Récit de la course : Trail des Citadelles - 20 km 2014, par Berty09

L'auteur : Berty09

La course : Trail des Citadelles - 20 km

Date : 20/4/2014

Lieu : Lavelanet (Ariège)

Affichage : 1139 vues

Distance : 20km

Objectif : Pas d'objectif

6 commentaires

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L'incontournable Citadelle

    

      C'est les Citadelles! Bien plus qu'une course pour moi. Elle évoque avant tout mes premiers émois de trailers. 2009: la neige, le château, la liberté, le plaisir de courir, la compet...marqué à jamais. Quelques années ont passé; beaucoup de découvertes, du 10 bornes au marathon en passant par le triathlon, tout un monde à chaque fois. Cette année, c'est le retour aux sources sur cette course devenue incontournable en Ariège. Michel, le grand ordonateur, n'est plus cette figure emblématique découverte sur son blog. Il est maintenant, comme d'autres trailers, des mecs avec qui je croise le fer sur les sentiers. C'est déjà une grande victoire et je suis là pour prolonger ce plaisir.


     L'appétit vient en mangeant et ma dernière course de Quillan me confirme que je suis maintenant tout prêt des places d'honneur. Je viens pour confirmer et si possible marquer quelques bons gros points au challenge "Défi Sud Trail's". Pour cela, rentrer dans les 10 premiers sera l'objectif. Les derniers jours de prépa n'auront pas été optimum mais quand je fais le point, avant d'attaquer la course, je peux pas me plaindre. Profite Berty, t'es sur pied, prêt à te lancer avec la meute, c'est pas beau, ça?


     Le profil, je le connais par coeur avec quatre participations aux Citadelles. Je suis même venu le mois dernier repérer la nouveauté du parcours 2014: un final un peu plus costaud. Ce matin de course, je suis dans mon élément. Concerné et heureux d'être là. Je croise avec plaisir le microcosme du trail, entre champions et débutants, tous réunis pour ce grand moment de partage. Je me surprends même à donner quelques conseils aux novices...garder du jus pour la partie roulante! Je sors m'échauffer, le temps s'est mis au diapason. Le soleil s'est éclipsé pour ne pas gâcher la fête. C'est sacré ici, il nous faut de l'eau pour les Citadelles. Cette année ce sera une légère bruine, faute de mieux.


     Je viens me placer sur la ligne, je respire, j'écoute la musique, je suis présent. C'est lancé! Je ne traine pas et viens me placer entre la 10ème et la 15ème place. Je reste derrière un mec qui avait fini devant moi à Quillan. Ce sera mon repère de début de course, je reste dans son sillage, ce qui m'évite de me demander si j'ai la bonne allure. Les 2-3 premiers km sont plutôt roulant. Premières impressions, c'est sec!!! Jamais vu ça aux Citadelles. On peut désactiver l'anti-patinage pour une fois, ça va aller vite.


     Pourtant pas question de s'emballer, je n'arrête pas de me dire que la course sera longue et sûrement éprouvante. Je ne veux pas piocher dans les réserves trop tôt. La première montée se fait au petit trot. Je garde un bon rythme mais je refuse d'accélérer dès que je me sens bien. Première bascule avant de pousser jusqu'au pied du château. Pas de point de côté dans la petite descente, c'est bon signe. Je m'approche du pied de Montségur...j'y suis. L'ambiance est magique. La brume et le château donnent une athmosphère hors du temps. De nombreux encouragements me font chaud au coeur et pourtant je ne reconnais personne. Je suis dans ma course. J'attaque le château chargé d'histoire.






     Je croque deux trailers avant les premières marches pour ne pas être ralenti dans l'ascencion. Je suis dynamique, mains sur les cuisses, je progresse rapidement. Les roches qui affleurent sont super glissantes, la descente devra se faire avec de la retenue pour ne pas se vautrer. J'arrive dans la citadelle. Yvan, photographe, me lâche quelques mots et me redonne le sourire. Je redescends contre nature. Moi qui adore sauter d'un rocher à l'autre, c'est frustrant mais ça me permet de m'économiser.




