Récit de la course : Trail de Coutach 2015, par Coureur du 34

L'auteur : Coureur du 34

La course : Trail de Coutach

Date : 25/1/2015

Lieu : Sauve (Gard)

Affichage : 541 vues

Distance : 30km

Objectif : Pas d'objectif

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Trail du Coutach 2015: oh sombre héros de la Mer des Rochers!

Ce Trail du Coutach fait partie du challenge gardois des trails et en est sa première épreuve. Je ne le fais pas dans l'optique de ce challenge mais pour découvrir une nouvelle course, après avoir participé 2 fois le Trail des Sangliers à la même date les années précédentes.

 

Ce trail est annoncé à 30 kms (29.7 kms à mon GPS) soit 3 kms plus longs que les éditions passées et 900m D+, se déroulant principalement dans le décor particulier de la Mer Des Rochers à Sauve, un site géologique hors du commun, un dédale de roches noyées dans la végétation aux formes souvent extravagantes. Le Coutach est le nom du massif dont fait partie cette Mer calcaire.

 

Nous sommes un peu plus de 250 coureurs au départ du 30 kms du Trail du Coutach.

Et en ce dimanche 25, le ciel est d'un bleu limpide, dégagé par un fort vent du nord ramenant le froid des Cévennes enneigées voisines. Ce serait presqu'un temps idéal si Eole retenait sa respiration l'instant de la course.

 

Les organisateurs ont bien fait les choses avec, au retrait du dossard, un panier garni d'une bouteille de vin, de l'huile de massage à l'arnica Weleda ainsi qu'un kit de premiers secours pour les petits bobos: est-ce un signe funeste de ce qui nous attend? En tout cas, cela change et me plait bien.

 

Côté forme, je pars avec 3 bonnes semaines d'entraînement après autant de semaines de repos complet, donc plutôt frais et bien dans la tête pour ce tout premier trail de l'année.

 

Côté équipement: bonnet Trail de Pignan, buff Marathon de Paris, gants Mizuno, t-shirt X-Bionic à manches longues et cuissard mi-long pour prévenir du froid. En guise de vivres, j'emporte mon camelback 1.5 litres rempli à moitié de St Yorre (bien secoué pour éliminer les bulles, un truc que j'ai lu sur un blog et que je veux essayer pour couper le sucré) et à moitié d'eau du robinet, le tout avec la traditionnelle poudre de perlimpin (Hydrixir d'Overstim). Pas de gel (il fait assez froid comme ça... humour!) mais quelques cachets de Sporténine pour prévenir des crampes même si je sais que leur efficacité est limitée.

 

Le départ du Trail du Coutach est donné à 9 heures depuis une arche dans la rue du pont qui arrive sur le grand parking sous les platanes.

 

Pour commencer, c'est 5 kms roulants qui longent le Vidourle rive gauche puis reviennent par la ripisylve droite dans Sauve.

 

Après quelques centaines de mètres dans les rues du village, c'est vers la sortie nord que les festivités commencent réellement avec une courte bosse qui nous amène dans le massif (5.3 kms en 26') Et nous voilà partis en Mer... des Rochers, la bien nommée: d'ailleurs faut avoir le pied marin pour ne pas se laisser surprendre par les rochers des monotraces joueurs.

 

Tiens, on entend tout proche de la techno, ou de la trance music ou.. en tout cas, ça fait boum boum. Au gré du vent et des boucles du parcours, ces boum boum reviendront souvent à mes oreilles.

Le monotrace serpente dans un chaos rocheux typique du site puis nous récupérons une piste plus large qui passe devant l'impressionant aven de Sauve (et au fond, coule une rivière).

 

Nous suivons une petite boucle dans une Mer calme d'abord avant qu'elle ne grossisse un peu plus loin (normal avec tout ce vent!) : nous traversons des secteurs ruiniformes, courant exclusivement sur des rochers, des gros, des petits, des lisses, des saillants, des marches, bref il y a de nombreux passages délicats et ce n'est pas le moment d'avoir le mal de Mer.

Je suis assez à l'aise malgré tout et je me sens bien, super vigilant. Je prends du plaisir!

 

Nous parcourons de nouveaux monotraces en sous-bois entre murets et rochers aux formes exotiques, comme dans un labyrinthe karstique où il faut prendre garde où l'on pose ses pattes.

Puis cela devient très roulant quand nous nous engageons (10.5 kms en 58') sur une piste plus large qui monte un peu, qui monte beaucoup, qui monte passionnément. L'ambiance et les décors sont très sympas, sous réserve qu'on ne soit pas allergique au calcaire.

J'entends un coup de canon lointain: c'est le départ du 15 kms à 10 heures.

C'est au niveau du "virage du poisson" (authentique, c'était écrit sur place, une allusion à la Mer, je suppose) que je commence à marcher même si la pente n'est pas très forte: les cailloux ne rendent pas la foulée facile et je préfère gérer alors que nous ne sommes pas encore à la mi-course.

La préparation à base de St Yorre passe très bien et je ne souffre pas du froid, tout va bien.

La grimpette dans le massif du Coutach se poursuit jusqu'à un des sommets du trail. (14.7 kms en 1h27', altitude 398 mètres)

 

Nous faisons la bascule dans une longue et large descente hyper-roulante sur de la terre (yeapah!) avant de s'en écarter, au niveau d'une épingle (16.2 kms en 1h34'), par une sente en sous-bois dans le cours d'un ru à sec: là, c'est plus difficile car outre la montée, il faut faire attention aux plaques et aux seuils, et à ne pas glisser sur cette mer d'huile. Un peu de marche entrecoupe les trottinements, je me sens toujours bien. Ce nouveau point haut fait 409 mètres.

