-2016 à 20:50:03

Content de t'avoir croisé sur cette belle course qui était encore une fois pas facile du tout (mais la neige fait partie du charme). Et, finalement, c'était une belle gestion que tu as faite car on te sent tranquille à peu près tout le temps.

A un de ces quatre sur les chemins !

Commentaire de Arclusaz posté le 02-04-2016 à 06:20:00

bravo pour ta course et ce CR super précis : quelle mémoire !

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Accueil - Haut de page - Version grand écran