Récit de la course : La Nuit des Cabornes - 25 km 2015, par petit_scarabe

L'auteur : petit_scarabe

La course : La Nuit des Cabornes - 25 km

Date : 4/9/2015

Lieu : St Romain Au Mont D'Or (Rhône)

Affichage : 700 vues

Distance : 26km

Matos : Nike Terra Tiger
Ferei HL20
Sac Decathlon

Objectif : Pas d'objectif

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Retour au Trail - Nuit des Cabornes 2015

Premier trail depuis longtemps.

J'avais arrêté en 2012 après m'être blessé au Nivolet-Revard et avoir souffert comme un damné pour rejoindre l'arrivée.
Je m'étais limité au LUT, avec un parcours sans surprise sur mes terres d'entrainement.
Retour au trail nature, donc, sans grande préparation. 2 joggings à la tête d'Or depuis la rentrée, avec quand même 6
jours de rando dans le Mercantour en autonomie complète mi-Aout.
Mais bon, marcher et courir, il y a une petite différence.
15 jours avant la NDC : au fait, je n'ai plus de chaussures de trail. Après ma blessure, je m'étais mis au minimalisme
sur route (avec bonheur d'ailleurs : plus de problèmes de genoux...) et du coup chausser mes trabucco ne me disais plus
rien. Et la NDC en five fingers, je me disais que cela ferait un peu juste.
Je devais me racheter un cable de rechargement pour ma montre, finalement j'en trouve chez Lepape, je regarde les
chaussures de trail, il y avait une paire de Terra tiger en promo. 241 Gr, 4 mm de drop, discussion avec le vendeur,
sympa, qui participait également la la NDC, hop emballé c'est pesé.
La veille de la course, (j'étais toute la semaine en déplacement professionnnel, je me dis que mon sac idéal pour les
ultras est un peu surdimensionné et donc trop lourd pour 25 bornes. Je passe chez Décathlon en arrivant à la part-Dieu,
pas le temps pour d'autres options, et prends ce qu'il reste, leur copie du sac Salomon. C'est juste ce qu'il faut : 2
poches pour des gourdes sur les bretelles à l'avant, et de quoi mettre une poche à eau + vetement chaud/de pluie à
l'arrière. Je sais qu'il faut tester un équipement avant la course, mais là, pas possible, désolé.
Le jour J, j'arrive à 20h10 à Saint Romain après avoir couru toute la journée (levé 5h50 , aller-retour en TGV à Paris,
accompagner l'ainé à sa répèt de Taekwondo, préparer le sac, et j'en passe ... et ne rien oublier - ah oui les guêtres, où
j'ai mis ces foutues guêtres... ).
Aucune reconnaissance, pas du tout eu le temps de potasser le parcours, le dénivelé, je sais juste qu'il y a une grande
montée au début et que les pentes peuvent être raides. En attendant le départ je me rends compte de mon impréparation,
mais je retrouve l'ambiance des départs de trails et l'excitation monte, je suis content. Je me dit que 25 bornes, c'est
moitié moins que ce que je faisais, donc j'ai moins peur de me griller trop vite. Juste courir, on verra après.
Départ. Ca part assez vite, trop vite, je cours avec tout le monde, le cardio monte à 150, 155, pas bon. Mais je
m'accroche en me disant que les descentes vont m'aider à calmer le jeu.
J'alterne course/marche, dès que ca ralentit je marche le plus vite que je peux, re-cours quand je me fait dépasser.
J'ai du mal à tenir le rythme, conscient qu'à 155 je ne vais pas durer... normalement je ne devrais pas dépasser 135 sur
des durées de 3 à 4h... Je fait le yoyo avec pas mal de coureurs. Mais les premières portions en descentes arrivent, je
retrouve les sensations grisantes des sentiers qui serpentent dans le halo de la frontale, je descend à fond. Je frôle de
trop près quelques coureurs, me rends compte de mon imprudence et me calme.
De toutes façons ca remonte, ce doit être l'ascension principale, je m'efforce de continuer à courir, je me fait doubler
mais double aussi.
Le parcours est superbement fléché, je n'ai jamais vu ça, entre les traces de bombes phosphorescentes argent sur les
moindres souches et façon petit poucet tout le long plus les ptites bougies, c'est féérique et super rassurant. Je me
concentre sur le rythme et l'effort dans les montées sans plus me poser de questions sur le parcours.
Premier ravito, je pense avoir encore assez d'eau et c'est le cas, j'en aurais assez jusqu'à la fin sans ravitallier -
l'expérience des trails longs m'est bien utile. Je passe sans m'arrêter, j'ai retenu qu'il y a un deuxième ravito au
16ième Km au cas où. Côté sucre je me suis fait mes fioles de miel+jus de citron+canelle+gingembre, de ce côté là c'est
rodé, j'ai rajouté du sirop de thym et suis content de cette nouvelle saveur qui réveille les papilles et me rapelle les
vacances (très bon ce sirop, coucou aux Craviroliens !).
La fatique commence à venir, mais je continue à pouvoir courir et m'accroche aux traileurs/traileuses devant moi.
