Récit de la course : Sur les Traces des Ducs de Savoie 2014, par Romainlétu

L'auteur : Romainlétu

La course : Sur les Traces des Ducs de Savoie

Date : 27/8/2014

Lieu : Courmayeur (Italie)

Affichage : 1018 vues

Distance : 119km

Objectif : Terminer

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TDS 2014, une aventure à trois

« Pour cette course mes affaires seront prêtes le lundi soir et je me couche tôt la veille de la course »

22h veille de la course, nous préparons nos sacs à la frontale sur une table de jardin, quoi de plus normal…

Ainsi débutait cette TDS 2014 avec les amis Marco et Clem.

Mercredi, réveil 3h30 pour prendre la navette de 4h30 à Chamonix qui doit nous emmener à Courmayeur d’où sera donné le départ des 119 kilomètres et quelques 7250 mètres de dénivellation positive qui nous attendent pour les prochaines heures.

Comme à son habitude, Marco est en retard et cherche son Iphone partout. La bête retrouvée, nous partons 10 minutes après l’objectif. Direction l’aire d’accueil des navettes, Marco a oublié son téléphone dans la voiture, demi-tour en courant pour lui… Nous sommes enfin dans la navette, tout le monde cherche Morphée pour la petite heure de voyage qui s’offre à nous, seule une personne remue ses poches plastiques pour retrouver son Iphone égaré, devinez qui ?

Il est 5h30, nous buvons tranquillement un café à Courmayeur accompagné de nos savoureux taboulés. 6h15 nous sommes fin prêt à en découdre, direction la ligne de départ, premier arrêt au stand dans les bois…

Moi à gauche, Marco au milieu et Clem à droite, sur la ligne de départ 

Les musiques nous mettent dans l’ambiance, discours de Catherine, recherche des GPS pour la montre, Conquest of paradise… l’émotion commence à monter.

10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1 … Musique de Pirates des Caraïbes, le moment est beau, nous passons la ligne, les yeux sont humides, des centaines de gens nous acclament, la TDS 2014 est lancée…

Nous n’avons aucun objectif que ce soit en temps ou en classement, notre seul but est de terminer tous les trois ensembles. Clem vit sa première expérience UTMB, Marco n’a jamais rallié Chamonix sur deux tentatives (un arrêt par l’organisation sur une CCC à cause de la météo et un abandon sur une TDS) et moi j’ai terminé la CCC 2012. Du haut de nos 24 ans, nos niveaux de formes et d’entrainements sont disparates et avec l’ami Marco nous ne sommes pas certains que les quelques jours passés à la Féria de Dax mi-août soient une bonne préparation J

Les premiers kilomètres sont à plat sur le bitume voire en légère descente, parfait pour chauffer la machine. Tranquillement nous arrivons à la première ascension de la course, 9 km pour 1300D+ avec une petite descente au milieu. Première bonne nouvelle, nous montons par des pistes de skis plutôt larges ce qui évite des goulots d’étranglements et donc un surplace qui dure parfois 1h sur certaines courses. L’ascension se fait dans la bonne humeur, le temps annoncé à l’humide est finalement très bon, le ciel et les premiers paysages magnifiques sont annonciateurs d’une superbe journée.

Montée Lac Combal 1 Montée Lac Combal 2

Nous racontons tour à tour nos vies, Marco et Clem parlent aviation, j’enchaine sur les pompiers, nous arrivons sans difficultés au premier ravito liquide situé aux deux tiers de cette première difficulté en 1h17. Le temps de remplir nos gourdes, prendre un petit morceau de pain/miel et l’arrêt est avalé en 5 minutes.

