Récit de la course : Marathon de Paris 2013, par canard49

L'auteur : canard49

La course : Marathon de Paris

Date : 7/4/2013

Lieu : Paris 16 (Paris)

Affichage : 714 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Objectif majeur

5 commentaires

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MARATHON DE PARIS 2013

 

CR CHRYSTELLEM :

On en lit peu d’aussi émouvant, j’ai même hésité avant d’écrire le mien tellement il me semblait dérisoire. C’est une nouvelle victoire sur le « crabe » et avec quelle ténacité et quel courage ! BRAVO !

MDP 2013 :

 

Quasiment 4 années d’abstinence « forcée », j’ai couru la distance pour la dernière fois en Novembre 2008 à la Rochelle. Un accident de plongée, le 31 Mai 2009, a mis un terme à une course effrénée vers la performance non sans frustration.

 

Kikourou, site presque oublié est redevenu un livre que j’ouvre de temps en temps. J’ai d’ailleurs recroisé Benos sur différentes courses ainsi que de nouveaux visages mais finalement peu de choses ont changé.

 

J’ai quitté géographiquement le groupe de coureurs qui m’a fait découvrir la CAP mais ils sont toujours très présents à mes côtés. Je suis les courses, les classements, et on se tient informé des différents projets pour les années à venir.

 

Après un déménagement et beaucoup de rééducation, j’ai repris la CAP en douceur l’an passé (2 séances le we et rien d’autre) mais je n’ai pas refait de course. J’ai retrouvé des sensations oubliées et le corps a dû se réadapter. Ma cheville, toujours récalcitrante, a fini par me laisser tranquille mais il a fallu du temps, des contractures, des torsions dans les ornières de chemins accidentés. A force de persévérance, j’ai enfin pu remettre un dossard pour le marathon en relais du Bugatti (sur les circuits du 24h du Mans) bouclé en famille avec mon frère et ma sœur. Je n’ai pas ressenti d’émotion particulière, j’avais déjà repris un entrainement sérieux (3 à 4 sorties semaine) mais j’ai apprécié l’ambiance et évidemment l’aspect familial de l’épreuve.

 

Tout s’est enchainé. Il me fallait un club pour reprendre la piste et un groupe pour partager les entrainements. Je me suis donc inscrit dans le club de l’ASCSB (Saint-Barthélémy) et j’y ai trouvé tout ce que je cherchais : une très bonne ambiance, un entraineur rigoureux, attentif et des partenaires à l’écoute. Après quelques trails, cross, un ami me fait part de son envie d’effectuer un marathon. Il envisage un temps le marathon de Trélazé, proche mais j’ai une autre idée en tête. J’ai fait le MDP comme premier marathon et j’en garde un très bon souvenir et il me semble plus accessible car on n’est jamais seul, il y a beaucoup d’animations, de coureurs … Je lui propose donc de participer à cet événement majeur et il accepte !

 

Depuis Octobre, nous participons aux mêmes courses, nous nous entrainons le we ensemble et il progresse de manière spectaculaire. Il faut du temps au corps pour s’adapter et je sais pertinemment qu’on ne peut pas passer de 2 sorties à 5 sans conséquence. L’hiver a été rude, les organismes ont souffert et la préparation qui devait débuter début Février est retardée par des tendinites, de la fatigue, la grippe … J’avais même prévu de faire des cross mais après deux cross, le corps a dit stop !  Après une mise au repos forcée de 10 jours, j’entame la préparation dans le froid, la pluie mais avec une grande motivation. Pour la première fois depuis que je cours, j’ai un programme à suivre. Je m’en suis servi de base mais je l’ai adapté en y ajoutant quelques séances supplémentaires pour augmenter la « caisse ». Mon partenaire d’entrainement n’arrive pas à se sortir de tendinites ou douleurs à tel point qu’il envisage de renoncer : me voila seul, déçu car je n’y allais pas pour moi. Ce sera mon 10ième marathon, mon 3ième à Paris …

 

 Le temps reste maussade, froid, il faut s’y faire et l’espoir de jours meilleurs s’éloigne. Cette année, Paris aura des airs deLa Rochelle. Je suis scrupuleusement mon programme mais je me laisse une part de liberté, un sas pour éviter la surcharge. Les semaines s’enchainent, le volume grossit mais le corps tient et c’est bien l’essentiel. Je ressens une lassitude à la fin de la sixième semaine d’entrainement, je n’ai déjà plus envie de courir moi qui aie dû patienter 3 ans ! 64, 67, 102, 100, 96, 83 les kilomètres défilent pendant six semaines, j’effectue deux semi-marathons de préparation (1h28 la semaine à 102 km et 1h23 la semaine à 83 km). La phase de relâchement me permet de souffler un peu mais je sais qu’il  va falloir être raisonnable. Je n’ai aucun mal à y parvenir car je suis fatigué, je me demande même si je vais être en mesure d’être à la hauteur de l’événement.

