Récit de la course : Marathon de Lausanne 2014, par augustin

L'auteur : augustin

La course : Marathon de Lausanne

Date : 26/10/2014

Lieu : Lausanne (Suisse)

Affichage : 681 vues

Distance : 42.195km

Matos : NB 890 V4
Déguisement de pirate !

Objectif : Se dépenser

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Marathon de Lausanne, dimanche 26 octobre 2014

Une course bienvenue au calendrier qui permet de courir un marathon d’automne réputé pour la beauté de ses paysages. Pas d’objectif chrono cette fois, sauf pour accompagner mon beau-frère et tenter de lui permettre de descendre sous son « personal best » de 3h58 établi sur le marathon Nice-Cannes il y a quelques années.

Pour moi, à 35 ans cela sera ma 16ème expérience sur cette distance J (suis tombé dedans quand j’étais petit !)

C’est la 21ème édition de cette course, et ce seront 14 000 coureurs qui seront présent sur l’ensemble des courses proposées (marche nordique, 10km, semi-marathon et marathon).

Mais sur le marathon nous serons « seulement » 1 500 coureurs (bien que l’organisation soit calibrée pour beaucoup plus de monde manifestement !)

En terme de préparation sur 10 mois cumulés la quantité n’est pas énorme (1 000km tout pile de course à pied, auxquels il faut ajouter 1 750 km de vélo et 100 km de natation).

Et en terme de sortie longue, ai été jusqu’à…16.7km J Ça va être chaud !

De plus je ne sais pas comment je réagirai après mon triathlon d’il y a 3 semaines, advienne que pourra, mais je pars confiant.

Particularité sympa je m’inscris en utilisant mes « Miles » d’un célèbre programme de fidélité d’une compagnie aérienne partenaire et serai hébergé chez un cousin chez qui j’ai l’habitude de squatter, venant régulièrement en Suisse dans le cadre de mon boulot.

Comme ça, on joint l’utile à l’agréable, et c’est vraiment très confortable.

Arrivée à Lausanne  le samedi après le traditionnel TGV Lyria depuis Paris, vite je file retrouver beau-frère et cousin pour rejoindre le Marathon Expo afin d’aller y retirer nos dossards. Le marathon expo est tout petit en surface (ça change des grosses courses) et l’organisation (Suisse) est top : rapide, efficace et avec le sourire.

On repart avec le « fameux » t-shirt manches longues de l’organisation et quelques goodies plus quelques bricoles de chez Air France qui nous proposera aussi un stand VIP à l’arrivée avec ravito plantureux et surtout massage !

Soirée tranquille, dîner au calme et installation de tout notre barda pour le D-day

Dimanche matin, c’est parti pour ingurgiter le demi Gatosport règlementaire après avoir dormi un peu plus que prévu (merci le changement d’heure).

Equipement quasi habituel (manchons, cuissard, MP3…) sauf que là je tente le déguisement de pirate emprunté aux enfants (!), car quitte à courir en mode cool autant que ce soit fun, et cela faisait longtemps que courir déguisé me trottait dans la tête.

Mon beau-frère me prend pour un allumé et un guignol puis c’est séance application de fausse barbe, balafres et tatouages de pirates pour parfaire l’accoutrement (un crochet, un petit sabre, un cache-œil de tête de mort, un bandana, une fausse boucle d’oreille, une cape « pirate des Caraibes » et une ceinture autour de la taille du même tissu. Ça détonne !

 photo_from_herve.jpg

Nous partons gentiment vers l’aire de départ en trottinant, par chance nous logeons en plein centre-ville et c’est tout près du départ. On ne décolle donc que vers 9h30 pour un départ à 10h10 !

20 minutes avant le départ l’aire est VIDE (!), puis allons déposer notre sac d’après-course que nous retrouverons directement dans la tente Air France, quelques étirements et moins de 10 minutes avant le départ nous nous positionnons gentiment dans le sas. Pas de bousculade, pas de resquilleurs de sas (nous sommes en Suisse !).

