Récit de la course : Ice Trail Tarentaise 2014, par Raideurjbp

L'auteur : Raideurjbp

La course : Ice Trail Tarentaise

Date : 13/7/2014

Lieu : Val D'Isère (Savoie)

Affichage : 625 vues

Distance : 65km

Objectif : Pas d'objectif

1 commentaire

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Ice Trail Tarentaise 2014 : Une course épique !

13 juillet 2014, 2h30 du matin, le réveil sonne. Dehors, la pluie tombe sur notre tente 2”. Il fait nuit, froid et humide dans le camping de Val d’Isère. C’est le moment pour Gilles et moi de nous préparer dans la voiture et d’établir cette routine d’avant-course. A côté de nous, une deuxième tente abrite deux autres collègues qui ont la chance de pouvoir dormir jusqu’à 6h30 pour prendre ensuite le départ de l’Altispeed. La préparation est rude sous ce temps peu clément mais la météo annonce des améliorations pour la journée. On garde donc le moral.

 

4h00. Après avoir rejoints la ligne de départ et nous être abrités comme tous sous les arcades de Val d’Isère, nous voilà partis pour près de 65 km et 5000 m de dénivelé positif. Je pars prudemment dans ces premiers kilomètres roulants et aperçoit, après 500 m, Francesca Canepa faire demi-tour. Je ne connais toujours pas la raison de l’abandon mais sur le coup, je peux vous dire que ça ne remonte pas le moral de voir des abandons si rapides.

 

Après 2 km, nous attaquons la première difficulté qui passe très bien. J’ai un bon rythme et la petite pluie faible ne me gêne pas du tout. Les sentiers sont en mono-traces et quelques bouchons sans gravité se forment ici et là. 400 m de D+ et c’est déjà la descente vers Tignes et son lac avec une vue de nuit superbe sur le village endormi. Mais pas le temps de souffler, un petit morceau de 1600 m de D+ nous attend ! Et si tôt le matin, je peux vous dire que ça pique ! 2300 m d’altitude, la neige tombée la semaine précédente fait son apparition. Elle sera présente sur près de 40 % du parcours (tout de même moins que les 70 % de 2013 mais plus fraîche et plus instable).

 

2600 m d’altitude, le début de mes difficultés. Il faut dire que l’altitude était la grande inconnue pour moi. Je n’ai que rarement dépassé ce seuil et je vais avoir beaucoup de mal à progresser. Je monte donc difficilement mais pas question de lâcher. Je laisse pas mal de monde me dépasser et je prends un rythme lent mais économique. Bientôt la progression n’est plus possible sans chaînes aux pieds. Tout le monde enfile ses Yaktracks ou Ezyshoes puis repart. Arrivé au Panoramic, premier ravitaillement qui est la bienvenue ! A peine reparti, je vois Emilie Forsberg, futur vainqueure, qui a déjà fait l’aller-retour jusqu’au sommet. Pour ma part, je vais mettre 50 minutes pour faire le même parcours avec des paysages incroyables au-dessus des nuages. Une chance… et quelques photos, dont l’une des plus belles que j’ai eu l’occasion de prendre à ce jour sur mes ultras.

 

Après avoir joué le photographe et dévalé le glacier, nous voilà déjà dans l’ascension du Col de Fresse. Le souffle revient peu à peu et une fois le sommet dépassé, un terrain vallonné, très boueux, nous attend. C’est l’occasion pour moi de perdre moins de temps et d’accrocher, voire de rattraper d’autres concurrents. Bonne idée, car dans la montée suivante du Col de la Rocheuse, je sens une nouvelle fois un manque de souffle. Il faut dire que nous frôlons les 3000 m. La descente très raide qui suit nous amène au refuge du Fond des Fours, ravitaillement regroupant les concurrents de l’Altispeed et de l’ITT. Le parcours est toujours aussi magnifique, mais ne laisse aucun répit. C’est reparti pour le Col des Fours à près de 3000 m une nouvelles fois. Mon souffle ne me laisse pas tranquille mais les autres concurrents autour de moi baissent de rythme et je peux donc les suivre. Nouvelle descente raide jusqu’à la route menant au Col de l’Iseran. Et là je dois avouer que même pour le traileur que je suis, les 3 km de bitume en cote ne me déplaisent pas. Je peux récupérer un peu tout en “avalant” 200 m de D+ facilement. Le bitume s’arrête alors au ravito de la cascade où, bémol de la course, les ravitos sont quasi inexistants pour le dernier tiers des traileurs de l’ITT. Pas de TUC®, pas de coca, pas de fromage, pas de saucisson, bref la bérézina !

 

Heureusement, je suis quasi autonome sur une course et cela ne me posera peu de problèmes, mais je plains certains étant donné ce qui nous attend ! 700 m de D+ à réaliser en deux fois. Une première partie dans la neige et très raide jusqu’au Col Pers, puis une deuxième partie, tout aussi raide dans une mer de schiste, jusqu’à l’Aiguille Pers. Passage extrêmement dur mais dernière réelle difficulté.

Après c’est bonheur ou presque ! Descente en sachant que nous serons finishers. Ravito (léger donc…) au Col de l’Iseran, montée au tunnel Lessières, puis descente jusqu’à Val d’Isère.

 

Descente qui révèlera quelques surprises puisque je rattrape deux traileurs grâce à une descente sur les fesses plutôt très bien maîtrisée ! Nous ferons quelques km ensemble ensuite jusqu’à de petites collines qu’il faudra monter… Enfin, arrive les 1000 m de D- correspondants au kilomètre vertical de vendredi, à l’envers donc… Autant dire qu’après 60 km, les cuisses sont raides ! Mais je me sens bien et je rattrape pas mal de traileurs. Je finis épuisé, sous les applaudissements des collègues, reçois mon t-shirt (qui à la classe quand même) et pose avec François d’Haene, qui est en train de vendre son vin… Eh oui, en plus d’être l’un des meilleurs traileurs (vainqueur en 6h30 de moins que moi), il est aussi un viticulteur épanoui… Dur de rivaliser !

Au final, 14 h pour 63 km et 4600 m de D+ pour la course la plus dure que j’ai eu à faire à ce jour !

Vers le Col de l'Iseran

Sommet de la Grande Motte

Cotes de la fin !

1 commentaire

Commentaire de crocodile posté le 15-08-2014 à 17:05:04

Bravo et merci pour ton récit.

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