 

TROUVER SON ALLURE :

 

C’est un élément essentiel de la préparation. La VMA est calculée lors d’un test vam-eval et les allures spécifiques d’entrainement en dépendent. A priori j’ai une VMA de 18,7 km/h mais les séances d’entrainement semblent indiquer qu’elle est peut-être légèrement supérieure. Mon entraineur a été d’une aide précieuse, il l’estime à nouveau et concocte un plan à partir de 19,3 km/h. Les séances du mardi, dédiées à la vitesse, sont réalisées dans des temps qui correspondent parfaitement à cette VMA. Le jeudi, le travail au seuil se fait à des vitesses supérieures à 80% de la VMA. Je vais peut-être un peu vite, je ne sais pas si c’est utile mais j’ai en tête des allures que je tenais 4 ans auparavant. J’écoute mes sensations et je me laisse guider par une règle : les temps mis sur les séries de 2000, 3000 etc … doivent être réguliers même s’ils ne correspondent pas à ceux calculés à l’aide de la VMA. C’est le cas, je peux donc commencer à chercher mon allure.

 

Je navigue un peu dans le brouillard, il y a ce que disent les chiffres et un vécu qui me permet de savoir qu’il est difficile de tenir sur la deuxième partie d’un marathon. J’ai déjà subi deux fois « le mur » et je m’en souviens encore … J’ai envie de partir « vite » mais je sais que c’est une grosse bêtise. Je tâtonne, je cherche et je me rapproche. L’intervalle [4’05 ; 4’10] est un intervalle de confiance avec un risque faible du temps au kilomètre. Fidèle à une stratégie maintes fois employées, je vais me fixer différentes allures et donc différents objectifs :

 

  • 4’05      au km pour la vitesse maximale soit environ 2h52
  • Moins      de 2h55 parce que c’est assez proche et symbolique
  • Moins      de 2h57 parce que c’est mon meilleur chrono à Paris
  • Moins      de 3h également pour le symbole

 

Tout ce qui est au-dessus sera mis dans le même panier ou plutôt la même corbeille, je serais déçu mais l’accepterais. Il y a six mois, je n’envisageais pas de passer à nouveau sous les 3 heures, c’est déjà une première victoire.

 

JOUR J :

RAS, aucune douleur, le matériel et le corps ont été éprouvés pendant la préparation. Je n’utilise que du matériel testé. Je partirai sans boisson, avec seulement une pâte de fruit. J’opte pour du court même s’il fait froid car il est annoncé du soleil et une température d’environ 12°C à l’arrivée. Les conditions sont idéales.

 

Je cours avec un dossard qui n’est pas le mien. Quand je me suis inscrit, j’ai choisi le sas 3h15 pensant qu’il fallait justifier d’un temps de référence pour entrer dans le sas 3 h et je n’en ai plus. En fait c’était possible mais j’ai mal lu ! Mon copain a pris un dossard 3h alors qu’il souhaite arriver autour de 3h30. Je m’appellerai donc Sébastien le temps d’une course.

 

Les départs différés perturbent quelques coureurs, je trouve la démarche intéressante, le trafic est fluide dans les avenues.

Pour le reste, le tableau ci-dessous résume assez bien la course : je passe le premier semi en 1h26min39 et le deuxième en 1h26min51 soit un temps final de 2h53min30s.

 

Mon partenaire bouclera, euphorique, son premier marathon en 3h27 après une préparation chaotique mais qui laisse entrevoir de gros progrès par la suite.

Distance

5

10

15

20

21,1

25

30

35

40

42,195

Moyenne   en min.s/km

4,04

4,05

4,07

4,07

4,07

4,08

4,08

4,08

4,07

4,07

Moyenne   prévue

4,16

4,16

4,16

4,16

4,16

4,16

4,16

4,16

4,16

4,16

Moyenne   en min/km

4,06

4,087

4,121

4,11

4,114

4,127

4,134

4,13

4,123

4,115

 Sportivement                                             

5 commentaires

Commentaire de francois 91410 posté le 14-04-2013 à 21:24:30

Ca c'est un retour ... fracassant
bravo pour cette reconquête de ce que tu étais ! bonne récup!

Commentaire de Bert' posté le 14-04-2013 à 22:16:42

Simplement bravo !! Revenir comme ça, c'est tout simplement énorme... et encourageant pour tous les accidents, incidents et autres difficultés que chacun peut rencontrer un jour...

Commentaire de caro.s91 posté le 15-04-2013 à 10:41:30

Un grand bravo pour cette performance et aussi pour cette leçon de vie qui montre qu'avec de la patience on peut revenir dans la course...
Caro

Commentaire de Arclusaz posté le 16-04-2013 à 00:09:19

c'est "énervant" ces gens en reconstruction qui vont plus vite que je n'irais jamais !!!
tu as su parfaitement optimisé ton énorme potentiel : mon dieu, que ça va vite !
Félicitations et merci pour le CR.

Commentaire de gmtrail49 posté le 10-06-2013 à 15:28:42

Salut Alex

Je viens de découvrir ce récit du MdP, et je comprends ainsi qu'avec votre troc de dossards, il n'y avait en fait pas d'erreur sur le temps officiel de 3 h 27 du site officiel de la course !!!
Comme au bon vieux temps, ta progression est chirurgicalement mathématique, à se demander si t'es humain, si tant est qu'on puisse l'être quand on enseigne les maths !
En tout cas, tu nous manques toujours beaucoup à nous petits coureurs du CAPS ; mais c'est sans doute à Jo que tu manques le plus, lui qui gagne partout où il cours en ce moment ; j'imagine bien une sortie trail du dimanche matin terminée pour tous les deux à 15-16 km/h dans les côtes de Dampierre sur le trail JP !
Amicalement,
JP.

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