Récit de la course : Trail du Haut-Koenigsbourg - 54 km 2014, par Dideuss

L'auteur : Dideuss

La course : Trail du Haut-Koenigsbourg - 54 km

Date : 7/9/2014

Lieu : Kintzheim (Bas-Rhin)

Affichage : 884 vues

Distance : 54km

Matos : Salomon XT Wings 3
CamelBag Queshua

Objectif : Terminer

2 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

Mon trail du HK

Après avoir bouclé les 50 bornes du Petit Ballon en mars, ça a vite démangé de remettre ça sur une distance plus longue histoire de repousser mes limites. Faut dire que déjà quand on galère à finir, on oublie vite les difficultés rencontrées et on se rappelle essentiellement des bons moments (ce qui est tant mieux..) mais alors quand ça se passe super comme ça a été le cas, on a vite à cœur d’y retourner!!

Avec nos emplois du temps Guillaume et moi n’avons trouvé de libre en commun que le 07 septembre, le Haut Koenigsbourg et ses 84 ou 54kms nous a alors tapé dans l’œil. On s’était mis d’accord  de décider sur quelle distance s’inscrire après la Foll’Dingue de Rombas du 07 juillet, une belle course nature de 16.5 kms et 650mD+, ce qui sert impeccablement de mesure tant au niveau distance que dénivelé positif total. En effet 3 FD font 1 HK et 5 FD font 1 UHK. On est tous les deux revenus dans le droit chemin à la fin de la course en s’interrogeant : “en referai-je 2 fois le tour, ou 4 fois?” DEUX FOIS seront suffisantes  hein ! Donc c’est parti pour le Grand Trail du Haut Koenigsbourg!!! C’est avec Plaisir que Andrea, un amis de Guillaume, que je connais un peu tout de même a décidé de faire partie de l’aventure, je n’ai déjà pas le niveau de Guillaume (qui court un semi en 1h30) mais alors Andrea, c’est une machine (il finira d’ailleurs 9e, en se trompant sur le parcours et en faisant environ 2 km de rab J ).

Le plan d’entrainement du Petit Ballon avait tellement bien fonctionné que j’ai voulu en première idée m’y tenir. Il comprend de la VMA courte, longue, du travail en cote, de la sortie longue, de la PPG. La préparation idéale en fait. Seulement voilà, la première séance de fractionné arrive, après l’échauffement, la première accélération pendant 30 secondes, et là BAAAMMM!!! Rien… pas d’envie, aucune... démotivation de se faire mal la plus totale, je veux courir en mode promenade. J’ai donc continué ma sortie tranquillement, en prenant plaisir, et ai fait de même avec toutes les autres qui ont suivi. Pas une seule fois fractionné. En guise de travail en cote, courir dans le sable le long de la plage en vacance (ce qui fait aussi forcer les mollets et les cuisses remarque…). Ma sortie la plus longue pendant la prépa : 1h45, sur route, plate, tout ce qu’il faut quoi… J’ai cependant compensé le qualitatif par le quantitatif, en aout, 230kms parcourus. Certaines semaines avec 7 entrainement de CàP, plusieurs fois 2 entrainements par jour avec en cumul moyen 23-24kms. 10 jours avant la course j’ai bien eu peur car une douleur à la cheville m’a fait boiter pendant 1 semaine. Pas d’entrainement pendant tout ce temps. Au niveau alimentation, la dernière semaine était composée de 3 jours sans sucres lents, puis de 3 jours hyperglucidiques avec en complément 1.5L de malto par jour (bon oublié la bouteille à la maison le samedi, donc 2 jours de Malto en fait J ).

