Récit de la course : L'O'Rigole - 75 km 2012, par bubulle

L'auteur : bubulle

La course : L'O'Rigole - 75 km

Date : 8/12/2012

Lieu : Perray en Yvelines (Yvelines)

Affichage : 988 vues

Distance : 13km

Matos : Un appareil photo

Objectif : Balade

5 commentaires

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L'Origole : mais je ne l'ai pas faite?

Eh non, je ne l'ai pas faite. Mais quand même un petit peu. Et, finalement, ça vaut le coup d'être partagé. Si vous avez déjà lu d'autres bubulleries, vous savez bien que je suis bavard (et si vous connaissez le bubulle en vrai, vous savez que je ne le suis pas tant que ça....).

Bref, Origole. En 2009, c'était un truc mythique pour moi, pauvre petit rigolo qui avait fait à tout casser 3 trails dans sa vie et n'avait jamais dépassé les 42 bornes. Un truc de malade pour ces allumés extraterrestres qui trouvent amusant d'aller se déguiser en guerriers pour aller faire le clown dans la boue de nuit en hiver.

En 2010, ça l'était moins et j'étais tenté d'aller faire le "petit" trail. Mais un mois de novembre un peu exagéré avait consommé tout mon quota d'autorisation de sorties à la maison et je sentais qu'il ne fallait pas trop tirer sur la corde.

En 2011, pas d'Origole.Mais par contre un super off avec de grands maîtres kikoureurs, sur la troisième boucle, le dimanche matin.

Alors, en 2012, il s'y jette, le bubulle? Finalement, je me dis que 3 semaines après mon cher Le Puy-Firminy, ce n'est guère raisonnable et que même le petit trail, on va éviter surtout que je n'ai quasiment pas vu Madame Bubulle depuis 2 semaines. Donc, couette.

Mais, quand même, ça chatouille un peu de voir tous les copains se donner plus ou moins rendez-vous au Perray. Et le Perray, c'est quasiment à côté de la bubulle-maison, je vais souvent courir sur la première boucle, je connais le Camp Romain et le domaine des Plainvaux presque par coeur.

Hop, c'est décidé, je vais aller me la jouer en touriste et faire la troisième boucle le dimanche matin à l'envers. Et d'aller à la rencontre des coureurs avec un appareil photo.

Après de savants calculs incluant la météo, la longueur du tracé, l'analyse des courses précédentes, les phases de la lune et le lever de soleil, je décide de partir à 8h d'Auffargis, à la Croix Saint-Jacques, là où les coureurs sortiront enfin de l'enfer des montées-descentes du vallon des Vaux de Cernay.

J'ai imprimé le tracé trouvé sur Openrunner pour me servir de carte. Naif que je suis. Comme les 3/4 de la boucle se font en hors piste, cela ne sert strictement à rien..:-)

Arrivée à Auffargis à 7h45, finalement. Le réveil à 6h30 a été un peu dur à gérer mais, bon, j'ai promis sur le forum que j'y allais, j'y vais. Eventuellement, TontonTrailer est supposé me rejoindre mais comme il est resté la veille au soir au gymnase jusqu'à 3h du matin, ce sera sans lui. Feignasse..:-)

En entrant à Auffargis, je dépasse, encore en voiture, un coureur qui démarre sa troisième boucle. Ralentissements, encouragements, je lui donne rendez-vous dans les bois. Le pauvre, je me demande s'il aura compris, mais au moins il aura vu un être humain ce qui, à cette heure, n'est pas évident.

Carrefour de la Croix St-Jacques. Personne. Je m'attendais à trouver des signaleurs, mais ceux-ci arriveront en fait plus tard. Visiblement, les premiers coureurs n'ont pas droit aux signaleurs...:-)

Je gare la titine, je me harnache et....j'aperçois le premier coureur dont la frontale scintille sur le chemin....que je croyais être celui du retour vers Auffargis! Salutation rapide, il me confirme bien qu'il arrive du parcours et donc que, pour partir à l'envers, je dois partir d'où il vient! Bon vent à lui, je fais une photo mais on ne verra rien, il fait trop noir. C'est en fait le 4ème de la course, je l'apprendrai plus tard.

