Récit de la course : Le Tour des Coulmes - 30 km 2015, par ilcourtlefuret

L'auteur : ilcourtlefuret

La course : Le Tour des Coulmes - 30 km

Date : 24/5/2015

Lieu : Rencurel (Isère)

Affichage : 1493 vues

Distance : 30km

Objectif : Balade

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Balade dans le Vercors

Inscrit au circuit de la Sure le 7 juin, je suis dans une phase d’entrainement pour mon premier trail long. 55km, 3500m de D+. Un peu une folie pour moi. Je ne cherche donc pas la vitesse mais l’endurance qui me permettra de courir (et marcher aussi) une dizaine d’heures. Ce n’est pas gagné mais il faut que j’arrive à trouver un rythme, une cadence, que je me sente capable de tenir très longtemps. Bien au-delà donc de 30km pour 1350m de D+, certes, c’est pourquoi pour ce Tour des Coulmes j’ai décidé que je devrais franchir la ligne d’arrivée avec la capacité d’enchainer sur 25km et 2000m de D+ supplémentaires. Je sais bien que c’est un peu exagéré je veux toujours avoir en tête cette ligne d’horizon.

 

 

 Mon prochain objectif

C’est parti donc pour ce trail dans un coin du Vercors que je ne connais pas encore, et où leDTTN s’est donné rdv. Après un difficile lever aux aurores, j’arrive sur place en avance et retire mon dossard rapidement. Le soleil ne se montre pas encore et à 1000m il fait bien frais au départ. Certes le cadre est magnifique mais je choisis de me tenir au chaud dans la voiture. Au dernier moment, je file sur la ligne de départ vêtu de mon coupe-vent rouge, par-dessus le dossard. Je l’enlèverais pendant la course quand il fera plus chaud. Arrivé sur la ligne, j’aperçois toute l’équipe du DTTN facilement reconnaissable à leur tenue qui en effet ne manque pas d’allure ! Pas le temps de se signaler, le départ est vite donné et je pars tranquillou. Enfin presque car comme un benêt j’ai oublié de déclencher mon GPS et en cherchant le bouton tout en courant dans le peloton, je manque de m’étaler sur une fille devant moi que je bouscule, non sans m’excuser. Drôle de début !

Après un single où ça bouchonne on entame une montée légère sur piste, je cale mon rythme sur le mode « pépère » et j’avance… tant et si bien que rapidement et je vois devant moi 2 types du DTTN : le Bouk et Chasse Neige. Je lance « alors ça avance Bouk » en le dépassant, « j’ai l’impression d’être une star quand on me reconnaît » dit-il, visiblement en ne me reconnaissant pas ! Il faut dire, avec ma toute nouvelle visière orange on pourrait presque me prendre pour un vrai trailer.

 

 

 pas de vrai look de trailer sans visière

On échange un peu et enfin ! il me situe : « mais c’est le furet ! il recourt ! » - « Eh mais j’ai jamais arrêté ! je fais juste moins de courses ! ». Ceci dit c’est la 2è de l’année dont une autre en Ile de France, alors il y avait peu de chances qu’on se croise plus tôt en 2015. On échange un peu sur l’objectif, il me dit que le sien est de finir devant Chasse Neige (qui lui-même a un objectif inversé évidemment) mais que s’il peut bouffer du thon …. Je lui conseille de partir prudemment et qu’il aura sa chance de le rattraper plus tard. Prémonitoire ? Sauf que là il avance vraiment trop doucement et je finis par le lâcher.

Le début du parcours est facile peut-être trop car on a l’impression d’avancer sans effort et sans perdre d’énergie. Il faut dire que ça descend beaucoup. C’est d’ailleurs dans une descente, vers le km10, que j’entends derrière moi un « Bouuuk ! » tonitruant suivi d’un véritable tremblement de terre : « Boum ! Boum ! Boum ! ». C’est bien lui, le Bouk qui a lâché les chevaux et dévale la pente en laissant tout le monde sur place, moi compris.

 

 

Le Bouk dans les descentes fait du bruit!

Il me dit : « Les descentes c’est facile, c’est les montées qui sont dures ». mouais, on verra bien à la prochaine !