La fin de l’ascension se fait par un single track, l’allure s’en retrouve grandement impactée et ne cherchant pas à doubler je vois mes deux compagnons s’éloigner devant moi. Comme d’habitude certains coureurs iront même jusqu’à passer n’importe où, sans se soucier de la flore, je déteste ça, notamment dans la première montée pour gagner quelques minutes sur une course de plus d’un jour…

Marco et Clem dans la montée Lac Combal Single track montée Lac Combal

Montée Lac Combal 3 Lac Combal

Je rumine avec mes voisins de l’instant, puis nous arrivons tranquillement à l’Arête du Mont-Favre. S’en suit la première petite descente, 500m de D- en 3km et un petit plat jusqu’au ravito solide du Lac Combal. La barrière est prévu à 10h45, il est 10h10, nous sommes plutôt en forme, par contre le vent annoncé par Catherine est bien présent et nous refroidit rapidement. Premier combo soupe, fromage, saucisson puis après ce quart d’heure de pause, nous attaquons la montée vers le Col Chavanne qui se situe 4km et 650m D+ au dessus de notre tête. Les paysages sont toujours aussi beaux, nous resterons toute la montée derrière Equateur qui nous motivera sans le savoir ;-) Nous nous adjugerons cette montée en un peu moins d’une heure en conservant notre rythme de début de course, constant et légèrement en deçà de nos capacités.

Au sommet la vue vaut de l’or, nous en profitons pour nous faire prendre en photo.

Col Chavanne

Après ces quelques secondes de répit il est temps de s’attaquer à la première vraie descente : 9.5km et 800D-. Comme à mon habitude je veux partir tout tranquillement pour habituer mes muscles à la descente avant de me lâcher un peu plus. Et là, horreur, une douleur apparait instantanément au dessus du genou gauche…

Qu’est ce qu’il se passe ??? Je n’ai jamais eu mal aussi vite aux genoux, encore moins à cet endroit et surtout je n’ai pas eu mal cette saison… Je me dis que ce n’est rien, mon corps doit se mettre en phase de descente après cette longue montée. Rien n’y fait la douleur est vraiment présente. Fort heureusement sur le faut plat descendant de cette piste de 4x4 j’arrive à trottiner. Nous alternons déjà marche et course avec mes camarades et nous jouons encore au chat et à la souris avec Equateur ;-). Je sens que la fin de cette descende, le petit mur très pentu pour atteindre Alpetta, risque d’être compliqué. La chaleur commence à se faire ressentir, et on ne peut pas dire que le chemin est très ombragé. Arrive le moment redouté et là patatras… A l’instant même ou la pente s’incline d’avantage une douleur terrible apparait, je me bloque et crie de vive voix. Je ne sais pas quoi faire, je suis arrêté au bord du chemin et les autres coureurs me demandent si tout va bien. A ce moment là, je veux tenter de rejoindre le Col du Petit Saint Bernard afin de voir les médecins. Tant bien que mal j’arrive à rejoindre Alpett ; heureusement que j’ai des bons copains qui m’attendent en bas J

Nous attaquons donc cette montée en direction du Petit Saint Bernard situé a 6.7km et 640D+. Fort heureusement je ne ressens pas de gêne particulière à la montée et je me remets à mon rythme de croisière pour cette montée. Marco et Clem semblent avoir plus de mal à suivre, mais nous avons couru ensemble à la SaintéLyon et nous savons que j’affectionne les montées et eux les descentes, ce qui nous permet de se séparer tout en faisant course commune. Je m’étais noté avant la course les intervalles entre chaque ravito et celui la me paraissait le plus compliqué à gérer vu sa distance, son dénivelé et surtout la période de la journée à laquelle nous devrions l’aborder. Malgré tout, nous sommes partis avec seulement deux gourdes de 60cl. Et ce qui devait arriver arriva, à moitié de la côte, les prémices de se retrouver à sec se font sentir, il faut rationner. C’est donc dans la difficulté que nous arrivons au lac, Clem aura même fait le choix de prendre de l’eau dans le petit ruisseau que l’on vient de croiser.

Petit moment de ressource sur un petit plat avant d’attaquer le bout de côte que l’on voit au loin mais où le chemin ne semble pas évident. 

