Récit de la course : Tor des Géants 2012, par iherve

L'auteur : iherve

La course : Tor des Géants

Date : 9/9/2012

Lieu : Courmayeur (Italie)

Affichage : 1120 vues

Distance : 303km

Matos : Voir la photo ...

Objectif : Terminer

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Tor des Géants 2012 (long: avec préparatifs et récupération)

TOR À RAISON

 

Récit de la TOR des GEANTS 2012

Hervé DESCHAMPS

 

J’ai entendu parler de la Tor des Géants en 2011. Je me suis lancé en 2012, malgré une opération du ménisque gauche le 28 février. Avant l’opération j’ai demandé au chirurgien ce qu’il pensait de tenter une telle épreuve 6 mois après l’opération. Il n’a pas eu l’air impressionné et … il ne me l’a pas interdit. J’espérais aussi, qu’en lui parlant de mon projet, il apporterait un soin particulier à son travail.
 
J’ai donc commencé cette saison avec le sentiment d’avoir davantage de chances d’échouer que de réussir. Ce que j’adore ! Après tout il n’y a pas de honte à échouer. Il faut tenter ; parfois on réussi ; parfois on échoue, et alors ? Tant que l’échec signifie seulement l’abandon sur une course, ce n’est pas bien grave non ?
 
Cela fait 13 ans que je me fais mes plans d’entrainement tout seul, à ma sauce. Chaque année je tente quelque-chose de neuf, basé sur mon expérience des années précédentes. Pour 2012 je n’ai prévu que 3 évènements : la course Verbier St Bernard (110 km, 7000 D+) en début juillet, le GR20 Nord en 7 jours de randonnée en fin juillet et la Tor des Géants. Avant et après chaque évènement : une semaine de repos complet (pas de sport du tout).
 
Les 2 premiers tests de la saison s’étant bien passés, je commence les préparatifs pour la Tor. Les deux semaines de repos complet avant la course commencent à me paraître longues après 10 jours. J’ai des petites douleurs aux genoux en journée.


Pendant cette période de repos je lis tous les récits que je peux trouver, je me fais un profil de course par étape (basé sur les traces GPX disponibles en lignes) et je prépare le contenu de mon « sac jaune / sac suiveur » que l’organisation de la course mettra à ma disposition à mon arrivée dans chaque base vie. J’organise le contenu de ce sac de façon à ne pas avoir à réfléchir à chaque base vie et à ne rien oublier d’important.

 

Habitant à Annecy, je n’ai que 1h30 de route à faire et j’arrive à Courmayeur samedi matin à 10h. Je m’installe au camping Monte Bianco, je mange et je fais une petite sieste. Le retrait des dossards commence à 14h. J’arrive à 15h pensant qu’ainsi j’éviterais de faire la queue. Pas du tout, il me faudra attendre patiemment 1h30 avant de prendre mon dossard et mon sac jaune. J’apprends qu’il fallait arriver un peu avant 14h pour éviter la foule.
 
Le briefing est annoncé à 19h30. Je repars donc au camping pour remplir au mieux mon sac suiveur. J’y mets presque tout. Par manque de place, je décide de renoncer à quelques biscuits qui prennent trop de volume et à mes savates de douche dont je peux me passer. Je n’ai plus rien à faire et je me trouve un peu stressé … je pense trop à la course, à ce que j’aurais pu oublier, si je vais être à la hauteur du défi. Pour me changer les idées, je m’enferme dans ma camionnette et je regarde un film : Hunger Games. Il s’agit aussi d’une épreuve physique dans la nature, sauf qu’une seule personne survivra … idéal pour le mental !
 
Le briefing en Italien, Français et Anglais dure une petite heure. Ambiance de folie. On nous parle beaucoup de météo mais pas assez du parcours à mon goût. Par exemple, de ces longues sections de bitume à Cogne et à Donnas. Ou encore des refuges où il est possible de s’allonger et des règles à suivre.
 
Je ne reste pas pour la pasta party; je préfère manger tranquille au camping. Bref, 21h30 : dodo.

Réveil à 6h du matin. Je me suis réveillé plusieurs fois pendant la nuit, ce qui est très rare chez moi. La pression … Je vais vite sur le parking du centre sportif pour être certain d’y trouver une place de parking pour la semaine. Je regarde un autre film pour me détendre : blanche neige qui dois dormir seule dans la forêt maudite, sans couverture… J’espère que je n’aurais pas trop froid pendant la course. J’ai tout ce qu’il faut : 2 polaires de course, 1 polaire de finisher UTMB 2006 et 1 coupe vent. Donc même s’il pleut j’ai du rab. Je déjeune : céréales à l’eau (attention au lait et autres produits laitiers…) et un bon thé bien chaud. A 9h15 je donne mon sac jaune à l’organisation. Il est archiplein. Les filles se moquent. Je leur dit que j’y ai mis mon armoire. Direction la ligne de départ : un petit kilomètre à pied pour s’échauffer.

Courmayeur - km 0

Dim 9h40, 1224m, Courmayeur, Place Abbé Henry : grosse ambiance de fête : costumes, musique, speaker italien surexcité, applaudissements de la foule, hélicoptères. Je reçois des SMS d’encouragement de mes amis. Je réponds et il me vient l’idée de créer une liste de destinataires pour leur envoyer de mes nouvelles de temps en temps pendant la course. J’ai pris mon vieux Nokia qui n’a pas tous mes amis en mémoire. Je fais avec ce que je trouve. A peine terminé … go on est parti ! Enfin ! C’est comme une libération.
 

 

Il fait beau : à peine quelques nuages blancs. Ils annoncent des orages lundi ou mardi. Pourvu que la météo ne nous pourrisse pas la course comme sur l’UTMB 15 jours au paravant.

Presque tout le monde court. Je pars tranquille comme prévu : j’alterne marche rapide et course lente. 1.5 km de bitume, une bonne partie sur la Strada Vittoria, on passe sur un pont qui traverse la A5 et on attaque la montée du Col de l’Arp : 1350 m D+ au programme. A l’entrée du chemin nous avons un petit embouteillage. C’est l’occasion de faire une petite pause technique. Je fais la connaissance d’Alain qui commence lentement comme moi. Nous nous croiserons moultes fois durant la course.

A 11h30 je suis avant dernier. Alain est parti devant. Derrière moi il y a un gars bizarre qui fumait un cigare au départ de la course et qui arrive à supporter un K-way par cette chaleur. La Scopa nous talonne. Je suis serein : je vais bien. Mon altimètre indique que nous montons un peu plus vite que les 500 m D+ / h que je prévoyais comme moyenne pour ne pas me blesser (ma vitesse de pointe étant 1070 m D+ / h sur chemin bien pentu). Légère douleur au genou droit ; je raccourcis un peu ma foulée et ça passe. A surveiller. Il s’agit de mon genou non opéré qui m’avait fait boiter 20 heures pendant ma course Verbier St Bernard 2012. Nous sommes encore dans la zone boisée : pas mal de piste forestière à gravier. Je profite du point de vue sur le Mont Blanc. On voit encore Courmayeur en bas.


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