Récit de la course : Trail des 2 Buttes - 21 km 2014, par ZanzaTora

L'auteur : ZanzaTora

La course : Trail des 2 Buttes - 21 km

Date : 6/4/2014

Lieu : Marines (Val-d'Oise)

Affichage : 463 vues

Distance : 21km

Matos : Salomon XT Wings 3

Objectif : Terminer

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Partie 1: Le contexte

 

Après 12 ans sans le moindre dossard (championnats de Paris de Cross en minime) et 8 ans de tabagisme intensif et quelques soirées alcoolisées, j’ai repris la course à pied pour deux raisons : 1/ lâcher enfin la cigarette et surtout 2/ porter le rêve d’un de mes meilleurs amis qui voulait courir L’infernal des Vosges en septembre , rêve brisé par des périostites aux deux tibias et des fractures de fatigue un peu partout.

Je balance mon dernier mégot le 28 Février et passe du jour au lendemain de fumeur à coureur.

Je sais que la carcasse est toujours bonne (entretenue à coups de rando-courses en solo sur les GR10, 20 et d'un peu de VTT), mais la VMA et le souffle ont été détruits par le goudron des clopes. Après un mois, je veux une référence, une course étalon pour planifier au mieux mon entrainement.

Au boulot, un collègue trailer s’est inscrit au 20km de Jouy en Josas, mais je traine et paf, c’est plein. Du coup, je me rabats sur le trail D2 buttes dans sa version 21km à Marines, au fin fond du Val d’Oise, dans le joli parc naturel du Vexin.

 

Partie 2 : L’avant course

 

L’avant course est pleine de questions et d’appréhensions, ça fait tellement longtemps que je n’ai plus couru en compet’ que j’ai l’impression de tout devoir redécouvrir… 21km et 550m de dénivelé, ça fait quoi niveau temps ? Quelles chaussures ? Ravitos au km 8, 12 et 16, je prends quoi comme portage ? Départ à 9h15 et 1h de route, je mange quoi et à quelle heure ? Manches longues ou courtes ? Le parcours dit qu’il y a un joli mur après 1500m, je pars vite pour éviter le bouchon au risque de me cramer ou j’y vais zen, histoire d’assurer et d’éviter le DNF ? Bref, je nage dans le flou et j’appréhende un peu.

Finalement, je décide d’assurer les bases « comme quand j’étais gosse »: petit déj 2h30 avant le départ (corn flakes/flocons d’avoine dans du yaourt 0%, quelques biscuits au germe de blé), eau au bicarbonate 20 minutes avant le départ, retrait du dossard 30 minutes avant le départ, échauffement a minima, faire confiance aux ravitos (ça c’est contraint par l’absence de sac ou de ceinture correct). Et pour la course ? Je vais tout faire aux sensations : pas de montre, pas de cardio, pas de GPS.

 

Partie 3 : Le jour J

 

Mon père a la gentillesse de m’accompagner (on est vraiment revenu une grosse dizaine d’années en arrière... Merci papa!!) La luminosité est vraiment belle mais les lourds nuages noirs ne laissent rien présager de bon. 13°, pas de vent, c’est vraiment un temps idéal pour courir. Retrait du dossard, sans soucis. Je me change et me dirige vers le sas de départ. Les concurrents du 31 km sont à 5 minutes de l’heure H. Il y a pas mal de mecs super affutés et suréquipés, et d’un coup, je me demande ce que je fous là, après un mois d’entrainement, alors que mes semelles orthopédiques ne sont pas refaites (pied plat + valgus = risque énorme de tendinite…). Mon père me calme en quelques mots : t’es pas là pour pousser comme un bœuf mais pour te faire plaisir ! D’un coup d’un seul ça fait « clik » dans la tête: être bien, ravi de reprendre la course et finir!!

 

Partie 4 : La course

 