Me voilà donc parti, frontale en route, il fait encore très sombre. Dès le départ, on est dans l'ambiance : il y a une vague trace (très vague, vu que seulement huit pieds l'ont foulée!) et on passe en gros n'importe où. Les seuls repères, ce sont les rubalises fluo.

Montée vers Les Vindrins où en haut, je croise un nouveau coureur que j'encourage comme je peux ("plus que 5 bornes à peu près, ça va le faire"). Puis un autre en rentrant dans le bois. Lui m'engueule comme du poisson pourri : "arrêtez de dire que c'est presque fini, faites chier!". Bon, pourtant, même si c'est vrai, je comprends la colère. Quand on a 9 heures dans les pattes, on ne veut pas entendre les indications imprécises des pékins qu'on croise. Pourtant les miennes étaient juste, mon gars (Ludovic? Jacques?), je te promets que je connais le coin et que tu étais à même pas 6 bornes de l'arrivée et pas les bornes les plus difficiles!

Je décide cependant de faire attention à mes encouragements pour les suivants et ne pas leur dire de trucs trop "bateau". Petit à petit, il apparaîtront mieux sur mes photos au fur et à mesure que le jour se lève.

On passe les rochers plats dont je me souviens bien depuis le Off de 2011. Land nous avait vraiment fait passer sur le bon tracé à cette époque, je m'en rends compte. Et c'est aussi là que je commence à découvrir l'état du terrain, souvent TRES humide et glissant.

Quelques passages acrobatiques et pour l'instant très peu de coureurs. Il m'arrive de courir 5-10 minutes sans croiser personne et, moi, je cours vu que je suis tout frais..:-).

 

Petit arrêt à un carrefour balisé par deux bénévoles. L'un d'eux doit fréquenter Kikourou car il est au courant de mon projet de tour à l'envers. Il me donne des nouvelles sur le taux d'abandon jusqu'ici et sur le fait qu'il y a une barrière horaire à l'abbaye des Vaux de Cernay, à 9h45.

S'ensuit une très très très longue succession de montées/descentes, le plus souvent en hors piste. Je trouve ça long et pourtant...je cours (bon, faut bien aussi que je fasse ma sortie du dimanche, on n'est pas là pour rigoler, non plus). J'imagine ce que ça doit être après 70 kilomètres.

Le chemin est parfois un peu difficile à trouver. Le jour levé, les rubalises ne sont plus réfléchissantes et même s'il y en a très très très souvent, elles sont quand même disposées pour ceux qui courent dans le bon sens, logique! J'ai donc quelques hésitations mais, au final, je ne perds pas le chemin.

À part moi (et les coureurs et les 2 baliseurs, évidemment), je ne verrai PERSONNE sur ce trajet. Je me dis, du coup, que je suis peut-être la petite bouée d'espoir de ceux que je croise. Le souvenir pour eux qu'il existe quelque chose d'humain en ce bas monde et qu'il va être possible de sortir de cet enfer tracé par un psychopathe.

Alors, on essaie de trouver les mots qui vont aider, en essayant quand même de se rappeler qu'un coureur, même exténué, ça n'a pas envie qu'on lui dise n'importe quoi. Donc, donner des indications : "il te reste à peu près 3,5 kilos vraiment costauds, je te promets, c'est ma montre GPS qui le dit. Après quand t'arrives à Auffargis, il doit reste 4-5 bornes plus faciles, mais là je suis moins sûr".

Aider aussi : "tu veux de la flotte, j'en ai un peu avec moi?". On n'a pas idée (tant qu'on n'a pas couru ce genre de truc) ce que quelques centilitres peuvent changer.