Montée Petit Saint Bernard

« Un petit bout de côte où le chemin ne semble pas évident »… C’est un euphémisme. On se retrouve quasiment à l’arrêt, tous à la queue leu leu au milieu de petits buissons où le chemin n’existe même pas, le tout sous une forte chaleur et sans eau.

Nous arrivons finalement au Col du Petit Saint Bernard en 07h10min soit avec une avance de 01h20min sur la barrière horaire.

Comme prévu je file tout droit à la tente médicale afin d’obtenir le diagnostic sur mon genou. Je crains l’essuie glace, une telle blessure pourrait rapidement signifier l’abandon. Heureusement ce n’est pas le cas, mais c’est bien une blessure tendineuse et le médecin m’explique alors : « tu vas continuer à avoir mal, ça ne peut pas s’arranger. Je te donne du paracétamol, aucune garantie que ça te soulage, à toi de voir comment tu te sens ». Depuis plus d’un an je me force à courir au naturel (je ne bois que de l’eau et n’emporte que des pates de fruits, aucune boisson énergétique, aucun gel, aucun médicament) mais tant pis pour cette fois, si je veux finir je dois bien faire une entorse à mon idéologie et prendrais donc du paracétamol.

Après une bonne demi-heure de pause nous décidons d’attaquer cette longue descente qui doit nous mener à Bourg Saint Maurice. 15km et 1420D- qui s’offrent à nous en ce début d’après midi, du bonheur pour certains, un long chemin de croix qui se profile pour moi et mon genou. Tout commence bien, 500m après le début, mon dossard a disparu et au vue des conditions météorologiques il s’est surement envolé... Par chance un autre coureur l’aura ramassé et remis à Marco un peu plus loin.

La descente commence avec une longue portion sur un chemin de 4x4 peu pentue, le passage est plutôt agréable, nous alternons marche et course dans la bonne humeur. J’aperçois que, quelques centaines de mètres devant nous, nous allons quitter le chemin pour suivre un single track, j’appréhende le moment… A l’instant même de la bascule je me bloque, la pente devenant plus importante mon genou me fait terriblement mal, je suis obligé de me stopper et je vois mes deux compères s’éloigner rapidement dans la pente. Après quelques secondes de réflexion je me force à repartir, l’abandon est inenvisageable !!! Je repars tout doucement, mais après une dizaine de minute je sens la douleur qui disparait, le doliprane fait son effet, je suis soulagé. Je peux donc me permettre de lâcher les chevaux et j’entame une superbe descente durant laquelle je peux enfin me faire plaisir. Cette succession de single track, virages en épingle, passages techniques est très agréable et correspond à ma description de la descente idéale. Sur la fin de la descente je me retrouve bloqué par un groupe de coureurs que je ne peux pas dépasser et je m’aperçois avec surprise que j’ai rattrapé mes compagnons de route. Eux aussi sont très surpris, ils allaient m’appeler pour se fixer rendez-vous au ravito. Les sensations sont là, il nous reste 2km de plat jusqu’au centre de BSM nous décidons de courir tout du long. Il nous faudra finalement environ 2h pour rallier BSM depuis le col. Nous avons à ce moment là 01h30 d’avance sur la barrière horaire.

Nous recommençons notre routine  soupe, fromage, saucisson pour une durée de 30 min, petit contrôle du matériel obligatoire par l’organisation, puis nous attaquons ce qui semble être LA grosse difficulté de cette course, la montée vers le Passeur de Pralognan.

