Récit de la course : La Nuit des Cabornes - 25 km 2013, par Gogo_Gobiox2

L'auteur : Gogo_Gobiox2

La course : La Nuit des Cabornes - 25 km

Date : 6/9/2013

Lieu : St Romain Au Mont D'Or (Rhône)

Affichage : 680 vues

Distance : 26km

Matos : Mizuno cabrakan.
Camel Back (rempli 1.2L) + gourde (0.5)
Frontale Petzl (classique, jsais plus la ref.)
short et tee-shirt basiques.

Objectif : Faire un temps

5 commentaires

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Baptême du feu !

Bonjour à tous et à toutes. 


Je suis assez ému d'écrire ce récit ! C'est mon premier, j'espère qu'il vous plaira / vous sera utile / vous motivera.

 

Prologue

 

J'ai découvert Kikourou en Inde, l'année dernière alors que je rêvais d'évasion. Je lisais récit après récit, et cela me motivait grandement. Là bas, je ne pouvais courir sans risquer quelques gênes respiratoires et autres chiens/singes errants. J'ai pris mon mal en patience, je suis souvent partir faire des treks dans la vallée du Gange... 

Puis en Janvier, je suis rentré, avec pas mal de travail sur la planche. J'ai un peu tiré côté sport et mon corps me l'a fait remarqué. Fatigue + début de saison + stress au travail = Tintin pas bien du tout. Je sentais comme une gêne au coeur. Je supposais qu'il s'agissait de douleurs intercostales. J'allai alors voir un ostéopathe (génial d'ailleurs, si vous voulez les coordonnées envoyez moi un message). Le problème n'était pas dans les côtes mais dans les tripes. L'angoisse, un fléau qui terrasse de l'intérieur !

J'ai poursuivis avec un examen au Centre des Medecins du sport de Gerland où j'eu la surprise de trouver une VMA proche des 18. Un profil plutôt encourageant, malgré un manque de travail de foncier évident.

J'ai alors commencé à d'avantage dormir et on va dire que début juin, je commence à vraiment retrouver un rythme d'entrainement correct. Puis j'ai eu des douleurs tibiales.

Après 3 semaines d'arrêt et des semelles, tout va pour le mieux !

Voilà pour la Base. 

La course et sa préparation

 Venant des Monts d'Or, je ne pouvais mieux me jauger que sur la Nuit des Cabornes. Les Cabornes, je les connais, je les visitent depuis plus de 10 ans avec mon cousin. Je les trouve belles. Ni une ni deux je m'inscris avec un copain, un troisième larron suivera. 

Pour l'entraînement, je suis à peu près ce que le Médecin du Sport m'avait préconisé. Je ne vais pas dire que je le suivais à 100% ( surtout sur les séances de Foncier, qu'il faut vraiment que je suive). Je préférais aller en free lance dans les pentes de la Croix-Rousse et Fourvière (j'habite en ville). Le week-end, les monts d'or !

J'ai pris 3 semaines de vacances à 3 semaines de la course. 1 près d'Embrun, où j'ai fais du dénivelé. 10 jours dans l'Alta Rocca corse où j'ai fait des courses de 12 à 16 kms avec des plus petits dénivelés. et la semaine dernière à Chamonix, entre amis, où j'ai fait de la rando !
Je n'étais pas fatigué le jour de la course.

Niveau alimentation, j'ai lu pas mal de bouquins et je m'intéresse de près au fait de manger sainement. J'ai arrêté l'alcool à trop haute dose. M'accordant un verre de bon vin ou de bonne bière de temps en temps !

Je suis un passionné d'histoires sportives, alors je lis beaucoup de blogs de champions, ça motive et prépare mine de rien ! ( Le Eat and Run de Scott Jurek est assez jouissif pour cela !)

 

La course


A une semaine du départ, mon ami me lâche à cause d'une tendinite au genou. Déçu, je me rabat alors sur le 25 km. Au départ, on voulait courir le 50 à deux, pour aller au bout de nous même. Après mon état à l'arrivée je ne regrette pas d'avoir pris le 25 ! C'est une course très traumatisante !

 

Je rejoins quand même mon autre ami sur la ligne de départ pour une nuit entre potes, avec du dénivelé, et une distance plus convenable.

J'avais fait les repérages de ce parcours, je pouvais le finir, je le savais. Je voulais le faire proprement. Mon objectif était, pour 25 km, de 2h40. (quand j'y repense, je rigole devant ce défi insurmontable!)

Jacques nous fait le discours, et on part. On part plutot vite, et je me retrouve à mon avis vers la 40-50 eme position à la mi-montée, vers le kilomètre 5. Puis, coups de tonnere ! Je perds non seulement mon coéquipier, qui disparait derrière moi, mais aussi mes repères : le parcours a changé ! Je maintient tout de meme le rythme, non sans mal. La nuit, ça change beaucoup ! J'y vois rien et me reconnais peu, je n'ai pas envie de tomber ! J'arrive en haut, où je fais le chemin avec un gars qui court le 50, il me dit : "l'année dernière, j'ai fait le 25, les 4 derniers kilomètres sont longs..." . Rassurant. J'arrive au ravito en me faisant un peu doubler sur le faux plat, mais je suis dans les temps. 