Objectif : aller taquiner les 3h45 ? Dépendra de l’état de forme de mon beau-frère sachant qu’au marathon de Paris en avril dernier nous n’avions pas réussi l’objectif temps (4h03) L .

Du coup les temps de passage sont glissés sous ma montre, et on décline la table des 5’19 qui nous ferait galoper à 11,25 km/h de moyenne (précision Suisse !) en ayant intercalé les gels à avaler tous les 5 km.

Pas trop de pression, je vais courir « en dedans » en restant concentré pour aider mon beau-frère (anticiper les ravitaillements, encouragements, faire le pitre J) et si possible lui permettre d’améliorer  son temps sur la distance reine en nous astreignant à des temps de passage réguliers et avec une marge de sécurité importante (objectif 3h45 pour 3h58 de PB donc marge conséquente).

En même temps, avec 310m de D+ c’est un marathon exigeant et moins propice à la performance, donc rien n’est fait !

La course :

Dans le sas les gens me regardent bizarrement, il s’avèrera que nous serons…2 déguisés seulement en tout, mais cela fait sourire et les gens (coureurs comme public) manifesteront bruyamment leurs encouragements pour le pirate du peloton ! Sympa.

Départ à partir de 10h10 par paquets toutes les 3 minutes depuis la place de Milan (un parc en plein centre-ville), nous descendons l’avenue de l’Elysee, le public est présent.

Météo bonne avec 9° au thermomètre (vs 2013 sous la pluie et 2012 sous la neige dixit les organisateurs!).

Long faux-plat descendant, mais je peste car ma nouvelle montre GPS top spéciale triathlon que je lorgnais (tout juste acquise) me donne le chrono mais pas la distance !!! Il doit y avoir un truc que je ne maitrise pas encore…

N’étant pas d’un naturel très patient,  je jure, je fulmine, car comment jouer le rôle de lièvre fiable si je ne peux pas exploiter les données ???

De fait nous partirons sur des bases trop élevées (le ballon des 3h30 restera à portée de vue) sur cette première partie de 5 bornes.

Au 5ème km (passage estimé en 25’ environ), ravito à Lutry, juste récupérer un peu d’eau car avec nos gels nous sommes auto-dépendants. J’accélère un peu avant le ravito pour récupérer un gobelet que je file à mon beauf afin qu’il ne s’arrête pas. Entre temps ai réinitialisé ma montre qui -enfin- me donne les infos demandées à partir dudit 5ème km (chrono ; distance ; fréquence cardiaque ; temps au km : tout ça sur le même écran et en simultané, on n’arrête pas le progrès!).

Le public est présent et nous encourage, le déguisement fait beaucoup sourire et je tape dans les mains des enfants présents le long de la route (avec mes sabre ou crochet…en plastique).

Au 10ème rebelote pour le ravito, mais dans la précipitation je n’ai pas le temps de prendre d’eau pour moi, argh ! Tant pis, je tâcherai de ne pas rater le prochain.

Je surveille le cardio mais c’est en ligne et stable autour de 145 pulsations/min, impeccable.

Les kilomètres défilent à une moyenne de 5’10-5’15, c’est encore un peu rapide par rapport à l’objectif de 5’19.

Entre les 11ème et 12ème km, c’est l’endroit de la fameuse photo, d’un côté le lac, de l’autre les vignes à flanc de montagne, canon ! Vraiment de beaux paysages, les conditions de course sont bonnes, revêtement impeccable bien qu’avec quelques montées et descentes.

On continue notre bonhomme de chemin, toujours un peu en avance vs notre target de 5’19 au km. Petite pause pipi quand même car ai trop bu avant le départ puis sprint pour aller rechercher mon beau-frère.

15ème km et gel avalé, la route est un peu monotone, en bordure de voie ferrée mais ouf avec vue sur le lac, et le soleil est au rendez-vous.

J’essaie de voir tant que je peux car avec mon cache-œil de pirate je ne vois plus que d’un œil du coup, et ça demande un peu d’adaptation (j’avouerai l’avoir ôté de temps en temps quand pas de public le long de la route).