Afin de réchauffer la machine nous partons tranquillement en profitant de la populace qui se balade dans les rues de BSM en cette belle journée d’août. Très vite la pente se raidie et il faut se recentrer sur l’effort qui nous attends pour ne pas disperser son énergie. Sur le début de la montée rien de particulier si ce n’est que la pente est bien raide. Je décide de me mettre à mon rythme et je commence à doubler quelques personnes en laissant mes compagnons derrière moi. Ce n’est pas grave, on se retrouvera plus haut… Je me sens vraiment bien, les jambes sont présentes et je me fixe comme objectif de passer le Passeur de jour, conseil lu sur les forums de Kikourou. Très vite c’est un long serpent qui se dessine dans la montée, en effet la mono trace n’est pas propice aux dépassements et la majorité du peloton semble être ici. J’en profite pour discuter avec les coureurs qui m’entourent, c’est aussi ça la magie du Trail. Au fil de la discussion qui accélère le temps, on aperçoit un Fort un peu plus haut et on s’imagine être déjà au Fort de la Platte qui doit se situer à un peu plus de la moitié de cette ascension. Nous sommes très satisfaits d’être monté si vite, mais la joie est de courte durée, le Fort attendu est bien plus haut, je me disais bien aussi… La pente devient très raide et les voix des coureurs ne se font plus entendre, d’autant plus que nous ne sommes plus dans les bois et que la chaleur de cette fin d’après-midi se fait sentir. Je me remets à mon rythme et je double bon nombre de coureurs qui semblent collés dans la pente. J’arrive au Fort, recharge mes gourdes (encore merci Kikourou pour la notification de se ravitaillement en eau organisé mais non présent sur la feuille de route remis pas l’organisation) et me pose sur un rocher pour profiter de la vue et attendre mes camarades.

Fort de la Platte 1 Fort de la Platte 2

Fort de la Platte 3 Fort de la Platte 4

Après un petit repos pour tout le monde nous continuons notre marche, il nous reste la montée vers le Col de la Forclaz avant une légère descente et enfin la montée finale vers le Passeur. Afin d’anticiper ma lenteur en descente je décide de repartir plus rapide que mes collègues qui me rattraperont plus tard. Et puis j’ai toujours mon objectif de passer avant la nuit qui tient ! L’arrivée au col est très rapide, mais stupeur quand je m’aperçois que ce n’est pas une petite descente mais un mur très raid. Ce n’est plus du tout la même, je ne fanfaronne plus à ce moment là, j’arrive tout juste à descendre, mon genou me fait extrêmement mal. Tant bien que mal j’arrive en bas mais je distingue des petits points tout la haut, la montée est encore longue et la luminosité descend très rapidement. Les autres ne m’ont pas encore rattrapés, tant mieux, j’aurais encore une marge avant d’attaquer la descente vers le Cormet de Roselend. Une fois encore la montée est assez raide, quelques pierriers à traverser et je fais la fin de la montée quasiment dans le noir. J’arrive finalement au Passeur de Pralognan en un peu moins de 4h depuis BSM, je suis très satisfait, mais j’aurais raté mon passage dans le jour, damnit ! Je prends 5 minutes en haut pour m’équiper de ma frontale et d’une veste et je décide de garder mes bâtons car je sens qu’ils vont m’être utiles pour soulager mes genoux.

Il est 21h, j’attaque la descente qui fait la légende de la TDS. Sous mes pieds, un cordon de frontales qui avance tout doucement, la roche est glissante et ce sont des marches de titan qu’il faut sauter. Heureusement que le rythme est très lent pour ce satané genoux qui me rappelle à chaque pas ce que je lui fais vivre. Après une bonne vingtaine de minutes j’arrive en bas du mur, la pente s’adoucit mais le chemin est très glissant et il m’est difficile de reprendre le rythme. Je continue de marcher en attendant Marco et Clem. «Tiens ce passage un peu raide à l’air glissant» me dis-je à l’approche d’un passage délicat. La seconde d’après je glisse, mon bâton souple fais le ressort, m’échappe des mains et finit 10 mètres plus loin. Je rigole, je repars et dans les instants qui suivent je vois la tête de Marco derrière moi. Nous continuons la descente à trois en se racontant nos péripéties depuis que nous nous sommes quittés. On arrive en bas de la descente, nous pensons le ravitaillement proche, un bénévole nous annonce 1km. On se remet à alterner marche et trot, mais le ravitaillement n’approche pas. Après un bon quart d’heure, nouveau bénévole, nouvelle annonce de 1 km. Le morale tombe dans les chaussettes, nous pestons, c’est aussi ça la magie du Trail.

