Récit de la course : La Montagn'Hard - 100 km 2012, par trinouill

L'auteur : trinouill

La course : La Montagn'Hard - 100 km

Date : 7/7/2012

Lieu : St Nicolas De Veroce (Haute-Savoie)

Affichage : 1170 vues

Distance : 100km

Matos : batons Guidetti non utillisés
Saucony pro grid xodux
corsaire 2XU thermique
manchons booster
visiere saucony
lunettes julbo
sac salaomon XA20

Objectif : Objectif majeur

8 commentaires

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Jamais sur le 100

                                                                Jamais sur le 100.

          Pourquoi cette négativité absolue ? Très simple, en 2011, après avoir participé à la Montagn’Hard 60, j’avais dit à Olivier, le G.O. de la course, qu’il était hors de question que je vienne mettre mes guêtres sur la distance reine.

          Ce qui rend cette affaire un poil débile, c’est que je m’y suis inscrit le premier,  comme sur l’édition précédente.

          La distance de la dite course est gargantuesque : 103km pour 8200m positifs !!! Là faut plus déconner comme en 2011 où je m’étais essentiellement entrainé sur le plat pour une course de montagne ; d’où mon renoncement à monter sur l’étage supérieur.

          Après maintes réflexions, je prends part à l’édition du Raid 28 qui a lieu chaque année vers la fin du mois de Janvier avec trois semaines sans entraînement avant la date fatidique. Et oui, au début de ce mois, j’ai failli m’arracher le mollet sur le fameux circuit des 25 bosses. Qu’à cela ne tienne, la course se passe sans problème, pas une once de fatigue sur les 95km parcourus en autonomie totale avec Ponpon, Patricia B, XBo, et Vincent. Dans ce club des cinq figure mon pote de galère habituel : Ponpon.

          Sitôt la course passée, je m’impose, comme à l’accoutumée, une pause totale de 10 jours (pour toutes courses dépassant les 50km). Rendez vous est pris au mois de Mars sur le trail des poilus : 48km pour 1880D+ ………et oui, pour celles et ceux qui l’ignorent, c’est loin d’être plat le Pas de Calais.

          Une question s’impose à moi : il me faut un week-end choc pour tenir la distance sur la Montagn’Hard…….oui mais quoi, où, quand, etc….

          Depuis 3 ans déjà, je suis attiré par un trail en Belgique, le Grand Trail des Lacs et châteaux ; se déroulant sur deux journées, avec des distances différentes ; j’opte pour les distances suivantes : Un 84km et 3100+ le Samedi 12 Mai et pour le 42km et 1600+ le 13 Mai.
          Le premier run est avalé en 11h36 tandis que le 2ème se fera dans la douleur avec une blessure au coup de pied droit….en 6h13. Loin d’être insatisfait mais très énervé envers moi-même pour cette blessure ; combien de fois je l’ai dit et répété : ne jamais faire de course avec une paire de pompe neuve……..ce que j’ai fait sur le 42km.

          Une semaine d’arrêt plus tard (le pied aura doublé de volume entre temps) j’essaye de reprendre les choses en main avec du vélo pour calmer la chose mais l’événement tant attendu approche et ça devient stressant pour ce peton. Après mes péripéties en Belgique et mes 129km pour 4800+ avalés, je n’ai eu aucune courbature. C’est une première pour ma pomme.

          Le mois de Juin se déroule essentiellement aux 25 bosses avec des jours sans. Aucun stress à l’horizon. Bizarre une fois de plus quand on connait la difficulté de la Bête.

          Vendredi 6 Juillet, je monte dans le TGV direction St Nicolas de Véroce. Le petit train-train habituel se met en place. Arrivée à St Gervais, je monte dans la navette prévue par l’organisation et zou.

          Je loge à deux pas du départ au charmant gite « châlet Montjoye ». Tiens !!! Une tête connue, celle de Jean Luc, un compagnon de course du GTLC qui est venu en découdre sur le 100.

