Récit de la course : La Chaussée des Géants - 22 km 2015, par Didier07

L'auteur : Didier07

La course : La Chaussée des Géants - 22 km

Date : 6/6/2015

Lieu : Thueyts (Ardèche)

Affichage : 864 vues

Distance : 22km

Objectif : Pas d'objectif

5 commentaires

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Récit la chaussée des Géants 2015


Récit la chaussée des Géants 2015


Rappel :

Le trail « la chaussée des géants » a été sélectionné par les membres du DTTN parmi d’autres courses du calendrier des trails de l’année 2015 ; grand bien leur en a pris !

Nous avons pu compter sur la présence :

-          Le chasse neige qui avait laissé sa chère et tendre au repos,

-          De la famille FaiZan au complet

-          Famille Manak au complet,

-          Famille La Corne au complet,

-          Famille Campinguou au complet,

-          Et ma pomme accompagné de femme et enfants

 

Manquaient à l’appel : la famille Barbelon valablement excusée.

Quant au Bouk, ce dernier  avait prévu de nous rejoindre directement sur place sadi matin.

Pour l’organisation, Fred (campingou) nous avais déniché une baraque niché sur les hauteurs de Vals les bains, full équipement : piscine, BBQ, four à pizz’, WiFi, terrain de boule, multi-chiots (utile pour les déflagrations des trailers du sadi matin !).

Arrivée au gite le vendredi soir, premier BBQ géré par le FaiZan, quelques canettes, du pif, et à minuit tout le monde au lit… sauf fred qui avait décidé de prendre une heure de sommeil de plus que les autres.

 

Le lendemain, tous les mecs étaient bien matinaux frais et prêts à en découdre et c’est ainsi que nous avons pris la route direction Thuyets pour « LA chaussée des géants ».

 

Arrivés sur place, on se gare, sans trop de mal, 1er bon point, le nombre de participants étant limité, ce n’est pas l’orgie en termes de stationnement.

On s’oriente vers le stand pour récupérer nos dossards en passant sur la ligne de départ : je suis très agréablement surpris par la fluidité et le « sérieux » de l’organisation ! on pourra dire oui mais les participants du 53km étaient partis 2h avant, oui mais :

-          Un grand panneau avec affichage instantané du passage des coureurs aux points de contrôle (suivi live)

-          Une récupération des dossards on ne peut plus fluide

-          Des bénévoles très agréables en tous points du parcours du départ à l’arrivée,

-          Et, c’est accessoire, mais quelques échantillons dans le sac d’inscriptions, inclus produits locaux (crème de marrons, vaporisateur d’eau thermale, échantillons de boissons énergétiques sans parler tu T-Shirt reçu à l’arrivée).

-          Bière à l’arrivée (il me semble, à volontée ! une seule m’a suffi).

 

Bref, rien ne manquait !

 

On retrouve le Bouk, chacun complète son équipement, casquette de rigueur car il va faire chaud, je pars avec mon plein d’eau (1,5 litres dans la poche à eau) et complète le sac avec mes 3 gels traditionnels.

On se place sur la ligne de départ dans le centre du village après un briefing toujours aussi sérieux et complet, 3 vagues proposées : « moins de 2 heures, placez-vous devant »,  « entre 2h et 2h30 mettez-vous en seconde ligne » ok je me place juste derrière la 1ère vague avec le reste du DTTN, seul le Bouk reste en retrait presque en 3eme vague.

 

Niveau course, au menu : 21,3 km et 1100D+ avec un passage en plein caniard du 5ème km au 13ème à peu près.

 

Le décompte est donné : 5,4,3,2,1 GO ! STOOOOOP :


1ère précision : j’ai décidé d’écouter les conseils d’un ami qui, le WE dernier, à l’occasion d’un trail de 10km m’avait conseillé de prendre un départ plus tranquille pour ne pas « griller de cartouche », j’avais en effet couru près de 700 mètres en tête avant d’exploser dans la 1ère montée et de finir sur les jantes après avoir marché dans chaque montée…

 

2ème précision : je sors d’une 2ème épreuve du DTTN 15 jours auparavant « le Tour des Coulmes » au cours de laquelle, j’ai couru avec les moyens du bord qui me semblaient suffisants : semaines de travail intensives de 9h à 21h sans alimentation spécifique : résultat, une course entière à attendre les sensations qui ne faisaient que de brèves apparitions et que je m’empressais de griller le moment venu. J’ai donc décidé cette semaine de faire une cure de vitamine …

 

Retour sur ce départ, je me mets dans ma bulle et m’efforce de ne pas regarder les autres s’éloigner, mais m’aperçois que la Corne court à mes côtés, puis s’éloigne, parce que je décide de rester à mon rythme, peinard. Je lève la tête au 1er KM et aperçois déjà au loin le T-shirt DTTN du FaiZan : cet oiseau-là est parti, on ne le reverra plus… et je me dis que le Manak à dû en faire autant ; bon ces 2 là c’est réglé, on n'y pense plus.

