Récit de la course : La Verti-Causse - 38 km 2014, par keaky

L'auteur : keaky

La course : La Verti-Causse - 38 km

Date : 16/3/2014

Lieu : St Georges De Luzencon (Aveyron)

Affichage : 1091 vues

Distance : 40km

Matos : Brooks Cascadia 8

Objectif : Se défoncer

2 commentaires

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CR La Verticausse 2014 - 40KM 2250D+

La Verticausse a forgé sa réputation sur son tracé. Des singles et des panoramas de toutes beautés à chaque sortie de bosquet. Son nom indique très bien le genre de profil que l'on va se mettre sous le pied, des murs, du causse et encore des murs.. A conjuguer bien sur avec un terrain pierreux, technique, varié qui ne laisse que très peu de répit.

Préambule
L'édition 2013 m'avait laissé un goût amer. Une maigre préparation et une semaine précédent l'événement à crapahuter dans les rues de Rome m'avais littéralement fait exploser.. La bruine et le brouillard obstruant les paysages n'aidant pas au moral.
Je me devais donc de prendre une revanche, et 2014 serait pleine de promesse. Un beau temps annoncé une semaine à l'avance avec des températures clémentes nous présagait d'une agréable escapade.
En parlant avec Julien, il craque sous la pression des jambes qui frétillent d'envie et s'inscrit une dizaine de jour avant... No comment Juju ;) Nous ferrons donc la Verticausse ensemble, c'est une bonne nouvelle car j'apprécie toujours plus quand l'aventure est partagé.

Le jour J
Nous sommes le 16 Mars 2014, je passe prendre Julien est nous partons pour Saint Georges de Luzençon, lieu de départ de la course, à juste 15 minutes de la maison. En arrivant, l'on est surpris du monde présent. La file pour faire le parcours de 21 km est bien longue.

Pour nous, c'est plus simple, nous passons à coté récupérer notre dossard du 42 déjà pré-inscrits. On récupère ensuite le magnifique tee-shirt technique 2014, de marque Salomon cette année, un jolie lot.
On retourne se préparer à la voiture, Julien fait la "chasse au cailloux" puis nous apprenons que le départ est retardé d'un quart d'heure à cause du nombre de personne en cours d'inscription.. Ça doit faire plaisir à l'orga !!

La chasse aux cailloux de Juju



9h00 : On se place sur la ligne, tranquillement en milieu de peloton, on y croise Sylvain un raideur de Rodez avec qui je vais faire le début de parcours, lui bifurquera vers le 21..

Sylvain, Juju et moi même (Photo par Ginie31)



KM0 - 9h15 : ACDC est mis à fond la sono, 5-4-3-2-1 c'est parti. Les 42 et 21 partent en même temps, le départ est donc très rapide. Avec Ju, nous préférons partir plus lentement que l'an dernier où je m'étais cramé à partir trop vite. Cette année je fais pas le c**.



L'organisation a modifié le début de course et c'est tant mieux car ça évite les gros bouchons des éditions précédentes. Le peloton peut s'étaler sur les 2,5 premiers kilomètres large et roulant mais non moins intéressant (et déjà 100 mètres de dénivelés). Julien a prit son rythme et je le reverrai qu'à l'arrivé. Je continue tranquillou tranquillou en compagnie de Sylvain.
La suite arrive vite, ce sont 260 mètres sur 1,8 km qui doivent être avalé. C'est un large chemin très sympa et assez régulier. Pour un échauffement, c'est parfait. Nous arriverons vite sur le plateau où commencent réellement la course, c'est un enchainement de faux plat montant et descendant, tantôt sur le Causse, tantôt dans des bois. Le tout agrémenté de magnifique paysage lorsque les arbres s'écartent. A partir de ce moment, ce sont exclusivement des singles qui nous mèneront jusqu'au viaduc.. Le top!!

Passage à la croix de Saint Georges



Nous arrivons à la Croix de Saint Georges et sur son panorama, époustouflant. Pourtant peu de monde s'y arrête, c'est dommage. Passé la croix, passage à coté du lieu dit de "La Cathédrale de rocher", sublime dans une bonne grosse descente de 130mD+, pour... remonter aussi verticalement de 160 m en à peine un kilomètre.. Celle là, je l'avais oublié..

Vue sur la "Cathédrale de Rocher"



PK10 - 1h23 de course. Tout va bien..La suite est une continuité de douces montées et descentes, avec le deuxième panorama, tout aussi sublime.



Passage en sous bois délicat et nous arrivons sur un passage assez lent du parcours, un chemin en dévers rempli de feuilles qui nous mènera, après un gros rapadou de 75mD+ pour 300 mètres, jusqu'à la magnifique vue sur le viaduc. Kilomètre 11,90, 1h41 d'effort, nos chemins se séparent avec Sylvain. Je me retrouve de suite moins entouré en allant chercher ces 42 kilomètres.



Cette année, l'organisation a eu l'autorisation pour passer à coté de la pile P7 du Viaduc de Millau. Ils y ont placé un ravitaillement en eau et coca juste à son pied. Mais pour y accéder, on emprunte un sentier tout neuf tout frais, créé entre les buis, droit dans la pente.. Un sacré moment de descente.



