Récit de la course : La Promenade du Bucheron - 42 km 2014, par niconico

L'auteur : niconico

La course : La Promenade du Bucheron - 42 km

Date : 17/5/2014

Lieu : Hauteville Lompnes (Ain)

Affichage : 487 vues

Distance : 43km

Objectif : Pas d'objectif

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la montagne russe cachée dans la forêt

7 h 30, nous voilà partis, avec mon copain François, qui a déjà participé 2 fois au truc, vers Hauteville, pour prendre le départ des 42 km de "la bûche". Perception des dossards, petit tour en navette, et nous arrivons aux plans d'hotonne sous un beau soleil qui peine à réchauffer nos carcasses engourdies par le froid.

François insiste pour qu'on s'échauffe, ce que je ne fais jamais d'habitude en me disant que la course est suffisamment longue pour que j'aie le temps de me chauffer au départ. Mais là je l'écoute, et on fait un petit tour sur les pistes de ski du parcours de biathlon, qui est fermé, tout le monde l'aura compris, vu qu'il n'y a plus de neige. Au passage, on voit des concurrents du 70 bornes, qui ont commencé à ramer à 5 h 30, les pauvres. On les applaudit, on les encourage, et j'entends quelqu'un dire que parmi eu il y a la première féminine. Bravo Madame. Avec tout ça on loupe le briefing d'avant-course ; je comprends juste qu'à un endroit on ne va pas passer où c'était prévu, François me dit que l'année dernière il y avait plein de boue et que l'année d'avant c'était pire, alors je me dis tant mieux, j'aime pas trop la boue, ça glisse et ça colle.

10 h, départ, en queue de peloton comme d'habitude ; c'est mieux psychologiquement, car comme ça je double quelques collègues pendant la course et comme ça j'ai l'impression d'aller vite. Les dernières sensations à l'entrainement n'étaient pas trop mauvaises, je suis bardé de bonnes résolutions car j'ai promis juré craché de ne pas dépasser les 152 BPM et de ne pas faire comme toutes les autres fois où j'avais promis la même chose et que mon cardio a sonné tout le long. Là, mon cardio aura sonné tout le long, mais pas trop fort (entre 152 et 155).

Les premiers kilomètres sont sympas, pas trop pentus, magnifique vue sur le Mont-Blanc, grand beau temps, ça monte un peu, j'arrive à courir pratiquement tout le long jusqu'au premier ravito (km 9) où je rejoins François que j'apercevais régulièrement quelques centaines de mètres devant moi. Il y a des prés, des jonquilles partout, ça sent bon, on est au printemps, et mes chaussures neuves - à peine 50 km mais j'étais forcé, les autres ont rendu l'âme pendant les vacances - ne me font pas mal aux pieds. Petite gratouille au chien qui traine devant le ravito, et je repars avec François. On chemine ensemble dans l'herbe, ça vallonne, on court bien, et on arrive vite au second ravito que je saute car mes gourdes sont quasi pleines. Ma montre me dit des trucs un peu bizarres au sujet des distances, mais je ne fais pas trop gaffe, d'autant que le profil devient moins rieur ; on est dans la forêt, ça grimpe pas mal, et là, c'est le drame ; un gros mur bien raide, avec une grosse corde qui sert qu'à te faire mal aux bras en plus d'avoir mal aux jambes, et un gars qui est obligé de faire une petite pause au milieu parce que ça pique les cuisses. On s'en sot et on bascule sur le ravito du km 21, où les relayeurs vont claquer la bise à leur coéquipier. Quelle n'est pas ma bonne surprise de voir Thierry, un autre copain coureur, qui devait faire la course avec nous et qui n'a pas pu et qui est quand même venu en moto nous encourager. Ca réchauffe le coeur, ça redonne du courage, et ça fait tout de suite un peu moins mal aux jambes. Tiens, ma montre affiche 22,5 km, ils ont dû mal viser pour planter la tente. 

Le liquide infâme qui remplit mes gourdes au sortir de ce ravito (isostar + thé au 1er ravito + eau gazeuse à l'instant) n'est guère appétissant, mais ça ira. Le profil, par contre, est de moins en moins gentil avec les coureurs ; on est dans la forêt, ça monte, je cours de moins en moins, j'ai un peu froid car le temps s'est un peu couvert, il y a des passages avec des grandes pistes forestières, j'aime moins ; et je suis content d'arriver au ravito suivant (km 27) ; un peu d'eau, deux ou trois TUC et du chocolat (oui, en même temps on s'en fout on est pas au resto) et me voilà parti droit dans le piège odieux que les organisateurs, dans leur grand perversité, avaient préparé dans l'ombre ; parce que finalement j'aurais préféré la boue sur le chemin plat qui était prévu au départ à la succession de bosses infernales qui vont tenter de me décourager jusqu'au dernier ravito du km 35 ; ça monte droit dans la pente, ça descend pareil, et c'est avec soulagement que j'en vois la fin en même temps que je vois, au loin, Thierry qui m'attend de nouveau ; il m'apprend que François était juste derrière au km 21, qu'il ne devrait donc pas tarder, et qu'il ne faut pas que je regarde la piste de ski à droite parce que c'est là qu'il va falloir monter. Trop tard, j'ai regardé ; et puis François m'avait déjà dit qu'il fallait y aller au piolet, et il ne s'est pas trompé ; j'arriverai en haut limite crampe, mais bien content que ce soit la dernière montée. Il reste alors 7 km jusqu'à l'arrivée. Comment ça, 7, pas 5 ? non pas 5 parce que c'est la seconde surprise des gros vilains qui ont organisé cette course : en fait elle fait presque 44 km au lieu de 42. 

Et c'est finalement assez cuit que j'arrive en 5 h 58, objectif perso rempli puisque je voulais faire entre 6 h et 6 h 15. François arrive un quart d'heure plus tard, Thierry s'est joint à moi pour l'encourager dans les derniers mètres.

Bilan : un beau trail, au parcours varié, assez cassant mais joli, des bénévoles aux petits soins (oui je sais c'est une banalité de dire que les bénévoles sont sympas sur les trails, mais je suis persuadé que l'on pourra mesurer un jour l'effet que fait sur un traileur fatigué le sourire bienveillant d'un signaleur qui l'encourage du geste et de la voix), et une belle organisation, perverse mais efficace. Bravo à tous, et à bientôt pour le 70 km parce que j'aimerais bien le faire un jour ; il faut que je le coche.

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