Et hop, c’est parti pour un temps d'environ … j’en sais rien. Dans un coin de ma tête, je me dis que 2h doit être jouable. Ça part tranquille, enfin il me semble, je déroule, je me sens bien ! Je compte 9 personnes devant moi au premier gros virage. On tourne, une flaque de boue énorme qu’on traverse droit dedans on monte et bim, le premier mur. Je le passe en marchant, on zigzague dans les bois, je me cale dans la foulée du mec devant moi, on double un gars arrêté au bord du chemin. Le parcours est ultra roulant mais jamais plat, je sens qu’on est vite, probablement trop pour moi, on verra bien… On passe une petite bosse en marchant et en échangeant quelques mots avant de plonger sur une portion de route dans laquelle on avale un coureur qui a l’air en souffrance. Le ravito ne devrait pas tarder, je l’attends, j’ai presque soif, pas bon, pas bon du tout. Nouveau passage en sous-bois. Mon lièvre accélère (ou en tout cas va trop vite pour moi), je le laisse filer. On commence à rattraper les derniers du 31km, partis 15 minutes avant nous. On ressort des bois, petite portion de route et enfin, le premier ravito. Encore plus de 12km et la moitié du D+ à faire… Au ravito, un verre de coca sans m’arrêter et c’est reparti pour la deuxième plus longue montée de la course, mon lièvre est une grosse centaine de mètres devant, on double de plus en plus de gens du 31k qui s’écartent très poliment. Je marche deux fois sur une quinzaine de mètre dans deux portions un peu plus raides, deux personnes me rattrapent et je m’accroche. Une belle portion plate sous bois au sommet de la butte et hop, on bascule dans la longue descente (150m de D- sur 1 kilomètre). Mes deux guides descendent pleine balle dans le petit single raviné, on est vraiment « à fond », la sensation est super grisante. En bas, on sort du bois et on enquille sur un faux plat montant en bordure de champ, les cuisses sont très raides ; je sais que je vais payer en fin de course. Le ravito du km12 est là, les concurrents du 31km nous quittent à cet endroit. Je m’arrête une dizaine de secondes pour un verre de flotte et un de coca et demander l’heure – 1h de course, ça me confirme que je suis trop vite. Mes deux compagnons ont sauté le ravitoch’ avec leurs poches à eau. Je sais qu’après 2000m en légère descente m’attend  la plus longue montée : 90m sur 2,5km. Mauvaise surprise, la montée est en bordure de champs, deux grandes lignes droites, face au vent. Ça reste très roulant mais c’est hyper dur dans les jambes, mètre après mètre je décroche pour ne pas me mettre dans le rouge. A mi-pente, un coureur me rattrape, il me glisse quelques mots : « ça commence à piquer », je réponds « pas qu’un peu », je me cale dans sa foulée, et il m’amène jusqu’au ravitaillement du 16ème. Même stratégie : un verre d’eau, un de coca et le timing : 1h20. Je suis étonné de tenir, j’avais l’impression de ralentir. Je recompte, je suis 11ème, la place est canon, il faut que je m’accroche. Dans ma mémoire, il ne reste que 3 petites bosses et la courte redescente vers l’arrivée. Je repars en marchant vite dès que ça monte, je n’arrive plus à courir dès que ça grimpe. Je me fais doubler dans une de ces montées, incapable d’attraper la foulée. On arrive alors dans un p***** de parcours de VTT cross avec une multitude de bosses et de virages en épingles, c’est usant physiquement et destructeur dans la tête. Je souffre, j’ai soif, le cardio ne redescend plus même lorsque je marche, j’ai l’impression de me trainer, un mec me laisse littéralement sur place, c’est étroit et je galère pour doubler les trainards du 11km, j’en ai marre, je veux que ça s’arrête. Pour ne rien arranger, les multiples virages font qu’on se voit entre concurrents : j’ai l’impression que ceux de derrière sont en train de me remonter à pleine vitesse. On finit par sortir de ce parcours de sadique. Et là surprise, un bénévole agite un petit panneau « 1500 m ». Coup de grâce - encore tout ça???. Sur un faux pas, je me rends compte que mon genou droit me fait hyper mal, les tendons ont frotté, ça brûle bien. Je me fais doubler une dernière fois mais je me « rentre dedans » pour ne pas le laisser filer et parviens à suivre à quelques dizaines de mètres. Je passe deux lacets en descente à droite tout doucement pour ne pas chatouiller mon genou en délicatesse et enfin la dernière ligne droite. Le speaker m’annonce : « et un nouveau concurrent du 21km, le dossard 217 va en finir -...- il s’agit de Clément T. » Quelques applaudissements, et mon père complètement étonné de me voir déjà là (il me confiera qu’il songeait à un temps en 2h/2h15). Je m’affale sur une chaise pendant qu’on m’enlève la puce. Je boite jusqu’au buffet et m’empiffre de tucs, de quartiers d’orange et d’eau, beaucoup d’eau, énormément d’eau… Je vais également remercier mes différents lièvres qui m’ont permis de m’accrocher jusqu’au bout. Puis je prends conscience que tous mes tendons du genou droit hurlent. Je demande au chargé du chrono mon temps et mon classement : 1h46’12’’ et 14ème. Temps pas dégueu du tout, finalement je n’ai pas ralenti tant que ça sur la fin, 2 ou 3 minutes de perdues en 5km. Le classement fait plaisir. Le vainqueur en a terminé en 1h27’, reléguant le second à plus de 5 minutes, un gouffre sur cette distance.  Douche, ketum et hop, retour en voiture…

 

Partie 5 : Bilan

 

Je suis parti beaucoup trop vite par rapport à mon entrainement, mais finalement en serrant les dents c’est (presque) passé. Je manque encore clairement de foncier et d’entrainement en côte, mais la base est là, c’est encourageant. Le genou est toujours douloureux 24h plus tard, mais les semelles devraient arranger tout ça ! La marge de progression est bonne, il faut "juste" continuer à ne pas fumer et à m'entrainer.

Bref, beaucoup de plaisir sur les 14 premiers kilomètres, et une course trop longue de 3km. Il est également indispensable que je m’achète un sac à dos pour la boisson, j’ai paumé 3x15 secondes aux ravitaillements, sans compter le début de déshydratation constaté à l’arrivée qui n’a rien arrangé à la fin de course….

Sinon, organisation aux petits oignons, avec une grosse équipe de signaleurs, de pompiers, de ravitailleurs. Ça manquait juste un peu de spectateurs. Le parcours est lui très agréable, très roulant (beaucoup de chemins larges, d’herbe, quelques portions bitumées mais a minima). Prochain rdv : une course entre 25 et 30km à définir en mai.

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