          Retrait du dossard, bisoux à Alice et serrage de poigne pour Olivier. Avec Jean Luc, c’est direction le coin du Feu pour nous désaltérer. Rencontre avec Pierre-Yves venu batailler également sur la distance reine.

          Soirée pasta au Tout Schuss avec toute la bande, ce qui permet de ne pas penser à ce qui nous attend.

          Cela se terminera avec un magnifique coucher de soleil lézardant la montagne.

          Le réveil se fera à 3h30 pour un départ à 5h. La nuit est courte, une habitude , mais elle passe bien.

          La veille, j’aurai pris soin de tout préparer comme il faut, du coup je ne me presse pas trop au réveil. Douche, petit déj et prépa finale.

          Il fait un peu frais ce matin, c’est idéal. Je vais me faire bipper dans le sas de départ. J’y rencontre Bruno, un compagnon déjà vu en 2011 puis Pierre Yves. La pression monte chez certains mais pas pour moi.

 

          10,9,8,7,6,5,4 j’entend pas 3,2,1 GO………………………….. parti dans le fond de groupe, je trottine un peu et m’arrête dès la première pente. Le maître mot de la journée sera « Gestion ». Il y a un certain avantage de connaitre une bonne partie du parcours mais l’effet peut être inverse mentalement. Je sais que je vais en chier, j’ai signé pour ça, donc je ne vais pas me plaindre. Les bâtons sont sur le sac, je choisi de les utiliser le plus tard possible. La première descente est bien vive, j’aime ça, suivie d’une belle remontée où il faudra être vigilant pour ne pas continuer tout droit et louper le passage sur le petit pont en métal.

          On a rappelé un coureur mais on a eu du mal à se faire entendre.

             Le premier ravito approche, il est précédé d’une belle pente ou j’enquille tellement que les talons me brulent.Pas de remplissage de poche à eau, j’ai à peine bu.  Je traîne pas trop et repars plein de bonne volonté.

          La montée du Prarion est assez raide dès le départ mais ça passe. Dès que j’aperçoit les rhododendrons, je sais que je vais en prendre plein les yeux. Tantôt la vue sur le Mont Blanc , tantôt celle sur les sommets alentours. Rien que pour ça je suis content d’être la. C’est magique , cette montée, c’est raide mais je passe poutre, c’est tellement beau.

          Le sommet du Prarion est la avec sa table d’orientation et les deux gars du PGHM qui surveillent que tout va bien en questionnant les coureurs. Je retrouve Dominique avec qui je papote un poil. Jusqu’au prochain ravito, ce n’est pas trop technique donc j’envoie un peux mais je me fait chier dès qu’il y a un peut de plat.

          Bionnassay arrive qu’il y a déjà du dégât chez un coureur qui a le pied dans l’eau fraiche. Apparemment il s’est fait bien mal; dommage, sa course s’arrête là. J’y retrouve mon Ponpon qui repart aussitôt.

           J’ai une pensée tordue pour la montée suivante, vers la fin , on en voit pas le bout, ou plutôt si, on aperçoit la finalité de la chose mais ça reste tordu pour le mental.Une chose m’a énervé un poil ; au moment de passer sur la passerelle qui surplombe le torrent du glacier de Bionnassay, il y a un bouchon et pas des moindres; des randonneurs attendent furieusement de traverser au point de me bousculer par moment ; ça râle à tous va mais tant pis, faut y passer le plus vite possible pour ne pas gêner plus ;-((

           C’est décidé, je vais bientôt sortir les bâtons, une fois le col en vue. Je grimpe , je grimpe; ça passe bien mais pas autant que sur la montée précédente. Depuis un certain temps, je n’arrive pas à réguler ma température, je sue à grosses goutes sans discontinuer et j’aime pas ça. Pourtant je bois régulièrement mais rien à faire, ça continue. Petit arrêt, je sors mes guidetti , je les déploie, j’enfile les gants  mais le deuxième me cause un sérieux souci : il est inutilisable car arraché d’un coté ; ils sont quasiment neuf, utilisés une fois sur le trail de cheptainville en test matos mais la non, rien ne vas; je décide tant bien que mal de les utiliser sans dragonne mais je m’énerve et patatras je craque ; les larmes coulent et je suis en train de péter un câble. Souvenir douloureux sur l’édition 2011 ou l’un de mes bâtons s’est disloqué dans la descente du Tricot ; j’ai fini la course avec un bâton. Plein de choses me passent par la tête; j’appelle Nathalie et lui dit que ça va pas fort, suis pas sûr de finir et je pense même m’arrêter au prochain ravito. Mon épouse me réconforte, je range ces maudites brindilles que je remettrai à un bénévole au bas de la prochaine descente pour continuer ma route sans.

