Récit de la course : Saintélyon 2014, par nanard7th

L'auteur : nanard7th

La course : Saintélyon

Date : 7/12/2014

Lieu : St étienne (Loire)

Affichage : 1172 vues

Distance : 72km

Matos : Asic Gel Trabucco 2

Objectif : Terminer

3 commentaires

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SaintéLyon 2014 … La boue est mon amie !!!!

Ma 4ème participation à la Saintélyon …

On se dit qu’on maitrise cette course, qu’on l’a déjà terminé 3 fois…  alors aucune raison de s’en faire !!!! Oui mais voilà, une SaintéLyon ça reste un grand moment de folie, la conclusion de la saison, LA course ou tout le monde m’attend et ou tout peut arriver …

Alors, 1 semaine avant la course, je sens déjà la tension monter … Et lorsque lors de ma dernière sortie longue une douleur au mollet me fait m’arrêter, c’est tout un monde qui s’écroule ... La visite à l’ostheo est plutôt rassurante : je lui parle de tendinite … il me répond problème de communication entre l’hémisphère gauche et l’hémisphère droit … Ah, oui, j’oubliais, je suis très fragile psychologiquement …  douleur « psychosomatique » qu'il dit  …. Ouais … par prudence je prends tout de même une semaine de repos complet.

Samedi AM 17h, c'est toujours aussi la galère pour se garer à proximité de Gerland à cause de cette satanée fête des lumières, par contre le retrait des dossards ainsi que du ticket de bus se font rapidement. Je ne traîne pas et je m'installe dans le premier car en partance pour Saint-Étienne.

Je rentre dans ma bulle pour en sortir à l'entrée de Sainté ou le match de l'ASSE contre Bastia rend la circulation très dense. Il nous faut plus d'une demi-heure pour enfin arriver à destination.

Direction le Flore ou je suis un des premiers à m'installer (il est 19h30). Je suis surpris de la faible assistance parce qu’il ne faut pas le crier trop fort, mais le Flore, c'est vraiment le bon plan de cette SainteLyon ! Je suis progressivement rejoint par d'autres Kikourous et par Franck, un amis avec lequel je cours régulièrement.

J’en profite pour acheter un beuf Kikourou et discuter un peu avec Arclusaz (et de son ami « le Berger ») … Après s'être restauré et avoir échangé nos impressions d'avant course, on s'habille sans trop se couvrir (cette année la température est légèrement positive), je remplis mon camel back d’eau chaude puis on sort à regret pour aller déposer nos sacs. Il fait froid et il pleuviote …

Direction le ParcExpo, sa foule  et son ambiance surchauffée … Il est difficile de trouver une place pour s’assoir à même le sol… et comme Franck ne tient plus en place,  vers 23h40, nous nous rendons vers la ligne de départ ou nous recherchons en vain les fameux sas.

Après 20'd'attente, un premier groupe s'élance sous le traditionnel U2 « Light my way » saturé de basses. Franck part dans la seconde vague (7h-9h), mais comme je ne souhaite pas me griller sur les premiers kms, je me range le long de la barrière et j’attends patiemment que tous les coureurs qui s’estiment en moins de 9h passent la ligne (il devait bien y avoir au moins la moitié des inscrits dans cette vague …) et là, j’ai un privilège très rare, je suis en première ligne de la 3ème vague  … étrange sensation que de se retrouver tout devant, moi qui ai pris l’habitude de discuter avec les serres files en début de course !!!

Enfin le depart, et je comprends que j’ai bien fait de patienter, l’allure me convient bien et même si je me fais régulièrement dépasser, je trouve rapidement un bon rythme. Peu avant d’arriver à Sorbier, la douleur que j’avais éprouvée la semaine dernière revient. Fataliste, je me dis que je vais continuer jusqu’à St Christo et faire le point à ce moment là. J’arrive sur Sorbier (km 7k) en 46’ pour en finir avec ce fastidieux échauffement pour attaquer les première pentes.  La SaintéLyon commence enfin !!!

