Récit de la course : Trail des 5 Moulins - 50 km 2012, par ejouvin

L'auteur : ejouvin

La course : Trail des 5 Moulins - 50 km

Date : 7/7/2012

Lieu : Mondeville (Essonne)

Affichage : 633 vues

Distance : 50km

Objectif : Terminer

4 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

Que diable allait-il faire dans cette galère ? Aller au bout de moi même

Samedi 7 juillet, 8h Dring Dring Dring. Le réveil sonne et pourtant je suis déjà réveillé. La pression de la course était déjà présente et j'ai assez mal dormi, mais déjà plus que d'habitude, donc je ne suis pas inquiet.

Départ de la maison prévu pour 10h15, cela me laisse de la marge. 9h45, j'englouti un bon plat de pates, par superstition. Mais je continue de traîner un peu à la maison et voilà l’horaire déjà dépasser. Vite à la pharmacie, histoire d’acheter du « Sporténine », comme cela m’a été conseillé. J’en profite pour prendre une poche de gel à mettre au congélo, au cas où… En voilà une bonne idée.

Voilà, 11h, je suis dans la voiture, prêt à partir. Déjà 45 minutes de retard sur ma programmation, mais cela devrait aller quand même. Je ne vais pas mettre 2h pour arriver. J’avais « oublié » combien les départs en vacances étant pénalisants pour le réseau autoroutier, et me voilà pris dans les embouteillages… La galère commence. Heureusement, tout le monde a décidé d’aller à l’Océan, donc une fois l’embranchement passé, je peux prendre la vitesse maximale autorisée. Sur la route, de bien belles averses, cela annonce la couleur… Heureusement, Mondeville est facile à trouver et je me gare très rapidement. Il est 12h45, vite se mettre en tenue, avaler mon comprimer et partir. Je fais plusieurs aller retour, oubliant à chaque fois quelques choses, mon certificat, ma carte d’identité, de l’argent (au cas où), bref le stress normal. Je retire finalement mon dossard à 12h55, juste le temps de l’accrocher, les pulses à fond et je me mets au fond. Tiens, ce n’est pas comme à l’école, il n’y a pas de radiateur ?

Pan, le départ est lancé, je ne peux plus reculer. 10km/h, je me dis que c’est parfait pour moi ce petit rythme. Je me trouve « facile » et essaye d’identifier des personnes. Tiens, je vois des casquettes rouges, des kikoureurs ? Je n’ose pas trop demandé, je resterai sur mon imaginaire. Le début est assez facile, je suis dans le paquet du fond et je tape un peu la discute. Un coureur (bonjour à toi si tu me lis) me reconnait à mon descriptif, et me dit que j’attaque fort avec un 50 pour deuxième essai. J’essaye de trouver des personnes avec qui je pourrai me mettre, mais sans trop de succès. Jusqu’ici tout va bien, ou presque.

La première heure passe vite, et je me rappelle des différents récits. Il est l’heure de se mettre quelque chose dans l’estomac. Op, j’ouvre un gel et le presse d’un coup. Quoi, il n’y a que ça ? Un vraie arnaque, mais ça va, ce n’est pas mauvais.

Je continue de courir sur mon petit rythme, j’ai l’impression que finalement cela ne va pas être si difficile, quelle naïveté…

Au loin, je vois des coureurs à droite et d’autre à gauche, l’heure du choix s’annonce. Je ne fais pas trop attention et prend la gauche. Un marquage au sol me fait comprendre que je pars pour le 25. Dans un moment de lucidité, qui sera le dernier de la journée, je me retourne pour défier le 50. Une bénévole m’encourage en disant « En plus, vous avez le camelbag ». Comme si cela suffisait, mais merci Madame pour l’encouragement, et je réponds « Oui mais je ne suis pas sur d’avoir la forme ». A partir de ce moment, je ne pourrai / voudrai plus reculer…

Jusqu’à présent, je me fais rarement doublé, ou alors je ne les vois pas, et j’ai l’impression que je ne suis pas trop mal. Tout d’un coup, une personne arrive à contre sens et nous demande. « Vous en êtes à quelle distance ? » En cœur, nous répondons « 17km », ce qui le surprend. Effectivement, ça fait deux fois qu’il passe par là… Au détour d’un virage, nous croisons un groupe de personne que nous avions laissé derrière, première surprise. Puis deuxième surprise, nous reconnaissons l’endroit, nous venons de faire une boucle, enfin deuxième boucle pour celui que nous avons récupéré. Heureusement, une personne doit faire partir de l’association de Mondeville, identifiable au tee shirt, et passe un petit coup de téléphone. Aller, c’est reparti, nous n’avons pas vu la balise et nous voilà un groupe un peu plus conséquent.

