Récit de la course : La Moins'Hard 2014, par trinouill

L'auteur : trinouill

La course : La Moins'Hard

Date : 5/7/2014

Lieu : St Nicolas De Veroce (Haute-Savoie)

Affichage : 751 vues

Distance : 40.5km

Matos : Sac salomon S Lab 12 litres
Hoka Stinson trail
corsaire salomon Exo
T >Shirt Salomon

Objectif : Pas d'objectif

13 commentaires

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En zone de relachement

                         

 

 

En prenant part à une course, au moment de l’inscription, on regarde toujours celle dont la distance nous parait la plus accessible voir la plus honnête avec nous même ; c’est une généralité, qui s’efface totalement une fois la ligne d’arrivée de la Moins Hard franchie.

Ce qui me pousse à dire cela et le fait d’y avoir déjà participé, comme pour un saut en parachute, c’est le deuxième qui vous rappelle à l’ordre dans le sens où l’on sait que l’on va en baver et même flipper un tant soit peu.

 

            Nous sommes la veille de la course, les kikous arrivent de partout, on ne sait plus ou donner de la tête ou du coude c’est selon. Une pasta partie en mode quart de finale en cette coupe du monde de Footchball dont le résultat n’altérera pas notre envie d’être sur la ligne de départ le lendemain. Comme à l’accoutumée j’ai privilégié les transports en commun et le Covoiturage pour y laisser une faible emprunte carbonne. L’aller avec Jack, Laeti et Ejouevin pour la partie région Parisienne / Haute Savoie ; avec Arcelle pour rejoindre le gîte du Pontet et le retour vers Paris après la course en train by night.

Les coureurs de la Grande course se levant à 2h30 du matin, l’extinction des feux est rapide et, chose inhabituelle, je  me couche à 21h30 pour me lever à 5h ; moi qui suis plutôt du style à me mettre sous les draps aux alentours de minuit ça me fait bizarre mais ça passe. Petit lever en même temps que les premiers pour mater la météo qui est bien pluvieuse à cette heure matinale ; du coup je vais me recoucher pour me mettre debout en même temps que les coureurs du 60 Km dont le départ est prévu à 7h et la Moins Hard à 8h ; je profiterai une fois de plus d’Arcelle qui m’amènera vers St Nicolas avec sa voiture.

On y est, tout le monde est dans la place ; les concurrents du 107km auront pris le départ sous la pluie tandis que ceux du 60 auront une belle accalmie. J’en profite pour voir toutes celles et ceux que j’ai ratés la veille et en profite pour filmer le départ en attendant mon tour.

Tic Tac Tic Tac et 5, 4, 3, 2,1 et c’est parti pour une sacrée balade. Un petit rappel des distances : 39km pour 3400m de dénivelé positif !!! Ce n’est pas rien je vous l’accorde et je peux transposer cette distance en rapport avec du plat : la règle veut que pour 100m de dénivelé, le ratio est égal à l’équivalant d’un Km sur le plat, ce qui nous fait un petit 73km.

Ici rien  n’est comme ailleurs, après les quelques mètres de bitumes on rentre dans le vif du sujet, ça grimpe et pas qu’un peu et bien sûr ça redescend tout autant pour remonter et redescendre encore et encore. Si l’on souhaite du relâchement, il n’y a que dans les descentes que l’on peut y arriver mais rien n’est simple avec ce corps sollicité en permanence.

Le début de la course se passe plutôt bien et comme le dit si bien Land, je mouline dans les montées, à petites foulée et les pieds légèrement en canard, j’aborde la chose à la sauce Montagn’Hard et ça passe bien pour le moment. Les descentes étant aussi abruptes, je commence à avoir des soucis de ……………..comment dire……………d’ordre bidale, j’ai l’estomac qui n’accepte pas d’être ballotté et ça me rend malade comme pour un mal en voiture ou de mer en quelque sorte mais en montagne. Le premier ravitaillement m’attend et je repars aussitôt en aillant failli oublier ma Go Pro au stand.