Contrairement aux autres années (et surtout l’année dernière) je ne rencontre aucun bouchons. L’absence de neige certainement et peut-être le système de vagues semble avoir fluidifié le flot de coureurs. Les premières flaques de boues  apparaissent mais on peut facilement les éviter (pour le moment) …

Saint-Christo en Jarez 15km 01:52:03 (de course) - 4030/5499

Arrivé à St Christo, je ne m’arrête pas pour continuer en direction de Sainte Catherine. La douleur ne s’est pas amplifiée … Je ne suis jamais arrivé aussi vite à ce 1er ravitaillement et j’ai bien 15’ d’avance sur mon estimation la plus optimiste …

On attaque maintenant la partie la plus élevé de cette STL, la plus ventée aussi. Je commence à avoir froid et mal au ventre et comme l’année passée je tarde un peu à prendre mon Gore-tex… La boue est très présente et comme je l’avais décidé avant course je « tire tout droit ». J’ai évidemment les pieds rapidement complètement trempés mais les guêtres jouent bien leur rôle et la boue ne rentre pas dans les chaussures et surtout je dépasse les coureurs par dizaine !!! C’en est même assez jouissif lorsqu’on voit les efforts désespérés de certains pour éviter l’inéluctable …

Et puis l’éclairage compte aussi, sur la tête j’ai une Ferei HL40 à 60% (320lumen) et à la main une Nitecore HC50 que j’utilise en plus en descente à pleine puissance (565lm). Et là, ça déchire !!! Le faisceau rasant de la Nitcore met en évidence les reliefs et je peux donc envoyer en descente en évitant les pièges du parcours …

Sur les hauteurs de Moreau, la neige fait aussi son apparition … certes ce n’est pas 2010 mais c’est assez sympa … C’est à ce moment que je tombe (alors que je marchais !!!) et en me relevant, ma jambe droite glisse a nouveau et je sens une terrible douleur sur le haut du mollet. Je me relève craignant le pire … je marche un moment puis je me remets difficilement à trottiner : j’ai maintenant mal en haut et en bas du mollet … Bon … fataliste, je me dis que j’abandonnerais à Sainte Catherine …

Oui mais voilà, avant Sainte Catherine, il y a une belle descente et malgré la douleur, je continue à dépasser et puis je ne boite plus et en arrivant au deuxième ravitaillement, très surpris par mon temps (près de 30’ d’avance),  j’oublie toute idée d’abandon… on verra plus tard !!!

Sainte-Catherine 26,7km 03:33:01 - 3646/5499 (10' d'arrêt)

La tente est surchauffée et comme d’habitude, il est difficile de se frayer un chemin jusqu’aux tables mais j’arrive toutefois à attraper quelques morceaux de chocolat, boire un verre de coca et prendre une bouteille pour remplir mon camel back. J’en profite aussi pour changer la pile de ma Ferei.

Je repars rapidement, mon mollet me fait toujours mal mais j’ai l’impression que ça va tenir pour le reste de la course… sinon, tout va bien, je ne suis vraiment pas entamé et je me mets à rêver de terminer en moins de 10h ! Une Sainté de Bronze à 52 ans … moi qui suis habitué aux queues de pelotons … Le rêve …

Fidéle à ma technique, je tire tout droit dans le bois d’Arfeuille que je passe beaucoup plus facilement que l’année passée (bon, c’était en montée …), je maintiens un bon rythme et même si je marche en montée (la montée sur St André la Cote, la plus longue de cette STL, est un peu rude),  la moyenne reste correcte et je suis toujours sur des bases inférieures à 10h …

Du coup je ne fais qu’un passage éclair à Saint Genoux ou je prends un simple verre de Coca.

Saint-Genoux 37,8km 05:32:00 - 3413/5278 (1’)

Il est coutume dire que ce n’est après Saint Genoux que la course commence vraiment … Il faut effectivement en avoir gardé sous les semelles  (alourdies par la boue pour l’occasion) et même si 40 km est une distance que je dépasse fréquemment en course (6 fois cette année), la fatigue commence à se faire sentir. Heureusement, le profil est plutôt descendant jusqu’à Soucieu mais dès que ça monte un peu, je commence à perdre du temps. Et puis, peu après St-Genoux, dans un single étroit, je rencontre mon premier vrai bouchon. Etrange, après plus de 5 heures de course…. Mais ça n’arrange pas ma moyenne …  J’espérais arriver en 6h45 et j’ai plus de 20’ de retard en arrivant à Saint Genoux … Je décide donc de changer de stratégie.

