Récit de la course : Trail des Allobroges 2013, par julsocks

L'auteur : julsocks

La course : Trail des Allobroges

Date : 19/5/2013

Lieu : Bellevaux (Haute-Savoie)

Affichage : 570 vues

Distance : 58km

Objectif : Faire un temps

1 commentaire

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Beaucoup de boue et de neige mais quelle course incroyable !

AVANT COURSE

Le trail des Allobroges un ami m’en avait parlé puis un coureur rencontré l’année dernière sur la CCC m’avait tenté. Nous y voilà donc. J’ai grandi en Haute-Savoie mais la vallée du Brevon est un coin que je ne connais que très peu bizarrement.

Drôle d’année pour faire du trail. L’hiver qui s’éternise et le mauvais temps pèsent lourd. Une semaine avant l’épreuve on nous annonce un nouveau tracé amputé de ses plus hauts sommets car la neige fait de la résistance. Je suis tout d’abord un peu déçu mais petit à petit en passant du temps sur le forum je me dis que ça va être du costaud quand même avec 3,500 D+ et 50km. Deux jours avant la course l’organisation  ajoute 3km et 200D+ pour garder les deux points UTMB. Now we are talking ! ;)

Je suis en forme, cette année j’ai réduit mon volume d’entrainement et bizarrement j’ai l’impression de courir de plus en plus vite. J’améliore mes temps d’entrainement de l’année dernière et cerise sur le gâteau les sorties longues se passent super bien - super sensations. Je pensais essayer de faire 10h sur le parcours d’origine, arriver dans les 40 premiers et faire juste un peu moins de 6km/h. Sur le parcours de repli, je garde le même objectif vitesse et vois qu’il y a 300 inscrit cette fois-ci donc vise plus la 100ème place, le premier tiers.

Venir dans la région me permet de voir un peu de famille, je passe la nuit du samedi au dimanche à Hirmentaz dans le chalet de mon cousin. Sympa surtout lorsque le départ est à 6.00am.

J’ai longtemps hésité sur la tenue à adopter. La météo annonce 4°C au départ. Je me décide  au dernier moment pour un caleçon hiver long (j’ai bien fait car je crois que mon skins été n’aurait pas survécu à l’épreuve des glissades) + haut long hiver (1 couche) + goretex dans le sac. Je prends mes petits gants mais vu le temps je mets mes gants étanches dans le sac au cas où.

CREDIT PHOTO – SITE OFFICIEL

LA COURSE

Pas facile d’être chaud et motivé à 6.00am. A bien y réfléchir je crois ne jamais être parti aussi tôt. Ma stratégie est de partir vraiment tranquille sur les 10 premiers, se chauffer sur les 15 d’après puis bien pousser sur les 15 suivant avant de passer aussi bien que possible la dernière grosse bosse. 

Avant le départ l’organisation nous annonce de la pluie, 10 cm de neige fraiche à 1600m et vent 50/60km/h sur les hauteurs. OK… bon on est là pour ça alors pas de problème. Le jour se lève et on commence à voir la démarcation pluie neige sur les hauteurs.

On profite d’une petite acalmie niveau pluie pour prendre le départ.

 

Je me place dans le premier tiers et trottine doucement pendant 2km avant d’attaquer les choses sérieuses avec 500mD+ pour arriver à Narmont. Dès le début je me rends compte que les choses vont être compliquées. Ça glisse, ça glisse même beaucoup. Les sols sont détrempés. Les appuis sont fuyants, on avance mais on recule aussi. On perd une énergie folle. Je me dis que ce sera déjà bien de finir l’épreuve car 53km  3,700D+ c’est pas facile alors en plus en dépensant deux fois plus d’énergie dans la boue à chaque pas, ça risque de faire très mal.