 

On attaque la montée au bout d’1,3 km, et voilà que je remonte à la hauteur de la Corne, sans le vouloir, on court à côté, puis ça s’élève encore un peu et nous rentrons dans les bois, Fred est déjà parti lui, et je ne le vois plus. La corne semble plus à l’aise dans ce type de montée, sous les arbres, sorte de voie romaines avec cailloux par moment puis moins caillouteuse, c’est déjà très beau.


Je garde mon train tranquille, je ne suis pas lactique, ne souffle pas trop et déjà constate une nette différence par rapport aux Coulmes : je cours dans cette montée (qui est loin d’être en faux plats).


Je colle sans le chercher au train de La corne, c’est super de pouvoir courir avec lui, j’en profite.


Puis le chemin devient moins pentu, je me sens bien et peu aisément relancer, je reviens au niveau de la Corne, le double et garde mon rythme : tu veux de l’eau didier ? Je me demande déjà s’il n’est pas dans un mauvais jour. « non ça va Didier » OK, je regarde ma montre, ravito en eau dans 1km Didier, on va pouvoir s’arroser la figure ! au ravito je fais le nécessaire en hydratation et m’arrose complétement le haut du corps, puis je repars, petit coup d’œil furtif pour voir que Didier arrive.


Je relance dans cette forêt, les jambes sont là mais je continue à ne pas tirer dessus.


S’en suis une série de montée-descente-faux plat montant, je peux allonger les jambes et accélérer un peu sans me faire mal, puis nous sortons de la forêt : le décor s’ouvre à moi :


Une file de coureurs est déjà en train de braver le soleil et dès les 1ers mètres au soleil, je sens déjà la cafetière qui chauffe !


Je ralenti un peu pour ne pas surchauffer, mais me surprend à courir encore dans ce sentier montant : c’est bon aujourd’hui ça veut bien tourner !


Je lève la tête et aperçois le Frangin à presque 200 mètres devant : la vache ça encore être dur d’aller le chercher aujourd’hui, sans compter que Didier doit s’accrocher derrière. Je fais le choix de ne plus me retourner, je crois que ça me mettrait le moral dans les chaussettes !


Puis j’aperçois le Manak à presque 100 mètres devant Fred : Purée, serait-il dans un mauvais jour ? Bon je me reprend, occupe-toi déjà de gérer jusqu’en haut (j’en suis au 5ème km sur 8km de montée).

 

Et je maintiens mon train jusqu’en haut, apercevant à chaque virage qui s’ouvre sur le prochain au loin,  Fred et le Manak. Ça me met la niaque car aujourd’hui je suis capable de les coller en montée.


Arrivée en haut, 1er contrôle, je passe en 56mn, Fred et Manak m’ont pris 1mn30 mais sur ce retour dégagé en épingle je ne les vois pas et pense avoir pris plus. Tant pis, je me remets dans ma course et pense déjà à maintenir ma 4ème place.


Je me mets dans mon rythme dans cette descente technique et toujours en plein soleil, l’objectif étant de ne pas me griller sur les 1er km, il y a quand même 10km de descente, j’ai le temps de lâcher les chevaux, moi qui aime tant ça, les descentes.


Finalement j’aperçois le Manak, là devant à 100 mètres, il descend comme mon grand-père de 85 ans, le déambulateur en moins, je reviens assez vite à son niveau, je sais pourquoi il va si lentement (sa cheville ne tient plus et se tort sur les parcours accidentés), j’ai les boules pour lui, le double

Moi :  « tu veux de l’eau Manak »

Manak : « non c’est bon ça va »

Moi : « serre les dents fait pas le con, sur le bas y a du bitume tu devrais te refaire ».

 

Je continue ma descente, la gueule en plein soleil, il fait chaud, je m’asperge avec l’eau de mon camel, je n’ai fait que 10km sur les 21km, à ce rythme-là, j’aurai plus d’eau au 15ème ! Je décide de gérer l’eau également, avec un peu de mental ça devrait passer. D’autant que le ravito n’est qu’au 12ème et le terrain est peut être descendant mais tellement technique que cela demande beaucoup de concentration et éprouve les muscles des jambes ! enfin on rentre dans la forêt, nous courons sur un single toujours techniques mais agréables, je pense à Fred, ces chaussures minimalistes doivent lui bousiller les pieds, je me félicite de mon choix de chaussure aux semelles plus robustes et me dis que je devrais grappiller un peu de temps sur lui sur ce terrain très caillouteux.


