Récit de la course : Semi-Marathon de Marseille 2016, par alpaco

L'auteur : alpaco

La course : Semi-Marathon de Marseille

Date : 20/3/2016

Lieu : Marseille 01 (Bouches-du-Rhône)

Affichage : 827 vues

Distance : 21.1km

Objectif : Se défoncer

11 commentaires

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Semi-marathon Marseille 2o16

Salut ! Juste pour le souvenir : une belle course, presqu'une aventure. Je le sais : ça va être
long mais
ça va être trop vite fini.
En retard, j'arrive vers l'arrière du MUCEM tandis que j'entends crier "Fermeture des sas
dans 1 minute"
(à o8h10 pour info). Je cavale , arrive au sas rouge où je tente de passer
tandis qu'on m'explique que je suis dans le jaune
(rouge, c'est la couleur pour le semi...)
Attente (rapide).
À l'arrière, un animateur crie dans un micro des choses qui n'intéressent personne.
En tout cas pas certains
autour de moi qui s'impatientent et qu'il énerve un chouia.
Ce qui serait mon cas si je n'avais pas la tête ailleurs.

Tout le stress d'avant course s'est envolé. C'est comme avant un saut en parachute :
on flippe en montant dans
l'avion mais à 2m de la porte, on est "dedans".
Après, c'est comme d'hab', c'est lent et ça va vite :)
Jusqu'à Colbert (3 premiers kms) c'est dur de démarrer fort quant on est bien en jambes
(par beau temps et sans vent)
car c'est serré et c'est lent.
Perso, je pense que partir lentement est une bêtise (pour un coureur entraîné).
On est là
pour se faire plaisir et "sortir le chien" (c'est comme ça que j'appelle mon corps,
surtout mes guibolles). Alors on
envoie au départ pour attaquer tout en sensationS et puis
on remonte ce qu'on peut de coureurs qui calculent
à regarder leurs montres et... et quand
ça devient dur, ben on se donne une occasion de se rendre fier de soi.
Partir comme un calu, non. Mais suivre le chieng qui tire sur la laisse. Yes :)
Après, c'est le ralenti-accéléré : bon rythme jusqu'à Castellane (6 km), toujours à
remonter "tranquille". Passé Castellane, c'est la pente douce et une belle occasion de se farcir
une belle ligne droite à fond les gambettes. Ça roule jusqu'à Borely. 9ème km consommé
à l'entrée du parking. Les pelotons sont formés depuis
Castellane/Rond-Pt du Prado et
il devient difficile d'en quitter un pour en accrocher un autre.
Mais c'est pour ça
que je me suis levé ce matin, alors je besogne. Je suis à fond comme
un ado' de 15 ans et j'adore ça !
Avant Borely, un coureur devant moi jette son gobelet au milieu de la route.
De quel droit ? Ça me rend fou
de rage ces gars qui balancent leur déchets en courant.
Limite violent. Rieng de plus énervant qu'un type à fond
qui jette son gel sur la route parce que
le monde doit se soumettre à sa séance masturbatoire.
Fou de rage ?
Alors j'ai la patate pour me permettre d'être  fou de rage ? :)
J'accélère donc. Tu te prends au sérieux, je le prends sérieusement :p
Borely, 15,3 km/h de moyenne au semi. Moi content.
Mes jambes me surprennent encore. Je ne fait
jamais de fractionnés, je cours dernièrement
plus de 100 km/semaine à 8-11 km/h. Je ne savais même pas
que je pouvais tenir
plus de 15 km/h aussi longtemps. J'ai un peu peur du coup de mou mais mes jambes

cadencent à fond dans la joie, indépendamment de moi, alors je les suis. Elles ont l'air contente.
Vraiment !

