Récit de la course : L'O'Rigole - 82 km 2014, par Raphynisher

L'auteur : Raphynisher

La course : L'O'Rigole - 82 km

Date : 6/12/2014

Lieu : Le Perray En Yvelines (Yvelines)

Affichage : 531 vues

Distance : 84.56km

Objectif : Terminer

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Faut rigoler - Salve adore

Avant L’Origole

Je m’inscrit à cette course un peu comme on se lance sur un footing un dimanche matin ensoleillé avec les oiseaux qui chantent et le soleil qui brille. Je fais des calculs pour estimer mon temps prévisionnel (allez environ 10h30 -11h) sans rien connaitre des difficultés qui m’attendaient nombreuses au tournant et dans les lignes droites mais surtout le dénivelé optimisé.

J’ai connu cette course par le biais de mon cousin que j’étais venu chercher en 2009 au petit matin dans l’ancien gymnase (il avait fini sur les coups de 7h du mat et avait enchainé par l’Indian Race en ma compagnie départ le dimanche 10h juste le temps de faire la route et de s’alimenter un peu, un ovni …)

Alors un mois avant la course, avec quand même quelques km au compteur en prévision de l’effort, je commence à me renseigner pour le Matos (frontale, guêtres,  textiles, pompes,…) et le forum Kikourou est le plus fourni en matière de spécialistes sérieux qui ne s’y prennent pas …

Donc je commence à sérieusement flipper dans la décontraction des échanges de posts et de réponses à mes questions de débutants. Ce qu’il en ressort :

- Trail hyper sélectif avec un taux d’abandon très élevé (près de 50%)

- Multiples passages extrêmement boueux et donc techniquement très éprouvant

- Beaucoup prévoient de se changer à chaque boucle de la tête aux pieds

- Prévoir une frontale puissante avec gde autonomie et des piles de secours

- Prévoir un mental d’acier à toutes épreuves – prêts à pallier à toutes éventualités.

Bon bah ça y est, je crois que là c’est la peur qui domine !

Arrivé au gymnase 2heures en avance, j’attends mon cousin et sa femme, qui me feront la joie de ne pas me laisser seul dans ce combat qui s’annonce (elle sur le 52 et lui le préciser serait un pléonasme …) – Je suis seul et je me concentre (euh non en fait je me fais chier et j’ose même pas parler aux gens qui m’impressionnent tous avec leur détermination et leurs regards plein d’yeux pétillants et leur bouches pleines de sourires. Enfin ils arrivent, et je peux enfin lâcher mon téléphone que je fixe (histoire d’avoir un alibi, une contenance …)

Du coup, on se prépare en famille et on échange en attendant le debrief obligatoire auquel je n’entendrai quasi rien car ou le mec mangeait le micro ou c’est moi qui était tellement stressé que je n’étais même pas capable d’entendre plus que le numéro du PC !


 

 

 

B1 – La boucle Populaire

Départ de la course, on part en suivant mon cousin qui démarré comme une fusée (14-15 km/h sur le premier kilo) puis on stabilise vers 12km/h et arrivé au 5eme kilo, je m’engueule déjà et je me force à ralentir (ce que je fais mais surement tard et pas suffisamment). Résultat : Arrivé entre 18 et 20km, je marche, je suis cramé, les passages boueux de le dénivelé de début de course ont bouffé tout mon enthousiasme … Je rencontre un petit gars engagé sur le 30 qui me reboost et qui me dit lorsque je lui fait part de mes doutes en me projetant il reste près de 70bornes et je me sens incapable de les faire : « tinkiet, tu as un ptit coup de moins bien, arrivé au gymnase tu vas refaire du jus prendre une soupe et repartir. Je suis sceptique car il est engagé sur le 30km (c facile à dire pour lui) mais la femme de mon cousin me rejoint à ce moment et on repart ensemble. Du coup, je m’accroche et ça passe. Je finis la première boucle en 3h20 environ. C’est l’arrêt pour la miss qui s’est fait une entorse dans le bourbier. Je recharge les batterie le Camel bak et je me fais une soupe au ravito, je traine et je regarde autour de moi et je me dit : « allez moi aussi, je suis un fou, je repars »

 

