Récit de la course : Transju'Trail - 70 km 2012, par Jerome77

L'auteur : Jerome77

La course : Transju'Trail - 70 km

Date : 3/6/2012

Lieu : Mouthe (Doubs)

Affichage : 955 vues

Distance : 72km

Matos : Sac Trail 20l avec réserve d'eau 2 L + Bidon 1L.
Gel d'effort long et Gel anti-oxydant.
Bâtons.
Coupe vent, Corsaire, Booster

Objectif : Terminer

4 commentaires

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Le jour où le ciel m'est tombé sur la tête.

Un peu comme d'habitude, mon copain Christophe me dit : 'j'ai repérer un trail pour nous, un "petit" 72 km dans le jura'. Je voulais attendre de
finir l'Ecotrail de Paris du 24/03/2012 avant de m'inscrire. Et comme j'ai pas trop mal terminé les 78 kms de l'Ecotrail, j'ai dit banco pour la TransJu'Trail.
C'est 72 kms dans le Jura dans avec 3000 m de dénivelé positif. Même si c'est 6 kms de moins que l'Ecotrail, je sais que le dénivelé rendra cette course plus dure.
Christophe nous concocte donc toute l'organisation : Arrivé la veille en voiture, récupération des dossards à Morez puis camping sauvage à Lamoura et repas grâce à notre réchaud.
Avec presque rien, il nous fait un repas succulent, le Christophe. C'est ça les grands chefs cuistos... Je suis admiratif... C'est évidement des pâtes ;-)
Aprés une nuit très courte sous tente, réveil à 2h45 du mat, mini toilette, on s'habille, on plie les affaires et la tente, on range tout dans la voiture et on file à
500 m de là, prendre la navette prévue à 3h30 pour nous emmener de Lamoura à Mouthe, lieu du départ de la Transju'Trail 72 km.
Christophe se repaye un A/R en courant de la navette à la voiture juste avant le départ de la navette, pour récupére ses lentilles de contact.
La navette part pour 30 mn de route. Moi je dors à moitié, voir complétement, mais Christophe est au taquet (comme d'hab).
La navette nous dépose à Mouthe, dans une grande salle où les traileurs affinent les derniers réglages de pro (est ce que je prends un vétement de pluis ou pas ? et mes guettres ?
et les lunettes de soleil ? Euh là non pas la peine !!!) et surtout se délestent des derniers fardaux aux toilettes du coin où il y a
une file d'une dizaine de gars. Alors que les toilettes des filles sont vides... Tiens c'est marrant, c'est souvent l'inverse...
On rejoint le sas de départ, le directeur fait son breifing. Il est pas sûr qu'on monte à la Dôle (1677 m d'altitude avec superbe vu sur le Lac Léman et le Mont Blanc)
à cause de possibles orages. Bon ça promet.
Juste le temps d'allumer mon Garmin 305 et ma frontale et top départ à 5h30 pile, avec pleins de Flambeaux tenus par les bénévoles. C'est sympa.
C'est aussi pile, l'heure où la pluie a commencée et ne s'est jamais arrêté de la journée...
Ca part vite comme d'hab, mais c'est assez roulant.
Dés la premières côtes, Christophe me passe mes batons qui étaient fixés à mon sac, et je fais la même chose pour lui. Tiens il encore avec moi Christophe ? Normalement il court
beaucoup plus vite que moi... C'est louche... Bon, j'apprendrais plus tard qu'il a eu des douleurs gastriques sur presque la première moitié de course.
Les côtes continuent mais pas de gros pourcentages, pour l'instant.
Sauf qu'on court dans les chemins de terre et l'eau commence à ruisseler de partout, la gadoue est de la partie. Ca glisse beaucoup et les appuis deviennent instables.
Heureusement les batons procurent 2 points d'appuis supplémentaires qui sont d'un grand secours. Ca m'empéchera pas de chuter par 2 fois suite à glissage, heureusement sans gravité.
Chrsitophe est tout de même parti devant. Normal.