Je découvre en même temps qu'elles que ça tieng la route tout ça :)
Borely, on y rentre, on en ressort, on y retourne. Même travail de je-lâche-rieng-je-remonte-
si-possible.
Mais là, c'est plus la même : restent les vétérans, les athlètes, les ceux-qui-se-
rappellent-pourquoi-qu'y-sont-venus.
Ça s'espace, se délie, se décante.
Et psychologiquement ça devient dur. Je repère comme d'habitude (habitudes de
sniper-courer)
2-3 gars à "abattre". Il y en a un que je n'aurai jamais, ce qui me laisse quand même
quelques
victimes. Allez savoir pourquoi, j'adore cibler et dépasser les gars/filles de la S.C.O.
(leurs tee-shirts jaune poussin
et leurs foulées athlétiques sans doute).

Donc. La Corniche.
Je le savait, je l'attendais avec joie pasque comme beaucoup, je la connais bieng mais...
je l'ai morflée p'us
que d'ordinaire. Que dire. A partir du 15 km, j'ai augmenté le volume
de mon lecteur MP3 (playlist secrète fantastique !)
et j'avoue m'être joyeusement dopé
à des musiques et paroles choisies avec un soin chirurgical :)
La Corniche = galère. Je ne lâche rieng mais j'accroche plus grand chose.
Comme d'habitude, je regarde une "meute"
devant sans espoir de la rattraper.
Par chance, je ne crois en rieng et surtout je ne me crois pas. Alors : "Allez !"
Finalement j'en passe quèque z'un avant l'anse de la fausse monnaie et je me redonne
confiance en laissant quelques
guerriers entre l'ex-Zidane (les anciens connaissent)
et les Catalans. Et là, c'est cette puxxxx de dernière montée vers le palais du Pharo.
Je m'en sors plus honorablement que l'année dernière
mais je sens, je vois que j'ai un enfoiré
de coureur calé dans mon angle mort depuis la Fausse Monnaie ou le
Vallon des Auffes...
Il attaque, je contre attaque vaillamment et... Et... Et il me laisse dans le vent le salopard !
(en passant : j'ai grillé des cartouches à faire le fier) Bon gars sympa, il me propose "l'aspi"
et m'encourage même mais cet enfoiré est d'un niveau tout autre.
Je le salut
au passage (pasque je l'ai perdu de vue mais, note de fierté : c'est le seul
qui m'a dépassé sûr après le 11e km) Elle est belle cette dernière pente mais tous ceux
qui s'y sont jeté savent qu'elle ne finit jamais. Enfin presque. On a beau savoir que le tour
du port ne fait qu’un DERNIER kilomètre (en gros)... qu'est-ce
qu'il est looooonnnnng
ce dernier kilomètre ! Alors-là, respect aux Marathoniens.

Je m'étais dis : t'écris 2/3 trucs pour le souvenir (et informer les futurs coureurs comme
je le fus) et quand tu te relis
c'est un roman.


Sur la fin les applaudissements m'ont vraiment fait plaisir, surtout ceux qui m'étaient
destinés ! Sur la Corniche, on
applaudissait derrière moi seulement, peut-être à cause de
mon look moche à la jihadiste crâne-rasé-barbe ;p

Heureusement, les groupes/concerts de la Corniche au Vieux Port donnaient la patate.
Merci à eux

J'ai finalement fait un bon temps je pense : 1h23'00'', Super. Et pas de poursuivant direct.
Je suis content et je l'écris comme je le pense : 'faut se lâcher, y aller à risquer des trucs
qu'on ne sait même pas quoi !

