Récit de la course : La Nuit des Cabornes - 25 km 2015, par Nikopol

L'auteur : Nikopol

La course : La Nuit des Cabornes - 25 km

Date : 4/9/2015

Lieu : St Romain Au Mont D'Or (Rhône)

Affichage : 538 vues

Distance : 26km

Matos : une paire de trail toute neuve même pas testée, une lampe frontale avec des piles à plat, des piles de rechanges, un petit kit de secours. Un estomac quasi vide.

Objectif : Pas d'objectif

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La nuit des cabornes 2015 : la piste c'est bon

Superbe course, parcours magnifique, organisation et ambiance au top.
Aligné sur le 25 à la dernière minute (j'ai même été à deux doigts de rater la date). Je rejoints Trixou à 19h au point de rdv qu'il m'a donné et on fait la route ensemble. Arrivé sur place, je vais retirer mon dossard ... et pouf ... je le perd de vue.
Je ne savais pas trop à quoi m'attendre en venant, cela fait maintenant 7 ans que je suis à Lyon et je n'avais encore jamais mis les pieds dans les monts d'or. Je ne connais donc rien de ce qui m'attend. Tout l'été je l'aurai passé à courir sur piste et sur le plat et sur des séances n'excédent qu'une seule fois 1h30. pas la moindre petite bosse. J'ai même pas pris le temps de regarder la carte et le profil de la course. Cerise sur le gâteau j'ai acheté mes chaussures de trail en début de semaine et j'ai même pas pris le temps d'aller courir un peu avec. Ah oui aussi, je sors du boulot, et à part mon petit dej et un sandwish avalé au lance pierre j'ai rien dans l'estomac. Dans le genre branquignol j'ai essayé de pousser la démarche jusqu'au bout.

Bon bref je ne vise absolument aucune perf particulière, j'espère juste ralier l'arrivée en un seul morceau. Je me place en queue de peloton au départ, pour pas gêner.
Le départ est donné et ça commence déjà à grimper, tout le monde court, sauf moi qui marche étrange. Je marche et je suis dans le rythme ... j'en déduis que, bah rien du tout c'est que le début de course. Progressivment les coureurs se mettent en fil indienne et je commence à courir pépère sans me prendre la tête, je double un peu, je me fais doubler un peu. Rien d'extraordinaire. Puis virage à 90° sur la gauche, pour engager la single track bien raide et caillouteuse. Je vois toute la file de coureur qui serpente tout le long de la pente. Embouteillage. C'était à prévoir. C'est pas grave, je suis pas pressé, j'attend mon tour et je monte dans le même rythme que tout le monde. Je remarque que je suis content d'avoir mes nouvelles grolles, même si je les ai pas testées avant. Avec mes chaussures de routes je crois que j'aurai bien dégusté. J'arrive en haut de la première côte et on attaque de suite la première déscente, je serre à droite (autant que je peux) et je laisse passer les coureurs qui déscendent mieux que moi. Puis petite côte que je gère tranquillement et à nouveaux une déscente.

Et puis arrive la deuxième ascension, je me sens bien et il me semble que je peux dérouler la foulée. Les changement de rythme entre la marche et la course se font naturellement j'en profite donc. Il se peut que je le paye par la suite (on est même pas au premier quart de course) mais je suis là pour m'amuser, donc si je me sens bien je dois en profiter, comme ça je regretterai rien du tout.
Je profite de l'ambiance, les petits luminions, les spectateurs un peu partout. J'arrive au sommet, je me sens frais comme un gardon mais pas le temps de révasser faut attaquer une nouvelle déscente, moins cassante et moins pentue, je décide de l'engager. Je suis loin d'être le plus rapide, mais je suis souple sur mes appuis alors que ça cogne pour ceux qui me doublent. Puis arrive une petite côte, tout le monde marche ou esquisse une idée de trottinage ... moi je me sens léger sur mes cannes, j'attaque. Je me prend pour un chamois. On est qu'au km 8, je me dis que je suis complètement cinglé et que je vais le payer cash ... mais je suis là pour m'amuser alors j'en profite.