PK12, sous le viaduc, nous reprenons 50 mètres de goudrons, non non pas plus, pour prendre un chemin plus large qui va nous faire contourner le Puech de Fayssel. C'est au pied de cette montée que je vais faire la rencontre de Joël B. du Tarn-et-Garonne, nous passerons donc les trois-quarts de la course quasiment ensemble puisque nous franchirons main dans la main la ligne d'arrivée (je viens de casser le suspense ;) ).



 A ce moment là, je monte à un rythme régulier qui me convient bien. Nous franchirons le Col du Puech de Faysse avec toujours un single de folie, des paysages monstrueux, dont les vues sur le viaduc qui sont impressionnantes. Comme quoi, sans le brouillard, on voit mieux.. et on profite plus, logique!! Nous entamons alors la descente sur le village de Creissels.

En bleu c'est Joël



On traverse le stade de Saint Martin et variante 2014, nous allons carrément traverser le centre du village pour prendre le sentier qui mène au sublimes cascades de Creissels. Donc descendre de 100 mètres (de dénivelé) pour remonter. Quand on aime...

PK20 - 2h50 de course. Un point d'eau a été instellé avant d'attaquer la terrible montée qui nous attends. Si le début du sentier est régulier, très agréable en bord de cours d'eau, les difficultés arrivent très vite pour nous amener aux nappes d'eaux de la cascade, c'est vraiment à voir. La suite est moins bucoliques... C'est le coté sadique de l'organisation qui ressort, des montes-descends dans les buis avec des marches de plus d'un mètres à descendre, ou à monter.. Avant d'attaquer le Cap de Costes, il n'y a pas mieux pour se chauffer les guiboles...

La fameuse Cascade de Creissels



Car le Cap de Costes, c'est l'Everest de la Course, une montée raide de 240mD+ pour 1,3 km et une arrivée sur un chaos rocheux délicat à passer lorsque les mollets sont en feu. J'ai mis les écouteurs avant d'entamer l'ascension et c'est parti, des pas réguliers, plus ou moins grand selon la forme m'aiderons à arriver en haut sans trop de soucis, même si l'effort est toujours costaud. Photo d'arrivée, puis point d'eau avec le grand chef organisateur JB, deux trois petits mots et c'est reparti. Ca permet de souffler un peu.

L'arrivée au sommet.

Nous retrouvons alors le Causse du Larzac et ses corniches. Et le Larzac, n'en déplaise à certains, ce n'est pas plat.. Ce sont des enchainement de faux plats, dans les deux sens, qui usent encore un peu plus la machine, c'est beau, mais c'est loin.

Le circuit longe les corniches du Larzac.



En tout cas les sentiers sont agréables et j'arrive toujours à courir sur un petit rythme qui me fait avancer jusqu'au premier grand ravito.

C'est beau...



PK26 - 3h53 de course. Ravito n°1, jusqu'ici, tout va bien, remplissage des gourdes, il commence à faire chaud malgré quelques rafales de vent, quelques Tuc, du pain Bouard et c'est reparti.
De large chemin puis du Causse et un passage que j'avais détesté l'an dernier, un grand champ en dévers qui monte, mode marche direct pour moi. Mais cette année, même si il y a plus de jambes, il y a aussi... Joël qui vient de me rattraper avec un autre coureur. "Allez, il faut courir là", allez j'essaye et ça marche pas trop mal. Ça me rappellera d'ailleurs la fameuse phrase de Florent P. 66 du Team dites à l'ultra, "tu lances la machine [...], tu te forces à courir, les muscles se réchauffent et ça va tout seul".

Bon tout seul, tout seul, c'est un bien grand mot mais ça fonctionne une nouvelle fois et j'arrive à suivre Joël et le deuxième comparse jusqu'à la descente sur le Cirque de Saint Geniez de Bertrand. Cette descente, on la voit souvent en photo sur le site ou dans les journaux, des cordes obligatoire à attraper, c'est réellement du rappel. En présage très certainement, trois vautours tournent au-dessus de nos têtes. Magique!!

Le troisième homme ;)



PK30 - 4h30 de course. J'ai pris la tête de la descente car c'est encore là, pour l'instant que je suis le plus à l'aise. L'ambiance à trois est très sympa, c'est cool, on se chambre, on rigole. Très bon moment. On y arrive à la cabane de chasseur et le passage des cordes. Cette année, sans boue, c'est tout de même plus simple. Arrivés en bas, il ne reste plus que Joël et moi. On continu donc ensemble, à deux, vers le dernier ravito en longeant le ruisseau de Lavencou et des champs sur un bon rythme.

PK 32,5 - 4h47 de course. Ravito n°2, je fais de nouveau le plein de flotte, il reste 8 kilomètres de course mais deux belles montées et la température est à son maximum, en plein soleil sur des chemins pierreux et raides. Je pars avant Joël, je sais qu'il me rattrapera, je suis cuit, j'avance comme je peux. D'ailleurs, j'avais oublié la raideur de la première côte, 230mD+ en 1,5km. Ca use, ça use. Même rythme que d'habitude, sur du son reggae, j'essaye de placer un à un mes petits petons. Les photos se font dorénavant très rares...