"Courir comme si demain n'existait pas" comme il s'est dit chez les coureurs de trail.
Courses de trails (courts) où
je me ridiculise de temps à autres. Mais c'est une autre histoire.
Post courem : je me défonce, je suis fier de mon semi mais : JE SALUE TRÈS BAS LES
COUREURS DE MARATHON
arrivés après. Je voyais à leurs visages qu'ils avaient vécu
bieng d'autres choses à d'autres niveaux. Jaloux,
mais pas au point d'aller me coltiner
un marathon sur bitume ;p

11 commentaires

Commentaire de crazy_french posté le 21-03-2016 à 09:23:25

J'avoue cet état de chieng surexcité: ça me plait !!!!
Bravo pour ta progression... la marathon, c'est sympa aussi mais faut être un peu moins fougueux;)

Commentaire de alpaco posté le 21-03-2016 à 10:52:21

Merci Crazy_french :)
J'avoue moi que c'est une épreuve idéale pour se défouler une crise de la 40tène !
Je savais que je me trouverai ridicule à la relecture mais je voulais, pour une fois, garder un peu cet élan de folie que je crée et brûle en une course (sans blesser personne).
"Surexité" de la part d'un "crazy", ça m'inquiète quand même.

Commentaire de Japhy posté le 21-03-2016 à 20:22:24

Mais non tu n'es pas ridicule du tout, c'est un chouette CR. Mais C'EST ECRIT TROP PETIIIT !
(le tour du port, j'en avais tellement marre que je l'ai couru beaucoup plus vite que les km d'avant. Je me suis dit, si je vomis à l'arrivée c'est pas grave :D
Je le savais déjà mais c'est beau chez vous.

Commentaire de alpaco posté le 22-03-2016 à 07:43:48

Merci.
Et oui, c'est beau chez moi.
Biengvenue !

Commentaire de BOUK honte-du-sport posté le 21-03-2016 à 21:56:49

1h23 ?
J'ai bien lu ?
Sur semi ?

OUCH
En plus de courir vite tu m'as bien fait rire !
"2/3 coureurs à abattre"
"post courem"

Merci !!

Commentaire de alpaco posté le 21-03-2016 à 23:56:36

Bwarf, de rieng, c'est moi qui te remercie de m'avoir lu.
Trouver une source de valorisation c'est...valorisant :)
Je m'investis dans la compèt' depuis 2 ans pasque je commençais à sérieusement décliner physiquement lors de mes sorties looooonnngues dans les Calanques.
Et j'admets m'être fait "un peu" piéger. Alors je joue mes cartes à fond afin de passer à autre chose. Mais en attendang, je suis en pleing dedang et c'est bong.
(Enfin... ma Brune commence doucement à s'impatienter...)

Commentaire de Trixou posté le 30-03-2016 à 14:24:14

Fais-y un gosse à ta brune qu'on puisse espérer une place de plus si on vient courir dans le sud ! Parce que 1h23 ca cause trop, il te faut un handicape.
Merci pour ce récit péchu et bien marrant !

Commentaire de Pieromarseille posté le 28-04-2016 à 12:01:49

Super ton récit ! Bien punchy comme à ton habitude, avec tout ce qu'il faut d'humour, de recul et de littérature pour qu'on te pardonne volontiers l'once de narcissisme que tu n'as pas la honte de ne pas cacher ;-)...
A dimanche alors !

Commentaire de Caracole posté le 07-05-2016 à 12:24:00

C'est vrai que t'es quand même impressionnant comme garçon! Mais je ne suis pas sûre qu'il faille te prosterner devant les marathoniens : tout est dur. C'est un autre effort, un autre entrainement, mais je ne vois pas en quoi tu ne pourrais pas te faire plaisir là aussi. Alleeeeez, essaie rien qu'une fois!

Commentaire de alpaco posté le 13-03-2017 à 13:44:54

(je me relis un an après, à quelques jours de la course. Pour profiter de ces souvenirs écrits à cette intention.
Mais qu'est-ce que c'est que ce ramassis de foutaises ! On a dû me prendre pour un camé accro' à la testostérone :p )

Commentaire de Pieromarseille posté le 14-03-2017 à 18:11:11

Hello Alpaco,
Je serai sur le semi de Marseille cette année avec Gilles+ en lièvre. On se croise dans le sas rouge et à l'arrivée ?

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