A 22h40 nous arrivons enfin au Cormet de Roselend, le temps pour nous de prendre à manger, se changer et reprendre quelques forces avant d’attaquer la nuit. En tout nous restons une bonne heure. Dehors il fait un temps de chien, le sol est trempé et le brouillard a fait son apparition, nous voyons à quelques mètres à peine. Nous repartons sur notre petit rythme et très vite la route à suivre traverse les alpages, nous cherchons les fanions à la frontale au milieu de ce brouillard et nous jouons avec la boue pour éviter de glisser. Ca sera l’occasion de lancer un petit jeu : le premier qui tombe paye l’apéro. Nous passons le sommet du Col de la Sauce et attaquons la descente vers La Gitte. Dommage de passer ici dans la nuit, l’endroit à l’air magnifique. Nous entendons l’eau couler en contre bas, il vaut mieux ne pas tomber à cet endroit. Je n’ai plus beaucoup de souvenirs de ce passage et ce jusqu’au Col du Joly. Je me rappelle que le sentier est difficile, nous traversons des alpages aux seins desquels les vaches nous regardent passer avec leurs yeux rendus brillants par nos frontales. Le plus mauvais souvenir de ce passage vient de la musique du ravito du Col du Joly qui résonne et nous laisse penser qu’il est tout proche alors qu’il nous faudra bien une heure pour le rejoindre après avoir entendu les premiers sons.

Nous arriverons finalement en 22h30min au ravitaillement du Col du Joly. Nous en profitons pour nous assoir et fermer les yeux quelques minutes. Je suis obligé de reprendre du paracétamol car mon genou m’a terriblement lancé dans les passages techniques. Quand nous sortons du ravito le jour est en train de se lever, ça fait du bien pour le moral. Ah tient, nous avons fait le tour du cadran, 24h de course et ce n’est pas fini ! Nous descendons tranquillement jusqu’à notre Dame de la Gorge, la descente est assez roulante et je connais bien la fin pour y être venu quelques semaines plus tôt avec mon frangin. Une fois en bas nous décidons d’adopter un pas de marche nordique sur les 2km qui nous séparent du ravitaillement des Contamines. Et là un gros coup de fatigue pour ma part. Mes premières vraies hallucinations, je vois les pierres bouger et se déformer sur le chemin. Je m’endors même en marchant et subis cette sensation de tomber dans le vide à la suite de laquelle on se réveille en sursaut. Il m‘arrive ici la même chose, je ferme les yeux et sursaute en marchant. Nous ne nous parlons même plus avec les camarades.

Nous arrivons aux Contamines à 8h le jeudi matin avec 01h30 d’avance sur la barrière horaire. Une fois au ravitaillement je décide de dormir 10 minutes allongé sur un banc. Marco et Clem eux préfèrent se ravitailler et repartir directement. Nous convenons que je les rattraperai dans la montée vers le Col de Tricot. Après ma petite pause qui me fait un bien fou je peux repartir et attaque la montée sur un bon petit rythme. Je ne ressens alors plus aucune fatigue. Je rattrape les deux asticots aux deux tiers de la montée des Chalets du Truc puis nous faisons route commune jusqu’au pied du Col de Tricot. Nous décidons de suivre la même stratégie que pour les autres ascensions, je pars à mon rythme et ils me rattraperont dans la descente. Je suis en pleine forme, je monte à un rythme constant et je réalise cette montée de 3km et 600D+ en 55min.

Au sommet j’en profite pour admirer la vue et me poser quelques minutes.

