Récit de la course : Trail des Cascades 2013, par Berty09

L'auteur : Berty09

La course : Trail des Cascades

Date : 14/9/2013

Lieu : Roquefort Les Cascades (Ariège)

Affichage : 599 vues

Distance : 18km

Objectif : Se défoncer

4 commentaires

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Une faim de loup

  

   Ce trail tombe à pic. Je m'entraine régulièrement, je ne sors pas d'une grosse course, je suis en forme. Bref, je n'aurai pas d'excuses en cas de contre-performance. Et mine de rien, la pression monte doucement. On annonce 250 partants pour cette nouvelle course! Il faut dire qu'elle a tout pour plaire. Des organisateurs qui s'impliquent pleinement depuis plusieurs mois, un tracé exigent et varié, une distance abordable et un cadre...magnifique. Pas étonnant que les amateurs de la région convergent en ce samedi matin vers la nouvelle capitale du trail (bon, là j'en fais un peu trop).

 

   En ce qui me concerne, je commence à flipper légèrement. La preuve, le sommeil est agité comme pour les grands rendez-vous. On fera avec, il n'y a pas de raisons que ça coince. La concurence, les résultats... ça m'intéresse, mais pas question que ça me freine. Allez Berty, tu vas la faire ta course et tu vas envoyer mon petit.

 

   Samedi matin, c'est le ponpon, il fait un temps estival. C'est la grande foule à Roquefort-Les-Cascades. Tout est prêt pour l'accueil des trailers. Nous sommes 5 du club, c'est une force supplémentaire. Et puis tout ce monde de plus en plus familier. Mais petit à petit, j'éprouve le besoin de me retrouver seul. Je ne suis pas encore dans ma course et il reste moins d'une demi-heure. Je file en douce et part m'échauffer. J'y suis, jaime ça. Toutes ces heures d'entrainement c'est pour vivre ces moments.

 

   Je connais le tracé. Je l'ai reconnu deux fois. Je n'ai qu'une incertitude mais c'est sur la fin du parcours. Pour le reste, je sais ce qui m'attend. Je viens me placer sous l'arche. Je ne connais pas tout le monde mais je veux entrer dans les 10. Je l'ai dit au fiston hier soir, ça reste une bonne motivation. Allez, assez parlé, place au direct. Ca part plutôt tranquille, les gars savent ce qui les attendent. Très vite la route monte vers l'église, on traverse la route. Nous y sommes. La montée vers les crêtes se fait par un p'tit chemin qui serpente entre les arbres et les rochers.

 

 

 

 

   Avant d'attaquer le single, j'ai la présence d'esprit de sauter les deux gars de devant pour me caler dans la foulée de Christophe, mon pote de club et marathonien émérite. Bien vu, car maintenant on est tous en file indienne et mieux vaut être devant que de tenter des débordements incertains. Je suis en cinquième place à ce moment et je ne suis sûr de rien. Je veux rester dans les premiers mais la course est encore longue. Te crames pas Berty. La petite descente très technique se passe bien. Nous arrivons à la fin de cette première boucle et traversons la route pour attaquer l'autre versant.

 

 

 

 

   Je viens de me faire doubler par deux tatoués. Je ne m'affolle pas mais c'est un premier avertissement. Et si je m'étais vu trop beau? Et si ça remontait de l'arrière? Pas question de gamberger, j'ai ma course à faire. D'autant plus que la partie qui doit m'être favorable est pour bientôt. Allez Berty, juste après la ferme, le chemin qui monte régulièrement, il est pour toi. Petite foulée, régulière et souple, je m'applique. Ca va monter quelques temps comme ça. Je suis bien, je tiens le rythme. Je reprends un tatoué et j'ai un autre gars avec qui je bataille.

 

 

 

 

 

   On monte pas du tout pareil. Il passe en force puis ralenti dès qu'il faut relancer. C'est sympa, on n'arrête pas de se passer l'un, l'autre. Chacun son style. On bascule maintenant sur le versant Sud. Les Pyrénées sont là. La végétation change, je me mets en version routard, j'allonge la foulée. J'anticipe déjà la suite, je sais qu'à la fin de cette magnifique petite descente c'est le piège. Et oui, arrivée à Leychert, la courbe s'inverse totalement et on attaque sans s'en rendre compte la remontée vers Roquefixade. J'ai déjà payé à la reco, je sais ce qui m'attend.