Mes acolytes me rejoignent et nous partons en début d’après-midi samedi… Il fait beau c’est une bonne chose, il fera le même temps demain. Nous arrivons à Kintzheim vers 17h, allons récupérer nos dossards, puis la clé de la chambre d’hôtel, déposer les affaires, et direction le supermarché pour se chercher pain, fruits secs, eau pour le lendemain. On s’est fait Plaisir pour le dernier repas, on est en Alsace, donc : Flammekueche et bière! Le soir, excité comme une puce, je n’ai pas envie de dormir, j’ai en tête le départ de l’Ultra 84kms, qui est à 2 pas de l’hôtel, à 2h du matin :S Je n’arrête pas de me tourner dans le lit, je vois le temps passer et ça énerve… Quand le réveil sonne à 5h30, je ne suis pourtant pas crevé, tant mieux! On se prépare, on déjeune pépère. Puis on quitte l’hôtel pour se rendre au départ après avoir donné le sac à la consigne…

On n’est pas si en avance que ça puisque le temps d’arriver derrière la ligne, il est 6:55 !! P’tite photo de nos costumes de traileurs encore propres, qui sente encore (plus pour longtemps) la lessive… et le coup de feu est donné. Andrea s’est positionné devant, normal vu son niveau, tandis que Guillaume et moi partons ensemble. Je sens bien que je le ralentis et ça me stress un peu… je lui dis que je vais trop vite d’après mes PPM, il me répond “ça va, je suis à 160” seulement moi, ben c’était 170-175 ! Dès qu’on est monté dans les vignes je l’ai laissé filer, il m’a attendu une fois puis a disparu, je ne le reverrai plus avant l’arrivée. Du coup je me laisse doubler doucement par tous ceux que je n’aurais pas devancés si j’étais parti seul. Je commence à discuter avec des concurrents, en fait tous ceux avec qui j’ai taillé la bavette étaient du coin… “La chance d’avoir ce cadre comme terrain de jeu” leur disais-je. Ils étaient tous assez surpris (et compatissant je dois dire) d’apprendre que par chez nous, on arrive difficilement à avoir 130mD+ d’un seul tenant comme cote d’entrainement. C’est la plaine la Moselle! Mais ça ne nous empêche pas de grimper ;0)

Le premier ravitaillement se montre au 17éme kilomètre. Il y a tout ce qu’il faut, même du rouge!! Mais ça ne me traverse même pas l’esprit d’y gouter. J’attrape ma tasse mousqueton en alu accrochée à l’intérieur de mon camel-bag, et me sers en coca, overstime, mange du pain d’épice, ce que je sais qui me réussit. J’enlève ma chaussure gauche, car je sens l’apparition d’ampoules à l’avant des douilles, je teste avec une paire de chaussette, c’est trop flottant, alors je remets la 2eme correctement et resserre le lacet pour éviter les frottements, car si ça commence à me faire mal maintenant, à quoi ça ressemblera dans 4h? Bref, mieux vaut prévenir que guérir. Et c’est reparti.

Je me sens super bien, donc je garde le même rythme, callé sur 150-165 PPM. Je me dis que j’ai dépassé en durée et en distance ma sortie de prépa la plus longue, et que j’ai encore 30 bornes à faire. Loin de me faire peur, je suis content que le plaisir aille encore durer quelques heures. A chaque fois que je rencontre quelqu’un pour discuter, le temps semble s’envoler, 2 voire 3 kms passent sans les voir. J’en profite pour prendre des photos, je passe des coups de fil, quand le réseau me le permet. Guillaume trouvera  même le qualificatif adéquat pour décrire mon état d’esprit de la course : Mode cueillette champignons.

Je connais le parcours par cœur pour l’avoir bien observer mais par moment je m’attends des cotes plus raides que ce qui arrive, des sections ou je peux presque continuer à courir. Il y a pas mal de chemins forestiers assez larges, peut-être trop, je préfère la monotrace (bon c’est quand même les 2/3 du parcours).

Quelques cotes assez raides arrivent enfin, j’aime ça J, comme je suis parti sans bâton, car je n’aurais pas  voulu les trimbaler sur toute la distance, j’en improvise la confection avec des branches mortes dans les talus, puis m’en débarrasse une fois arrivé à chaque sommet de cote. Ecologique et pratique.