            La montée vers le Prarion je la connais très bien mais j’ai l’impression d’avancer dans le vide tellement les problèmes digestifs me coupent dans mon élan,  de vomir de l’air cela deviens très agaçant et j’ai déjà eu se soucis au mois de Mai sur les 100km de Steenwerck et là je me suis dit «  ce n’est pas un 39km qui va t’emmerder alors que tu as fini la précédente course dans la même situation !!! ». Je ne sais pas si cette méthode et celle de Coué mais ça marche, le coup de pied au cul est direct en arrivant au sommet. Dans cette ascension, je chemine avec Land, Astro et Aurore coccinelle qui vient goûter au plaisir de la montagne en mode course ; on se double se croise depuis le début et c’est bien sympathique cette bonne humeur dans ce petit groupe de kikous. Malgré mes trois participations, je ne me rappelle plus comment sont les descentes mais je vais vite prendre mon pied ; dès que ça commence à être roulant j’engrange la machine en petites foulées afin d’aller le plus loin possible. La méthode est simple : légèrement assis/debout dans la pente et les bras totalement relâchés vont me permettre d’envoyer comme j’aime dans la pente. C’est génial, j’adore, kiffe, c’est trop bon d’être bien dans ce genre de situation, je m’amuse à doubler toutes celles et ceux qui en ont fait de même avec moi dans les montées. Je me régale et me délecte de ce plaisir incommensurable. Dès que la pente s’inverse, un effet étrange m’envahi les cuisses, elles veulent avancer toute seules, c’est délirant comme effet et assez déroutant mais plaisant et rigolo.

Deuxième ravito, je fais une pause et fais coucou à un cycliste de passage et ce n’est autre que Mathéo Jacquemoud qui s’entraîne dans les parages. Cela fait toujours plaisir de croiser ce mec hors du commun. Aurore, Land et astro arrivent au stand alors que je me prépare à en partir. A tout à l’heure les loulous je dois encore en découdre.

La montée vers le Col du Tricot n’est pas dans mes petits papiers, elle est longue et usante. Il faut grimper vers le glacier de Bionnassay et redescendre vers la passerelle du même nom afin de la traverser et rejoindre le prochain «Sommet ». Je me sens facile et je m’alimente correctement et m’hydrate copieusement avec mon sac et j’en profite pour humidifier fortement la casquette à chaque ruisseau traversé. Le soleil donne………..la même couleur aux gens mais ceux que je croise viennent de grimper dans l’autre sens en plein cagnard et cette version n’est pas facile du tout, chapeau bas.

Il est là au loin, me narguant de sa hauteur et de ses neiges aux alentours mais j’ai hâte d’y être. Comme un môme j’attends ce moment avec impatience. Une fois au col, deux ou trois photos et j’enclenche le mode Geronimo pour rejoindre le troisième ravitaillement à fond les ballons mais je reste sur le qui vive vu qu’un coureur ascendant m’a prévenu que c’était un poil glissant. C’est le bon mot qui me fait revenir à la raison après une belle gamelle sans gravité. Zut, j’ai des cailloux dans la chaussure droite mais ils ont mystérieusement disparus ? Je m’apercevrais, une fois la ligne d’arrivée franchie, que celle-ci est déchirée. Petit check au photographe à l’approche du ravitaillement, un peu de jambon, qui ne passe pas ; je rempli mes flasque en mélangeant du pepsi et de l’eau, du tout bon pour mon bedon J. Un petit coup de tripouet et c’est parti pour rejoindre St Nicolas de Véroce .