Et les bornes défilent. Et les coureurs défilent. Des fois par petits paquets. Le plus souvent tout seuls, dans leur bulle, dont je les sors quelques secondes. Les coureuses aussi. Pas beaucoup. Il y aura seulement 7 féminines finishers de cette édition. Au début, j'ai vu Marioune, j'ai bien cru la reconnaître, mais je n'étais pas sûr et elle était super concentrée. On ne s'est vus qu'une fois, lors d'un Off mémorable à Maurepas en début d'année. Elle était en fait avec Le Loup mais je ne l'ai même pas reconnu, boulet que je suis. A ma décharge il faisait encore sombre à ce moment là.

Plus j'avance et plus l'état physique apparent de ceux que je croise n'est pas bien vaillant. Mais serais-je mieux à ce moment là de la course? Ça m'étonnerait. Moi, je fais le kéké en courant dans les côtes, mais j'ai 6-7 bornes (et près de 1h30, quand même) dans les jambes, pas 70. Donc, respect, les gars et les rares filles.

Au fil des croisements, plusieurs me reconnaissent et on tape parfois le bout de gras. Souvent, manque de lucidité oblige, ils oublient de me donner leur pseudo, donc c'est un peu dur de se rappeler. olafmax, djikai (avec qui ont fait une photo)....j'en oublie des tas d'entre vous. J'ai parfois l'impression qu'il n'y a que des kikous sur cette course..:-)

Et vas-y qu'on monte et qu'on descend au dessus de cette abbaye. Elle est grande l'abbaye et nombreux seront ceux qui diront qu'il n'en n'ont pas vu le bout!

Au bout de 7 bornes, miracle : 100 mètres de plat! Je le hurle à ceux qui viennent vers moi : "profitez bien, les gars, parce que ce qui suit, c'est juste une tuerie". Enfin, je ne le dis pas comme ça, mais je ne leur raconte pas des craques non plus : c'est dur et il vont encore en chier, je pense mieux de ne pas travestir la vérité.

Enfin la descente vers le parking où est la barrière horaire. Je croise un groupe un peu plus important, visiblement soulagé de l'avoir passée, on échange un peu plus longuement, ils se ravitaillent, je passe de l'eau à ozone, j'ai même droit à un saucisson en passant de la part d'un type dans une drôle de combinaison en plastique jaune (un adepte du sauciflard comme moi, youpi!).

Arrivé au parking, il est 10H37. Il reste 8 minutes pour la BH. En fait, les bénévoles me disent qu'il est question de la décaler de 15 minutes, mais ça a l'air peu clair. Je repars donc assez vite pour essayer de bien renseigner ceux que je croise : en résumé : "magnez-vous les gars (et les filles)".

Je fais bien car je ramasse en passant une dizaine de coureurs que mes indications motivent à se bousculer un peu et qui (vérification faite après) passeront tous la BH. Certains sont un peu en rogne : je comprendrai plus tard en lisant les CR qu'ils croyaient avoir déjà passé la BH car à un moment, sur l'aller, on arrive près de l'abbaye et on peut penser que c'était là. Notez-le pour les prochaines éditions : la BH elle est SUR LE PARKING près de la seule route que vous croiserez. Tant que vous n'avez pas traversé une route goudronnée, vous ne l'avez pas passée!

Bref, je fais encore une grande boucle dans la forêt avec notamment le passage très ludique dans une espèce de canyon, puis deux descentes (pour moi) infernales que je fais sur les fesses dans la boue en me demandant comment on peut bien monter dans l'autre sens. Je donne de moins en moins d'espoir aux très rares coureurs que je croise en leur suggérant toutefois d'essayer, au cas où la BH soit reculée. Au final, je crois que tous seront passés. Avec un peu de chance, j'y ai contribué.

FInalement, après une longue descente, pour une fois sur un chemin (le traceur avait du avoir un coup de mou), je me retrouve le long de l'abbaye, sur le GR. Un dernier coureur arrive, à qui je ne peux qu'indiquer qu'il n'a vraiment aucune chance de passer la BH. Il en a totalement marre de toute façon. Je lui suggère de continuer à remonter la vallée par le GR jusqu'au parking et qu'il pourra sûrement trouver quelqu'un pour le rapatrier au Perray.