Le 20km passe, cela fait 2h15 de course. Rapide calcul dans ma tête, je peux peut être viser les 6h, je suis plutôt content. Surtout que j’accroche quelques personnes. Mais voilà, tout va se compliquer, le premier orage nous tombe sur la tête et je redécouvre les joies de la boue.

A partir de là, je dois avouer que je ne me souviens plus de grand-chose. Un ravitaillement arrive, du saucisson nous ait proposé. Même si j’adore cela, très peu pour moi. Un picon bière ? Ah non, j’ai peur d’être saoul. Un Whisky, un ricard ? Encore moins. Déjà là, ça commence à être pénible, et je prends beaucoup de temps sur ce ravitaillement. Mais je me calle à « mes » compagnons et me disant qu’ils savent ce qu’ils font. Je repars avec eux, mais ils sont devenus trop rapide pour moi. Je me retrouve alors seul. Je double un petit bonhomme rouge, que j’ai vu plein de fois me passer de vent à une allure jugée « lente » jusqu’à présent. Je me demande alors comment cela se fait que l’on soit toujours aussi proche, alors qu’à chaque fois je le dépose ? Je comprendrai plus tard, que mes multiples « arrêts / relances » seront fatales.

Je ne vois plus personne devant, plus personne derrière. Je sers les dents, mais ça commence à être difficile. J’essaye de me fixer des objectifs, aller encore 2km de course, et après tu marche un peu. Et tout d’un coup, je tombe sur un croisement. Pas d’indication, je m’arrête cherche, mais ne trouve rien. Je me retourne et re voilà « mon » petit homme rouge. Je ne sais pas si il m’a suivi, mais on s’est planté tous les deux. Nous faisons alors demi tour et cette fois-ci, c’est décidé, je reste avec lui, quoiqu’il arrive.

Je ne le sais pas à cet instant, mais cette prise de décision m’aura été salutaire. Alors que je luttais pour mettre un pied devant l’autre, il aura réussir à me faire courir tout du long, sauf les côtes bien entendu. Première leçon, c’est plus facile quand on a les pulse à 150-160 que entre 170-180. Et finalement, je ne pense plus à faire 6h, mais à finir cette course.

Cela me paraît terriblement long, je ne pense même plus au deuxième orage qui nous a frappé. Les flaques de boue ? Même plus peur, j’y vais droit dedans. Tout devient confus dans ma tête (ce qui est encore le cas, car je ne peux situer les évènements dans le temps) et je me contente de suivre mon compagnon. Il me raconte des courses qu’il a réalisées, le plaisir qu’il a de faire du Trail. Je bois ses paroles, c’est comme un professeur pour moi.

La fin n’est pour moi d’un enchaînement de montée / descente, mais assez sympathique malgré la « souffrance ». Du sable, des rochers, de la terre, et surtout de l’eau. Mais j’y prends presque du plaisir. Au loin, nous entendons le speaker. La fin doit être proche. Mais impossible de savoir combien exactement. Le GPS a perdu le signal plusieurs fois, et nous avons fais deux détours. Seul une approximation peut être réalisée, nous imaginons avoir fais 4km de trop.

Puis tout d’un coup, voilà la sortie de la forêt, enfin les champs, nous sommes sur le chemin du retour. Mais je n’avais pas noté que c’était en pente à l’aller, et maintenant il faut remonter. Même si c’est un faux plat, cela va m’achever. Je fais part à mon compagnon que je n’en peux plus, que je vais marcher. Il me motive, se colle devant moi et m’ordonne de ne plus penser aux jambes, de se coller dans ses pieds et de le suivre. Je m’exécute, je regarde sa foulée. Mais voilà, le rythme a accéléré (ok on parle de 8-9 km/h, vous allez tous rire) et je commence à avoir la vue qui se brouille. Je bois, je prends des sucres rapides, histoire de ne pas tomber. Mais cela n’aura aucun effet. Je suis à bout, et pourtant, il ne doit rester que 1 ou 2 km. Même la vue d’un petit groupe, pas si loin, n’arrive plus à me motiver. Je remercie mon compagnon, et lui indique que je vais le laisser y aller, qu’il ne m’attende plus. Cela aura été fatal, je m’arrête net. Je ne bouge plus. J’ai besoin de souffler. Puis je redémarre en marchant, mince il ne reste presque plus rien.