C'est dur, mais j'avance. Arrivé en haut, Joël me rattrape et on entame la descente dans le canyon. Un superbe passage qui rajoute encore du positif à cette course, on en prend plein les yeux. Mais là le drame... j'accroche mon épaule à une branche qui déchire mon maillot Ultralight Team.. Dégouté.. Mais il y a plus grave ;) Bien plus grave, la dernière montée qui arrive bien vite..

Le Canyon



PK35 - 5h22 de course. Mode automatique, Joël dans mes pas, on grimpe régulièrement, on n'hésite pas à s'arrêter pour regarder le paysage et souffler par la même occasion. Et enfin, le graal, le haut de côte, maintenant, c'est presque plus que de la descente.

Dernière photo avant le "sprint" final.



PK 37 - 5h45 de course. Mais mes cuissots n'en peuvent plus, la descente ne me fait plus envie, loin de là. Et c'est juste à ce moment que Joël choisi d'accélèrer, il a pas tout donné le bougre, alors j'embraye derrière lui et vais tout faire pour ne pas le laisser partir. Si il me lâche, je suis foutu, je me mettrai à marcher. Mes quadris interne sont en feu, durs comme du béton, je serre les dents et m'accroche dans cette descente roulante mes bien inclinés.

Je compte presque tout les mètres que je fais, petit à petit on rattrape du monde, j'ai la musique sur les oreilles mais entend mon souffle, Joël prends des nouvelles "ça va??", d'un ton inquiet. "Ça va, je réfléchi pas!!", je suis concentré, à bloc. Nous passons le lotissement, le haut du village, bientôt le stade. Joël me fait une blague "Je m'arrête prendre une douche!", moi complètement hagard occulte à moitié, il me tarde l'arrivée...

Et il est là le stade, elle est bientôt là l'arrivée, à peine 500 mètres mais que c'est dur. Une mini grimpette, un virage à gauche et c'est la ligne droite. On accélère brièvement pour garder nos positions, on se prends la main et pensons ensemble la ligne d'arrivée.


PK 40 - 6h04. Ouuufff!!!!! Après 6h04'48" d'effort, nous achevons c'est... 39,99 kilomètres affichés à ma montre.. Arrgh, même pas 40!! Je laisse Joël que je retrouverais pour le GRP 120 Tour des Cirques de fin août, une bonne nouvelle :)

Julien, arrivé une dizaine de minutes plus tôt m'accueille, on est ravi. Chapeau à lui qui termine sans réelle préparation. 7 sorties trail depuis fin octobre.. Une machine ;) Quelle aventure, quelle superbe journée. Je reste au moins 10 minutes à la table de ravito d'arrivée, limite en hypoglycémie. Banane, abricots secs, coca, etc etc. Tout le sucré y passe. Julien et moi allons prendre le repas, préparé par un très bon traiteur du coin et savourons.

Tout le monde est unanime, le parcours est super, l'orga au top de sa maturité, mis à part quelques balisage limite (trois fois on s'est retrouvé à chercher le chemin, sans gravité), c'était une excellente journée, un grand cru pour la Verticausse. Même avec des kilomètres et du dénivelé en plus, avec le soleil et une température clémente, je re-signe chaque année.. mais pas de suite!! En tous cas sur mon plan de course, j'avais prévu 6h02, je suis à 2 minutes de mon estimation, très heureux!!

Au final, 40,08 kilomètres après avoir transféré les données sur SportTracks, mon logiciel de suivi ;) Et 2280 mètres de dénivelé positif. 135ème sur 190 arrivants (Julien 115ème en 5h52'36"). Une organisation fantastique, des bénévoles souriants et à notre service, des singles les 3/4 du temps, de superbes points de vue, du technique, de l'ultra technique, du sauvage, du soleil, de la verticalité et des Causses. Tous les ingrédients sont réunis pour vous faire venir découvrir ce fabuleux coin qu'est le Sud Aveyron, sur la Verticausse!!

Merci de m'avoir lu et au plaisir.

Panorama du Cap de Costes

Le Récap'

2 commentaires

Commentaire de Ginie31 posté le 18-03-2014 à 15:56:56

Salut Flack,
Superbe récit, tout y est :) même la photo de groupe de j'ai prise juste avant le top chrono !!!
Vraiment génial d'avoir pu retranscrire cette course comme tu l'as fait, on se reconnait dans l'effort, et magnifiques photos des paysages rencontrés, merci à toi :)
Virginie (dossard 116 collée à tes basks un bon moment, je finis en 6h09'55)!

Commentaire de keaky posté le 20-03-2014 à 10:32:05

Merci Virginie!!! Félicitation à toi et encore merci pour cette proposition de photographie. Je me rappelais juste de ton n°116. J'espère que tu t'es régalé et que tu as bien profité :) Je garde que de bons souvenirs de cette Verticausse.
Je garde de toi que de la bonne humeur :) Au plaisir de te recroiser!!!

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