 

10 à 20 coureurs me doubleront dans la montée. J’y vais à mon rythme. J’essaie d’y aller molo mais j’ai le cœur à 170, je n’arrive pas à la faire redescendre. Il faudra toute la première montée avant qu’il ne retrouve son habituel 150-160. En haut de Narmont on commence à voir de superbes paysages. Ambiance assez irréelle avec encore un peu de brume, une vallée verte sous poudrée de blanc et un ciel argenté. 

 

 

 

La première montée était délicate mais la première  descente va l’être encore plus. Mon dieu, que ça glisse. On ne peut plus courir ou marcher, il faut gérer la glisse. Chacun y va de sa technique, pieds parallèles, technique télémarque, sur les fesses. Tout y passe tant que ça descend. Les coureurs tombent comme des mouches, il n’y a pas d’exception dans cette première descente bien raide dans le bois. A la sortie du bois je prends ma première gamelle. Je glisse et tombe de mon 1,93 sur les fesses. Ça sonne ! Mais que c’est ludique. One se croirait revenu en enfance. Les coureurs ont l’air d’apprécier.

J’avais cru comprendre qu’il y aurait un premier ravito vers le 8ème km mais je ne l’ai jamais vu. J’ai bien fait finalement de partir avec un Camelback plein. Au 10ème km on attaque la montée vers la tête de Follys 700D+. Je me souviens de l’avoir bien négociée cette montée. Toujours aussi glissante alors j’ai été content de retrouver la neige. Il y a de la neige fraiche, plus de 10cm je pense au moins 20 à certains endroits en plus du bon 80cm de neige tassée. Je rappelle que nous sommes le 19 Mai et voilà que notre trail se transforme en trail blanc.

Il y a un petit côté magique quand même. C’est beau la neige fraiche sur les sapins ;) Je commence à avoir un peu froid au pieds quand même. En haut on en prend plein les yeux. A ce moment-là je me dis qu’il faut que quelqu’un prenne cette photo. Miracle, je la retrouve sur le site officiel. Cette photo, la voici.

On passe sur un petit chemin de crête bien sympa et on decouvre d'autres paysages yout aussi superbes.

 

C’est partie pour la descente dans la neige d’abord puis dans la boue. Je suis beaucoup plus à l’aise dans la neige. Ça glisse quand même moins et je retrouve mes sensations de ski. Nous retrouvons quand même la boue très rapidement et les glissades recommencent. Difficile de rester sur le chemin, certains coupent carrément les lacets et passent tout droit. Pas très fair play. C’est dans cette descente que je fais mal au petit doigt. Je chute et me rattrape avec la main mais mon doigt fait le ça grand écart. Aie aie aie, ça fait mal et maintenant je vais avoir plus de mal à utiliser mon bâton. Dans la descente nous avons une superbe vue sur le Roc d’Enfer enneigé, au premier plan une prairie bien verte, puis le Roc qui se découpe dans le ciel bleu. Eh oui le soleil a fait son apparition. Que ça fait du bien. On a de la chance finalement.    

Après 500D- on arrive au point d’eau pour après remonter à Petetoz. +400D+.

 

C’est à partir de là que je m’étais dit que j’allais passer la seconde. Le début de la descente n’est pas très facile puis j’essaie d’allonger un peu dès que possible mais il est vraiment difficile d’accélérer dans cette boue, je renonce finalement à tout effort inutile.  

Je pense que c’est par ici que l’on commence à traverser des rivières glacées, où il faut mettre les pieds dans l’eau. Ça a l’avantage de nettoyer les chaussures mais ce n’est pas très agréable.  

 On passe au premier pointage chrono à Souvroz. Je pointe à la 97ème place en 4h16.

J’arrive à la chapelle St Bruno, sous le soleil. C’est ici que mon groupe de supporters était supposé m’attendre. Je regarde autour de moi, je ne vois aucune tête connue malheureusement pourtant j’arrive pile-poil dans les temps prévu, en 4h35. J’attrape un petit bout de saucisse qui me faisait envie  et je repars.

