Récit de la course : 3 jours de Chartreuse - Chartreuse Maratour 2013, par mazbert

L'auteur : mazbert

La course : 3 jours de Chartreuse - Chartreuse Maratour

Date : 11/5/2013

Lieu : St Pierre De Chartreuse (Isère)

Affichage : 924 vues

Distance : 45km

Objectif : Se dépenser

1 commentaire

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Maratour ou 36 sortes de boues

Samedi 11 mai, Saint Pierre de Chartreuse, 7h30, 7°, ambiance humide et froide dans bien des sens !!! C'est en assez bonne forme et craintif pour ma cheville gauche douloureuse depuis une belle descente lors de la Chatvoyarde, que je m'apprête à prendre le départ de mon second Maratour chartreux. Cette année c'est dans le flou que nous partons, l'itinéraire a changé hier au soir et c'est sans connaître ni le kilométrage ni le dénivelé que nous quittons le magasin raidlight en espérant qu'il ne pleuve pas.

Cette année pour limiter le bouchon lors de la première montée on se fait une petite boucle dans les rues désertes de la station, mais le but est atteind car nous ne sommes pas bloqués pour entammer la première terrible montée.

 Me voici alors dans le peloton du début. Prudent, à un petit rythme de croisière, callé derrière un couple d'Alsaciens qui me semblent expérimentés. Pour nous distraire deux jeunes kékés enchainent les habituelles blagues de début de trail mais s'amusent aussi à doubler n'importe comment, à nous envoyer leurs bâtons dans la tête. Deux qui ne verront certainement pas l'arrivée car après 3 km ils ont déjà disparus loin derrière.

   Ensuite on se ballade en alternant montées, fortes descentes, chemins en single, route forestière, boue marron, boue noire, boue grise, boue marron-noire-grise en même temps. Le dénivelé s'accumule rapidement et on arrive au ravito de la Correrie au km 12 avec 800m de D+ dans les pattes.

   Arrive le tour de la grande Chartreuse. Je suis au milieu d'un petit groupe de 5, 6 coureurs. On se perd, on se rattrappe, on se relaie, on se parle, on se motive, on compare nos altis et nos palmarès, bref on passe le temps sur ce terrain accidenté mais assez sympa dans l'ensemble qui nous fait faire un grand tour autour de la résidence des moines chartreux. Je retrouve l'ambiance que j'aime dans les longs trails et qui permet d'oublier un temps que les jambes tirent, qu'il reste beaucoup de km et de dénivelé et que la pluie menace toujours.

   C'est donc frais et motivé que je m'arrête au ravito de la Correrie. Je fais le plein car je sais qu'il y a un long chemin avant le prochain situé au col de Porte et l'année passée je m'étais retrouvé sans eau et à moitié mort au sommet du Charmanson. Un peu de saucisson, du nougat, le plein d'eau et je repars sans mes amis qui soit restent un peu plus soit sont déja devant.

Là nous croisons les coureurs du 23km, les croisements sur le single ne sont pas évidents surtout sur la partie très caillouteuse et boueuse, mais ça se passe bien. Certains semblent bien marqués et je leur souhaitent plein de bonnes choses, la majorité me souhaite bonne chance car ils savent qu'on est pas arrivé.

   C'est maintenant, après avoir traversé la rivière, que la course entre dans sa phase "hard". Juste avant la bifurcation je me fais doubler par le premier du "petit" trail", il a 1h d'avance sur moi mais il ne lui reste qu'un seul km et moi 25. Les choses sérieuses commencent, je me retrouve seul avec en point de mire un gars en rouge que je n'arrive pas à reprendre et qui s'échappe petit à petit. Derrière j'entends le bruit de bâtons qui crissent sur les quelques cailloux non ensevelis par la boue. Le manège dure ainsi pendant 3 km (40min) avant que bâtons me reprenne avec un autre traileur en rouge qui n'a qu'un bâton lui. Le reste de la montée se fera avec eux, sur un chemin très glissant, avec de nombreux arbres tombés et surtout une longue partie en neige juste sous le charmanson. Pour être sauvage c'est sauvage, on a vraiment l'impression d'être sur le chemin vers le camp de base de l'everest, on ne voir pas à 100m, des silhouettes fantômatiques se découpent sur les névées devant nous, le chemin disparait puis réapparait 30m plus loin comme par miracle. Mon "ouvreur" en bleu se demande comment on peut être secouru si on a un pb car il n'y a vraiment personne de l'organisation depuis plus de 2h et on est totalement perdus dans la montagne.

  La montée est longue mais laborieusement on rejoint le col sous le Charmanson. Entre temps nous sommes passés devant un coureur mal en point sous sa couverture de survie, encadré de divers traileurs qui s'occupent de lui, il attend l'hélico car aucun véhicule ne peut accèder au col.

   C'est presque par hasard que je me rends compte que je suis maintenat sur la route du col. Effectivement, nous courrons sur un tout petit morceau de goudron, seule partie de la route épargnée par la neige.

   Le reste de la course reprend le chemin de l'année dernière, seule différence la neige et la boue. Il y a d'abord cette grande montée dans la neige avec le cameraman qui nous filme, puis une successions de montées et de descentes en mixte sur les crêtes avant la descente de la mort qui tue sur le col de Porte. Là c'est cascades à gogo, glissades, cassages de gueule un coup dans la boue noire, un coup dans la marron, un coup dans la boue mélangée à la neige, bref le bain de boue rêvé mais pas au milieu d'une course.

   J'arrive bien entouré au ravito. Petit arrêt histoire de souffler et de refaire le plein. Y'a du monde, au moins 10 coureurs. Je repars pour la fin qui nous est annoncée à 7km (elle en fera 9,7 à ma montre). Là c'est le pied pour moi. Une belle descente roulante qui me permet d'aligner 8km à 11km/h. Même si mon camarade en bleu m'enrhume bien, je remonte quand même 5 à 6 coureurs pour me retrouver seul sur le dernier pont avant le raidillon sous l'arrivée.

Là j'ai en point de mire un vétéran en vert avec une superbe moustache que j'avais croisé au départ, je n'arrive pas à le raccrocher et fini donc seul mais relativement frais ces 46km avec 2600m de D+.

  Un tout petit ravito nous attend la ligne passée. C'est vrai que ça fait un peu arrivée cachée dans le village, ça manque un peu de panache. Enfin, c'est pas trop grave, je prends pour une fois le repas d'après course qui est bien local avec une tartiflette géante (très bonne mais pas top à la fin d'un trail). A la voiture je me change et c'est avec bonheur que je quitte mes chaussures recouvertes de tout ce que la terre chartreuse peut produire de boue.

 

   Bilan une 60° place en 6h38. Maintenant c'est RDV le 26 mai à Cruet pour un petit savoyard de 23km.

1 commentaire

Commentaire de airpiou posté le 15-05-2013 à 21:54:35

Salut,
Très bon récit... :-)
Signé l'ouvreur ou l'homme en bleu!!!...c'est vrai que je t'ai bien enrhumé sur la fin :-) :-)
Ravi d'avoir partagé un bout de course avec toi...et l'homme en rouge.

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