Récit de la course : Sparnatrail 2001, par Mogwaï

L'auteur : Mogwaï

La course : Sparnatrail

Date : 4/11/2001

Lieu : Epernay (Marne)

Affichage : 2106 vues

Distance : 50km

Matos : Poche à eau 2l DK
Barres énergétiques

Objectif : Terminer

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Le récit

1. La course

Le dimanche 4 novembre 2001, un trail (pas une course de tafiolles) de 50KM dans la vallée de la Marne et ses célèbres coteaux en lisière des forêts d'Epernay. Un dénivelé de 900m positif (donc, autant à redescendre) en semi auto-suffisance (deux ravitaillements complets proposés, le reste à prévoir par le participant avec un sac type "camelbak"). Départ prévu à 0800Hr, c'est-à-dire fort tôt quand vous aurez lu le point 2. ci-après.

2. L'avant-course

Vous devez savoir que 3 membres du RCN se retrouvent sur une liste de discussion internet (adresse : www.42kms.com) composée d'amoureux de la course à pied , et qui sont membres de ce qu'on a appelé une ménagerie, puisque, autant que possible, tout un chacun possède un patronyme d'animal. Ainsi, notre nouveau président se prénomme "l'empereur", votre serviteur "le mogwaï" (gentil animal du film les gremlins) et notre ami Pierre Gillain (enfin le vôtre d'ami) anciennement appelé "l'aveugle" (ce qui lui allait déjà bien) se nomme maintenant "le hareng saur" (ce qui lui va encore mieux) ;-))

Dans le cadre de cette course, nous avions, le hareng saur et moi-même répondu présents afin de porter haut les couleurs du RCN à un AAB (autrement dit, un Appel A Bouffer). Cela consistait en ce que chaque coureur apporte une spécialité de sa région, à savoir un fromage et une boisson,…, euh… énergétique. Vous trouverez ci-après le menu dégustatif du samedi 03 novembre 2001, que chaque convive apporteur devait commenter :

• Apéritif : trilogie de blanc (champagne donc) : Vollereau 91, Jacquart 95 et Esterlin RD
• Le repas : potée champenoise, avec des morceaux de viande et des légumes aussi goutûs les uns que les autres, le tout arrosé de Côtes de Champagne rouge. Ce délicieux repas était préparé par la maman de Philippe Lagache, éleveur en Champagne à qui vous vous devez de rendre visite si vous allez à Epernay. Pour la petite histoire, il était présent à la Ronde des jardins à Chevetogne, car c'est aussi un coureur!!!
• Bière de Lutèce (c'est-à-dire Paris; ici est née une dispute entre le représentant parisien et notre hareng saur namurois pour savoir où était le centre du monde. Aucune réponse satisfaisante n'a pu être trouvée à cette épineuse question)
• Cidre et fromage de Neufchatel
• Fromage et bière de Chimay (choix judicieux de votre serviteur)
• Fromage et bière à la moutarde de Bister (re-problème pour la définition du centre du monde)
• Chignin Bergeron avec fromage de chèvre de chartreuse et reblochon
• Champagne grand cru 95 et brie de meaux
• Coteau du layon et fougerous
• Fromage du Comté et vin jaune (superbe!)
• Tomme de savoie et Eau henniez (c'est-à-dire bêtement de l'eau de Thonon, le traître)
• Noyeau de poissy accompagné de grand-Marnier et de galettes préparée par "l'instit" qui est une représentante du club de Walcourt également présente pour l'occasion.

Inutile de vous mentir, nous ne sommes pas arrivés au bout de cet effort. Vous trouverez ci-après le commentaire du "ouistiti", présent lors de ces agapes : "on en vient donc à l'interminable plateau de fromage, arrosé d'un peu de tout : cidre, bière belge ou bière poussiéreuse du centre du monde, Chignin-Bergeron etc.... L'idée était que chacun essaye d'empoisonner tout à tour ses convives pour mieux les devancer le lendemain sur la course. Puis, pour se changer les idées, Philippe Lagache nous fit les honneurs de sa cave, une sérieuse dégustation à l'appui. Il fut ensuite l'heure de réceptionner les derniers arrivant (les pauvres, que n'ont-ils pas loupé) et de repasser à table car cette dégustation nous avait ouvert l'appétit. On en profita pour déguster le Beaufort de la "Tarine", qui s'élancerait le lendemain pour le marathon de New-York."