 

De là, nous redescendons tranquillement par des monotraces agréables, souvent en sous-bois, avec des vues dégagées sur l'est du massif du Coutach jusqu'à l'unique ravitaillement du trail au 18.2ème km (1h49 de course).

 

C'est un peu la pagaille au ravito et je manque boire la tasse en absorbant maladroitement du Coca, ce n'était pas indispensable. Et c'est aussi l'endroit où le tracé du 15 kms rejoint le nôtre.

Des avions de chasse nous récupèrent et nous déposent en criant "gauche!" ou "droite!". Pas de politique svp. Malheureusement, nous devons les ralentir et les gêner un chouïa dans la descente très technique, limite dangereuse, qui suit le ravitaillement.

La majorité nous remercie en tout cas de nous écarter à leur passage. Je m'emballe un peu en essayant de suivre leur rythme effréné mais ça ne dure pas longtemps d'autant plus que dans la descente pierreuse et piégeuse, un caillou me percute la malléole droite: ouch, ça fait mal, j'aurai un souvenir bleu violet du Trail du Coutach sur la cheville.

 

Un trailer chute devant moi, sans trop de gravité et je me retiens de crier "un homme à la mer" mais je doute qu'il apprécie la blague.

Quand la descente redevient roulante, je retrouve un bon rythme et j'arrive à grignoter quelques places. Nous avons encore droit aux décors du Coutach, sous-bois de chênes etrochers aux contours fantasmagoriques. Quel bonheur de silloner la Mer ainsi.

 

Nous redescendons enfin dans Sauve au 23ème km (passage en 2h19', altitude 136 mètres) mais si les coureurs du 15 kms en finissent avec le Trail du Coutach, une bifurcation à droite écarte ceux du 30 kms du village pour une longue montée, pas très raide mais si ce n'est pas la mer (des rochers) à boire, elle s'avère usante à ce moment de la course.

Je courrote, je marche, je croise deux ou trois traileurs qui reviennent au départ pour abandonner, peut-être blessés. En ce qui me concerne, le moral est toujours bon.

 

Alors que l'on voit la fin de cette longue montée en monotrace caillouteux, nous nous embarquons dans un ru à sec que l'on remonte doucement: c'est assez difficile de courir dans cette zone chaotique donc je marche souvent.

Mais ce n'est que le début des soucis car un monotrace nous amène alors au pied d'un grand pierrier que nous prenons tout droit, dans sa pente maximale. Séquence lactique, la grimpette est sévère, la caillasse roule sous nos pieds, nous n'en voyons pas la fin, je double une paire de marins à la dérive et dans les derniers mètres, c'est Sauve qui peut!

Puis nous arrivons au point le plus élevé du trail du Coutach, altitude 430 mètres et 26 kms en 2h48.

 

La course est alors quasiment finie car il reste moins de 4 kms majoritairement de descente. Mais je sais que je vais souffrir de crampes après les efforts musculaires dans l'ascension du pierrier et je ne me trompe malheureusement pas.

 

Dans la large descente caillouteuse (moche au possible), les mollets me rappellent à leur bon souvenir et les crampes jouent au chat et à la souris avec eux. Je marche, je descends à l'économie à mi-chemin entre le canard et le boîteux. Dommage mais au moins, j'en profite pour jouir des magnifiques vues des Cévennes au nord. Le vent aussi est de la partie.

 

Nous quittons enfin la large descente accidentée pour reprendre un monotrace magnifique en sous-bois. Les crampes me quittent également et très prudemment je re-accélère. Quel contraste entre ces étroites sentes où rochers et végétation s'entremêlent et la large piste cabossée que nous venons de laisser.

Les crampes semblent définitivement absentes et j'accélère encore, dépassant quelques coureurs du 30 ou du 15 kms plus probablement. Nous terminons par un passage aérien en crête à flanc de falaise avec vue magnifique orientale et sur le village.

 

Ca y est, par une calade, nous rentrons dans Sauve, dévalons une ruelle, traversons une placette, longeons les bords du Virdourle et franchissons un vieux pont avant de passer sous l'arche d'arrivée en 3 heures 9 minutes soit 9.52 km/h de moyenne et une place de 77ème sur 254 arrivants.

Je suis très satisfait car j'ai pris beaucoup de plaisir dans les décors sublimes du Coutach. Pour une reprise, c'était le top.

 

Chapeau à l'organisation sans faille avec de nombreux bénévoles sur le parcours qui ont bravé le froid et merci pour le buffet copieux à l'arrivée avec charcuterie, fromage, fruits, dessert, bière et vin, et tout, et tout, que demander de plus?

 

J'ai eu largement assez d'eau avec mes 1.5 litres du camel back et je n'ai eu aucune sensation d'écoeurement au sucre comme cela m'arrive souvent: cela doit être grâce à la St Yorre qui a apporté une touche salée (à renouveler donc). Je n'ai pas eu besoin de gel pour cette distance, la boisson énergétique du camelback suffit amplement, ça se confirme... de même qu'il faut se mettre impérativement au travail en côte et me muscler les guiboles pour éviter ces satanées crampes.

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