J’aperçois le ravito du 12ème et en me rapprochant, je vois le frangin ! Il m’aperçois aussi et se sauve rapidement.

Le ravito étant posé sur dans une épingle, il passe en contrebas :

Moi : « j’vais t’fumer le frangin » sans trop y croire,

Lui : « lâche-moi les basques »

Ce ravito, si j’avais pu me jeter à plat ventre sur cette table pleine de verre d’eau, je l’aurai fait.

J’ai honte, mais je prends, près d’une dizaine de verre pour m’arroser ! En même temps que les autres coureurs arrivent. J’ai trop chaud ! Et les bénévoles ont prévu de l’eau bien fraiche : le TOP !

Je bois encore un peu, une petite banane dans la poche et repars revigoré, je suis trempé du haut en bas, et la carrosserie est rafraichie.

Je me lance à la poursuite du frangin, mais vu le temps que j’ai passé au ravito, il doit être déjà loin.

Je me dis même que le Manak pourrait revenir sur moi, sur cette portion de route abimée mais plus propice aux foulées longues.

Mais voilà, nous reprenons rapidement un sentier technique (je pense au Manak, mince, il va encore ramasser…).

Je me cale sans le vouloir derrière un coureur aux chaussures oranges, il envoie le bougre, mais sa vitesse me convient, il m’emmène et je ne chercherai pas même si par moment j’en ai envie, à le dépasser. Nous courrons ainsi pendant plus d’1km mais voilà qu’il me distance, puis quand la descente se fait plus technique, je reviens rapidement sur lui, le double et m’attaque à un groupe de 4 coureurs devant à 50 mètres. Je les reprends juste avant d’arriver dans le village, quelques marches d’escaliers à descendre puis voilà une portion de bitume en pente très descendante.

Je suis avec mon groupe de 4 coureurs, je décide de faire ce que j’aime le plus sur ce type de terrain : lève les jambes et laisse aller ! Je les fume tous un par un (comme dirait La Corne) et sans m’user : COOL ça c’est fait.

Et nous rentrons sur la place du village et là qui vois je : le frangin ! Je lève le doigt dans sa direction comme si j’avais gagné quelque chose ; lui, me regarde dubitatif, je crois que s’il avait pu se baigner dans le tonneau d’eau proposé par les bénévoles, il l’aurait fait. Il repart au moment où je m’arrête pour m’arroser à nouveau et boire un peu. Cette halte sera courte. Je repars sur ce bitume bordé de platanes, et l’aperçois devant à 100 mètres. Je ne m’emballe pas, les jambes sont toujours là mais je dois gérer en vue de la dernière montée avant la flamme rouge (qui sera elle aussi en montée !).

Nous descendons ces fameuses marches d’escaliers en pierre, je ne trouve pas mon rythme et descend très doucement, impossible d’enchainer les marches 2 par 2 ou trois par trois, C plutôt du grand n’importe quoi !

Puis nous arrivons dans le creux de cette vallée : ça y est, il ne me reste que 2km de montée, 2km de descente puis le km de montée finale.

Je prends mon train sur ce faux plat montant, et reprend quelques mètres au frangin. Nous arrivons au 17ème KM, une épingle, Fred bifurque, je le suis 30 mètres derrière puis il arrive au ravito.

Je le rejoins, nous devons être dans le même état, je m’arrose et lui propose de finir ensemble : OK !!!

Ça me va, mais à 4 kms de l’arrivée, ça fait un peu course donnée. On repart dans ce sentier en sous-bois, j’ai de bonnes jambes et suis à l’aise. Je ne m’occupe pas de Fred, mais j’ai l’impression qui en chie… Je cogite, je me barre ou je continue à gérer… puis la pente d’accentue, j’avais doublé un coureur dans toutes ces tergiversations  et l’entend revenir sur mes talons. Je monte au train, puis vois les chaussures de pêche au crabe du frangin me doubler : ah putain le con c’est qu’il est revenu pis qu’il me fait mal aux jambes dans cette montée !

S’en suivent des banderilles assorties de temps de gestion, je le double, puis marche quand ça grimpe trop, il me redouble en gueulant « bouge ton cul » et moi de lui répondre « mais ehhhhhh j’en chie là » puis je gère aussi (mais ça je ne lui dit pas…).