Un moment après, je m'arrête 3 mn (pause technique oblige) et qui je vois passer : Mon Christophe. Mince alors. il était derriére, moi qui le croyait devant. En fait il s'était arrêté
aussi et je l'avais doublé sans le voir.
On arrive au premier Ravito : Coca, Tuc et Gel, et cette fois ci j'ai rajouté aussi de la menthe dans un bidon, sur les bons conseils de Christophe. Et c'est reparti.
On attaque rapidement un immense escalier qui remonte une piste de saut à ski à Roche Champion.
La pluie continue de tomber, mais la température est d'une quinzaine de degrés, donc aucune sensation de fraicheur tant qu'on court.
J'arrive au second ravito, dit Bellefontaine, vers 9h05 après 25 kms. La barriére horaire étant à 9h30, je ne traine pas. Comme d'hab Coca, Tuc et Gel et c'est reparti.
A noter que les bénévoles sont supers sympas, très accueillant, serviables, bref parfait. Une organisation parfaite. Le balisage est très très bien indiqué.
Ensuite ça redescent pas mal et on arrive déjà sur Morez, on a fait la moitié du chemin, mais que 1150 m de D+ sur les 3000m à faire...
Il est 11h30, (6 heures de course) j'ai 45mn d'avance sur la barrière horaire. Je prends le temps de bien me restaurer avec Coca, Tuc et ... ah vous savez déjà, bon et bien je repars.
Le moral est bon, mais je sais que le plus diffcile est devant moi, on attaque direct la montée de la Roche Brulée. Terrain trés diffcile, trés pentu et pierreux, on monte en marchant
(comme toutes les côtes) mais là c'est très lent et en s'aidant des batons. Je calcule que je suis à environ 3 km/h de moyenne dans cette partie... Impossible pour moi d'aller plus vite, mais personne ne me double non plus...
C'est à ce moment là que je réalise qu'il doit y a voir très peu de monde derrière moi (moins de 10 personnes) et que je croise toujours les mêmes têtes aux ravitos.
A force on arrive a disctuer et faire connaissance. Je cours donc avec Joël et un groupe de 3 amis : Thierry, Laurent et Bruno.
Aprés un effort de plus de 600 m de dénivelé sur 5 km...ca commence à redescendre. on passe sur des pistes de ski (sans neige évidement) mais on voit les remontées mécaniques
et les panneaux indicateurs des pistes. On est sur une verte et ça descend... on passe par Les Rousses, station de ski Jurassienne bien connue.
Aprés avoir franchi le sommet des Tuffes, j'ai des douleurs dans la dos qui m'inquiétent beaucoup. C'est à ce moment là que j'ai un coup de moue. Je sais que la Dôle à monter est
trés technique, et je me dis qu'il est plus raisonnable d'arrêter au prochain Ravito dit Le Balancier. Plus j'y pense et plus je me dit que je vais abandonner à ce ravito.
Il y a des fois, faudrait mieux pas penser...
Le ravito du Balancier est en vu, et on entend au loin la musique que distile les hauts parleurs, on s'approche encore et il me semble bien reconnaitre la musique. Mais oui !!! c'est
Renaud... Toute ma jeunesse... J'arrive au ravito presque en chantant et ça m'a redonner le moral. Comme quoi ça tient pas à grand chose...
Je me ravitaille donc avec ce que vous savez, sans plus imaginer une seconde abandonner. J'ai encore 45 mn d'avance sur la barrière horaire, et je repards à l'assaut de la Dôle.
C'est un sommet réputé du coin (le second du Jura), situé sur le territoire Suisse, avec une énorme boule Blanche visible de trés loin. On remonte le long de remontées mécaniques de ski et c'est très très raide !!!
Plus on monte, et plus c'est technique avec immense ravin sur la gauche. on voit la Vallée sur les contre bas, presque sous nos pieds. Ne pas trop regarder, ça donne le vertige. On suit un mur de pierre qui nous protége un peu du vent.