 

 

   Mon compagnon de route semble avoir pris quelques longueurs de retard et j'essaye de le dissuader de s'accrocher. Je passe la moitié de course et il me manque hélas un peu de fraicheur pour vraiment relancer. Je suis déjà en mode gestion de course. Vu mon départ pas trop prudent, c'est plutôt logique. Pas question pour autant de lâcher quoi que ce soit. J'arrive au pied de la dernière grosse difficulté, la montée du chateau de Roquefixade. Mais qu'est-ce qui fout celui-là avec son tracteur?

 

   J'hallucine, ya un tracteur sur le tracé et il est pour moi. Il prend tout le chemin bordé d'épais taillis. Ajouté à cela une meute de chiens qui l'accompagne. Je regarde d'un côté et de l'autre, pas moyen de passer. Tant pis je lui monte presque sur la roue et me fraye un chemin. Quelques secondes après c'est pas une, mais deux foulées qui reviennent sur moi. Mon ancien compagnon et un gars plutôt fringuant qui passe devant pour attaquer Roquefixade.

 

   Je passe au révélateur. Deux solutions, je me traine jusqu'en haut ou je fais une belle montée en rythme. Yes! Le travail en côte sur les pentes du Picou porte ses fruits et les jambes sont solides. J'ai lâché un gars derrière, l'autre est à quelques mètres devant moi. J'aperçois même Christophe à 300m au loin qui va enfin pouvoir dérouler. Quant à moi je suis plus très fringuant mais si je garde un bon rythme je peux conserver ma place et même revenir sur un mec devant. Je me force à penser vers l'avant de la course.

 

   La dernière descente est piégeuse, les pierres qui affleurent sont nombreuses et les chevilles payent le prix. Surtout ne pas se faire mal, ne pas se vautrer non plus. Voilà que j'ai mal côté gauche, une sorte de crampe d'estomac. Ca devient aigü, je suis obligé de ralentir. Je refuse la douleur et relance. Pas maintenant à deux bornes de l'arrivée. On quitte enfin le chemin vers les cascades. La douleur cesse  dès que le chemin remonte. Ca tombe bien, ils nous ont organisé une petite visite des cascades avec fort pourcentage.

 

 

   La montée est courte mais brutale, les crampes ne sont pas loin...ça passe. Dernier check-point en haut des cascades, descente abrupte et retour au village. Dernière côte avec une variante toute en pourcentage. Je l'attaque avec les encouragements du kop du CG09. Je tiens à courir jusqu'en haut. Il ne fallait pas un mètre de plus. J'arrive comme je l'aime, je suis vidé, j'ai donné.




 

 

   Ils ne sont que six à m'attendre. Le compte est bon. J'ai fait ma course.

 

   Une mention spéciale au repas d'après course 100% terroir, 100% délicieux et j'avais une faim de loup!

4 commentaires

Commentaire de Yvan11 posté le 16-09-2013 à 09:38:08

Bravo pour ta course et merci pour ton récit.
On sent la satisfaction du devoir accompli, quand le résultat final vient récompenser le travail effectué en amont.

Commentaire de ant09 posté le 16-09-2013 à 11:04:07

Bravo , belle course , belle gestion , et mental solide .
Je t'ai aperçu ...au départ et à l'arrivée. Sur le parcours j'étais loin.

Commentaire de grumlie posté le 16-09-2013 à 17:10:51

Bravo Berty! L'avantage c'est que l'on sait ce dont tu es capable et qu'on te l'annonce avant la course! i ben belle épreuve et effectivement un super repas

Commentaire de mic31 posté le 16-09-2013 à 18:20:39

Bien joué Berty, belle course. Il y a des fois où j'arrive à jouer avec toi mais là je ne t'ai vu qu'au départ et à l'arrivée.
La revanche sur la C2C ?

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