Il faut en avoir gardé sous la semelle pour ce qui m’attend. Je doute et je redoute la fin de cette « coursette », c’est interminable la première fois. Je m’attendais à des choses simples dans la pente pour la fin mais c’est très technique et pentu, dans ma zone de relâchement en mode descendeur, j’ai quand même du mal a freiner dans certaines parties ou il ne faut vraiment pas se louper sinon c’est le rapatriement en hélico. Depuis le deuxième ravitaillement je suis dans la « zone », je chemine à 140 pulsations de moyenne et j’en ressens les effets bénéfiques. Bien sûr le cardio monte dès que la pente en fait de même et je m’aperçois qu’il me faut un bon vingt kilomètres avant d’être bien sur une course de ce type. L’investissement dans ce matériel afin de surveiller mon cœur est un bon choix et cela me permet de gérer au maximum sans être totalement épuisé.

Mes cuisses commencent à me brûler mais c’est normal avec ce que je leur mets après chaque grimpette. La danse des canards devrait être effective d’ici deux ou trois joursJ.

Je n’en vois pas le bout mais vu ce qu’il me reste à prendre dans les quadris, j’essaye de ralentir pour ne pas être totalement cramé par la suite. Un peu de bitume avant d’attaquer la cerise sur le gâteau. Que se passe-t-il dans la tête d’un organisateur féru de dénivelé ? Des variantes bien sûr ; j’en ai eu quelques unes très sympathiques depuis le début. A ce moment, la plupart des coureurs ont dû se dire : « c’est bon on voit le clocher et on n’est plus très loin !!! » c’est ce que l’on croit arriver à cet endroit, mais une fois de plus ce ne sera pas le chemin le plus simple pour y arriver. Olivier nous a concocté un final comme il se doit ; une fois la route traversée c’est du bitume raide de chez raide pour rejoindre le chemin qui n’aura de cesse de grimper ; chouette, après en avoir bavé et limite craqué sur la fin je me dis que c’est bon vu que je commence à voir des chalets. Un bénévole me pointe en me disant que ça grimpe encore un peu. J’aurai du me méfier c’est un montagnard qui vient de me parler et je pense bientôt en sortir un dictionnaire pour ne plus être dérouté de la sorte. Ça n’en fini pas et je commence à en avoir ras les cuissots quand enfin la pente s’adoucit pour s’inverser.

Il y a comme une mini bifurcation entre la descente du Mont Joly et le parcours final de la Moins Hard. J’aperçois un coureur qui vient de là mais je poursuis mon chemin. Une épingle plus loin je vois que c’est mon pote Jean-Luc (Ch’ti 42) qui en termine avec le 100 après être grimpé au sommet avant de reprendre la raison de rentrer sagement vers St Nicolas.

Heureux nous le sommes car on n’aurait pas trouvé un meilleur scénario que celui-ci, de franchir main dans la main cette ligne d’arrivée qui, quoi qu’il arrive ou quelque soit la distance vous fait accélérer voire sprinter pour enfin toucher la délivrance.

 

Que c’est bon d’être là, d’avoir foulé des endroits autant magiques que magnifiques. Cette course a le mérite d’exister et d’être vécue par nous, coureurs de plaine ou de montagne, que ce soit la toute première fois en ces lieux ou la quatrième, l’effet reste le même et j’en redemande. C’est trop bon, j’ai accompli l’un de mes objectifs annuels, moi qui voulais passer la main pour cette fois, j’aurai eu bien tort !!!

 

 

 

Merci a l’organisation qui malgré quelques petits problèmes de sponsoring, a su rebondir comme il le fallait pour nous offrir la plus belle des courses de montagne.

Un grand merci pour les Bénévoles, vous êtes vraiment incroyables et toujours au petit soin malgré les écarts d’humeur de certains ; ne changez rien vous mettez du baume au cœur et avec le sourire.