3. La course

Tout d'abord, le "ouistiti" relativement honnête (entre parenthèses, quelques commentaires de ma part) :
"allez, je me lance quand même dans un compte-rendu du Sparnatrail.... Cela a commencé par une petite mise en jambes dans les rues d'Epernay, un quart d'heure d'échauffement en commun avant de lâcher les fauves. D'entrée, on voit les zanimos (appelation des membres de la "ménagerie") aux avant-postes : la "sauterelle" et "l'électron" sont en première ligne, bientôt rejoints par le "lapouneur". Le depart réel est donné. Je m'élance en queue de peloton, avec l'aveugle et le mogwaï, c'est parti pour le footing long. Première difficulté après 5km : je marche, voyant que le mogwaï s'apprête à me doubler, je lui intime l'ordre de marcher également. Non mais... (conseil précieux que j'ai suivi à la lettre et bien m'en pris!!!) En haut de la côte, Papy (fondateur de la liste, que nous rencontrerons lors du voyage du Club à Epernay cette année) est là à nous encourager... Je lui confie un t-shirt et mon cuissard long. Le temps que j'enlève mes chaussures, le mogwaï en profite lâchement (!!!) pour passer et prendre ses distances, il le paiera cher... (euh,… c'est vrai).
Après une petite heure et demie à monter et descendre dans les vignes, j'arrive au ravitaillement de Damery (km15 en 1H33), et tombe sur le Mogwaï qui s'enfuit aussitôt. Après le passage à niveau, on attaque une montée sur route et chemins, je marche vite et double certains concurrents pour la troisième fois de la matinée. Je remonte les concurrents les uns après les autres, et finit par arriver sur 2 silhouettes connues, le Lapouneur et l'Electron, lachés par le Mogwaï au passage à niveau à cause du passage d'un train. Au km 28, on aborde une nouvelle difficulté, une grimpée pas très longue mais sèche vers une chapelle, j'arrive au deuxième ravitaillement (31km, 3h17).
Il reste 19 kilometres et on traverse des forêts bien grasses. Au 38ème kilomètre, une méchante côte, pas très longue mais assez raide. Je la passe bien mais arrivé en haut, la relance est plus difficile. Commencent alors les kilomètres les plus durs, même s'il y a une majorité de descente. "Plus que 4 kilomètres", c'est le papy qui est encore là au bord de la route. A ce moment, je retrouve un peu de tonus. D'un seul coup, je repart au galop et peu après, je vois le mogwaï devant moi, je le rejoins alors qu'il arrive au niveau du groupe de supporters de la ménagerie. Il essaie encore de me bloquer en m'assénant des coups de poing, mais je me dégage vite de son emprise et file vers l'arrivée. Curieusement, j'arrive encore à relancer dans les deux derniers kilomètres et finis à bonne allure sans trop avoir souffert. Temps officiel : 5h15'01'' (le mogwaï terminera en 5h17').

Ensuite, le rapport du "hareng saur", nettement moins honnête :

"Le repas? Il n'y avait pas de vomitorium de prévu, comme chez les romains du temps de leur décadence. Et puis en plus, le Papy, il s'y connaît peut-être un tout petit peu en entraînement, mais en diététique, alors là, zéro sur toute la ligne. C'est comme l'autre, là, le nombril du monde, "l'Electron". Il croit que son bled est au milieu de la carte. J'sais même pas où c'est, moi, Sart TrouVillage. Et alors, avec sa bière, qu'y dit que c'est pas eux qui la font pass qu'y veulent pas se salir les mains."

(Et si on passait à la course, hein, mon hareng saur préféré?)
"Allez, ici, je vais être court. Départ sans aucune autre ambition que de terminer (comme toutes les courses, quoi). Après un mois et demi de léthargie entraînementesque, je pensais déjà que terminer serait difficile. Après une heure de course, mes jambes me faisaient déjà mal. Et puis, ça a été de mieux en mieux, au fil des kilomètres. Il est quand même à noter que l'organisation n'était pas vraiment parfaite : j'ai raté tous les marquages de kms, je n'ai pas vu le chronomètre tous les 5 kms. Les ravitaillements tous les 3 kms étaient bien cachés. En plus, moi ça ne m'est pas arrivé, mais ils ont fait passer des trains et des voitures rien que pour embêter les gens. En plus, el Papy, en qui, comme je l'ai déjà dit, je n'ai plus entièrement confiance, et pour cause, nous avait promis du soleil et du paysage. Des clous, oui. Du soleil, il a fallu attendre trois heures avant d'en avoir. Si j'avais couru à mon rythme normal, je ne l'aurais pas vu le soleil. J'ai dû ralentir pour ne pas trop faire mentir. Donc, au 5ème km, au pied de la première côte, je faisais déjà mon 2ème arrêt pipi. Ce n'est qu'au 38ème km que j'ai haussé le rythme pour terminer plus vite que je n'étais parti (est-ce si dur?). Quant à savoir en quels temps je suis passé aux 15ème et 31ème kms, impossible de le dire, je n'ai pas regardé. Temps final : 6h09' (Ouahhhhhh, super mon ami, le hareng saur!!!).
C'était mon premier trail, mais pas mon dernier. Un quart d'heure après, j'étais prêt à repartir (Vous auriez du voir comme il a profité de son massage. Pas aveugle pour tout!!!).

4. En résumé

Redevenons un peu plus sérieux. Tout d'abord, le trail, c'est autre chose. Il faut en avoir goûter pour savoir ce que c'est. J'en arriverai presque à dire que le marathon est une course horrible. Rester un bitumeux quand on peut se ballader dans la nature…
Ensuite, je crois avoir compris ce que la course à pied pouvait m'apporter quand elle est pratiquée dans l'esprit que nous avons rencontré là-bas. Et j'ai en tous cas compris ce que la course à pied pouvait encore m'apporter comme défi. Je croyais que mon bonheur passerait par le fait de me dire : "il faut que je cours telle course à telle allure". Et bien, NON! Il me restait deux choses à faire pour pouvoir être un coureur à pied (la 1ère, je l'ai réalisée à l'occasion du Sparnatrail) : tout d'abord, osez marcher lors d'une course. C'est fait. Ensuite, osez abandonner lors d'une course. Je ne l'ai pas encore fait, mais quand ce sera le cas, je serai un vrai coureur à pied.

Mogwaï

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