B2 – La boucle d’eau sans bulle

Je repars et là je prends un coup de froid, la transition entre le gymnase et l’extérieur et franchement brutale donc on est vigilent mais on accélère légèrement pour augmenter la température du corps et me réchauffer (car j’ai pensé à beaucoup de chose sauf à me changer). Cette boucle passe plutôt bien sauf la fin ou un peu moins lucide je suis un groupe en sortant de la forêt et on fait une ligne droite d’environ 600m sur la route puis je vois les frontales devant se retourner et là je réalise qu’ils viennent tous prendre de mes nouvelles ou me proposer des conseils de gestion … M’enfin non ils repartent dans l’autre sens car ils se sont plantés et donc demi-tour tout le monde et on scrute l’horizon à la recherche de rubalise réfléchissante (car  pour réfléchir à cette heure ci – y a que elles d’efficace !), on retrouve la bifurque et nous revoilà lancé à l’assaut de la fin de cette 2eme boucle qui était moins boueuse que ce que je m’imaginais avec des passage en immersion totale. Je finis la boucle en 2h40. Arrêt au gymnase éclair, je ne veux pas me réchauffer trop, je charge le Camel bak , je prends un café (je me brule le palais) et je décide de me lancer sur la 3eme et dernière boucle.

 

B3 – La boucle au dénivelé aux petits misés

Ca y est j’y suis – Autant sur les 2 premières boucles, il y avait des gens mais sur cette dernière, c’est la solitude innée – Tout comme beaucoup, on croit voir une frontale au loin et on réalise que c’est la carré réfléchissant de la rubalise, arf, je repense à mes sorties du matin avec mon pote à 5h, et je me dis qu’il est bientôt l’heure, je sors mon portable et je balance un ptit texto à ma femme pour lui dire ou j’en suis et je sais que quand elle le lira, elle saura que j’irai jusqu’au bout  … Alors plus question de revenir en arrière, c’est parti pour la bataille mentale , je marche dans  toutes les montées dans quasi toutes les descentes et sur le plat quand c’est trop plat. Je tourne au ralenti mais je continue ma progression et je me projette à l’arrivée avec la satisfaction de faire partie des finishers de cette édition. Voilà que je rencontre des gars en sens inverse, je me dit que 84km ne leur suffisait pas alors ils enchainent la B3 une deuxième fois (des vrais Warriors, en fait il la font ds le sens inverse suite à une erreur d’aiguillage au début de la boucle). Moi je suis dans le bon sens j’en chie, il y a énormément de dénivelé et des passages boueux alors que cette boucle était censée être sèche … Je poursuis tant bien que mal et je remonte quelques participants (vraiment il y en a encore qui courent … - J’ai pourtant l’impression d’être seul, le dernier mais qd je calcule avec les BH je suis large. Il est 7h40 le soleil se lève pour remplacer une lune magnifique qui nous accompagné, éclairé et embellie les paysages de ces forêts sublimes. Ma petzl clignote, elle m'a tenu toute la nuit sans changement de piles (j'ai bien gérer le mode éco et merci car  j'ai demandé à la luuuuuneeeuuuh. Il me reste environ 13km et je me fixe 2h pour faire les 12h prévues (soit 6,5km/h). Ca a été très dur, je me fais décorer mon dossard de pastilles.

En sortant de la foret, deux bénévoles nous aiguillent vers la droite pour faire nos derniers km en ville, je m’attends à faire 1 ou 2 km sur la route pour finir, mais je demande d’un ton surement agréable et courtois : « C’est fini là ! non ? » et ils me répondent avec beaucoup de patience et de compréhension : « Reste 4.5 km et c’est bon ! Bravo – Courage ! ». La fin se fait dans de petites allées entre les maisons puis le long d’une « rigole » élargie pour finalement passer par-dessus la voie ferrée et là (ayant observé Gmaps) je sais que nous sommes à moins de 500m du gymnase.

J’ouvre la porte qui était fermée (bizarre ma phrase … mais bizarre que la porte soit fermée) pour apercevoir ma femme et mes deux kids me crier : « bravo Papa » et on passe la ligne ensemble main dans la main. Moment inoubliable dans ma vie de Papa Runner.

Il est 10h13, le chrono est de 12h06 (57eme), je suis finisher et fier comme un bar tabac sans fumer ni boire.

Mon cousin lui finit 10eme en 9h53.

 

 

 

Le mental s’est forgé dans les entrainements (en arrivant avec du foncier et des séances complète, le mental est prêt et rassuré), savoir aussi que il y a beaucoup d’abandon cela permet de relativiser et de ne pas se griller au départ en se freinant un max. Aussi conseil de mon cousin prodigué avant la course : Ne jamais suivre un groupe sans tchecker le balisage.

Merci à mon entourage d’avoir cru en moi.

Prochain ultra 80km du Mont Blanc du 26 au 28 Juin 2015.