Col de Tricot 1 Col de Tricot 2

Col de Tricot 3 Col de Tricot 4

Je commence la descente à un rythme très faible afin de préserver mon genou. Après un bon moment et alors que j’arrive à la passerelle de Bionnassay, je suis surpris de ne pas avoir été rattrapé par les deux autres. Ils arriveront dans l’instant qui suit mais ils semblent dans un état catastrophique. Visiblement la montée vers le Col de Tricot les a achevés. Je ne sais plus à quel moment elles sont arrivées, mais Marco souffre en plus de terribles ampoules aux pieds qui le pénalisent grandement. Clem quand à lui n’arrive plus à avancer, il a tous les signes d’un gros coup de chaleur accompagné d’une importante fatigue générale. Il veut absolument se poser à l’ombre des arbres pour dormir un petit peu dans cette montée vers Bellevue.

C’est certainement le moment le plus difficile pour notre aventure à trois. Nous avions décidé depuis le début de faire la course tranquillement, sans se presser, afin de terminer ensemble. Mais ce coup de chaleur tombe au plus mal car nous ne sommes pas trop en avance sur les barrières horaires. Nous décidons donc de laisser se reposer Clem et de l’appeler régulièrement afin de savoir où il en est. S’il venait à repartir, nous l’attendrions sur le parcours.

Nous passons rapidement Bellevue avec Marco, et là les bénévoles nous annoncent une piste de 4x4 roulante jusqu’aux Houches. Je l’ai lu dans plusieurs CR et je le confirme ici, il s’agissait de tout sauf d’une piste de 4x4. La pente est très raide, nous peinons à avancer et finalement nous débouchons sur une route goudronnée qui nous amènera jusqu’au dernier ravitaillement. Nous décidons de nous lancer comme des fusées dans cette descente légère afin d’atteindre la vitesse sensationnelle de 6km/h environ.

Nous passons les Houches à 13h40 avec 50min d’avance sur la barrière, les gens nous encouragent, les enfants nous tapent dans les mains, nous savons que nous allons boucler cette TDS et nous lâchons tous deux quelques larmes.

Nous décidons d’alterner marche et petit trot pour terminer ce long plat jusque Chamonix. Nous en profitons pour immortaliser ce moment.

Final vers Chamonix

Nous apprenons que Clem a finalement pu repartir mais se sera fait stopper par la barrière horaire des Houches pour 22 minutes. Il sera là pour nous féliciter derrière la ligne, moment très difficile à vivre personnellement car ce n’est pas évident de laisser éclater sa joie devant lui…

Nous entrons enfin dans Chamonix, heureux de pouvoir terminer en pleine journée, la foule est impressionnante, tout le monde nous applaudi, nous commençons à lâcher nos larmes et nous profitons du dernier kilomètre, c’est notre coupe du monde à nous…

Nous serons finisher en 32h28, heureux d’avoir vécu cette expérience ensemble.

 Finisher

16 commentaires

Commentaire de sabzaina posté le 30-07-2015 à 12:40:56

"Nous passons rapidement Bellevue avec Marco, et là les bénévoles nous annoncent une piste de 4x4 roulante jusqu’aux Houches. Je l’ai lu dans plusieurs CR et je le confirme ici, il s’agissait de tout sauf d’une piste de 4x4. "
Tu m'étonnes, fichue descente...
Très très beau CR qui me replonge 1 an en arrière. Bravo à toi d'être allé au bout.
Je vois que tu récidives cette année, quel courage ! Bonne course ! :D

Commentaire de Romainlétu posté le 30-07-2015 à 14:07:08

Salut Sab, merci pour le commentaire. C'est marrant parce que c'est suite à la lecture de vos récits de toi et Bert que j'ai eu envie d'écrire la fin et le publier :)
Et oui , cette année encore, comme il y a pas encore de tirage au sort je me relance et puis ça me permet encore d'être bénévole sur la CCC et l'UTMB comme ça :)

Commentaire de anthodelb posté le 30-07-2015 à 16:04:02

Bravo pour ta course et être allé au bout avec le genou douloureux (je sais ce que c'est !).
Je suis sur la TDS cette année et ton CR me donne envie d'y être.
Encore bravo.