 

La montée suivante est très raide. J’accuse mon premier coup de moins bien, c’est normal on arrive au 30ème km. Je n’arrive pas à accélérer alors je gère comme je peux. Après 500D+ on bascule sur une route forestière, je sais que là sur une 10aine de km, ça va être plus facile. Alors j’allonge la foulée au maximum et je reprends 2-3 coureurs. Après 600D- on remonte très fort, pas pour longtemps mais là j’ai mon second coup de pompe. On est avec pas mal de concurrents marcheurs je crois. Je passe au second pointage chrono au Merle en 6h39, 91ème.

On aborde une partie plus plane. Pendant pas mal de temps je me retrouve derrière la relève des trailleurs. Deux petits bouts de choux de 10 ans environ qui ont l’air de connaître le coin. Ils vont plus vite que moi, je n’arrive pas à les doubler. Cela va durer 1 ou 2 km, ça me fait du mal au moral ;). Je sais que le ravito n’est pas loin mais il met du temps à arriver.

Je me dis alors que je vais m’arrêter un petit moment car j’en ai plein les pattes. Je me serai bien arrête là, après 43km. Les 13 derniers vont être difficiles surtout avec une montée de 700D+ et une descente derrière de 900D-. En plus il commence à pleuvoir. Je passe au ravito en 7h37, 98ème. J’ai perdu quelques places mais rien de grave.

Je repars avec quelques coureurs, allez il faut tenir, c’est bientôt fini. La montée se fait par palier. La dernière partie avant d’atteindre Nifflon d’en Haut est très laborieuse. Ça glisse beaucoup, la pente est très raide, en dévers par endroit. Je monte avec un collègue et je m’accroche car ça revient fort derrière. Ouf on passe la bascule et on retrouve la neige près des chalets de Nifflon.

Ça remonte encore un poil et ça y est en avant pour la descente. Il y a beaucoup de neige alors on repart en mode ski. Ça me redonne un peu de courage, c’est à nouveau très ludique. Je me fais vraiment plaisir. Je reprends 2-3 coureurs un peu moins à l’aise.

Très vite on retrouve la boue et là quelques coureurs reviennent. Je pense avoir progressé en descente mais pas assez pour ne pas perdre de place. C’est pas mon truc. Je laisse passer une féminine que j’ai croisée tout le long de la course, #16 et que j’avais vu revenir très fort dans la montée de Nifflon. Les cuisses n’ont pas trop souffert finalement je ne sais pas si c’est à cause des descentes glissantes qui ont moins traumatisé les muscles où à cause d’une meilleure technique de descente. J’ai essayé de plus me pencher en avant pour soulager les muscles cette fois-ci et de bien mieux me ventiler.

On arrive sur du plat, enfin. Là je reprends la #16 et revient sur 3 coureurs. J’essaie de me motiver en me fixant l’objectif de finir devant ma collègue. On se motive comme on peut en fin de course ;) On nous annonce « plus que 3km » mais je sais qu’il y a aussi encore une petite bosse de 200D+. Je ne suis pas au top mais je m’accroche et fais la montée avec mes 3 compères, notre #16 est juste derrière. Je donne mes dernières forces dans cette dernière montée pour la garder à bonne distance. Que c’est dur et long. On bascule, j’essaie de descendre avec les trois mousquetaires. Ils doivent être fatigués car j’arrive à rester dans le groupe. Dès que la pente se fait plus douce, j’accélère et arrive à m’échapper du groupe. J’arrive à finir assez fort, j’ai encore un peu de jus. Je suis content car ce n’était pas gagné.

Je finis en 9h47, 99ème. Je rentre dans les 100 premiers. 5,7km/h // 10,31m/km de moyenne. Les objectifs sont atteints malgré les conditions difficiles. Pulsations moyennes 147.

56km, 3700D+ à ma montre. 

1 commentaire

Commentaire de elnumaa[X] posté le 10-06-2013 à 13:00:45

bravo a toi ! certe le cadre est magnifique , mais la boue + la neige + re-la boue , c'est dur pour le moral !! chapeau en tout cas , et ça donne sacrément envie !!
manu

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