           Je le vois, il est là, me narguant de toute sa splendeur, ce col tant attendu. J’y fait une micro pause d’à peine une minute, y retrouve Dominique qui a un peu mal au genou. Il me conseille d’y aller doucement dans la descente mais je ne l’écoute pas et déboule comme un malade jusqu’au ravito de Miage. Quel trip de dévaler la pente sans arrière pensée du style : vais-je tomber, me faire mal ? Et bien non j’arrive pour une pause bien méritée , allongé entre les bouses de vache.

            Je commence à me restaurer mais rien ne passe, ça ressort aussitôt ; Merde me dis-je, suis pas dans le caca si je n’arrive pas à m’alimenter correctement, le reste da la course vaut son pesant d’or. Coca, Quezac mais pas de soupe, pas envie que ça recommence. A partir de là, exit le bon fromage et le Jambon au goût sublime. Je serai obligé d’ingérer autre chose.

            Allez hop, en route vers l’aventure. La partie suivante, je ne la redoute plus ; la chaleur oui ; à cette heure de la journée, y’a le coco jaune qui commence à taper sérieusement ; Je remets mon t-shirt blanc car ça pique aux bras; mouille mon buff kikourou et la casquette et reprends mon chemin avec mon acolyte Dominique.

             Dès les premiers lacets, je discute un peu et fini par avancer coûte que coûte, bien décidé à arriver au bout. Du coup j’en ai lâché Dominique et grimpe direction le Tré la Tête. Cela me paraît facile cette année. Je me surprends même à galoper dès que la pente le permet. Le paysage toujours aussi sublime me rappelle à l’ordre ; Je profite de ces quelques torrents traversés pour m’humidifier la tête. En petite foulée, j’entraperceoit le refuge tant attendu mais c’est encore loin. Qui va loin ménage sa monture .

             L’arrivée à ce point d’eau est symbolique ; je sais qu’un personnage non moins célèbre m’y attend avec son boulet : Le bagnard ou lolo pour les intimes, accompagné de Jean Michel, nous mitraille dès notre entrée sur le site. J’y partage une boisson pleine d’oligo éléments ouverte à l’instant ; c’est bon mais point trop n’en faut, la descente suivante est loin d’être simple : elle est jonchée de racines et autres pierriers bien glissants.

             6km plus bas, j’entame la longue portion plate qui me ramène aux Contamines. C’est trop plat, j’y arrive pas donc j’alterne marche et course jusqu’à la mi-course.

              4 éme ravitaillement,Ponpon me voit et me fait la bise avant de poursuivre son bonhomme de chemin avec son pacer Elcap. Je n’ai pas pris cette opportunité, n’aimant que l’on me dise : plus vite, allez allez ; L’horreur des encouragements sans doute. Connaissance avec l’épouse du binôme de ponpon qui m’aide à me restaurer tant bien que mal. Je papote avec Pierre-Yves qui est là également ; nous décidons de faire route commune .

              La montée sur le Mont Joly………. Je la redoute, connaissant la première partie, je me dis que ça va passer, y’a pas de raison. 1400m de dénivelé positif sur 7 km c’est pas très roulant, plutôt méga raide.

              Tranquillou et toujours sans bâton, je grimpe facile avec des pauses assez courtes mais répétitives.