On croise dans l’autre sens la tête de course (un Kenyan qui doit se sentir bien seul en fait) car derrière lui c’est le, désert (le second finira avec 10 minutes de retard !) puis nous arrivons du côté de Vevey.

Au 20ème km, j’engloutis un gel comme prévu, on passe devant le siège (gigantesque !) de Nestlé, le public est nombreux, nous longeons toujours le lac et je vois la « fameuse » sculpture de la fourchette plantée dans le lac, bon le demi-tour est plus loin qu’escompté, je scrute attentivement parmi les concurrents qui sont sur le trajet retour un collègue que je ne trouve pas (bien que l’on ait vu passer les meneurs d’allure des 3h puis 3h15 puis 3h30) puis après Vevey, demi-tour dans la ville de La Tour de Peilz, nous sommes au 21ème km (que l’on passe en 1h50’22 et à la 571ème place).

Pourvu qu’on n’ait pas de vent de face au retour…en fait cela ira, ce dernier ne sera pas trop gênant.

Le 2ème semi est légèrement plus montant, on se concentre sur nos temps de passage et allons rentrer « dans le dur ». La suite est une succession de km délicats comme prévu (le chrono passe directement autour de 5’30 le kilo), j’aperçois peu après le 32ème km ce que je redoutais : le ballon des 3h45 qui se rapproche inexorablement…

Au 33ème km le ballon des 3h45 qui nous talonnait finit par nous doubler, je fais signe à mon beau-frère d’aller lui recoller aux basques mais il me fait comprendre que pas jouable.

A partir du 35ème c’est la lente dégringolade, désormais les kms ne se font pas sous les 6’, nous courons donc à moins de 10 à l’heure ! Dur pour le moral…

Là l’absence de sortie longue se fait sentir, le haut des cuisses devient doucement douloureux, on passe en mode « on serre les dents » et surtout encourager mon beauf pour ne rien lâcher.

40ème km : village de Pully, ça sent l’écurie ! Encore un dernier p’tit gel, je dois l’engueuler pour qu’il ne marche pas aux ravitos, un verre d’eau ça se gobe sans s’arrêter ! Nous perdons des précieuses secondes par paquets…

Mon beauf tire franchement la langue, on se concentre, je le pousse et nous savons que son record sera battu, reste à savoir de combien !

Arrivée au musée Olympique, mythique, le public est bien présent pour la fin, beaucoup de photographes sur cette dernière ligne droite (et le long du parcours), et nous accélérons gentiment pour franchir le portique après 3h54 de (bons ?) et loyaux services.

Le cardio moyen sera à 154 puls avec un tempo moyen à 5’33 par km. Le 2ème semi aura été parcouru en 2h04 (positive split de 14 minutes L) mais à la 490ème place (+81 places de remontées au classement).

Remise de la médaille sitôt l’arrivée franchie, nous nous étreignons car ouf cet objectif chrono a été rempli, un peu de restauration puis direction la tente Air France pour une collation dense et surtout le massage réparateur bienvenu.

On rentre après tranquillement chez notre cousin à quelques minutes à pied, royal !

Petit footing de récupération le mardi midi avec les collègues du bureau pour décrasser les gambettes, et parler des prochains objectifs (on ne se refait pas !).

 

En conclusion, un marathon avec de beaux paysages, extrêmement bien organisé (beaucoup de bénévoles, rien de laissé au hasard, et peu de coureurs, permettant un confort de course appréciable). Parcours difficile avec son dénivelé ne favorisant pas le chrono, et un peu monotone de temps en temps (lié au fait que nous fassions un aller-retour).

Gestion de course catastrophique nous concernant (positive split de près d’un quart d’heure) et défaillance de montre vraiment préjudiciable pour mon rôle de lièvre, à revoir impérativement.

Difficile aussi d’évaluer l’impact du triathlon d’il y a 3 semaines sur la fatigue de l’organisme.

L’an prochain je tenterai bien le semi pour changer !

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