Récit de la course : 24 heures d'Aulnat 2012, par Arno_SMAG

L'auteur : Arno_SMAG

La course : 24 heures d'Aulnat

Date : 10/11/2012

Lieu : Aulnat (Puy-de-Dôme)

Affichage : 574 vues

Distance : 0km

Objectif : Objectif majeur

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24 heures d'Aulnat, un essai transformé !

Ça faisait un petit moment que l’idée me trottait dans la tête de me lancer sur un 24 heures et j’ai décidé cette année de tenter l’expérience à Aulnat.
Un 24 heures ça demande un minimum de préparation et de sérieux parce que c’est très long et le geste sera très répétitif. Je sollicite donc Benoit qui me fait un plan d’entraînement aux petits oignons sur les 10 dernières semaines et je sollicite également Franck et Marie-Line qui auront la lourde charge de gérer mon alimentation et hydratation pendant ce 24 heures.


Le mois de septembre se passe bien et je décide un peu au dernier moment, avec Benoît, de prendre un dossard pour les 24 heures de Grenoble. Mais je ne ferais que les 6 premières heures avec Théodore, alias Toto, en guise de sortie longue allure 24 heures. Nous partons à 10 km/h et nous parvenons à maintenir tranquillement cette allure pendant 5h00. La dernière heure sera pour moi un peu plus difficile à cause de la chaleur grenobloise. Au final 59 km et 6h00 et un très bon entraînement. Toto abandonnera après 90 km à cause de douleurs aux TFL dues sûrement à une bonne déshydratation.

Suite à Grenoble, il reste donc 6 semaines avant Aulnat. Encore de quoi s’amuser à l’entraînement. Les semaines se suivent et je prends beaucoup de plaisir à l’entraînement qui est très varié : un petit footing, une séance de VMA courte, une séance d’une heure, une séance de VMA longue, sortie spécifiques 24 heure en cyrano (12 minutes de course entre 9,5 et 10 km/h puis 45 secondes de marche). Je rajoute aussi quelques sorties en montagne pour profiter de l’automne savoyard ! Les sensations sont de plus en plus encourageantes notamment sur les séances de fractionnés et les sorties longues qui laissent que très peu de fatigue musculaire.

Les deux dernières semaines avant Aulnat sont longues et j’ai vraiment envie d’y être. Je glane quelques précieux conseils sur le net et auprès de Christian Leroux (ami et spécialiste du 24 heures – 244 km !) et Patrick Bringer. Je décide finalement de jouer la carte de la diversité sur l’alimentation (liquide et solide) plutôt que de me limiter à de seules boissons énergétiques.

Samedi 10 novembre, nous arrivons à Aulnat vers 9h30, c’est le déluge. Je me mets au chaud et me relaxe pendant que Franck monte notre tente et le ravitaillement sous la pluie. L’horaire du départ arrive vite et c’est sans aucun stress que nous partons tranquillement à 11h00. Le tour fait 1185 mètres. Je ne me suis fixé aucun temps de passage, aucun objectif kilométrique sur le 24 heures.

Les seules choses seront :
De ne pas partir trop vite, c’est-à-dire de ne pas courir à plus de 9,8 km/h sur les 6 premières heures.
De marcher 45 secondes à 1 minutes tous les deux tours, j’en profiterais pour boire et manger ce que me proposerons Franck et Marie-Line.
• De ne pas m’arrêter dormir. Il faut toujours rester sur la piste !! Interdiction donc de rentrer dans le gymnase !
D’accepter la fatigue et les souffrances musculaires qui arriveront forcément au bout d’un certain temps.

Je pars donc très cool sur cette première heure avec Franck et Marie-Line qui ont également pris un dossard pour m’accompagner de temps et en temps. Dès la fin du 2ème tour, je commence à boire et m’alimenter et à marcher. Je suis assez loin dans le classement mais je suis au rythme que j’ai choisi c’est-à-dire 9,5 km/h environ. Toto est légèrement plus vite et Thomas est aux avant-postes ! Les tours s’enchaînent sans problème durant toute la journée du samedi. Je passe le marathon en 4h30 (46ème) environ puis ensuite la barrière des 6 heures où j’ai déjà parcouru presque 56 km (38ème) et je suis en bien meilleur état qu’à Grenoble ! Le soleil se couche assez vite et à 17h30 il fait déjà nuit noire. Le petit jeu de la minute de marche tous les deux tours est maintenant bien en place et je m’alimente et je bois sans problème. La nuit rend la course un peu plus difficile et de plus en plus de coureurs commencent à marcher de plus en plus et je remonte donc tranquillement au classement général. J’aime bien cette ambiance, il y a beaucoup de solidarité entre les coureurs et on s’encourage mutuellement. C’est donc très doucement que je m’enfonce dans la nuit sur mon rythme de sénateur. J’arrive ainsi à la barrière des 100 km en 11h30 environ (25ème). Il est 22h30 et je suis en pleine forme ou presque ! Je comprends dès maintenant que les 200 km ne seront pas atteint mais peu importe : je continue ma remontée au classement général.