Voilà l'erreur de ma course. Le Ravito. Je ne sais pas quoi prendre, les grannys que j'ai avec moi ne me font plus envie, le coca oui. Je bois trop vite. Et puis des oranges. Et puis je ne sais plus. Et puis je repars. J'ai encore assez d'eau. J'en ai pris trop sur moi (1.7L). 
Quelques mètres plus loin, début de mal de ventre. Il ne va plus me lacher.  Je commence à me faire doubler. Je ne double plus personne. Je commence à être dans le mal. La petite montée vers le mont Py me fait assez mal mais je la cours, car ça me fait encore plus mal mentalement de ne pas la courir. Dans la descente vers Curis, un air de guitare: "On dirait le suuuuuud". Je fredonne. Me prends les pieds dans une pierre. Je tombe. Je saigne de l'épaule gauche et de la main droite. Un coureur avec qui je courai depuis la montée du mont Py vient me secourir, je me relève, on part ensemble dans la fin de la descente et le deuxieme ravito. Il m'attends et on monte ensemble. On nous annonce 6,5 km. 

Et j'ai envie d'abandonner. Abandonner car je ne me fais plus plaisir. J'ai l'impression d'une implosion intestinale.

Je me dis que c'est ma première, et que si je l'abandonne, j'en abandonnerai beaucoup d'autres. Je repense aux finishers UTMB que je voyais en début de semaine arriver après 45 heures ensanglantés. Je me dis que ça ne se fait pas.

J'y vais doucement et trottine. Le reste n'est qu'un longue agonie, où je me fait rattrapper par au moins 80 coureurs.

Les descentes me font encore plus mal que les montées. Sans envie, sur la descente de la fin je marche car les pierres sont vraiment casse-gueule. Pas envie de me blesser. Envie de repartir m'entrainer !

FInalement, je finis à la 164 eme position en 3h29. 5eme ESM !

La nuit fut assez terrible car je n'arrivais pas à dormir (mal de ventre) puis à 5h réveil en hypoglycémie. Après c'est allé mieux.

A J+2 je n'ai plus trop mal aux jambes. Juste le dos.


Conclusion 


- La nuit, ça se travaille. Je connaissais le parcours et pourtant l'ai subi.


- Rester concentré sur des courses ne dépassant pas 30 km me parait etre un bon choix pour les 3-4 années à venir.


- Il faut que je travaille le foncier. Vraiment. Je sentais que ça pêchait en fin de course


- Il faut surtout que j'apprenne à manger pendant une course.


- Passer sous les  3h était largement dans mes cordes

- Il ne faudra pas hésiter à abandonner plus tard sur ce genre de course où vraiment je suis dans le mal non pas dans les jambes mais ailleurs. 

- Ne pas tomber meme si c'est rigolo

Remerciements


Cette course est exceptionnelle car l'organisation est parfaite. Jacques est adorable, toujours là pour les repérages. La signalisation était parfaite. Rien à redire, sinon merci. Merci aussi aux bénévoles le long du trajet, pour les encouragements, merci aux gilets jaunes aussi. Merci aux dames des ravitos qui m'ont vraiment donné envie de continuer, surtout au 20eme km. 

Enfin, merci au coureur qui m'a attendu quand j'étais tombé et dans la montée, et que j'ai relayé sur plus de 8km! Je n'ai pas son dossard, car j'étais plutot dans le mal, mais merci à toi si u lis ces lignes !!

Le trail tient toutes ses promesses. Je vais retourner m'entrainer et reviendrai certainement pour cette course exigeante, parfaitement organisée dans le plus beau des terrains de jeux !

 

Merci également à mon pote Xavier, que j'ai perdu pendant la course mais retrouvé à l'arrivée! 3h38 pour ce rugbyman, qui a aussi subi cette course à cause d'ampoules martyrisantes ! A refaire !

 

 



 

5 commentaires

Commentaire de Trimoreo posté le 08-09-2013 à 17:16:03

Très sympas le premier récit avec je pense de très bonnes conclusions . Finir dans le dure permet de aussi de se forger un mental. Il faut toujours penser que l'envie va revenir quand la fatigue, le mal de bide, la nausée où l'épuisement totale te gagne.

Bonne récup et à bientôt sur les courses du coin.

Commentaire de Trimoreo posté le 08-09-2013 à 17:17:25

Très sympas le premier récit avec je pense de très bonnes conclusions . Finir dans le dure permet de aussi de se forger un mental. Il faut toujours penser que l'envie va revenir quand la fatigue, le mal de bide, la nausée où l'épuisement totale te gagne.

Bonne récup et à bientôt sur les courses du coin.

Commentaire de Arclusaz posté le 09-09-2013 à 16:01:03

super premier récit et très belle course : tu as du potentiel, c'est sur ! va juste falloir peaufiner deux trois détails et tu vas cartonner...
J'ai du "courir" avec ton pote rugbyman puisque je finis 5 minutes derrière lui en marchant les 6 derniers km.

Et je crois que je connais ton prof d'anglais de prépa....

Commentaire de le berger posté le 21-09-2013 à 13:42:19

Bravo Tintin!

Il faudra qu'on travaille le foncier dans les Monts d'Or alors. ;-)

Commentaire de Gogo_Gobiox2 posté le 22-11-2013 à 23:19:08

Je n'avais pas pris le temps de répondre à tous vos messages. Merci, ils me touchent beaucoup.
J'ai eu un automne compliqué avec pas mal de boulot.
Je n'ai pas pu m'aligner sur la montée du Mont Thou.
Je compte sur cet hiver pour travailler le foncier, en toute humilité ! Il y a beaucoup de chemin encore à parcourir !

Bonne soirée,

Quentin

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