Commentaire de Romainlétu posté le 11-08-2015 à 10:30:58

Merci pour ton message, bonne chance pour la TDS, on s'y croisera peut-être :)

Commentaire de Bert' posté le 30-07-2015 à 16:37:21

Bravo à toute l'équipe ! et toi en particulier :-)
Tu t'es sacrément bien débrouillé pour cette première qui en appelle d'autres.
C'est toujours cool de relire les aventures d'autres participants, qui plus est quasiment aux mêmes heures.
Big bravo encore et bonne chance pour l'édition à venir... qu'on suivra avec attention :-)

Commentaire de Romainlétu posté le 11-08-2015 à 10:33:31

Salut Bert,
Merci pour le message, ça fait super plaisir.
En espérant que cette édition soit aussi belle que celle de l'an passée :)

Commentaire de bubulle posté le 30-07-2015 à 22:43:50

Marrant de voir que Sab, Bert et moi pensons exactement la même chose : c'est plutôt bien d'y revenir sur cette TDS, même virtuellement. D'ailleurs, c'est déjà ce que je me disais en faisant les petits morceaux communs avec la Montagn'hard (si tu as l'occasion d'essayer, essaie, tu verras, c'est rigolo de faire des bouts de la TDS à l'envers..:))

Du coup, paf, j'y reviendrais bien d'ailleurs sur cette TDS. Ne serait-ce que pour enfin voir si on peut mettre moins de deux heures pour aller des (foutues) Zouches à Chamonix.;-)

Commentaire de bubulle posté le 30-07-2015 à 22:46:58

Par contre, je vais voir avec Mathias pour que ton récit soit accroché à l'édition 2014 et non 2015 de la course. Ce n'est pas très simple à faire malheureusement.

Commentaire de Romainlétu posté le 11-08-2015 à 10:36:37

Haha, c'est un piège cette portion des Houches à Cham... Le temps s'arrête.
Merci pour le commentaire, j'essayerai la Montagn'hard, un jour.
Pour le récit accroché à 2014, ça serait top, j'ai aussi envoyé un mail à l'équipe technique...

Commentaire de yoshi posté le 31-07-2015 à 07:33:38

Bravo, que de souvenirs, et je me souviens vaguement de toi car tu es arrivé à peine 10 min après moi. Ah cette TDS j'y reviendrai bien aussi, que de beau souvenir car j'ai eu la chance de ne pas souffrir de quoique ce soit, juste une superbe balade sportive et un gros défi relevé pour moi. Cela me donne encore plus la pêche pour mon objectif dans 3 semaine, l'UT4M ...

Commentaire de Romainlétu posté le 11-08-2015 à 10:37:49

Bon courage pour l'UT4M ^^ ça va piquer :)
On a bien du s'échanger quelques mots alors si on est arrivé si proche.
Merci pour le commentaire

Commentaire de kelek posté le 31-07-2015 à 08:48:19

oui c'est pas mal le récit un an après. ça rappelle des souvenirs ! merci pour le CR, bien agreable à lire.

Commentaire de Romainlétu posté le 11-08-2015 à 10:39:01

Merci merci, il n'y a plus qu'à s'y remettre maintenant :)

Commentaire de arnauddetroyes posté le 31-07-2015 à 22:45:16

merci d avoir partage ton CR et bravo !

Commentaire de Romainlétu posté le 11-08-2015 à 10:38:08

Merci à toi d'avoir pris le temps de le lire :)

Commentaire de Greg136 posté le 29-08-2015 à 09:27:44

Merci et bravo.
Super de prendre le temps de faire des photos. on a souvent la flegme pendant la course, mais ça fait de superbes souvenirs (et CR).
Ah la technique des petites siestes.... (ça m'avait remis d'equerre au Joly un an plus tôt)

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