              Le gite de Porcherey est en vue, encore 4 ou 5 lacets et c’est la bifurcation entre le parcours du 60km et celui du 111 ; à ce propos la distance initiale était de 103km et 8200m positifs. De par un souci d’autorisation, celui-ci a été porté à 113km pour 9032 positifs et réduit par la suite pour arriver à 111km et 8800m de dénivellation positive et ce sans supplément de prix comme le dit si bien Olivier Tribondeau, notre gentil organisateur

              Pause avant d’attaquer le gros morceau, c’est à dire les reste de la course ; pour moi , il faut en avoir gardé sous le pied pour bien vivre la suite. Et c’est reparti pour l’assaut final. Il faut y mettre les mains, c’est technique voir dangereux par endroit ; heureusement que la pluie n’est pas de la partie.

             Je crois être arrivé au sommet et bien non, ici, c’est le mont Géroux, d’une altitude de 2283m, il faut maintenant gambader jusqu’à 2525m….altitude très raisonnable du Mont Joly.

               Ici la vue est tout simplement phénoménale, c’est féérique avec ce soleil se couchant derrière les montagnes, agrémentant le tout par une lumière sublime……….pfffoooouuuuu………trop beau…….indescriptible………………

                 Altitude 2525m, accompagné de bénévoles et des gens du PGHM présents au cas où. Pour anecdote, l’un des bénévoles me glisse à l’oreille qu’il est monté ici la première fois en 1934 et qu’il n’est pas prés de s’arrêter le bougre.

                 Avec Pierre-Yves depuis les Contas, nous sommes repris par Bruno le Lyonnais ; à partir de là, nous décidons de faire cause commune et que, quoi qu’il arrive, on se soutiendra l’un l’autre en se poussant au cul pour rejoindre la ligne d’arrivée dans les meilleures conditions. Naissance d’une amitié qui n’aura de cesse que de s’intensifier au cours de notre escapade.

             Le temps presse ; j’avais 1h30 d’avance sur la première barrière horaire que la 2éme pointe le bout de son nez après le prochain ravito au bas de cette descente qui accuse -1000m. Pas facile de manger ce morceau après ce que l’on viens d’ingurgiter. Nous évoluons tant bien que mal accompagner de Grégory qui s’agace de notre lenteur ; commence à grave m’énerver celui là ; il file en nous laissant tous les trois. J’allume ma frontale, la nuit tombe rapidement dans ces contrées escarpées.

              L’arrivée à l’étape, point stratégique pour ma part ; j’ai déposé un sac de rechange avant le départ pour palier à toute éventualité. La chaleur qui nous pénètre en entrant dans ce lieu est……….hummm c’est trop bon ; chouette des lits !!! Je vais pouvoir roupiller un peu ; je mange quelques pâtes et file sous la couverture pour un bon vingt minutes. Alice est déjà en train de pioncer, surveillée de près par son pacer.

            Je m’extirpe de la couverture et je commence à m’habiller pour la nuit ; se sera manches longues Odlo, une paire de chaussures identique à la précédente……….pas 2 fois la même erreur………le Grand Trail des Lacs et Châteaux en Belgique et ses 129km cumulés m’ont quand même laissé un souvenir douloureux au niveau du pied droit. Nouvelles chaussettes, Saucony pro gris xodus 2.0 aux pieds et rechargement en victuailles suivi d’un petit passage par le podologue en prévention ; merci à ce monsieur pour m’avoir prêté de la Nok, l’échauffement à l’entre jambes devenait sérieux.

             Allez go faut pas traîner ; la barrière horaire prévue à 0h45 a été rabaissée à 0h30 donc faut surtout pas s’louper ; ça enquille sévère jusqu’au pied de la prochaine montée vers le col de la fenêtre.

               L’équipe fonctionne à merveille avec un Pierre-Yves qui ouvre la marche ; c’est bien speed, tout faire pour arriver avant ; résultat des courses: 4′ d’avance sur cette barrière . On l’a échappé belle ……..ouf de soulagement général.

              Pour la nuit, j’ai mis toutes les chances de mon côté, avec deux lampes frontales, dont une autour de la taille pour un éclairage plus précis ; mes deux compagnons m’emboîtent le pas sur cette idée.