Merci pour Laetitia et Jaques de m’avoir transporté jusqu'à St Nicolas et Arcelle pour m’avoir fait découvrir une route bien flippante tout de même J

 

 

 

Merci pour tout et à bientôt

 

         

13 commentaires

Commentaire de caro.s91 posté le 07-07-2014 à 19:13:11

En plus, je ne t'ai même pas vu, alors que nous étions sur la même course... pff, c'est pas humain !!! :)

Commentaire de bubulle posté le 07-07-2014 à 19:23:40

Moi j'aime bien les CR qui prennent soin des V2 à la vue basse, avec DES GROS CARACTERES. Merci bien bas, cher ami pour ce petit moment de retour sur la "course des enfants" (qui terroriserait évidemment le premier parigot venu) et la bonne façon que tu as de rappeler qu'elle n'est pas tout à fait pour tous les enfants..:-)

A un de ces jours, ici, là ou ailleurs, mais de toute façon quelque part où y'a des gens sympa qui courent (ou boivent une binouze, éventuellement).

Commentaire de jack91290 posté le 07-07-2014 à 19:59:50

Bravo david. Encore un trail de fini d'une bien belle maniere.
no souci pour le covoiturage ce fut avec plaisir.
jack

Commentaire de sapi74 posté le 07-07-2014 à 21:36:31

heureux d'avoir fait ta connaissance au départ et à l'arrivée de la course, à bientôt...

Commentaire de Arclusaz posté le 08-07-2014 à 09:54:45

Je ne comprends toujours pas comment je ne t'ai pas reconnu dans la dernière côte....
En tout cas, tu marchais d'un vraiment bon pas : ça y est, tu étais chaud !

A bientôt sur d'autres course, David.

Commentaire de trinouill posté le 08-07-2014 à 10:14:02

A cause de la casquette ;-)

Commentaire de la panthère posté le 08-07-2014 à 19:54:32

Et encore une de bouclée.... ça doit te faire un sacré kilométrage de compét en fin d'année, en convertissant les kilomètres de dénivelé + en prime! chapeau, (casquette!)

Commentaire de mightygnou posté le 10-07-2014 à 17:34:15

Hey!
C’était sympa de t'avoir croisé le vendredi!
Content que tu es pu boucler ta course...en espérant te voir terminer la grande l'année prochaine :)

Commentaire de gdraid posté le 16-07-2014 à 14:10:22

Bravo Trinouil pour ta belle Montagne moins hard !
Merci pour ce bon récit.
Je sais que pour Olivier, moins hard ne veut pas dire facile en ces lieux ;)

Chapeau pour une telle épreuve sur laquelle tu sembles avoir récupéré tout tes moyens, après ton accident aux 25 bosses en 2013.

JC

Commentaire de Benman posté le 25-08-2014 à 21:51:45

J'ai un peu de retard dans mes (bonnes) lectures. Bravo pour ce récit et le plaisir que tu fais partager à avoir fait cette course qui il est vrai est magnifique.

Commentaire de Chti42 posté le 12-01-2015 à 15:51:48

Bravo David pour ton mental et surtout pour ta bonne humeur, comme toujours.
Ravi d'avoir passé la ligne d'arrivée ensemble malgré ma blessure à la cuisse.
A très vite à St-Nicolas de Véroce... ou ailleurs!

Commentaire de trinouill posté le 12-01-2015 à 17:07:24

si tu veux me trouver ce sera en Mars sur le Trail Bullygeois des tranchées dans le pas de calais le 14 Mars ( 85km )
Grand Raid du Morbihan fin Juin
GRP 120 fin Aout :-)

Commentaire de Chti42 posté le 21-05-2015 à 15:16:32

Viens juste de lire ton récit...

Bravo David pour cette Moins Hard. Je sais que tu ne t'étais pas preparé pour les forts dénivelés.

Effectivement, c'était cool de se retrouver dans la descente vers les Contas et de trinquer à l'arrivée!

Quant à moi, j'avais dû bifurquer sur la 60km à cause d'une blessure lors de la descente "trop rapide" de Trê-la-Tête vers les Contas: contracture du muscle ilio-psoas ("releveur de la cuisse" d'après mon kiné) en ayant effectué un arrêt d'urgence avant de finir dans le décor! J'étais pourtant très bien physiquement et dans un temps de course de 26h! Grrrrrr

Vivement juillet 2015!

Nota bene: dommage que tu ne n'y sois pas cette année...

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