Après cela, je n'ai plus le coeur de repartir sur le parcours, si c'est pour n'y trouver que des coureurs déçus. De plus, je suis déjà largement à la bourre par rapport à ce que j'ai annoncé à la maison, donc il est temps de rentrer. Je mets donc le turbo sur le GR, me fait un petit plaisir à déposer un groupe de coureurs....je coupe par un passage abominablement boueux le long du Rû (Patricia.B doit se rappeler d'une belle gamelle l'an dernier à cet endroit) et je finis à fond les manettes par la route pour revenir à Auffargis. Du 13 à l'heure après avoir "lambiné" à 6, ça change (oui, chez moi, 13 à l'heure, ça s'appelle "à fond les manettes", on rigole pas, je suis V2 d'abord, hein..:-)

Retour à mon point de départ, il y a maintenant des bénévoles et on discute le coup 5-10 minutes. Cela me permet aussi de faire quelques photos de coureurs.....que j'ai déjà croisés précédemment. Ces chanceux auront donc droit à deux photos. Mais ils sont en bien piteux état et plus personne ne court...sauf pour faire le kéké sur la photo...:-)

Pour clore le tout, je fais un petit AR avec la voiture au parking de l'abbaye : on ne sait jamais, il y a peut-être des retardataires qui seraient bien contents de trouver un taxi. Mais, tout est bien organisé et j'arrive au moment où les bénévoles partent avec de grands sacs poubelle pour débaliser. Il ne me reste plus qu'à rentrer dans mes pénates....même si je suis tenté de faire un passage au gymnase dire bonjour aux copains. Mais je suis finalement raisonnable car je sais que je vais m'attarder et que je suis un peu attendu..:-)

Au final, c'était une grande et belle balade. C'est tout à fait passionnant de faire ainsi une course "à l'envers". Contrairement aux coureurs, on voit plein de monde et on a aussi l'impression d'apporter quelque chose à ceux qui galèrent sur le parcours. En plus, après, ils ont de "jolies" photos (désolé pour ceux et celles que j'ai ratés...ou photographiés flous) qu'on peut partager.

Une autre façon de faire l'Origole. Pensez-y les années prochaines, si vous décidez de ne PAS courir. Si ça se trouve, je serai bien content de vous voir sur la B3, en 2014...:-)

 

Les photos du périples (toutes, mêmes les ratées) : https://picasaweb.google.com/109307034074146901428/Origole2012B3ALEnvers

 

5 commentaires

Commentaire de djikai posté le 11-12-2012 à 22:07:59

Elle est à toi cette O'Rigole, toi le Bubulle qui sans façon, m'a offert... je m'égare... Bravo et merci de ta visite et de tes encouragements sur cette 3ème boucle. Au plaisir de te rendre la pareille sur une prochaine course.

Commentaire de jpoggio posté le 12-12-2012 à 07:05:01

Belle sortie !
J'avais fait l'exercice sur l'Ecotrail il y a quelques années, c'est assez sympa...

Commentaire de bubulle posté le 12-12-2012 à 07:23:32

Jacques, je m'en rappelle, effectivement, c'était l'Ecotrail 2011, je t'avais croisé sur le 50, dans ton jardin de Fausses-Reposes. Espérons que ces expériences réussies en motivent d'autres!

Commentaire de Arclusaz posté le 12-12-2012 à 10:32:17

Très bonne idée ce type de sortie longue en remontant un parcours et en encourageant !
j'avais fait ça en 2009 sur une petite course vers chez moi (je crois qu'elle s'appelle STL mais je ne sais pas ce que signifie ces initiales...).
ça permet d'en être sans gêner voire même d'aider un peu des gens en galère.
En plus, Saint Bubulle a fait des photos ! (à 15 euros la photo, t'aurais achment rentabilisé la sortie et ta femme t'aurait donné plus facilement des bons de sortie...)


Commentaire de francois 91410 posté le 26-12-2012 à 16:50:55

Juste une précision pour les lecteurs : en vrai, il est également bavard le Bubulle !!
Bravo en tout cas pour cette initiative sympa !

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