Récit de la course : Ice Trail Tarentaise 2015, par Leseb

L'auteur : Leseb

La course : Ice Trail Tarentaise

Date : 12/7/2015

Lieu : Val D'Isère (Savoie)

Affichage : 673 vues

Distance : 65km

Objectif : Pas d'objectif

2 commentaires

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Le récit

Acte 1: Préparation


Cet ITT 2015 est un objetcif de ma saison: tout le monde en dit du bien, le parcours à l'air sympa, quelques jours avant la météo se confirme comme parfaite, bref ça à l'air bien!

Préparation "classique" jusqu'en avril, puis du spécifique avec l'enchainement de grosses semaines km/D+, tôt le matin ou tard le soir. Pas de blessure, pas de grosse fatigue, bonne forme, les trails de préparations plus courts se passent très bien, de quoi être confiant.

A puis à 2 semaines du départ, la tuile: canicule! Moi qui déteste la chaleur,me voilà servi au fond de ma cuvette Grenobloise... Résultat: mauvais sommeil, pas le gout de manger (du melon, des pasteques, des fruits, mais impossible de manger du consistant). Je redoute de payer ça le jour de la course... la suite me prouvera que j'avais raison...

 

Pour les chiffres: depuis le 01/01 1500 km, 75000 D+ et 200 h, tout en montagne autour de chez moi (Grenoble) et lors de mes déplacements pour varier (Ste Victoire, Alpes du Sud, Maurienne, Chablais...).

 

Acte 2: Stratégies de course

D'abord la stratégie vestimentaire: vu le réglement et la chaleur annoncée, il va falloir réflechir un peu. J'opte finalement pour un collant et un haut manche longue+t shirt au départ, avec un short dans le sac. C'était un bon choix: jusqu'au deuxième passage au ravito de la grande motte le temps était plutot frais, ensuite j'ai viré collant/ML en même temps que les YakTrax et la suite s'est faite intégralement en short t shirt. Jamais mis la veste. Pour les chaussures, Peregrine 5, le choix parfait pour moi confort/légerté/protection/dynamisme. Pas une ampoule, pas un échauffement malgré le début de course dans la neige, nickel.

Pour le rythme à adopter, je me connais bien sur ce type de terrain et de distance (en off) pour savoir réguler mon rythme. Le détail du jour à ne pas oublier d'intégrer c'était l'altitude.

Même si je ne suis pas un habitué des batons, la question ne s'est pas posée sur l'ITT, et je n'ai pas regretté!

Acte 3: Avant course

Après un brieffing complet et plutot bien fait, direction mon Van garé à 2 minutes de la zone de départ. Salade de riz, melon, un peu de fromage et à 20h au dodo. Nuit plutot bonne et reveil pas la tête dans le gaz à 2h. Petit dej perso, préparation et je file boire un café au club des sports où un petit déjeuner pour les coureurs étit servi. Les bénévoles sont déjà nombreux et au petit soin.

Contrôle (heu, en fait c'est un contrôle visuel de l'exterieur sans ouvrir le sac...) des sacs, puis on attend environ 30' dans la zone de départ avant le lacher des fauves.

Acte 4: La course

Ca démarre par une partie bien roulante jusqu'à Val Claret. La difficulté est l'équilibre entre un rythme pas trop rapide mais quand même assez pour se retrouver dans la zone du mono trace sans subir les bouchons. je m'en sort plutot bien et c'est en déroulant que j'arrive à 5h07 au premier pointage, en 107 ème position.

Les choses sérieuses commencent avec le début de la montée vers la Grande Motte. Les pistes de ski en cailloux laissent place à un semblant de neige qu'une armée de dameuse essait assez pathétiquement de façonner pour quelques skieurs d'été. Le ciel clair a largement favorisé le regel, dès les premiers hectomètres de neige, on met les chaines. Le premier ravito est vite là, la pause est très courte puisqu'on y repasse au retour, après avoir fait la boucle au sommet.

Ca repart très raide toujours sur les pistes enneigées. Dans le dernier tiers de l'ascension, on a déjà croisé quelques élites quand commence un festival de glissades de coureurs hurlant qui filent sans aucun controle sur la neige gelée. Grosses frayeurs et plusieurs minutes de battements avant qu'une dameuse ne vienne fraiser la neige et rendre le terrain plus mou. Malgré les soit disant contrôles quels coureurs parmi ceux ci étaient en short et débardeur...

Passage de la crevasse, puis rapidement le sommet et on boucle dans l'autre sens avec la descente maintenant sécurisée. Ravito une deuxième fois, je suis maintenant 90ème, encore queques névés et changement de tenue. J'enlève aussi les YakTrax et surprise: après quelques entrainements hivernaux et la boucle de la Grande Motte, les deux sont cassées: caoutchouc cisaillé sous le pied...

S'ensuit une partie roulante en direction du ravito du Charvet via le col des fresses, dans les jolies lumières du matin. Nous sommes quelques coureurs ensemble, étalés sur quelques dizaines de mètres, le rythme est agréable, tout va bien.

Ravito du Charvet et là grosse recharge: le ravito du Fond des Fours ayant été supprimé, 18 km nous attendent avant le prochain, sous le col de l'Iseran. 91ème position, en 4h47. (tps estimé sur mon roadbook: 4h46...).