             La montée vers le col de la fenêtre à un côté magique avec la lune qui nous éclaire les massifs alentours ; il y a cependant un penchant maléfique à tout cela : la nuit est très calme et c’est à ce moment où le corps commence à se dire qu’il irait bien faire un gros dodo………la lutte commence ici. Je gère tant bien que mal en essayant de ne rien laisser paraître niveau fatigue. Des pauses il y en aura pas mal ; jonchées de micro-sommeil en tout genre, tantôt allongés tous les trois au milieu du chemin , éteignant nos frontales pour ne rester qu’éclairés par cet astre lumineux qui nous surveille. Content je le suis, la banane greffée au visage, d’être accompagné à ce moment de la course ; La solitude doit être terrible dans un endroit comme celui-ci. Il ne faut pas regarder les lumières qui serpentent tout là haut, regarder ses pieds c’est beaucoup mieux mentalement.

            S’il y a un col qui porte bien son nom, c’est bien celui-ci ; une fenêtre nous fait basculer de l’autre côté de la vallée ; il faut avoir l’esprit bien ouvert pour dévaler la pente qui suit.

              Des cris, j’entends des cris, puis des cloches et encore des cris: c’est le ravitaillement du Bolchu à 2000m d’altitude, et ses bénévoles sont incroyables ; une fois de plus je découvre un autre aspect de la course qui me fait chaud au coeur ; c’est très réconfortant de se sentir soutenu au milieu de la nuit. Arrivés, nous découvrons un endroit symbolique avec ses deux tentes Himalayenne sous les acclamations d’un public dévoué à notre cause. L’une des tentes sert à la popote et l’autre au dodo. Je mange, je bois, retire mes lunettes, les pose sur la chaise, sort de la tente pour rejoindre l’autre pour y faire un micro somme d’une vingtaine de minutes. Une fois émergé de mon comatage, je cherche mes lunettes, ne les trouve pas. Je demande aux bénévoles s’ils ne les ont pas vues. La, une jeune fille me tend ce qu’il reste de ma paire, elle est broyée, sans doute quelqu’un qui s’est assis dessus. Bon ben………tant pis…….au revoir les lunettes.

            Sortis du ravitaillement, nous nous dirigeons vers le col de la Guittaz situé à 2389m d’altitude. Tiens, il pleuviote ??? Ah non ça pleut vraiment; je m’arrête, enfile mon gilet Torenshel de chez Pata et c’est reparti mon Kiki.

             Le jour se lève et……………..il ne fait vraiment pas beau, rien n’est visible mise à part un plafond on ne peut plus bas. La pluie redouble d’intensité, le vent amène son gros grain de sel qu’il est déjà temps de se réequiper au mieux. Le pantalon imperméable est de sortie suivi de prés par les gants Mizuno thermo machin bidule. Ah on est bien là, même pas froid, nickel, c’est super agréable de pénétrer un vent glacial sans en sentir les effets. l’approche du col est terrible ; jonché de névés et autre marres d’eau, nous foulons un espace protégé ; à ce propos , je n’ai pas vu l’once d’un papier trainer sur le sol ou ailleurs……l’avenir de la course en dépend donc c’est très bien.

             Je n’ai pas très bien vu où était le col de la Guittaz mais j’ai bien senti le vend redoublé de violence quand il à fallu redescendre avec le plan d’eau de je ne sais plus quel barrage en point de mire.

             Première glissade sur le ventre, les bras et les jambes, suivie d’une autre plus tard sur un dévers méga boueux. Les esprits commencent à s’échauffer, je commence à trouver le temps long, mes camarades également. Bruno a pris la poudre d’escampette, je reste avec Pierre-Yves jusqu’à la Commanderie ou la barrière horaire est fixée à 8h du matin. Arrivés sur place, nous y retrouvons Alice emmitouflée dans une couverture sur un des lits à disposition ; Ponpon est là avec Elcap ; Bruno s’y réchauffe tant bien que mal ; moi même j’ai du mal à ne pas trembler ; j’essaye d’y palier mais c’est impossible ; je colle mes gants à proximité de la marmite de soupe en train de chauffer ; je fait comme les gants, je reste à côté.