D’ailleurs nous arrivons bientôt au 1er ravitaillement où une gentille dame avait eu la délicate attention de préparer mon gâteau préféré, ma madeleine de Proust à moi : un gâteau aux noix ! A peine arrivé que le Bouk est déjà 50m plus loin mais je ne peux pas passer comme ça, il faut que je me laisse tenter…. Divine surprise, le gâteau est moëlleux et parfumé, comme j’aime. Il me faut bien 2 parts et quelques gobelets pour faire passer ça et enfin repartir. Fin de la parenthèse.

Parce que maintenant ça monte ! et sévère ! Même avec pas mal de bitume, je prends une allure de marche rapide et reste dans le train général. Devant je vois le Bouk refuser de marcher, il court avec une toute petite foulée et un déhanché de danseuse brésilienne. Il transpire la compet’. C’est donc qu’il était sérieux en parlant d’Albacor, il a vraiment envie de le remonter. Du coup, je reste à distance tout en observant sa drôle de démarche qui semble malgré tout efficace. Il arrive même à creuser l’écart !

 

Un bon coup de rein, rien de tel pour avancer!

 

Le manège dure ainsi quelques temps mais en voulant me préserver je le laisse fatalement partir, ainsi que les quelques coureurs composant le groupe dans lequel nous étions. Parmi eux un type avec une caméra sur un bâton, je me dis que ça doit être drôlement fatigant de le tenir à bout de bras comme ça, en courant… De l’arrière, seul un coureur blond ( Olivier ?) me reprend. Je finis bientôt quasi seul sur le parcours du 30,  ce sera ainsi jusqu’à la fin de la course.

Au 2è ravitaillement (km18) je ressens déjà une certaine lassitude, et pire j’ai des maux d’estomac depuis quelques kms qui deviennent plus pressants. Ça s’annonce mal pour la suite, et c’est alors que je décroche complètement. Comment en 2h15 de course plutôt peu rapide peut-on défaillir ainsi ? Pendant 20-30 minutes c’est le trou. Incapable de courir, je marche même sur du plat. Et même si on a rejoint les coureurs du 20 km (plutôt la fin du classement !) je n’en rattrape aucun. Il faut attendre 2h30-2h40 de course pour que je recommence à trottiner progressivement. Au début sur de courtes portions puis plus régulièrement. Je commence à revenir sur un groupe de coureuses du 20km, puis les dépasse très péniblement. C’est dans une descente bien technique et assez longue que je retrouve des sensations. Mentalement, le fait de dépasser les coureurs du 20 me donne l’impression d’être pas si mal, et le moral revient.  Je retrouve un rythme plus régulier mais je ne cherche pas à me mettre dans le rouge, je surveille le cardio. Les maux d’estomac sont toujours là et ma défaillance me fait comprendre que de toute façon mieux vaut être prudent.

C’est ainsi qu’arrive le 3è ravitaillement, et à partir de là je double bien plus de coureurs du 20. La fin du parcours est très roulante et devrait être rapide mais après 3h de course, je suis déjà content de me sentir mieux qu’une heure plus tôt. Dans une portion de route, en virage et faux plat montant, j’aperçois un coureur en vert que je pense être sur le parcours du 30. Enfin ! j’ai failli croire que je m’étais trompé de parcours ! Il court, mais le voir me galvanise un peu et je fais l’effort de revenir sur lui. Je le rejoins dans une descente en sous-bois, il a l’air à l’agonie en fait. Et son dossard à 2 chiffres indique qu’il est bien sur le 30. Ouf, enfin une place de gagnée ! La succession de bosses continue, je passe encore des coureurs du 20 il y a aussi ceux qui font la randonnée de 11km. Et, à nouveau, un coureur du 30 qui ne fait quasiment que marcher. Deux places de mieux (mentalement j’estime que je suis passé de 62è à 60è, on n’a pas la bosse des maths pour rien…)

 

 