Commence la plus belle partie du parcours qui nous emmène dans le vallon des Fours par le col de la Rocheure (2911 m). Le décor est magnifique, le terrain plutot roulant, on bascule en direction du refuge des Fours avant d'attaquer la montée du Col des Fours (2976 m). Je suis 92ème au refuge, avec 20' de retard sur mon roadbook. Je commence à ressentir un peu de fatigue et surtout l'apparition de sensations étranges et désagréables au niveau de l'estomac (comme des nausées diffuses mais permanentes). La descente au pont de la neige se fait par un sentier de crête où l'on croise pas mal de randonneurs de la Montagnarde. Au pont, coup dur: 2,5 km de remontée en plein cagnard sur la route au milieu des camping cars et des motos bruyantes... Le contraste est violent après la sérénité des grands espaces des heures précédentes!

Ravito de la Cascade. Pause de 10 minutes pour essayer de recharger... Peine perdue presque rien ne passe. Je repars les flasques pleines, après voir réussit à boire deux verres de coca et manger une compote... Un peu léger depuis le Charvet et en prévision de ce qui m'attend!

Le calvaire commence... La montée jusqu'au Col Pers me fait déjà bien souffrir (pas de jus et impossible de m'alimenter, heurement la boisson passe), l'aller retour sur l'aiguille Pers sera un chemin de croix. Un rythme très lent, des pauses fréquentes, des nausées, du monde qui me double sans cesse dans ce tas de gravats, c'est vraiment dur. Je me fixe comme objectif à chaque fois le jalon suivant et arrive enfin en haut. Je suis désormais 106 ème et il m'aura fallut presque 1h pour rallier l'aiguille Pers depuis le col Pers (380 m D+)... La descente est douloureuse mais se passe mieux que prévu, un sentier en balcon puis un peu de bitume et c'est le dernier ravito, au col de l'iseran. Je vais un petit peu mieux mais n'avale rien d'autre qu'un peu de coca, un Tuc et un quartier de pomme. Mais je sais que je vais finir.

Reste la montée au tunnel des Lessières (courte mais épuisante dans le terrain croulant). Je me fait encore doubler par quelques concurrents de l'ITT. A ce stade, les coureurs de l'altispeed sont hors délai et progresse sans motivation pour rallier l'arrivée. Bravo à eux en tous cas!

Le tunnel franchi, c'est un peu la désillusion: descente sur les pistes de ski, remontées sur les crêtes de l'Arselles, lac de l'Ouillettes et descente droit dans le pentu sur le tracé du KV alors qu'un joli sentier existe et serpente dans la forêt... Je me fais encore doubler dans le début de la descente avant de reprendre 2 concurrents quadris explosés sur la fin.

Enfin val d'Isere arrive, je franchi la ligne pendant la cérémonie des podium, en 12h48 et 125ème position...

Je récupère mon beau tshirt manche longue finisher et file profiter des douches et de la piscine offert avec la course. En sortant, contre toute attente, une monstre envie de manger m'envahie et je vais donc profiter du repas coureur servi au club des sports pour me refaire une santé.

Acte 5: oui, mais

Bilan personnel: le coup de fatigue que je redoutais avec les fortes chaleurs des jours précédents a bien eu lieu. Je n'ai pas assez de reserve pour digérer une semaine de sous alimentation avant une épreuve et je l'ai payé cash. Tant pis! Mais jusqu'à ce moment, mon estimatif de temps de courses reste valable et je commence vraiment à bien me connaitre sur ce type de terrain et de distance.

La course aura été marquée par 158 abondons sur 504 partants (1/3!). Je pense que l'absence de ravito au Fours aura été fatal pour mal d'entre eux (59 abondans au refuge). La difficulté technique et l'altitude moyenne font des dégats sur ce genre d'épreuve (quelques élites pourtant vainqueur de courses de montagnes en ont fait les frais).

Enfin deux derniers mots moins agréables pour les organisateurs:

J'ai un peu la sensation que le but est de faire la course la PLUS: la plus haute, la plus dure... franchement, dans le secteur,pour faire un kilomètrage et un dénivelé équivalent, il y a bien mieux que de courir sur les pistes de ski de la grande Motte, de remonter la route de l'Iseran ou de faire un aller retour sans grand interet à l'aiguille Pers. Pareil pour la descente finale, juste nulle (droit dans la pente, c'est moche et sans interet).

Enfin, à part la secteur sous la grande Motte / Pont de la neige, on évolue en permanence sous des remontées, au milieu des dameuses, sur des pistes de skis, sur la route... Le paysage est très beau, mais l'environnement immédiat est quand même très moche. On sent quand même un peu que c'est organisé par un station de ski...

Conclusions:

un grand bravo et un grand merci aux bénévoles, aux ravito fournis et agréables, à l'infrastructure d'organisation, à la qualité de l'accueil et à tous ceux qui se sont levés tôt pour assurer notre sécurité!

Je suis content de l'avoir fait, mais je ne pense pas que je reviendrais, l'esprit étant quand même un peu trop éloigné du "skyrunning" comme je l'aime (trop trop, environnement trop mécanisé...).

Une épreuve hors norme en tous cas, où je reste reveur devant le temps des premiers...

 

2 commentaires

Commentaire de Arclusaz posté le 13-07-2015 à 16:55:14

très intéressant retour qui me confirme pourquoi cette course ne m'attire pas !
mais, je comprends que ça puisse plaire....
bravo de t'être aussi bien accroché pour finir le boulot.

Commentaire de Mickey49 posté le 13-07-2015 à 22:27:21

Merci pour ce retour d'expérience, sur cette course que je ne connais pas,
tes commentaires me semblent fort utiles pour d'autres tentés par l'expérience.
En tout cas bravo pour ta prépa, ta stratégie et ton retour sur l'effet chaleur !
Bravo même si je te sens déçu par ta place, il y en a 1/3 qui ne sont pas finishers...

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