Il prend 5 mètres d’avance jusqu’au sommet puis je comprends que nous allons basculer dans la descente, je lâche un peu les chevaux, reviens sur lui et entame cette descente en tête.

On reprend les même et on recommence : dès que le terrain le permets, je lève les jambes et laisse aller, mais C quand même plus difficile dans ce single caillouteux et en forêt.

Puis le sentier se fait de plus en plus caillouteux : pauvre Manak, c’est sûr, il ne reviendra pas.

Je suis dans mes pensées, je m’applique, et voilà que je prends quelques mètre au frangin : aurait-il laché ou plutôt « pêté » ? aurait-il laissé trop de jus dans cette avant dernière montée. Le temps que j’y pense, le revoilà qui recolle à 10 mètre derrière… Bon ça sera vraiment un finish entre frangin.

Nous traversons un pont en Pierre, une fois de plus, c’est magnifique ! J’attrape un verre d’eau au passage, me le verse sur le visage, une petite gorgée le tout en courant, puis j’attaque la dernière difficulté.

LA VACHE !!! J’avais étudié le parcours sur le papier et m’étais dit que j’enverrai la gomme dans ce dernier km, mais là ! PUTAIN je suis collé, on attaque dré dans le pentu, ça fait un mal de chien aux jambes, je suis à 2 doigts de m’arrêter, mais le frangin est là et il grimpe. J’en fais autant, je lève la tête, PUTAIN encore tout ça à grimper ! On doit prendre 50 mètre de D+ sur 200 mètres puis on réattaque sur un chemin roulant sous les arbres : OUF je commençais à exploser ! C’est que le soleil tape dur dans cette dernière ascension.

On se collera aux basques jusque sous le pont à proximité duquel nous avions garés nos voitures, puis je reconnais le sentier emprunté pour aller chercher les dossards.

C’est la délivrance, je monte en tête ce dernier escalier, puis Fred me rejoins et finissons ensemble cette course sublime tant par son organisation que par son parcours !

Le Faizan est là, il finit 2mn30 devant nous : 1ère surprise, bordel c’est vrai que les jambes ont bien tourné aujourd’hui !

Puis nous voyons arriver la Corne suivi quelques minutes plus tard… du Bouk ! 2ème surprise !

Le Manak avait dû s’arrêter dans le village chez Cap Vital Santé pour récupérer un déambulateur de sa marque favorite.

Puis enfin le Manak arrive suivi du Chasse Neige !

Tous ont le visage bien marqué par la chaleur.

Je suis globalement content de ma course, pas seulement grâce à mon temps et à mon classement, mais parce que je l’ai bien gérée, que j’ai eu de bonne sensations et que j’ai pu courir avec presque tous les copains !

 

La course ayant eu lieu le samedi matin, nous avons profité du BBQ et la piscine du gite l’après-midi et le dimanche : un pur bonheur à l’image de ce WE entre amis.

 

A refaire très vite !

5 commentaires

Commentaire de Corne de chamois posté le 09-06-2015 à 09:16:41

bien vu didier !!
belle perf pour un beau WE

Commentaire de BOUK honte-du-sport posté le 09-06-2015 à 10:29:21

J'aimerai bien que tu fasses des récits plus souvent...

Bon ce qui est horrible c'est de lire que tu en as quand même souvent sous le pied !

Et on apprend une tricherie : la "cure de vitamines" ??? Après le Faizan et le Chasse-Neige, ça ferait 3 dopés dans le DTTN, je vais saisir le Tribunal arbitraire du sport moi !!!

Et trop drôle les shoes de Campingou, "souliers du pêcheur de crabes" !!

Commentaire de Chasse-Neige posté le 09-06-2015 à 19:07:41

Beau récit, et belle perf mon Didier !!

Commentaire de Albacor38 posté le 09-06-2015 à 22:23:16

Bien joué Didier :)
J'aimerais bien avoir le récit du Faizan.
Il n'a pas été aussi dominateur que d'habitude. Enfin moins hors catégorie on va dire.
La chaleur peut être ? Moi qui déteste le cagnard je pense que j'en aurais bavé. D'ailleurs a part peut-être le chasse-neige vous avez l'air drôlement marqué sur les photos. Mais ça avait l'air vraiment beau.
PS: Une pensée pour l'ami Manak. Formule 1 de la piste injustement pénalisé sur les parcours trail par cette foutue cheville.

Commentaire de L Hermine posté le 09-06-2015 à 22:50:16

Le Faizan n'écrit pas de récit !!!

http://www.kikourou.net/forum/viewtopic.php?f=19&t=26337&p=643730#p643730

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