Afin de me relaxer au maximum et éviter toute réflexion inutile, je décide vers 01h00 du matin de ne plus regarder ni ma place, ni mon temps de passage à chaque tour. Je découpe mentalement mon effort heure par heure en regardant uniquement le chrono général. La course d’attente est maintenant finie et il faut que je me force de plus en plus pour garder un rythme correct. J’ai envie de dormir et je m’octroie par moment des pauses en m’asseyant au ravitaillement et en fermant les yeux pendant quelques instants. Les séquences de marche sont plus longues et maintenant je marche même dans une petite bosse à la sortie du terrain de foot pour rejoindre la ligne droite d’arrivée. La présence de Franck et Marie-Line est très importante dans ces moments-là et ils me boostent pour continuer à avancer. Ces bas sont suivis de moments où je suis mieux j’arrive à enchaîner 2 ou 3 tours correctement. Vers 4 heures du matin, Marie-Line remet ses chaussures et m’accompagnera pendant 2 heures. Ça me fait du bien mais mon allure est encore très variable. J’attends maintenant avec impatience le lever du soleil ! Vers 6h00 du matin mes yeux recroisent enfin le tableau des classements et je m’aperçois que je suis 14ème du classement général, j’ai donc gagné une bonne dizaine de places au cours de la nuit. Le challenge sera donc de conserver cette place. Le petit matin s’accompagne d’une baisse de la température et j’en profite pour mettre une petite polaire puis ensuite mon coupe-vent pour bien me maintenir au chaud.

7h00 du matin, 20h de course et 160 km parcourus. Le soleil commence à se lever, ça me fait le plus grand bien et j’enchaîne quelques tours sans m’arrêter aux stands. Il reste encore 4 heures ! Il faut gérer les douleurs musculaires, j’ai vraiment mal aux jambes et mentalement ce n’est pas facile car des coureurs frais (c’est-à-dire qui ont dormi une bonne partie de la nuit) reviennent sur le parcours et je me fais doubler par des coureurs que je n’ai pas vu de la nuit. Ceci dit ça fait de l’animation ! Les dernières heures sont effectuées machinalement mais je prends du plaisir à retrouver une foulée un peu plus rapide qu’au cœur de la nuit. Aulnat se réveille, les spectateurs reviennent sur le parcours et j’ai envie de bien finir ce 1er 24 heures. Après 23 heures de course, je suis encore 14ème, les places sont figées puisque le 15ème est à 2 ou 3 tours et le 13ème a 2 tours d’avance sur moi. Marie-Line et Franck vont effectuer cette dernière heure avec moi, c’est très sympa de partager ces derniers tours ensemble. Le speaker chauffe un peu le public et les coureurs et j’ai un déclic quand il annonce qu’il ne reste que 15 minutes. Je prends alors une foulée de plus en plus appuyée et finalement je boucle seul les deux derniers tours, au mental (je ne sens plus mes jambes !), à plus de 13 km/h. Je totalise ainsi 189,479 km avec la satisfaction du devoir accompli (14ème et 1er sénior). Les jambes sont très douloureuses et je suis épuisé mais heureux.

Un grand merci à Franck et Marie-Line qui m’ont donné du carburant tous les deux tours et qui ont gérer mes coups de moins bien, c’était essentiel pour que je puisse avancer tout au long de ces 24 heures. Un grand merci également à coach Benoît, la préparation fut parfaite et je crois qu’il va avoir du boulot dès 2013 pour me préparer encore mieux pour de prochains 24 heures !

J’ai apprécié cette épreuve à Aulnat grâce à une organisation de très grande qualité et des bénévoles très accueillants. Par ailleurs, c’était la première fois que je me lançais sur un 24 heures et je n’ai pas été déçu. J’ai trouvé ce que j’étais venu chercher : la simplicité du parcours couplée à un effort énorme et à un engagement physique total avec une bonne dose de convivialité et d’encouragements entre les coureurs.

Vivement le prochain !

Matériel Raidlight utilisé  :
¾ Céramik : parfait et très léger. Très agréable à porter ! - Utilisation : toute la course.
Top Mountain Run : Mon vêtement fétiche avec une trame coupe-vent sur le devant. J’ai passé la nuit au chaud ! – Utilisation : les ¾ de course.
Maillot performer : je ne le présente plus ! – utilisation : après-midi du samedi.
Gilet wind and night : léger et coupe-vent. J’ai passé toute la nuit avec le top mountain run et le gilet – utilisation : toute la nuit.
Top R light : bien agréable au petit matin et pour se protéger des averses – utilisation : pendant 2 heures le dimanche matin.
Micropolaire Trail Raider : légère, chaude efficace ! – utilisation : pendant 1 heure le dimanche matin.

Chaussures et chaussettes :
Hoka Stinson Tarmac : très bon compromis amorti, légèreté avec la technologie Hoka – utilisation : 18 heures en cumulé.
Adidas Glide : mes chaussures référence sur route ! – utilisation : 6 heures en cumulé.
Chaussettes injinji : des chaussettes à doigts ! – utilisation : toute la course.

1 commentaire

Commentaire de Land Kikour posté le 01-12-2012 à 14:22:12

Chapeau Arnaud,
Un 24h ce n'est jamais simple c'est une course difficile, tu l'as réussi de fort bien belle manière !!
Très bon souvenir d'Aulnat en 2011 ;-)

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