Le deuxième ravito arrive au 30e, je suis encore frais, profitant du paysage et gérant l’effort sans stress. Je reprends des forces en solide, liquide, et rempli ma poche a eau, que j’avais esquivé de faire au 17e pour ne pas porter du poids pour rien, connaissant en gros ma conso horaire en eau, autour de 500ml, et sachant que j’avais bien bu au premier ravito, il restait plus grand chose. Je me repose assis sur un rocher 5minutes en mangeant et buvant tranquillement. Saleté de dossard, cette fois c’était la dernière fois que je le raccrochais à ma cuisse, je le range dans le sac.

 

Il y a une fontaine avec un bac juste après le ravitaillement, j’y trempe ma casquette et me rince le visage, ça fait un bien fou!

Les bonnes cotes réapparaissent, je me refais doubler, par quelques concurrents, comme d’hab. Dans les montées, puis rattrape tout le monde et leur mets assez de distance pour ne plus les revoir dans la montée suivante.

Je suis maintenant au 39e et j’ai ce coup de moins bien redouté, je me rends compte qu’il me reste en gros 2h de course, et je commence à avoir mal aux jambes.  Bon ça va je me ressaisis rapidement en me disant que le dernier ravito est dans 5kms. Je continue ma route et ça passe. Youpi j’y suis, il y a du coca! Je veux du coca et de l’eau gazeuse!! Y a vraiment qu’en trail que ça me donne envie le coca… je discute avec l’organisation qui nous dit “courage, plus que 8kms!” On se regarde avec les autres concurrents, et répliquons tous en regardant nos montres “mais nos, doit rester 10 à partir d’ici”… Boh... le sentiment général était mitigé entre soulagement, et tromperie sur la marchandise… perso je me suis dit “tant mieux, elle sera plus facile à avoir la veste de finisher”. Check du dossard et on repart. Je suis avec un type qui court le 84, depuis 2h du mat’ donc… il est encore en forme je trouve pour quelqu’un qui court depuis 5h de plus que moi. Apres une petite discussion sur la difficulté mentale de gérer les ultra, je repars devant lui a l’arrivée du fameux château du Haut Koenigsbourg. Ils nous ont ouvert des pièces spécialement pour nous il parait. Pas mal de personnes sont déguisées en costumes de l’époque, ils nous guident, des gueux jouent de la mandoline et autres instruments moyenâgeux, c’est vraiment sympa l’ambiance, on s’y croirait vraiment avec le décor du château! Vraiment beau, j’ai pensé à filmer mon passage dans le château, je ne regrette pas.

Nous sortons de l’enceinte du château et très vite on entame la descente vers le village de Kintzheim, il reste maintenant 4 kms. Je suis cuit, je ralentis. J’ai vraiment mal aux cuisses dans cette descente, mais visiblement moins que pas mal de concurrents que je double car ils marchent. Ça motive de continuer à trotter en essayant de ne pas penser à la douleur. Je vais douiller demain pour aller bosser mais ça vaut le coup, ce n’est pas tous les jours qu’on fait un trail de + de 50 bornes, tant que je peux avancer je le fais.

On descend maintenant dans les vignes, on voit bien le village sur la gauche, c’était donc vrai, il reste 2 kms, je cours dans l’herbe du cote de la route quand il y en a, ça déglingue les cuisses encore et encore. J’y arrive, les gens nous acclament un a un comme des héros, c’est top, je passe la ligne en 6:24:40 à la 74e place, soit au-delà de mes espérances. Des images plein la tête, j’ai le moral. Je récupère sac et me dirige vers le gymnase. Andrea est là me tendant une bonne binouze, mon sauveur! Il a déjà eu le temps de se doucher et changer pépère, vu qu’il a passé la ligne plus d’une heure avant moi! Guillaume sera arrivé un peu plus d’1/4 d’heure avant moi, se positionnant 61e.

On est tous super contant de notre course, la météo était de la partie, les bénévoles étaient tous supers. Vraiment, jusque-là, c’est la course ou les gens étaient le plus sympas. Encore bravo et merci pour cette organisation.

2 commentaires

Commentaire de Eric Kb posté le 16-09-2014 à 18:41:57

Merci pour ce CR. J'aime bien tes bâtons "bio"

Commentaire de jey57 posté le 24-09-2014 à 18:53:38

bien jouer copain

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Accueil - Haut de page - Version grand écran