Il fait un temps superbe, les vues sur les alentours sont magnifiques, je cours dans la nuit et c'est trop bon.
Quelques passages techniques me ramènent brutalement à une réalité moins poétique, je manque de me vautrer sur des
cailloux 2 /3 fois, j'entends quelqu'un crier "lever les pieds les gars" - oui je confirme, les cailloux sont des fois
hauts et les erreurs se paient cash.
Le ruban de coureurs s'est allongé, je me retrouve parfois seul, suis content quand je retrouve le contact devant moi.
Les grandes descentes sur des pistes (très) caillouteuses font souffir les chevilles, mais les Terra tiger amortissent
bien, et je me dit que j'ai bien fait de laisser les five fingers à la maison.
Deuxième ravito, je prends juste un verre d'eau que je bois en marchant, je ne veux pas prendre le temps de remplir la
poche à eau. Il ne reste que 9 km, même si je n'ai plus d'eau ce n'est pas grâve. Je prends le soin de mettre le gobelet
vide dans mon sac, pas question de polluer ces chemins, trop de respect pour cette course si bien organisée.
D'ailleurs je peste intérieurement à chaque fois que je vois des gels usagés jetés sur le chemin par l'"élite" - ils
seraient plus dignes de respect s'ils faisaient le geste de remettre le gel vide dans leur poche, mais bon polluer ne
semble pas les gêner. Pas encore. Question de génération ?
Je commence à fatiguer mais me dit que je n'ai plus que l'équivalent de 2 tours de la tête d'or à faire, et me force à
courir dans les montées pas trop raides, je double quelques coureurs ce qui m'aide à tenir (ahh, l'esprit de
compétition...). Je me répête qu'il n'y a plus de grosses montées, fonce dans les parties plates (pointes à 16Km/h jusqu'à
la fin) sur lesquels je suis plus à l'aise.
Je vois un coureur allongé qui vient surement de tomber, il y a déjà des gens de l'orga avec lui, je fonce dans les
descentes en redoublant d'attention. Je mets la frontale à fond, d'ailleurs c'est aussi un achat tout neuf, non testé
auparavant, même pas un test de 5 mn de nuit et je suis super content, c'est un véritable phare cette frontale FEREI. J'ai
pris la HL20 (je me suis raisonné et n'ais pas pris la HL40 et suis très content, elle éclaire super bien, sans
comparaison avec la petzel myo Rxp qui m'a lâché l'an dernier en camping. J'ai acheté le cable long (9 €...) et mis la
batterie dans le sac, c'est parfait, il n'y a que pour changer l'orientation proche/loin que je la trouve moins pratique,
mais bon c'est la première fois que je la porte !).
Les encouragements des bénévoles et du public me font vraiment du bien et balaient les idées de marcher qui me viennent.
Je n'ai aucune idée de l'heure ni donc du temps de course, un gars me demande mais suis incapable de retrouver
l'information sur ma montre, plus de sucre dans le cerveau, il est temps que la course se finisse.
Grande descente empierrée qui fait mal aux chevilles et raisonne dans les genoux, mais je file quand même, porté par
l'excitation d'avoir pu courir pratiquement tout du long. J'ai tellement de souvenirs de trails de 50/70 bornes ou je me
traine péniblement pour finir que courir en sachant qu'il ne reste que quelques kilomètres me donne des ailes.
Je devine que c'est la dernière descente à la vue du chemin étroit, je fonce, guettant les bruits de musique/de gens qui
marquent les arrivées. C'est trop bon, derniers encouragments d'aiguilleurs, quelques rues et virages, c'est la fin.
Je franchis la ligne, vois 2h56 sur l'affichage, temps officiel 2h55mn59s.
J'ai mal aux jambes, suis crevé, j'ai froid et vais vite mettre un vêtement sec mais suis heureux.
Je n'ai pas envie de repartir tout de suite, la chaleur et l'ambiance de la salle du repas me font envie mais j'ai le bide
en vrac et ne me sens pas de manger du solide tout de suite. Et demain Samedi je dois assurer une journée "normale", je
dois penser au sommeil et au repos. Je quitte avec regret Saint Romain.
Heureux que ma course se soit bien passée, heureux d'avoir participé à cette superbe course.
Très bien organisée, à tous points de vues. Sans faute, bravo !
Merci à tous les bénévoles, il n'y en a pas un sur le parcours qui n'ai eu son mot d'encouragement. Et je ne me souviens
pas d'un trail où il y ait eu autant d'"aiguilleurs" répartis au moindre changement de parcours, c'est super motivant et
rassurant (même si c'est surement plus facile à faire dans les monts d'Or quà 1000/2000 m d'altitude dans la montagne, ok,
il fallait y penser et le faire, encore bravo). j'ai vraiment senti une adhésion, une passion pour le trail ca fait chaud
au coeur. Merci également au public qui encourageait tout le monde, au orchestres enfin bref, MERCI. Et à l'année
prochaine :)

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