Récit de la course : Le Tour des Glaciers de la Vanoise 2006, par jcdu38

L'auteur : jcdu38

La course : Le Tour des Glaciers de la Vanoise

Date : 2/7/2006

Lieu : Pralognan La Vanoise (Savoie)

Affichage : 3286 vues

Distance : 72km

Matos : short, tee shirt manche courte, casquette, chaussures trail NB 907, sac à dos 10l Queschua avec poche à eau 2l. batons téléscopiques, Dans le sac à dos un coupe-vent pas utilisé, un tube de crème solaire, gels et barres énergétiques, poudre à diluer dans l'eau

Objectif : Pas d'objectif

4 commentaires

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50 km à pied, ça use, ça use ...

Cette course représentait une inconnue pour moi, première course aussi longue (72 km) et avec autant de dénivelée (3800 D+ et autant en négatif) dans un environnement de montagne en altitude et je n’avais qu’une vague idée de ce qui m’attendait.

Arrivée à Pralognan la veille où l’on a procédé à la récupération du dossard et d’un superbe maillot technique de couleur jaune orangé avec un énorme bouquetin sérigraphé dans le dos.

Après le briefing et le dernier repas de pâtes, direction l’hôtel pour une courte nuit de sommeil. A 23:00 concert de klaxons dans Pralognan, la France vient de battre le Brésil, un but à zéro.

03:50 le réveil sonne, séance d’habillage à la lampe frontale pour ne pas réveiller ceux qui dorment encore.

04:10 petit déjeuner copieux et à 04:40 je quitte l’hôtel et croise dans les rues les autres coureurs qui se rendent à la patinoire, point de départ de la course. Nous sommes environ 400 engagés inscrits sur cette troisième édition. Cette course prend de plus en plus d’ampleur (80 coureurs à la première édition, 200 l’année dernière et 400 cette année).

Avant le départ, on émarge les listes de présence et écoutons les dernières recommandations que l’organisation fait pour les coureurs qui n’étaient pas présents au briefing de la veille.



05:00, on se masse dernière la ligne de départ et c’est parti dans les rues de Pralognan encore endormi, sous les encouragements de nombreux courageux qui se sont levés pour nous voir passer.
Très vite, on prend un chemin raide qui traverse le village,



puis le long des pistes de ski, on monte vers le Lac des Vaches



et le refuge du Col de la Vanoise, atteint pour ma part à 06:40.

Voilà 7 km de fait et 1055 mètres de dénivelée positive avalés.

Le paysage est de toute beauté, avec les sommets encore illuminés du rose du soleil levant.



Il faut maintenant rejoindre le refuge de l’Arpont au kilomètre 20 de la course et ceci avant 09:00. Le parcours est relativement plat au début, puis on commence à enchaîner montées –descentes



avec un passage délicat sur un névé qui a été sécurisé par l'organisation.

On aperçoit au dessus de nous les Dômes enneigés de la Vanoise.



Au fur et à mesure de notre progression, le groupe de coureurs que nous sommes commence à nous inquiéter « Mais ou est il ce refuge ? » l’heure tourne, il est bientôt 09:00 et nous n’y sommes pas encore, nous accélérons pour ne pas être mis hors délai.

Nous arrivons au refuge de l’Arpont quelques minutes avant neuf heures, l’organisation est plutôt cool et nous rassure, elle laissera poursuivre ceux qui continuent à arriver dans le quart d’heure qui vient.



De toute façon, même ceux qui arrivent après devront continuer pour récupérer le bus au refuge de Plan Sec au dessus de la station d’Aussois.

Après une bonne restauration et avoir fait la queue à la fontaine qui délivre de l’eau presque au goutte à goutte, je repars vers le refuge de Plan Sec qui se trouve à mi course (km 36 et environ 2000 m de D+ à avaler). Nous descendons d’abord vers des bergeries typiques du parc de la Vanoise avec leur toit en Lauze (pierres plates). Nous traversons un troupeau gardé par un Patou débonnaire qui nous regarde passer tranquillement.



Nous continuons à enchaîner montée descentes et nous avons la surprise de rencontrer un troupeau de bouquetins, tranquillement couchés à quelques dizaines de mètres des coureurs



La fatigue s’installe progressivement, nous sommes sur un sentier en balcon au dessus de la Maurienne qui est interminable d’autant qu’il fait très chaud et que sur cette partie, il n’y a pas beaucoup de sources pour mouiller la casquette et se rafraîchir. « Plan Sec » mérite bien son nom. Au dessous de nous, on aperçoit le village de Termignon, puis ensuite Aussois en ligne de mire et au fond de la vallée la ville de Modane.