Car le vent est prononcée sur ces hauteurs, et la pluie continue d'être battante. C'est le seul moment ou j'ai eu un peu froid...
Et on arrive enfin à la Dôle. Des Bénévoles Secouristes sont là pour prendre soin de nous. Merci à eux.
Dommage que le temps soit mauvais, on ne voit rien de cette vue normallement si magnifique. Pas de Lac Léman, Pas de Mont Blanc, Pas de Chaîne des alpes... Ils ont tout cachés avec leurs
nuages. Grrr. Mais pas le temps de trainer, reste encore 14 kms avant l'arrivée.
Et ça redescent vers le dernier ravito. Certaines parties de cette descente sont tellement techniques qu'ils est impossible de courir, obligé de marcher en faisant attention où on pose les
pieds pour ne pas se faire mal si prés du but. Donc beaucoup de perte de temps dans cette descente, mais dans ma tête, je sais que le plus dur est fait et que j'ai maintenant de grandes
chances de pouvoir finir.
On arrive au dernier ravito à 16h20 soit 10 mn avant la barrière horaire. Je dit "on" car on est toujours les 5 mêmes coureurs ensembles. Nous repartons donc rapidement.
On sait que ce qui reste est assez roulant, même si c'est valloné, mais la fatigue se fait bien sentir, et il faut courir dans les descentes pour arriver avant la barriére horaire de l'arrivé de 18h15.
C'est vers 17h00 que l'on décide de terminer tous les 5 en franchissant la ligne d'arrivée ensemble. On se soutient tous les 5. Ca fait un bien fou au moral, et pourtant j'en connaissais aucun en me réveillant ce matin !!!
Dernière descente, et arrive au bord du la Combe du Lac à 500 m de l'arrivée, on se met en ligne tous les 5 et on franchi la ligne d'arrivée ensemble à 18h00 aprés 12h30 de course.
Trés grande satisfactionde l'avoir bouclé dans les temps.
Ce fut des conditions de déluges de pluie comme je n'ai jamais connu avant. La pluie pendant 12h30... J'avais jamais vu cela. Certainement les conditions les plus difficiles que j'ai pu faire de
ma "petite" expérience de trailer. Cela me rend encore plus fier de l'avoir terminé. Encore une fois, une expérience humaine unique, un dépassement de soi dans l'effort et la durée. Un moment de
vie extraordinaire, au sens propre du terme.
Quelques chiffres : Sur cette course de 72 km avec 3000 D+, il y a eu 232 partants, et 173 arrivants (prés de 60 abandons tout de même) et je suis 165éme... A noter que les 12 filles finisheuses
sont toutes devant moi... C'est pas grave. Dernier chiffre, j'estime à plus de 200 litres, la quantité d'eau de pluie que j'ai reçu durant cette course ;-).
A trés bientôt pour de nouvelles aventures.

Jérôme77.

4 commentaires

Commentaire de seapen posté le 07-06-2012 à 11:19:52

Bonjour Jerome77. Magnifique. Tu ne l'as pas volé ta victoire... parce que c'en est une... nom d'une pipe ! (pour info, Saint Claude n'est pas loin et c'en est la capitale... des pipes). Bravo. Salutations.

Commentaire de Mamanpat posté le 07-06-2012 à 12:08:00

Et ben un grand bravo ! Pour avoir boucler l'édition 2010 en 11h30, sous le soleil et avant les orages, j'imagine ta "belle" galère !
Bonne recup

Commentaire de LtBlueb posté le 08-06-2012 à 16:07:32

Chapeau jérome, c'est de très bon augure pour la suite de tes aventures , et ta ballade de Juillet notamment... repose toi bien !
bon j'espère que tu as séché depuis le week-end ? :))

Commentaire de jepipote posté le 09-06-2012 à 14:35:47

félicitations Jérôme, j'ai pas eu la même chance que toi, abandon sur blessure au balancier en 7h05 de course. les conditions étaient vraiment difficile, ce qui rend évidement encore plus belle ta perf.

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