On enchaine une série de petite côtes et déscentes légères ponctuées par des sections goudronnées, tout le monde est à l'économie, je suis sur "mon terrain", mes jambes sont légères, je déroule je plane, je vole, j'avionne, je ... je lève le pieds parce que les piles de ma frontale qui lâchent ... pas grave je garde le rythme je me cale dans la foulée du gars qui est devant moi et je fais comme lui (dans une déscente étroite et sinueuse), j'arrive à hauteur d'un groupe de spectateurs. Petite pose technique, changement de piles, j'en profite pour souffler, taper la papote, pas la peine de s'énerver pour si peu, j'ai pas encore passé le premier ravito et y'a encore du chemin jusqu'à l'arrivée. Je repars avec une bonne foulée et je continue à remonter la file des concurrents. Le pied droit s'accroche dans la caillasse ou une racine, je manque de me viander en pleine course mais je me récupère dans l'herbe sans dommage.

L'allée s'élargit, des luminions, une vieille bâtisse, michel et son orchestre. J'arrive au premier ravito, sympa l'ambiance. Du bas de la pente j'ai l'impression de grimper l'escaliers du temple de Tulsa Doom dans Conan le Barbare. Je prend mon temps (j'ai retenu la leçon de ma fringale lors de l'urban trail d'avril), un verre de coca, un quartier d'orange, un bout de banane, un autre quartier d'orange, un autre verre de coca, deux trois carrés de chocolat, un verre d'eau plate pour se rincer le gosier. Je repars en marchant tranquillement, je prends le temps d'évacuer les gaz et je reprends en petite foulée relax.

Je suis vraiment bien, je suis surpris, vraiment. La déscente c'est pas mon fort, mais celle qui arrive je la fais, et là c'est moi qui double, j'en viens même à klaxonner. Je suis à mis course je sais pas ce qui m'attend pour la suite mais je fais quoi ? Je continue à dérouler tranquillement ou j'attaque ? ... mmffffffff bon d'accord, mais c'est bien à mon corps défendant ... je profite d'une portion de route, je suis sur mon terrain, j'attaque. Ca a beau grimper toujours plus raide je lâche pas le rythme. Je repense à toute la piste que j'ai bouffée tant en fractionné qu'en travail technique, la vache ça paye bien 8)

Quelque part j'arrive à l'embranchement, 50km à gauche en prenant la déscente, 25 à droite par la montée. Moi je préfère quand ça grimpe. De toute façon c'était prévue dès le départ. Je zape complètement que Tidgi est posté là ... bon bah il devra se contenter d'une petite pensée. Je poursuis mon effort.

Ca avionne, j'enrhume les mecs partis devant moi, j'avale les bosselettes, les déscentes. Tout le monde piétine, mais pas moi. Les jambes et les lombaires chauffent mais répondent présents, la foulée est fluide, mes appuis sont précis, mon balancement de bras est souple, je ventile fort et bien mais sans m'asphyxier. Bref les voyants sont aux verts, je maintiens l'effort. J'engage les déscentes.

J'attaque une longue montée d'escaliers, des luminions de part et d'autre. On croirait grimper un temple maya (j'ai acheté le dernier album de Maiden ce matin même, et c'est la thématique de l'album Rigolant ) C'est chouette ici, y'a même un zicos et son tubas qui ... bah qu'est ce qu'il fout il joue pas ? "j'ai froid je mets une veste" "tu joues pas assez fort c'est pour ça" ... ha ça y'est, on à droit à la BO de games of throne, moi ça me fait marrer, mais pour ceux que je double ça sonne comme une mise à mort, du moins c'est l'impression que j'ai, bref je me marre Avare

Par moment je me retrouve tout seul plusieurs minutes durant, je joue au petit Poucet en suivant les traces de peintures réfléchissantes laissées au sol par les orgas. Ça fait plaisir de se retrouver dans un décors bucolique, surtout pour moi qui suis pas sorti de Lyon durant l'été. J'ai envie de pisser mais je suis tellement bien dans ma course que ça attendra l'arrivée.