J’arriverai finalement à reprendre un petit rythme, je passe les cages de foot, une dernière montée (3 m pas plus) et enfin l’arrivée. C’est la remise des récompenses, je me sens misérable. Les gens ont l’air frais, mangent, rigolent, bavardent.

Me voilà enfin arrivé, une gentille dame m’arrache le code barre et m’invite à choisir le tee shirt. Très franchement, je suis ailleurs, à la limite du malaise. J’ai du lui répondre vaguement que XL m’irait, que ce n’est pas grave si c’est un peu trop grand. Vite au buffet, j’ai faim, j’ai soif, j’ai mal aux jambes et à la cheville.

Je suis complètement lessivé, mais content de l’avoir fini. Cela aura été une superbe expérience. Mon compagnon vient aux nouvelles, je réponds vaguement que ça va. Je le remercie une dernière fois, le salue et voilà la journée terminée.

Le retour sera pénible, la montée des 5 étages encore plus.

 

Résultat de l’expérience

  • 3 gamelles.
  • 2 branches d’arbre dans la tronche.
  • Une cheville qui s’est réveillée.
  • Pas trop de courbatures, point positif.
  • Un grand apprentissage sur la gestion. 10km/h au début, ce n’est pas pour moi.
  • 50km, je ne suis pas prêt, je vais rester sur des courses max 30km.

4 commentaires

Commentaire de spoty posté le 09-07-2012 à 18:32:09

Salut Etienne,

C'est avec moi que tu as discuté en début de course qui t'avais reconnu suite à tes messages laissés sur Kikourou.

Pour un second trail, une seule chose à dire "Tu as fini c'est l'essentiel".

Quand j'ai regardé le classement je n'ai pas compris ce que tu faisais derrière moi puisque tu étais "parti" dans une des premières cotes.
Je comprends mieux ton classement, dû au jardinage.

En tout cas, moi qui suis un trainard dans ses longs trails, je dis bravo de l'avoir fini.

A bientôt peut être sur une autre course.
Spoty

Commentaire de caro.s91 posté le 09-07-2012 à 18:52:14

Tu es venu, tu as fini sans vrais bobos, c'est l'essentiel.
Tu as forcément beaucoup appris et je suis certaine qu'une fois la fatigue passée, tu seras fier et tu récidiveras !!!

Caroline

Commentaire de gdraid posté le 09-07-2012 à 22:07:19

Bravo Etienne, tu as réalisé un essai réussi !
Tu le transformeras j'en suis sûr avec passion, en d'autres tentatives de 30, 40, 50 et même plus de 50km dans l'avenir.
Finisher dans ces trails en pleine nature, voire même en montagne, va te donner le besoin de récidiver dès que possible, car tu en es capable !
Merci pour ton excellent récit !
JC

Commentaire de ejouvin posté le 10-07-2012 à 10:17:51

Merci bien pour ces encouragements.
Bravo est un peu fort, mais je prends quand même. Hier, j'ai "téléchargé" le parcours depuis ma montre, ça fait de joli détour quand même, environ 5km.

Je ne suis pas spécialement fier de moi, mais je sais que je recommencerai. De toutes les façons, c'est l'écotrail de Paris (le 80 biensur) qui est en objectif pour dans 3 ans.

Enfin, sans vrais bobos, c'est vite dit. Je suis quand même aller chercher les béquilles pour soulager la cheville qui a bien gonflé le lendemain. Là, c'est direction osthéo, repos et je verrai bien. Il me reste le vélo et la natation pour m'entretenir ;)

Rendez vous sur le Cul d'Enfer.

Sportivement

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Accueil - Haut de page - Version grand écran