              10′, c’est l’avance que nous avons sur cette satanée barrière qui ne nous lâche pas. Nous sommes délogés par le bénévole dévaliseur ; pas très diplomate ce monsieur, ce qui s’appelle virer les gens !!!

               Elcap prend l’initiative de prendre les devants afin d’aller voir les bénévoles sur Annuit pour leur expliquer que l’on arrive incessamment sous peu ; il déboule le coco, impressionnant !!!. Ca reste raide à descendre après une nuit passée dans la montagne ; arrivés au 84ème kilomètre, nous sommes attendus par le pacer de Ponpon. L’explication qui nous est donné à ce moment nous fait mal ; il faut être au monument avant midi ; dans le cas contraire notre course s’arrêtera à ce point ; nous savons désormais qu’il est impossible de monter à l’aiguille croche, cette partie ayant été supprimée au cours de la journée pour des raisons de sécurité évidentes. Le moral n’est plus très bon mais il faut le tenir. Les premières pentes vers le col de Véry sont sévères ; droit dans la pente ; ça fait mal mais il faut se bouger. Le mental est limite mais les jambes tiennent le coup.

            Nous sommes accompagnés d’un et d’une bénévole : l’un qui ferme la course et l’autre qui débalise ; autant dire que nous sommes les derniers ; Bruno veut qu’on lui laisse le plaisir d’arriver en cette position, et oui le dernier sera autant acclamé que le premier

             De charmantes personnes nous proposent un café, on accepte sur le champ ; petite pause improvisée et conseils avisés de nos hôtes : vous verrez y’a un p’tit replat et après ça monte tranquille ; mais oui bien sur !!! Le fameux replat approche les 15% et le reste c’est pas mieux.

              Conseil du jour : quand un montagnard vous dit : c’est dans 30′, dites-vous que c’est dans 3h !!!

               Il reste un kilomètre………..rajoutez en trois !!!

                C’est dans pas longtemps………..dans combien d’années ???

               La distance qui nous sépare du monument est de 18km depuis la Commanderie, et ça commence à cogner sévère une fois de plus ; mon dos en a marre ; l’envie de se mettre dans un bain tantôt bien frais, tantôt bien chaud ; on se sert les coudes comme toujours mais là plus une parole ne vient ; au vu de l’horaire, ce sera rappé à partir du monument ; pas facile de se dire que ça va s’arrêter mais on ne peux pas faire autrement ; le bénévole nous indique qu’il faut 4h minimum pour boucler à partir du prochain ravito ; la course est finie, on le sait, mais faut quand même y aller ; plus ça va et plus ça monte ; dernière question : c’est où le monument ? ben tu vois le bâtiment tout là bas, un peu en hauteur, ben c’est là ; pfffffff c’est horrible, vision de la CCC 2010 qui me revient à l’esprit…………….tout ça pour rien me dis-je………………

               Voilà nous y sommes ; fin de l’aventure ; Ponpon est là et ça ne va pas ; il vient d’abandonner à cause de ses ampoules collées aux talons. Une bénévole appelle le PC course pour savoir si on continue ou pas………ce sera ou pas ………………….comme un môme je pleure ………….obligé de m’isoler pour ne pas craquer devant les autres…………Pierre-Yves m’appelle et me fait un check my hand réconfortant…………dur………..trop dur………le plus jamais ressort une fois de plus………trop d’engagement…………trop fort émotionnellement…….Voilà pourquoi je me suis imposé une barrière……….celle de ne pas aller au delà de l’au delà de mes limites…………….et oui, après il faut redescendre sur terre et c’est loin d’être simple.

                 Le bon côté des choses est que j’ai gagné un tour en 4 X 4 pour redescendre sur St Nicolas. Les larmes essuyées, je découvre un panorama grandiose qui s’étale autour de moi ; j’essaye de discuter mais c’est encore noué dans la gorge………………………..