Bon j'admets, je suis quand même content d'arriver au deuxième ravito. "bonsoir bonsoir, je dois être le 500èm à vous poser la question, mais il reste combien d'ici l'arrivée ? " "6km" ... mouhahahahaha on va continuer à attaquer alors. Je respecte quand même le plan qui est de pas me prendre la tête et de rester cool. Je profite du ravitos et je prends un peu de tout, coca, eau gazeuse, fromage, sauç biscuit apéro etc . Je repars en marchant, j'évacue les gaz, j'accélère le pas et je reprends au pas de course. Ca grimpe, les jambes et les lombaires chauffent fort, mais pas grave je continue à courir, je suis léger et précis sur mes appuis, des signes qui trompent pas. La pente se raidit férocement, je dois marcher, je fais des petits pas mais je garde une grosse fréquence. Je continue ma remontée au classement, je laisse littéralement tout le monde sur place. Des fois je dois klaxonner, mais c'est pas grave, j'attend gentillement, j'en profite pour prendre une petite giclette derrière les amygdales.
Arrive un replat, je relance pas tout de suite, je marche, je prends le temps de me redresser en douceur, de soulager le dos, et hop à nouveau au pas de course, et toujours léger sur mes jambes. Et ça continue à grimper, j'attaque jusqu'au sommet, en alternant course et marche forcée. Toujours je double, ça n'arrête pas.
La pente se fait moins raide, je prends le temps de me redresser en douceur pour assurer la transition et je reprend la course. La déscente est goudronnée, je la fais. Mais cette fois même en restant cool ça tape fort dans les jambes. Je calme un peu le jeu, j'essaie de rester souple mais c'est dur. Arrive une dernière bosse que j'avale en moins de deux (moi je préfère quand ça grimpe).

Des bénévoles nous annoncent arrivée à 2km, et attention dans la déscente "il y'a une marche" ... vous savez quoi ? gnagnagna :|
C'est la déscente infernale, elle en finit pas cette déscente, ça tape fort, y'a des p****n d'ornières bien vicelardes, des crevasses, des racines, de la caillasse, des rochers plusieurs fois je manque de me viander. Puis une énorme crevasse au milieux, je choisis de prendre à gauche, je perds l'équilibre, mon pied butte dans un rocher, je pars en vrille et heureusement c'est dans un fourré que je me vautre. La chute est amortie par les branchages. Plus de peur que de mal. J'ai eu de la chance, je m'en tire avec quelques éraflures sur l'avant bras et le genoux. Avertissement sans frais. Bon, je dois plus être trop lucide, cette fois les jambes ont du mal. Je déscends tranquillement presque en marchant, je me range même sur le côté pour laisser passer les coureurs plus rapides. Pour moi pas question de prendre le moindre risque, malgré les encouragement des autres concurrents. Je ne suis pas en perdition, ni en difficulté, mais je décide que j'ai fait ma course et que ça sert à rien d'engager plus avant.
J'arrive en bas tant bien que mal, mais en seul morceau, je retrouve le goudron, "mon terrain", et sans forcer, sans chercher à piquer un dernier sprint, mais le pas un peu lourd, je rallie l'arrivée en profitant de la dernière petite allée sinueuse qui me rappelle un peu les traboules lyonnaises que j'affectionne.
Je franchis la ligne en levant les bras avec le sourire. Les jambes un peu raides mais ça va, elles auront bien courues tout au long du parcours.
J'ai passé la ligne de départ en queue de peloton, je franchis la ligne d'arrivée de justesse dans la première moitié (280) en 3h21min00 à ma montre, 3h21min32s au scratch.

Je vais prendre un verre d'eau gazeuse, un peu d'eau plate, je m'assoie sur un banc, je sors le coton hydrophile et la bétadine de ma besace et je désinfecte mes plaies. Je me restaure, je prend ma douche, plus qu'à attendre Trixou aligné sur le 50 ... la nuit n'est pas terminée :D

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Commentaire de Trixou posté le 06-09-2015 à 22:03:56

Dommage qu'on se soit perdu à la remise des dossards, tu aurais profité comme moi des conseils de Jano et Xian et tu serais parti devant, sans bouchon, et tu aurais pu tenter un sub 3h. C'est pas parce que tu voulais juste faire une sortie longue que tu pouvais pas la faire vite ;o)
La prochaine fois tu fournis la zik pour la voiture. A + !

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