Soucieu en Jarez 48,6km 07:08:56 -  3155/5067 (20')

J’ai compris que les 10 heures étaient maintenant hors d’atteinte (je suis encore assez lucide pour calculer la moyenne qu’il me faudrait tenir sur une fin de parcours qui s’annonce difficile…) Alors, je décide de me poser et de prendre mon temps … Tout d’abord enlever les guêtres devenus moins utiles et changer de chaussettes … J’en profite pour bien me nettoyer les pieds qui ont supporté sans aucun dommage l’humidité  puis de me restaurer correctement pour la première fois depuis le début de la course (soupe, saucisson, chocolat). Je me masse le mollet qui ne se fait toujours pas oublier et enfin je cherche Franck qui au vu du suivi live, devrait être lui aussi au ravitaillement …Pas de Franck donc je repars tranquillement, reposé, en décidant de profiter de la course au maximum (sans objectif chrono, c’est plus facile) … Je ressors de la tente et il fait jour !!!

Et c’est reparti … les chemins se succèdent aux chemins … Mais où est donc passé le bitume d’antan ??? A force de vouloir de plus en plus typer « trail »  la SaintéLyon, on fait des tours et des détours pour éviter les passages goudronnés et du coup, on rajoute des montées qui n’ont rien de terrifiantes (après ce que j’ai connu lors de mes trails de l’été) mais qui sont mentalement éprouvantes (lorsqu’on a en tête un profil descendant) … et puis je suis agacé de ne pas rejoindre Franck et je scrute désespérément devant moi espérant le rattraper pour « enfin » lui taper sur l’épaule (je suis trop souvent derrière lui lors de nos courses communes …) …

La traversée du Garon se fait sans problème et depuis quelques kms la boue se fait moins présente … les jambes, elles, se font de plus en plus lourdes mais en contrepartie la douleur au mollet s’est atténuée …mais je marche de plus en plus … J’arrive au ravitaillement de Chaponost ou je ne m’attarde pas … juste le temps de remplir un flasque d’eau gazeuse et je repars sereinement.

Chaponost 59,2km 08:54:47 - 3292/4941 (4')

Au passage des 62 km, je me dis plus que 10km : apprécie !!! Facile à dire, mais j’ai tout de même (un peu) hâte d’en finir ….  Et je repars à l’abordage de la dernière difficulté de cette STL : la montée de Sainte-Foy …  Elle est interminable … je suis au ralenti et pour apprécier, ça j’apprécie !!!  J’en viens tout de même à bout puis on enchaine en traversant un parc Aventure et après les 2 dernières montées on attaque le final en descente par des escaliers qui nous font déboucher sur la Saône. Comme d’habitude je les dévale sans problème (merci les trails estivaux) alors que de nombreux coureurs semblent souffrir le martyr …  Sur les dernières marches, petit moment d’émotion, je ralentis et j’applaudis en levant les bras au ciel en mémoire à l’ami d’Arclusaz. Nous traversons la Saône puis le Rhône en empruntant pour la première fois le pont Raymond Barre. Plus qu’un km, que je cours tranquillement. L’arrivée est enfin là et je la franchis heureux d’avoir pu boucler ma 4ème STL sans bobo (la douleur au mollet a disparu quelques kms avant l’arrivée …). Là je découvre Franck arrivé 4 minutes avant moi. Dommage, finalement on aurait pu la faire ensemble cette course !!!

Lyon Gerland -  70,9 km  - 10:41:27 - Classement 3206/4939 (et 5499 partants)

Maintenant beaucoup de repos pour récupérer d’une année bien chargée ou j’ai connu quelques déceptions (une défaillance mentale au marathon de Paris, et une barrière horaire au TGV), mais aussi de grandes joies (comme à l’UTV que j’ai enfin terminé) avant d’attaquer une année 2015 avec un objectif majeur : l’UTB et évidemment une nouvelle STL au programme !!!

Bernard

3 commentaires

Commentaire de Mustang posté le 30-12-2014 à 15:51:12

Merci pour ce récit plaisant, une course bien gérée, sans prise de tête.

Commentaire de Arclusaz posté le 30-12-2014 à 16:36:06

Bravo Nanard, ce récit transpire l'expérience du gars qui se connait très bien et qui a une sacrée expérience.
Bien content de notre discussion au Flore et merci pour ton hommage à Rob.
Au plaisir de se revoir (nous avons beaucoup de courses de prédilection en commun, ça devrait pouvoir se faire...).

Commentaire de Edo posté le 05-01-2015 à 22:04:42

Bravo, savoir s écouter et en tenir compte et une clef voir un passe partout, et le chrono ( énergivore dès qu on est plus dans les clous...)
Merci

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