Le furet s'y connait en calculs

Un peu plus loin, je vois une mère et son fils en t-shirt bleu. La gamin doit avoir une dizaine d’année, je les passe sans trop faire attention. Mais peu après j’entends un bruit de pas légers… Une féminine qui me reprends ? Que nenni, voici le gamin en bleu qui se met à courir à mes côtés ! J’imagine qu’il va s’arrêter pour attendre sa mère mais non, nous continuons ainsi jusqu’à la fin ! Dans les montées il passe devant et m’encourage, dans les descentes je le double mais il n’a peur de rien et continue de galoper visiblement tout content de trouver un partenaire de course. Même si ledit partenaire n’est pas très bavard à ce moment ! Dans la dernière descente, mon compagnon cours devant et me stimule à coups de « aller c’est la fin », « aller on y est » et autres cris d’enthousiasme. Voilà au moins une arrivée originale que je ne suis pas près d’oublier ! Juste avant la ligne je vois le Bouk déjà arrivé qui se met à hurler lui aussi « le furet ! c’est le furet ! ». Décidément je n’aurai pas fait dans la discrétion !

L’arche est franchie et je tape dans la main du gamin en saluant le futur champion qu’il est certainement. Le trail a de l’avenir ! Côté chrono, 3h51min43sec ce n’est pas un bon temps, certes, mais l’objectif n’étais pas là.

Leçon n°1 : Je retiens surtout que je n’ai pas eu de crampes et que mes jambes auraient pu me porter bien plus loin. L’après-midi, une balade de 10km et 150m de D+ (c’est du lourd !) m’a permis de vérifier que j’étais loin d’être cramé. Si ce n’était cette drôle de défaillance au km 18, le bilan serait tout à fait positif.

Leçon n°2 : je vais bannir les gels et trucs marketing et revenir à mon menu traditionnel : graines et fruits (noisettes, raisins, goji et autres…), barres amande et pates de fruit. C’est dé jà meilleur, moins pratique certes mais sûrement aussi plus efficace.

 

Le furet est carnivore de base mais se laisse tenter par bien d'autres mets

Leçon n°3 : Pour le circuit de la Sure, surveiller mon hydratation d’avantage. J’ai eu l’impression de boire beaucoup alors qu’il restait près d’un demi litre dans le camel. La faute sûrement aux pastilles isotonique que j’avais mises au départ… trop sucrée….

 

6 commentaires

Commentaire de Albacor38 posté le 26-05-2015 à 19:32:13

Et de 4 récits pour un trail qui le vaut bien.
Génial le gamin qui court à tes côtés sur plusieurs kilomètres en t'encourageant
Parfois il y a des moments de magie dans ce sport
Courage pour périple dans le Voironnais ! De mémoire tu joueras a domicile. Le DTTN aura une pensée pour toi !

Commentaire de ilcourtlefuret posté le 27-05-2015 à 08:23:22

Oui la fin de course a été rafraîchissante et inattendue, ça m'a fait plaisir d'avoir pu faire courir ce garçon qui avait l'air de piétiner avec sa maman... Je crois qu'il n'attendais que la première occasion d'accrocher un coureur pour le suivre, c'est tombé sur moi :-)

Commentaire de BOUK honte-du-sport posté le 26-05-2015 à 22:31:06

Je me suis relu deux fois ton récit !!
Je déduis une chose par contre : tu n'étais pas à fond filou !!!
Mais quel bel objectif que ce Circuit de la Sure ! DTTN oblige, je ne pouvais y participer, mais je serai serre-file sur le relais 1 !
Bonne prépa Furet !

Commentaire de ilcourtlefuret posté le 27-05-2015 à 08:24:38

on se croisera le 7 juin alors, au relais 1 je serai encore frais mais heureusement que tu n'es pas sur le 3, ça risque d'être pas joli à voir ;-)

Commentaire de cyss posté le 26-05-2015 à 23:57:23

Beau récit (avec de belles photos)! Par contre, quand je regarde de dos le bouk, je ne vois pas la même chose que toi... :-p

Commentaire de ilcourtlefuret posté le 27-05-2015 à 08:26:05

je cherchais une comparaison pour illustrer le style du Bouk que tu qualifie de "remarquable" dans ton récit. Il faut reconnaître qu'il est unique, on peut donc y voir plein de choses différentes! ;-)

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