     Je quitte le bourdonnement du château et me retrouve seul sur le chemin bordé d'orchidées. Ca c'est les Citadelles! Les jambes me font comprendre qu'elles ont pris du dénivellé, la foulée n'est pas fluide. C'est le prix à payer, je cherche la souplesse pour ne pas en rajouter. Je débarque sur la petite portion de route, le mec en voiture ralenti, c'est Philippe qui m'encourage. Merci gars, jusqu'ici tout va bien! Je bifurque vers la petite côte et prends le temps de m'envoyer un gel. Passé le ravito, je file dans la descente. Personne ne revient de l'arrière mais je ne rattrappe personne. Normal, je ne veux pas trop taper dans la descente pour préserver mes jambes.






     Petit moment de doute... Si je n'attaque pas dans la montée et gère dans la descente, va pas falloir s'étonner si je ne rentre pas dans les 10! Et pourtant difficile de faire autrement. Je sais que j'ai besoin de mes jambes pour ne pas caler dans le long final. Les crampes ne sont pas loin et mes sauts de cabri pour enjamber la rivière me renvoient des signaux de danger proche. Un peu de sporténine, un peu d'auto-suggestion et ça passe. Je maintiens un rythme honorable et reviens enfin sur mon gars-cible du début de course. Ca fait du bien au moral. Je suis plus rapide et je vais l'avaler illico.


     Je dois être entre la 10ème et la 12ème place. Je sais que c'est maintenant que la réussite de ma course va se jouer. J'ai tout fait pour avoir du gaz dans cette portion plate. Je suis content de ma vitesse mais devant, les gars ne lâchent rien. Pas un seul mec en vue pour réveiller la bête. Au contraire, c'est un Catalan, jeune et fin, qui vient se porter à ma hauteur. Les places sont chères. Ils ne passera pas. Sur les derniers km, on se tire la bourre. J'ai mal aux jambes mais pas question de montrer l'ombre d'une défaillance. Il est comme moi et fait le beau. Personne ne veut lâcher.


     Il reste moins de 2 km, on se retrouve dans une prairie, je reprends quelques mètres d'avance. C'est pas grand chose mais ça change tout car je prends l'ascendant. La fin est proche. Monter à la croix, basculer, et c'est fait. Mais voilà qu'un autre type revient sur moi, tout l'inverse de mon Catalan. Bien chartenté, bâtons en main, il me passe sans ménagement et file devant. Je ne veux rien lâcher mais il est plus costaud que moi sur ce coup là. La dernière montée, en deux temps, est un supplice pour les jambes. Derrière, la descente finale. Rester debout, ne pas lâcher.






     En d'autres temps j'aurais refuser de m'aider de la corde dans le final mais là, le recours est providentiel pour rejoindre la place. Je cours, des escaliers, la dernière ligne droite. Je suis heureux. Des courses comme celle là, c'est le kiffe! J'ai tout donné. 12ème place au général, c'est ce que je valais aujourd'hui. J'en veux encore plus mais pour l'instant il est l'heure de profiter du moment. Les amis sont là ou arrivent petit à petit. Ca fait du bien de partager, surtout quand la course a été bonne!!!



    

 

6 commentaires

Commentaire de Francis31 posté le 22-04-2014 à 06:54:40

Toujours loin devant dès le départ et toujours proche des tous premiers à l'arrivée. Encore bravo pour ta course rondement menée face à une rude concurrence .

Commentaire de ant09 posté le 22-04-2014 à 12:54:42

bravo , rapide et efficace pour un top 15 à l'arrivée!!

Commentaire de mic31 posté le 22-04-2014 à 18:40:24

Bien joué Berty, il y avait du niveau et ta place finale est bien plus qu'honorable.

Commentaire de JM2CJC posté le 23-04-2014 à 09:34:40

Chapeau Berty,la concurrence sera acharnée pour le defi!!

Commentaire de grumlie posté le 25-04-2014 à 20:52:17

Et bien il a sérieusement envoyé le Berty. Bravo et à bientôt sur d'autre épreuves du défi!

Commentaire de Yvan11 posté le 26-04-2014 à 13:23:40

Bravo pour ta course et content si je t'ai un peu reboosté à Montségur ! ;-)

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