                 Une surprise de taille m’attend à St Nicolas de Véroce ; je tombe nez à nez avec mes amis de toujours venus m’encourager sur cette grande course. Voir Christophe et Peggy, à ce moment, est incroyablement bon pour le moral qui remonte en flèche direct.

                Sur cette édition, j’a couru pour l’ AFA, une association qui aide les malades atteints de Crohn et de RCH………Peggy est en rémission avec Mr Crohn……….cool.

                Une amitié s’est créée au cours de ces 32h45 de bonheur ; avoir foulé des endroits magnifiques, d’avoir partagé ces moments forts ; l’exigence d’un course est meilleure vécue en groupe.

Merci Pierre-Yves;-)

Merci Bruno ;-)

Sans vous , je n’aurais peut être pas été aussi loin ; on a parcouru l’essentiel de la distance : 100km et 8300m de D+; on s’est serrés les coudes et réconfortés ; je ne sais pas pour vous mais moi c’est sûr : en 2013 j’y retourne pour tenter de boucler la bête ; Merci à vous les gars…….vous êtes des géants

Un grand merci à Olivier Tribondeau, le gentil organisateur qui nous a concocté un parcours exigeant aux petits oignons;

A tous les potos de chez Kikourou qui sont comme toujours totalement déments.

A toi le Bagnard, toujours là où il faut et quand il le faut

A Jean Michel d’être venu en fervent supporter de toute la bande

A Alice et à Dominique, mes deux coéquipiers pour l’AFA

A toi Jack Jacques pour tes encouragements en live

Un grand grand merci à mon épouse Nathalie d’avoir supporté les longs week end où j’étais parti je ne sais où pour gambader ; de m’avoir soutenu physiologiquement pendant la course, d’avoir rallumé cette flamme qui s’éteignait dans le col du tricot………..merci mon amour……….ich ben love ti amo

A tous les bénévoles, notamment ceux du Bolchu………vous êtes vraiment incroyables.

Merci pour tout et rendez vous en 2013

8 commentaires

Commentaire de tidgi posté le 18-11-2012 à 18:57:45

Merci pour ton récit, qui rappelle quelques souvenirs (ah, cette passerelle de métal que j'ai loupé... juste après avoir cheminé avec toi ;-)). On s'est raté de peu, je pense, aux Conta et au ravito des Tappes...
Tu sais, un pacer n'est pas obligé de te dire "plus vite", "plus vite", donc si tu as le choix...

Au plaisir de se croiser.

Commentaire de Chti42 posté le 19-11-2012 à 09:23:03

Salut Trinouil,
Effectivement, que de souvenirs en te lisant!
Dommage que ça ne soit pas passé loin, mais dis-toi que ça passera en 2013!
J'espère t'y voir avec toujours la même motivation et ta bonne humeur.
A bientôt
Jean-Luc

Commentaire de trinouill posté le 19-11-2012 à 17:28:53

merci les gars ;-)

Pour le pacer on en reparlera d'ici la, peut aurai je changé d'avis d'ici la

Commentaire de jack91290 posté le 19-11-2012 à 17:34:52

Encore un joli récit, sa donne envie tout ça...

Commentaire de jack91290 posté le 19-11-2012 à 17:35:05

Encore un joli récit, sa donne envie tout ça...

Commentaire de trinouill posté le 19-11-2012 à 18:45:26

on dirait que te donne 2 fois plus envie de venir te confronter minimum à la Moins Hard Mister jack ;-)

Commentaire de Free Wheelin' Nat posté le 24-11-2012 à 09:49:44

Emotion: le retour...
Ben oui, j'ai la gorge nouée à lire ton récit, comme à chaque fois qu'il est question de la MontagnHard.
Tu as fait un truc énorme... comme l'abandon a dû être douloureux sur le coup!
Les dents ont bien repoussé visiblement pour la prochaine, j'espère vraiment être là cette fois-ci pour te voir finisher pour de bon!

Commentaire de trinouill posté le 25-11-2012 à 13:07:10

merki mais je tiens à préciser que je n'ai pas abandonné........l'occasion ne m'a pas été donnée de partir à l'assaut final sur le mont joly.........

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