L’heure limite d’arrivée au refuge de Plan Sec est de 12:30 et de nouveau la même inquiétude recommence « Mais ou est il ce refuge ? Y arriverons nous à temps ? ».

J’arrive enfin à Plan Sec un quart d’heure avant l’heure limite. Le temps de se restaurer, de faire le plein d’eau et de récupérer il faut repartir pour rejoindre le refuge de l’Orgère au kilomètre 50. D’après la gardienne du refuge, le temps normal pour aller de Plan Sec à l’Orgère pour un randonneur est de 04:30. Nous avons jusqu'à 16:00 pour y arriver, il ne faut donc pas traîner.

Les coureurs se sont maintenant bien étirés sur tout le parcours, les premiers sont proches de l’arrivée, d’autres ne sont pas encore arrivés à Plan Sec. Je me retrouve donc par moment complètement seul sur le parcours. On commence d’abord par longer les lacs d’Aussois qui servent à alimenter le barrage EDF puis on attaque une montée raide et une longue traversée le long de ces lacs, mais sur l’autre rive, vers le col du Barbier atteint à 14:10. Maintenant il ne reste plus qu’à descendre sur le refuge de l’Orgère, les indications trouvées disent 02 heures de marche. La descente est raide par moment, et je suis désormais trop limite pour courir. A la montée, je tiens encore mes temps de montée mais à la descente ça ne va plus du tout, je suis HS et ne tient pas le rythme du groupe qui était avec moi, je les laisse partir.

Arrivée à l’altitude 1850 m, un panneau nous annonce « refuge de l’Orgère », c’est par là. Mais par là, ça regrimpe raide. Est ce vraiment nécessaire ? Ca râle et ça peste dans le groupe de coureurs que j’ai rejoint, mais bon il faut le faire, alors on y va. On sort enfin de la forêt et on aperçoit le refuge au bout de la combe. Une dernière grimpée, pour atteindre le refuge. Il est 15:00. Nous sommes dans les délais !!

Pour ma part, j’ai décidé de m’arrêter là. Il reste 22 km et 1000 mètres de dénivelée positive, 1400 mètres de dénivelée négative et je me sens trop fatigué pour continuer sans risque de blessure ou de défaillance. Ma décision prise, je rends mon dossard à l’organisation et regarde alors arriver les derniers coureurs encore en course et partir les derniers courageux à l’assaut du col de Chavière, dernier gros morceau de la course.

Deux jours après, j’ai certes des regrets de ne pas avoir terminé. Mais l’analyse a posteriori de cette course m’indique que je n’étais pas encore tout à fait prêt pour une telle course. Ce n’est que partie remise.

En conclusion, une très belle course, bien organisée dans des paysages superbes. L’essentiel du parcours n’est pas balisé et cela ajoute au charme de cette course. Mais c’est une course exigeante.

4 commentaires

Commentaire de Kourpavix posté le 05-07-2006 à 10:07:00

Bravo à toi,
c'est vrai qu'il faut quand même être préparé à ce genre de course particulièrement longue et éprouvante.Mais tu n'étais pas si loin de le fin!La prochaine sera la bonne...
Kourpavix

Commentaire de Cyrille posté le 11-07-2006 à 21:32:00

Merci JC pour les photos et le récit. Ca m'a rappelé quelques bons moments (sauf le bouquetin que je n'ai pas vu).

Commentaire de L'Castor Junior posté le 26-07-2006 à 16:04:00

Salut JC !
Magnifiques photos, et CR très intéressant. J'ai fait ce week-end le tour de l'Oisans avec deux des finishers de ce TGV, et ils ont tout les deux confirmé le caractère extrêmement difficile de cette course.
C'est déjà formidable d'être allé aussi loin, en préservant ton corps.
La prochaine fois sera la bonne !
L'Castor Junior

Commentaire de Say posté le 21-02-2007 à 07:36:00

Il faut être un peu inconscient pour s'incrire à une telle course, aussi belle soit elle. Mais il t'a fallu bien du courage et de la lucidité pour jeter l'éponge avant d'aller trop loin pour ton corps.

Merci beaucoup pour les superbes photos et tous les détails des 50 premiers kilomètres. J'espère qu'on se verra cette année au départ.

A+

Coli

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